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ISBN : 2253001112
Éditeur : Le Livre de Poche (1992)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Au-dessus de Mazel-de-Mort, lorsqu'on atteint le hameau de Maheux, commencent les hautes solitudes : les torrents disparaissent, les sources tarissent, d'immenses étendues sans arbres moutonnent à l'infini. Brûlant ou glacial, le climat confère à toutes les saisons quelque chose de cosmique ou de tellurique
voilà le Haut-Pays des Cévennes, terre huguenote. Les vieux meurent, les fermes sont abandonnées les unes après les autres, les enfants quittent le pays :... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
lecassin
lecassin30 décembre 2011
  • Livres 5.00/5
Si les paysans de Maheux ne parviennent pas à « lâcher » cette terre aride des Cévennes, force est de reconnaître qu'il n'est pas facile non plus de lâcher ce livre somptueux.
« L'épervier de Maheux », c'est l'histoire de ces familles qui se meurent sur leurs terres, en quasi-autarcie, sur fond d'exode rural ; mais avaient-ils le choix : « là où la chèvre est attachée il faut qu'elle broute » dit-on.
Deuxième ouvrage de Jean Carrière après « Retour à Uzès », « L'épervier de Maheux » valut à son auteur les honneurs du Prix Goncourt, assorties de critiques acerbes et l'étiquette régionaliste qu'on tenta de lui faire porter ; inconcevable pour ce proche de Giono. Giono, régionaliste lui aussi sans doute, qui dépeint si bien « sa » Provence ?
Qu'importe, le prix Goncourt lui apporta la célébrité, mais aussi profonde dépression ; preuve que les Hautes Terres cévenoles ensoleillées ne préparent pas forcement aux feux de la rampe.
« L'épervier de Maheux » reste un roman d'une rare force qui ne soffre pas de la comparaison avec Jean Giono. A lire et à relire.
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igaluck
igaluck06 décembre 2013
  • Livres 5.00/5
Il faut s'accrocher pour démarrer. Les phrases ne sont pas simples. Jean Carrière nous offre une langue râpeuse, rude et tellurique, toute de cailloux et de douleurs. le pays est lourd, âpre, peu enclin à la présence humaine. C'est un endroit où « il n'est pas de maîtresse branche ni de poutre à portée de main qui n'aient offert au moins une fois la tentation d'y accrocher un bien vilaine corde ». Une peinture du pays cévenol qui sort des sentiers touristiques.
Le vieux Reilhan, taiseux lunaire, trouve sa consolation dans la « navigation à travers les grands espaces » « avec enfin le ciel immense pour lui seul » quand il peut emprunter un cheval pour labourer ses champs hauts. Samuel, le benjamin, cultive son handicap par mollesse et se débat avec une mère omniprésente. Abel, l'aîné, est un ours des montagnes buté. Il s'acharne à « tirer avec un mauvais fusil sur une cible inaccessible ». Les personnages secondaires ont autant de densité que les personnages principaux. Ils marquent, frappent l'imagination de leur réalité.
Le médecin, surtout, personnage cynique, cultivé, au regard distancié, parsème le roman de ses commentaires, témoin désabusé mais aimant à sa façon. L'irréalité des apparences matérielles face à la vie de l'esprit, la valeur dérisoire de l'être humain écrasé par les parois de la montagne, la superficialité de la vie courante, l'habitent à le hanter.
« Il vaudrait mieux être une pierre que ce nous sommes. » (315)
Un de ces bouleversements littéraires qui remuent l'intérieur comme il en arrive rarement. J'ai été soufflée.
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Ledraveur
Ledraveur05 janvier 2014
  • Livres 4.00/5
Une certaine lecture d'une région des Cévennes riche en bruyère sur ces coteaux fin août, terre farouche du côté de Trabassac, haut-lieu des Camisards de Jouany et Roland.
Épopée rude et aride d'un monde de lumières accablantes et ténébreuses des tourments d'êtres mi-homme, mi-bête, obstinées, butés enfouis dans les profondeurs insondables de leur détresse d'être né en un monde hallucinatoire ...
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sweetie
sweetie12 mars 2014
  • Livres 5.00/5
Un roman poétique et sordide tout à la fois. L'histoire d'un homme solitaire et farouche qui vit dans les Cévennes, territoire rude mais d'une extrême beauté. Prenant.
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Les critiques presse (1)
Bibliobs17 février 2016
Merci de ne pas passer à côté de ce très beau petit livre, qui ne s’avantage pas et qui se mérite.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
igaluckigaluck03 novembre 2013
Prenons un exemple : un beau matin, des messieurs très calés décident qu'il faut soigner les crétins du Haut-Pays (tenus pour tels) : ces énergumènes baveurs et ravis qu'on rencontre parfois là-haut assis au pied d'un arbre, et qui ont avec les papillons ou le vent de mystérieux conciliabules, les empêchent de dormir. Soigner, c'est- à-dire essayer d'ajuster le comportement d'un zèbre qui vit au milieu de ses chèvres dans un isolement presque total, sur celui du premier couillon venu, et d'ailleurs parfaitement abruti par les cohues, le tiercé, les bistrots ou le cinéma. On voit qu'il ne s'agit pas du même animal. Guéris, c'est-à -dire bons pour l'abrutissement général, on les renvoie chez eux. (22)
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lecassinlecassin28 décembre 2011
La première neige de l'année tomba en abondance vers la fin novembre. C'était une apparition précoce qui entraîna le haut pays, et presque tout le Sud dans un hiver sans précédent : pression inouïe du silence, calfeutrant de son étoupe le sang au fond des oreilles.
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lecassinlecassin30 décembre 2011
Eh bien quoi, la pauvreté? Vous avez tous ce mot-là à la bouche. Comme s'il ne vaut pas mieux manger un fruit sauvage assis devant sa porte et en étant un homme libre, que de se nourrir de langouste en prison.
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lecassinlecassin30 décembre 2011
Il ne pleuvait jamais le soir, mais le ciel s’ouvrait au contraire, vaste et multicolore, vers le couchant, l’océan, l’ouest somptueux, les Amériques – l’Amérique du Nord, l’étoilée, à laquelle avaient appartenu ces plateaux à l’ère des trilobites. Le Haut-Pays reprenait la mer, au crépuscule, et remontait le vent dans la direction de l’étoile polaire.
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lecassinlecassin30 décembre 2011
Quand l’homme avait le dos tourné, le monde se remplissait de choses mystérieuses, d’étranges complicités naissaient entre elles, des alliances inconnues se formaient, dont nul n’avait idée, et dont il ne restait aucune trace à son retour. Mais il fallait une prunelle pure et une oreille exercée pour les distinguer, pour en déceler les traces.
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Video de Jean Carrière (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Carrière
Jean Giono, du côté de Manosque. entretiens avec Jean Carrière
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