ISBN : 2070364356
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.49/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Dans la période de grande licence qui suivit les hostilités, le jazz fut un signe de ralliement, un étendard orgiaque aux couleurs du moment. Il agissait magiquement et son mode d'influence peut être comparé à une possession. C'était le meilleur élément pour donner leur... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 21 novembre 2008

    chartel
    J'étais un peu sur la défensive au moment d'ouvrir cette œuvre autobiographique. Je crains, en effet, les romans trop psychanalytiques. Mais toutes mes réticences se sont dissipées dès les premières lignes du roman.
    D'une part à cause de son originalité dans la structure formelle. Michel Leiris organise son récit selon plusieurs thématiques ce qui change des romans chronologiques. Ces thèmes sont principalement les mythes classiques, notamment ceux – je les découvrais au passage – de Judith et de Lucrèce. Je ne vais pas vous les présenter maintenant, lisez le roman, Michel Leiris prend le temps de nous éclairer sur ces modèles. Il est vrai que l'éducation bourgeoise de ce dernier est extrêmement prégnante, car il bénéficia d'une culture classique très riche, lui offrant ainsi la possibilité de se construire en tant qu'homme et d'élaborer une pensée cohérente et structurante à partir de ces références.
    D'autre part à cause de son intégrité dans sa manière d'assumer son point de vue. Michel Leiris parle de lui, essentiellement de lui. Il ne s'appesantit donc pas, ni sur de quelconques descriptions de son environnement, ni sur les portraits de ses proches. Tout se concentre sur les réflexions de l'auteur, ses souvenirs intérieurs, ses rêves, ses phantasmes ou ses angoisses.
    Michel Leiris n'hésite pas également à s'exposer en tant qu'écrivain. Les récits de ses souvenirs sont comme enchâssés dans un cadre plus large où l'auteur nous fait part de ses principes, de ses doutes et de ses hésitations. L'exigence formelle de cette oeuvre rend sa lecture passionnante, d'autant plus qu'elle se fait rare dans le tout venant de la littérature contemporaine.
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    • Livres 3.00/5
    Par cicou45, le 07 juin 2011

    cicou45
    Michel Leiris aborde ici l'autobiographie sous un genre nouveau. L'auteur ne se borne pas à décrire sa vie de façon linéaire. Il y inclut en quelque sorte une auto-psychanalyse dans laquelle in n'hésite pas à nous révéler son côté sombre en nous avouant pas exemple ses obsessions, qu'elles soient morbides ou sexuelles avec une lucidité assez déconcertante. Utilisant néanmoins le procédé de l'autodérision. L'auteur a voulu tenir le pari de dire absolument «toute la vérité et rien que la vérité» et l'on peut dire que c'est pari gagné.
    Ouvrage parfois un peu difficile d'accès puisque l'auteur emploie parfois des termes de psychanalyse afin de décrire certains de ses comportements mais qui au final, est un livre plus vrai que vrai, qui nous rassure parfois et permettre au lecteur d'accepter certaines réalités, qui sont différentes pour chacun d'entre nous mais qui font néanmoins partie de la condition humaine et qui sont des étapes normales de la vie pour permettre à tout être humain de mûrir et d'accéder au stade de «L'âge d'homme. À découvrir !
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Citations et extraits

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  • Par Meduzantic, le 10 mai 2011

    Une des grandes énigmes de mes premières années, en dehors de l'énigme de la naissance, fut le mécanisme de la descente des jouets de Noël à travers la cheminée. J'échafaudais des raisonnements byzantins à propos des jouets trop grands pour pouvoir logiquement passer dans la cheminée, le Père Noël les ayant lâchés d'en haut. [...]
    Lorsque j'appris que les enfants se formaient dans le ventre et que le mystère de Noël me fut révélé, il me sembla que j'accédais à une sorte de majorité [...]. Dès que je sus ce qu'était la grossesse, le problème de l'accouchement se posa pour moi d'une manière analogue à celle dont s'était posé le problème de la venue des jouets dans la cheminée : comment peuvent passer les jouets ? comment peuvent sortir les enfants ?
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  • Par Meduzantic, le 10 mai 2011

    [...] j'ai toujours réagi par le même louche mélange de peur et de pitié devant tout ce qui relève du "fait divers", expression triviale de la fatalité. Je suis épouvanté, notamment, par les accidents de la rue, surtout les accidents - ou rixes - qui surviennent l'été (lorsqu'il fait beau et chaud, que les gens sont en sueur, les femmes en robes légères, bras nus ou décolletées) ou encore les jours de fête, lors des vacances, ou le dimanche (quand la foule revient de se promener), bref tout ce qu'on appelle "Noël sanglante", "14 juillet qui finit mal", "baignade tragique" ; les joies qui tournent à l'aigre (comme les trop grands rires d'enfance qui mènent forcément aux larmes, ou les périodes d'optimisme trop marqué dont l'inéluctable conclusion est un plongeon vertigineux dans le cafard), tout ce qui fait figure de "coup de tonnerre dans un ciel serein", d'apparition spectrale à la fin d'un banquet, de malheur surgissant alors que tout semblait si calme, telle la guerre éclatant en pleine prospérité ou la police chargeant une foule paisible, au moment le plus inattendu.
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  • Par Meduzantic, le 11 mai 2011

    Un souvenir bien moins précis, mais plus proprement maritime, que j'ai gardé est celui de mon premier retour d'Angleterre, alors que j'avais douze ans. Un orage éclata peu après que le bateau eut quitté Douvres, orage sec assez impressionnant, avec de longs roulements de tonnerre et une succession presque ininterrompue d'éclairs, sur tous les points de l'horizon ; il faisait extrêmement sombre et l'effet était d'autant plus saisissant qu'il n'y avait pas un souffle de vent et que malgré la lumière de tempête la mer restait d'un calme plat, ce qu'on appelle "une mer d'huile". Souvent j'ai raconté par la suite - et je suis bien incapable de dire aujourd'hui si c'était tout à fait faux - qu'au plus fort de l'orage un feu Saint-Elme s'était posé à la pointe d'un des mâts.
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  • Par chartel, le 21 novembre 2008

    Je pensais que par l’usage lyrique des mots l’homme a le pouvoir de tout transmuer. J’accordais une importance prépondérante à l’imaginaire, substitut du réel et monde qu’il nous est loisible de créer. Le poète m’apparaissait comme un prédestiné, une manière de démiurge à qui il incombait d’effectuer cette vaste opération de transformation mentale d’un univers, vrai dans la seule mesure où l’on veut bien lui attribuer cette vérité.
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  • Par Meduzantic, le 11 mai 2011

    Il m'apparaissait scandaleux que malgré la voix lugubre de cette cloche qui avait l'air de gémir et d'appeler au secours [...] un individu pût se complaire à des travaux de minéralogie, se traînant le long de la grève, marteau en main. Et, dans une certaine mesure, je m'identifiai à lui, attaché que je suis [...] à des travaux scientifiques que je juge mesquins, tandis qu'au cœur du monde comme au large de cette crique il y a quelque chose de si brûlant qui délire, qui crie tout seul, demandant simplement qu'on l'entende et qu'on ait assez de courage pour s'y dévouer tout entier.
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- 00'00 générique de l'émission et présentation de la vie et du "Journal 1922-1989" de Michel LEIRIS par Blandine MOLINIER - 02'50 Lecture publique du "Journal 1922-1989" de Michel LEIRIS par Jean Louis TRINTIGNANT lors du festival d'Avignon (extraits choisis par Jean JAMIN) - Année 1924 : André Masson, Marcel Jouhandeau, Georges Limbour, définition d'une oeuvre d'art, la...








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