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Fanny Gayon (Éditeur scientifique)Isabelle Varloteaux (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070316963
Éditeur : Gallimard (23/09/2004)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 712 notes)
Résumé :
Ce livre est écrit sous la forme d'un dialogue entre Nathalie Sarraute et son double qui, par ses mises en garde, ses scrupules, ses interrogations, son insistance, l'aide à faire surgir "quelques moments, quelques mouvements encore intacts, assez forts pour se dégager de cette couche protectrice qui les conserve, de ces épaisseurs (...) ouatées qui se défont et disparaissent avec l'enfance". Enfance passée entre Paris, Ivanovo, en Russie, la Suisse, Pétersbourg et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
16 novembre 2013
★★★★★
★★★★★
Quelle étonnante découverte !
Je n'ai jamais rien lu de Nathalie Sarraute, l'associant à Marguerite Yourcenar que je trouve parfaitement hermétique (enfin, c'est mon avis).
Or là, surprise, une écriture fluide et vivante.
L'auteur raconte son enfance sous forme d'un dialogue avec elle-même, la poussant à aller de plus en plus loin dans la précision de ses souvenirs.
C'est parfaitement bien mené. Aucune lassitude en lisant, juste de l'admiration pour se souvenir aussi bien de son enfance, moi qui en ai tant oublié.
Elle décrit superbement les joies, la vitalité de l'enfance, mais aussi ses désespoirs, l'impact que peuvent avoir certaines paroles prononcées par les adultes, les blessures qu'elles engendrent, la confiance trahie, la solitude quand on ne sait plus à qui se confier.
A l'école, elle trouve sa place, hors de sa mère qui l'abandonne plus au moins et de sa belle-mère si froide et indifférente.
On sent naître son amour pour les langues et les mots, la naissance inconsciente de sa future vie d'écrivaine.
Nul doute que je vais lire ses romans.
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thedoc
11 décembre 2014
★★★★★
★★★★★
Dans ce recueil de souvenirs, Nathalie Sarraute nous raconte ses onze premières années, passées entre la France et la Russie. On retrouve en effet dans cet ouvrage les souvenirs les plus anciens jusqu'à l'entrée en sixième de la petite fille. Pour autant, ne vous attendez pas à un récit chronologique. A la manière d'un enfant qui se remémore ses souvenirs, ceux-ci sont racontés au hasard, sans aucune temporalité. C'est la voix de l'enfant qui organise les souvenirs selon l'importance de ces derniers. Deux voix d'ailleurs dialoguent ensemble dans ce récit. L'une et l'autre représentent l'auteur. Mais alors que l'une raconte, l'autre critique. Nathalie Sarraute dira d'ailleurs «J'ai juste voulu assembler des images d'enfance tirées d'une sorte de ouate où elles étaient enfouies».
Au travers de ces souvenirs distillés au hasard, on peut tout de même dresser un tableau familial. Les personnages qui peuplent les souvenirs de Nathalie sont nombreux mais les plus importants sont son père, sa mère, sa belle mère Vera et le bébé de cette dernière. On surnomme alors la petite Nathalie/Natacha, Tachok. Ses parents sont divorcés et la petite-fille est tiraillée entre ses deux parents. Sa mère, restée à Saint-Pétersbourg, est lointaine et de plus en plus distante avec sa fille. Elle entretient avec elle des relations presque indifférentes. Son père est attentif mais exilé à Paris. Il y a enfin Vera, sa belle-mère, souvent d'une froideur perfide et que sa mère lui interdit d'appeler Maman-Véra. Ainsi, d'anecdotes en anecdotes, le fil de l'enfance se déroule.
L'enfance de Nathalie Sarraute n'est pas tout rose mais on y retrouve les souvenirs d'école, les bêtises, les amis… qui ponctuent souvent ces livres dédiés au récit des jeunes années, le tout teinté de nostalgie.
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Lepasgrandchose
04 janvier 2017
Enfant, je profitais de la moindre occasion pour sortir de chez moi. Les commissions m'ont été très utiles. Ma tâche préférée était d'aller à la boucherie, la serveuse était jolie et gentille. Elle me donnait toujours une tranche de saucisson. Je prenais ça pour une grande marque d'affection et le signe que moi, le petit garçon très chevelu et très bizarre, j'étais digne d'intérêt. Faux, nul. Un soir comme nous rentrions de l'école, ma soeur, sa copine Léa et moi, nous sommes passés devant ladite boucherie. Léa prit la parole pour dire combien la tranche de saucisson, qu'elle recevait en cadeau chaque fois qu'elle s'y rendait, était bonne. C'était donc un leurre, cette serveuse ne m'aimait pas particulièrement. Pour la première fois de ma vie, je pris conscience de la fragilité de nos croyances.
Une quinzaine d'années plus tard, buvant mon Whisky comme je buvais mon chocolat Poulain, je me rappelle d'une enfance sans émerveillement. D'une sorte de prison dans laquelle j'ai eu la chance d'avoir une géniale codétenue. Tiens, cette fois où nous sommes allés en voiture jusqu'à Paris pour prendre un avion qui devait nous emmener à Saint-Pétersbourg. Ma mère qui tenait à nous faire connaître son pays. Si je ne me souviens en rien de la Russie, j'ai gardé ce baladeur CD en mémoire. Celui qui nous a permis d'écouter en boucle le Vent Nous Portera. Instantanés de solitude à deux sur une banquette arrière. Images d'une mère angoissée et d'un père bougon. Mauvais film d'auteur où la menace gronde.
J'essaie de comprendre l'enfance, la sienne, la mienne et je me perds. C'est sans doute l'anniversaire qui arrive. L'appréhension d'un cadeau qu'on échangera pas. C'était notre habitude. L'argent de poche de la grand-mère était économisée à partir de Septembre et un matin de janvier nous nous les échangions. Désormais, je n'offre plus rien, si ce n'est mon cynisme et ma mauvaise humeur. Ça doit être ça, grandir ?
Alors, je me reprends un Whisky. J'ai dormi quatre heures en trois jours, je suis cerné et déprimé. Tout est long désormais. Il faudrait que je nettoie mon appartement, que je prenne une douche, que j'appelle mon propriétaire ( mes canalisations fuient ), que j'arrête de picoler. Ah oui, que je retrouve du boulot aussi. Mes persiennes sont fermées, peut-être le temps est-il clément ? Je m'en fous. Je veux boire encore et encore. Ne voir personne. Me laisser aller à la plus profonde impudeur. Tout me manque et la seconde qui vient de s'écouler, je l'idéalise déjà. Ce matin ( peut-être était-ce hier ? ) j'ai dit à mon miroir que je fus un enfant. Il a bien rigolé.
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hove
31 juillet 2011
★★★★★
★★★★★
C'est une autobiographie mais pas seulement. En plus de sa passionnante histoire personnelle, balloté d'un pays à l'autre, de ses relations avec son père, sa mère, sa belle-mère, sa demi-soeur etc. c'est surtout la part psychologique de cet enfant et la façon dont l'auteur la retranscrit qui m'a fasciné. Ce qui donne toute sa dimension à l'oeuvre est la méditation intérieure représentée par ce dialogue avec elle-même. Il apporte une vitalité supplémentaire, une profondeur que ses réflexions, ses "mouvements" de l'âme viennent sans cesse alimenter. On comprend pourquoi Nathalie Sarraute est associée au nouveau roman, là c'est un coup de maître, une révélation. Ce n'est pas une longueur d'avance que cette autobiographie prend sur les autres, c'est plutôt d'un habile pas de côté que Nathalie Sarraute se démarque. A la suite de cette lecture elle devient pour moi incontournable, une référence.
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Davjo
16 août 2015
★★★★★
★★★★★
Une enfance qui ressurgit avec ses figures. Les parents séparés. le père, tout d'abord, exilé russe, dont on nous dit qu'il essaie de reconstituer son usine de produits chimiques. La mère qui vit en Russie avec le gentil Kolia.
Mais Nathalie, vers 8 ans, est accueillie plus longtemps chez son père et Véra, sa nouvelle compagne, qui met au monde Lili.
Si son père l'entoure d'une affection jamais démentie, on ne saura jamais quel degré d'affection lui porte sa belle-mère qui n'a que quinze ans de plus qu'elle. Elle lui posera la question, à brûle-pourpoint: est-ce-que tu me détestes ?
Le troisième personnage, le plus important, c'est l'école de la République, l'école laïque française. L'école devient le hâvre protecteur pour cette enfant aux excellentes notes, ballotée entre ses parents, obligée faire des choix d'adulte. Elle vit là-bas un moment de perfection au cours d'une simple récitation. L'école est « un monde aux confins tracés avec une grande précision, un monde solide, partout visible, juste à ma mesure. ». Elle éprouve précisément le sentiment que l'enseignement primaire cherche à donner.

Ce court livre est écrit sous forme de dialogue intérieur, un ping pong verbal, une auto-psychanalyse où les souvenirs enfuis, enfouis, se raniment à la lueur du présent, mais sont vacillant car on ne connaît pas leur degré de véracité, à quel point ils sont reconstruits. Un fil minuscule les unit et ils émergent en ribambelle de la brume du passé.
Lien : http://killing-ego.blogspot...
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Citations & extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
chartelchartel16 décembre 2009
Je regardais les espaliers en fleurs le long du petit mur de briques roses, les arbres fleuris, la pelouse d’un vert étincelant jonchée de pâquerettes, de pétales blancs et roses, le ciel, bien sûr, était bleu, et l’air semblait vibrer légèrement… et à ce moment-là, c’est venu… quelque chose d’unique… qui ne reviendra plus jamais de cette façon, une sensation d’une telle violence qu’encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand, amoindrie, en partie effacée elle me revient, j’éprouve… mais quoi ? quel mot peut s’en saisir ? pas le mot à tout dire : "bonheur", qui se présente le premier, non, pas lui… "félicité", "exaltation", sont trop laids, qu’ils n’y touchent pas… et "extase"… comme devant ce mot ce qui est là se rétracte… "Joie", oui, peut-être… ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger… mais il n’est pas capable de recueillir ce qui m’emplit, me déborde, s’épand, va se perdre, se fondre dans les briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l’air qui vibre parcouru de tremblements à peine perceptibles, d’ondes… des ondes de vie, de vie tout court, quel autre mot ?… de vie à l’état pur, aucune menace sur elle, aucun mélange, elle atteint tout à coup l’intensité la plus grande qu’elle puisse jamais atteindre… jamais plus cette sorte d’intensité-là, pour rien, parce que c’est là, parce que je suis dans cela, dans le petit mur rose, les fleurs des espaliers, des arbres, la pelouse, l’air qui vibre… je suis en eux sans rien de plus, rien qui ne soit à eux, rien à moi.
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mathilde08mathilde0814 mai 2011
Voici enfin le moment attendu où je peux étaler le volume sur mon lit, l'ouvrir à l'endroit où j'ai été forcée d'abandonner... je m'y jette, je tombe... impossible de me laisser arrêter, retenir par les mots, par leur sens, leur aspect, par le déroulement des phrases, un courant invisible m'entraîne avec ceux à qui de tout mon être imparfait mais avide de perfection je suis attachée, à eux qui sont la bonté, la beauté, la grâce, la noblesse, la pureté, le courage mêmes... je dois avec eux affronter des désastres, courir d'atroces dangers, lutter au bord de précipices, recevoir dans le dos des coups de poignard, être séquestrée, maltraitée par d'affreuses mégères, menacée d'être perdue à jamais... et chaque fois, quand nous sommes tout au bout de ce que je peux endurer, quand il n'y a plus le moindre espoir, plus la plus légère possibilité, la plus fragile vraisemblance... cela nous arrive... un courage insensé, la noblesse, l'intelligence parviennent juste à temps à nous sauver..
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WindylluviaWindylluvia04 août 2013
Elles sont ainsi maintenant, ces idées, elles se permettent n'importe quoi. Je regarde le décolleté de maman, ses bras nus dorés, bronzés, et tout à coup en moi un diablotin, un petit esprit malicieux, comme les "domovoï" qui jouent toutes sortes de farces dans les maisons, m'envoie cette giclée, cette idée : "Maman a la peau d'un singe." Je veux essuyer ça, l'effacer... ce n'est pas vrai, je ne le crois pas... ce n'est moi qui ai pensé ça. Mais il n'y a rien à faire, la fourrure d'un singe aperçu dans la cage du jardin d'acclimatation est venue, je ne sais comment, se poser sur le cou, sur les bras de maman et voici l'idée... elle me fait mal...
J'appelle maman au secours, il faut qu’elle me soulage... "Tu sais maman j'ai maintenant une autre idée... Elle a l'air aussitôt agacée... - Qu'est ce que c'est encore? - Eh bien, je pense... que tu as... la peau d'un singe..." elle va regarder ce que j'ai là, ce qui a poussé en moi, malgré moi, nous allons le regarder ensemble...c 'est si ridicule, si grotesque... on ne peut que s'en moquer, elle va éclater de son rire qui me fait toujours rire avec elle, nous en rirons toutes les deux et l'idée s'en ira là d'où elle est venue... là où elle est née... quelque part hors de moi, dans un lieu que je ne connais pas... Ou encore maman dira : "Eh bien, j'en suis ravie. Tu te souviens comme ils étaient mignon ces petits singes."
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mandarine43mandarine4308 août 2011
[ Incipit ]

- Alors tu vas vraiment faire ça ? « Evoquer tes souvenirs d'enfance »... Comme ces mots te gênent, tu ne les aimes pas. Mais reconnais que ce sont les seuls mots qui conviennent. Tu veux « évoquer tes souvenirs »... il n'y a pas à tortiller, c'est bien ça.
- Oui, je n'y peux rien, ça me tente, je ne sais pas pourquoi...
- C'est peut-être... est-ce que ce ne serait pas.. on ne s'en rend parfois pas compte... c'est peut-être que tes forces déclinent...
- Non, je ne crois pas... du moins je ne le sens pas...
- Et pourtant ce que tu veux faire... « évoquer tes souvenirs »... est-ce que ce ne serait pas...
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torezutorezu24 octobre 2010
Je dévale en courant, en me roulant dans l’herbe rase et drue parsemée de petites fleurs des montagnes jusqu’à l’Isère qui scintille au bas des prairies, entre les grands arbres… […] je regarde le ciel comme je ne l’ai jamais regardé… je me fonds en lui, je n’ai pas de limites, pas de fin.
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