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ISBN : 2070376842
Éditeur : Gallimard (1985)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 629 notes)
Résumé :
Ce livre est écrit sous la forme d'un dialogue entre Nathalie Sarraute et son double qui, par ses mises en garde, ses scrupules, ses interrogations, son insistance, l'aide à faire surgir "quelques moments, quelques mouvements encore intacts, assez forts pour se dégager de cette couche protectrice qui les conserve, de ces épaisseurs (...) ouatées qui se défont et disparaissent avec l'enfance". Enfance passée entre Paris, Ivanovo, en Russie, la Suisse, Pétersbourg et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
zabeth5516 novembre 2013
  • Livres 4.00/5
Quelle étonnante découverte !
Je n'ai jamais rien lu de Nathalie Sarraute, l'associant à Marguerite Yourcenar que je trouve parfaitement hermétique (enfin, c'est mon avis).
Or là, surprise, une écriture fluide et vivante.
L'auteur raconte son enfance sous forme d'un dialogue avec elle-même, la poussant à aller de plus en plus loin dans la précision de ses souvenirs.
C'est parfaitement bien mené. Aucune lassitude en lisant, juste de l'admiration pour se souvenir aussi bien de son enfance, moi qui en ai tant oublié.
Elle décrit superbement les joies, la vitalité de l'enfance, mais aussi ses désespoirs, l'impact que peuvent avoir certaines paroles prononcées par les adultes, les blessures qu'elles engendrent, la confiance trahie, la solitude quand on ne sait plus à qui se confier.
A l'école, elle trouve sa place, hors de sa mère qui l'abandonne plus au moins et de sa belle-mère si froide et indifférente.
On sent naître son amour pour les langues et les mots, la naissance inconsciente de sa future vie d'écrivaine.
Nul doute que je vais lire ses romans.
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thedoc
thedoc11 décembre 2014
  • Livres 4.00/5
Dans ce recueil de souvenirs, Nathalie Sarraute nous raconte ses onze premières années, passées entre la France et la Russie. On retrouve en effet dans cet ouvrage les souvenirs les plus anciens jusqu'à l'entrée en sixième de la petite fille. Pour autant, ne vous attendez pas à un récit chronologique. A la manière d'un enfant qui se remémore ses souvenirs, ceux-ci sont racontés au hasard, sans aucune temporalité. C'est la voix de l'enfant qui organise les souvenirs selon l'importance de ces derniers. Deux voix d'ailleurs dialoguent ensemble dans ce récit. L'une et l'autre représentent l'auteur. Mais alors que l'une raconte, l'autre critique. Nathalie Sarraute dira d'ailleurs «J'ai juste voulu assembler des images d'enfance tirées d'une sorte de ouate où elles étaient enfouies».
Au travers de ces souvenirs distillés au hasard, on peut tout de même dresser un tableau familial. Les personnages qui peuplent les souvenirs de Nathalie sont nombreux mais les plus importants sont son père, sa mère, sa belle mère Vera et le bébé de cette dernière. On surnomme alors la petite Nathalie/Natacha, Tachok. Ses parents sont divorcés et la petite-fille est tiraillée entre ses deux parents. Sa mère, restée à Saint-Pétersbourg, est lointaine et de plus en plus distante avec sa fille. Elle entretient avec elle des relations presque indifférentes. Son père est attentif mais exilé à Paris. Il y a enfin Vera, sa belle-mère, souvent d'une froideur perfide et que sa mère lui interdit d'appeler Maman-Véra. Ainsi, d'anecdotes en anecdotes, le fil de l'enfance se déroule.
L'enfance de Nathalie Sarraute n'est pas tout rose mais on y retrouve les souvenirs d'école, les bêtises, les amis… qui ponctuent souvent ces livres dédiés au récit des jeunes années, le tout teinté de nostalgie.
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zohar
zohar12 mars 2011
  • Livres 3.00/5
« Enfance » de Nathalie Sarraute est une autobiographie à deux voix !
La première appartient au « je ». La « VOIX NARRATRICE » (c'est-à-dire l'enfant, la voix instinctive, et candide) qui tente de rassembler les souvenirs de ses onze premières années, en explorant et analysant, à la fois des sensations éprouvées et des émotions restées informulées pendant son enfance (sa première rédaction scolaire, la séparation de ses parents, l'attitude de sa belle-mère, l'indifférence maternelle, sa vie à Paris).
Quant à la deuxième voix, elle correspond au double de la narratrice et joue un rôle de conscience morale. La « VOIX CRITIQUE », (c'est la conscience adulte de l'écrivain).
Cette seconde met en garde la première voix contre les risques d'une telle entreprise (parler de soi) ou, au contraire la pousse à l'approfondir, mais sous l'égide de la vigilance et de la réflexion pour déjouer les pièges traditionnels de l'autobiographie.
En d'autres termes, il faut éviter de compenser les défauts de la mémoire par des inventions artificielles, ou par des « raccords » et « replâtrages » des souvenirs.
La deuxième voix est garant de l'authenticité et de la véracité des propos, en introduisant le soupçon, le doute pour une meilleure sincérité des formulations.
« Enfance » ouvre ainsi la voie à une nouvelle conception de l'autobiographie marquée par la psychanalyse. L'auteur-narrateur effectue le travail de remémoration à travers le récit à deux voix, en suivant l'importance qu'ont les évènements dans la mémoire et en recherchant les tropismes : « Ce sont des mouvements indéfinissables, qui glissent très rapidement aux limites de notre conscience ; ils sont à l'origine de nos gestes, de nos paroles, des sentiments que nous manifestons (…). Ils me paraissaient et me paraissent encore constituer la source secrète de notre existence (écrit-elle, dans la préface de son essai, « l'Ere du soupçon »).
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hove
hove31 juillet 2011
  • Livres 4.00/5
C'est une autobiographie mais pas seulement. En plus de sa passionnante histoire personnelle, balloté d'un pays à l'autre, de ses relations avec son père, sa mère, sa belle-mère, sa demi-soeur etc. c'est surtout la part psychologique de cet enfant et la façon dont l'auteur la retranscrit qui m'a fasciné. Ce qui donne toute sa dimension à l'oeuvre est la méditation intérieure représentée par ce dialogue avec elle-même. Il apporte une vitalité supplémentaire, une profondeur que ses réflexions, ses "mouvements" de l'âme viennent sans cesse alimenter. On comprend pourquoi Nathalie Sarraute est associée au nouveau roman, là c'est un coup de maître, une révélation. Ce n'est pas une longueur d'avance que cette autobiographie prend sur les autres, c'est plutôt d'un habile pas de côté que Nathalie Sarraute se démarque. A la suite de cette lecture elle devient pour moi incontournable, une référence.
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Davjo
Davjo16 août 2015
  • Livres 3.00/5
Une enfance qui ressurgit avec ses figures. Les parents séparés. le père, tout d'abord, exilé russe, dont on nous dit qu'il essaie de reconstituer son usine de produits chimiques. La mère qui vit en Russie avec le gentil Kolia.
Mais Nathalie, vers 8 ans, est accueillie plus longtemps chez son père et Véra, sa nouvelle compagne, qui met au monde Lili.
Si son père l'entoure d'une affection jamais démentie, on ne saura jamais quel degré d'affection lui porte sa belle-mère qui n'a que quinze ans de plus qu'elle. Elle lui posera la question, à brûle-pourpoint: est-ce-que tu me détestes ?
Le troisième personnage, le plus important, c'est l'école de la République, l'école laïque française. L'école devient le hâvre protecteur pour cette enfant aux excellentes notes, ballotée entre ses parents, obligée faire des choix d'adulte. Elle vit là-bas un moment de perfection au cours d'une simple récitation. L'école est « un monde aux confins tracés avec une grande précision, un monde solide, partout visible, juste à ma mesure. ». Elle éprouve précisément le sentiment que l'enseignement primaire cherche à donner.

Ce court livre est écrit sous forme de dialogue intérieur, un ping pong verbal, une auto-psychanalyse où les souvenirs enfuis, enfouis, se raniment à la lueur du présent, mais sont vacillant car on ne connaît pas leur degré de véracité, à quel point ils sont reconstruits. Un fil minuscule les unit et ils émergent en ribambelle de la brume du passé.
Lien : http://killing-ego.blogspot.fr/2015/08/nathalie-..
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Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Marti94Marti9416 mai 2016
Dans les dessins de mon livre préféré, Max et Moritz, avec ses vers si drôles que je sais par cœur, que j’aime scander, rien ne me fait jamais peur, même quand je vois les deux méchants garnements ficelés sur un plat, prêts à être enfournés et rôtis comme deux petits cochons de lait…
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Marti94Marti9416 mai 2016
Nous ne nous parlons pas beaucoup, et je ne sais pas ce qui fait que je ne m’ennuie jamais avec elle, ni elle, il me semble, avec moi.
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Marti94Marti9416 mai 2016
Je savais que ces mots "tu m'aimes", "je t'aime" étaient de ceux qui le feraient se rétracter, feraient reculer, se terrer encore plus loin au fond de lui ce qui était enfoui... Et en effet, il y avait de la désapprobation dans sa moue, dans sa voix...
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chartelchartel16 décembre 2009
Je regardais les espaliers en fleurs le long du petit mur de briques roses, les arbres fleuris, la pelouse d’un vert étincelant jonchée de pâquerettes, de pétales blancs et roses, le ciel, bien sûr, était bleu, et l’air semblait vibrer légèrement… et à ce moment-là, c’est venu… quelque chose d’unique… qui ne reviendra plus jamais de cette façon, une sensation d’une telle violence qu’encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand, amoindrie, en partie effacée elle me revient, j’éprouve… mais quoi ? quel mot peut s’en saisir ? pas le mot à tout dire : "bonheur", qui se présente le premier, non, pas lui… "félicité", "exaltation", sont trop laids, qu’ils n’y touchent pas… et "extase"… comme devant ce mot ce qui est là se rétracte… "Joie", oui, peut-être… ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger… mais il n’est pas capable de recueillir ce qui m’emplit, me déborde, s’épand, va se perdre, se fondre dans les briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l’air qui vibre parcouru de tremblements à peine perceptibles, d’ondes… des ondes de vie, de vie tout court, quel autre mot ?… de vie à l’état pur, aucune menace sur elle, aucun mélange, elle atteint tout à coup l’intensité la plus grande qu’elle puisse jamais atteindre… jamais plus cette sorte d’intensité-là, pour rien, parce que c’est là, parce que je suis dans cela, dans le petit mur rose, les fleurs des espaliers, des arbres, la pelouse, l’air qui vibre… je suis en eux sans rien de plus, rien qui ne soit à eux, rien à moi.
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mathilde08mathilde0814 mai 2011
Voici enfin le moment attendu où je peux étaler le volume sur mon lit, l'ouvrir à l'endroit où j'ai été forcée d'abandonner... je m'y jette, je tombe... impossible de me laisser arrêter, retenir par les mots, par leur sens, leur aspect, par le déroulement des phrases, un courant invisible m'entraîne avec ceux à qui de tout mon être imparfait mais avide de perfection je suis attachée, à eux qui sont la bonté, la beauté, la grâce, la noblesse, la pureté, le courage mêmes... je dois avec eux affronter des désastres, courir d'atroces dangers, lutter au bord de précipices, recevoir dans le dos des coups de poignard, être séquestrée, maltraitée par d'affreuses mégères, menacée d'être perdue à jamais... et chaque fois, quand nous sommes tout au bout de ce que je peux endurer, quand il n'y a plus le moindre espoir, plus la plus légère possibilité, la plus fragile vraisemblance... cela nous arrive... un courage insensé, la noblesse, l'intelligence parviennent juste à temps à nous sauver..
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