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ISBN : 2070376842
Éditeur : Gallimard (1985)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 469 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quatrième de couverture: Ce livre est écrit sous la forme d'un dialogue entre Nathalie Sarraute et son double qui, par ses mises en garde, ses scrupules, ses interrogations, son insistance, l'aide à faire surgir "quelques moments, quelques mouvements encore intacts, ass... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par zabeth55, le 16 novembre 2013

    zabeth55
    Quelle étonnante découverte !
    Je n'ai jamais rien lu de Nathalie Sarraute, l'associant à Marguerite Yourcenar que je trouve parfaitement hermétique (enfin, c'est mon avis).
    Or là, surprise, une écriture fluide et vivante.
    L'auteur raconte son Enfance sous forme d'un dialogue avec elle-même, la poussant à aller de plus en plus loin dans la précision de ses souvenirs.
    C'est parfaitement bien mené. Aucune lassitude en lisant, juste de l'admiration pour se souvenir aussi bien de son Enfance, moi qui en ai tant oublié.
    Elle décrit superbement les joies, la vitalité de l'Enfance, mais aussi ses désespoirs, l'impact que peuvent avoir certaines paroles prononcées par les adultes, les blessures qu'elles engendrent, la confiance trahie, la solitude quand on ne sait plus à qui se confier.
    A l'école, elle trouve sa place, hors de sa mère qui l'abandonne plus au moins et de sa belle-mère si froide et indifférente.
    On sent naître don amour pour les langues et les mots, la naissance inconsciente de sa future vie d'écrivaine.
    Nul doute que je vais lire ses romans.
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    • Livres 4.00/5
    Par thedoc, le 11 décembre 2014

    thedoc
    Dans ce recueil de souvenirs, Nathalie Sarraute nous raconte ses onze premières années, passées entre la France et la Russie. On retrouve en effet dans cet ouvrage les souvenirs les plus anciens jusqu’à l’entrée en sixième de la petite fille. Pour autant, ne vous attendez pas à un récit chronologique. A la manière d’un enfant qui se remémore ses souvenirs, ceux-ci sont racontés au hasard, sans aucune temporalité. C’est la voix de l’enfant qui organise les souvenirs selon l’importance de ces derniers. Deux voix d’ailleurs dialoguent ensemble dans ce récit. L’une et l’autre représentent l’auteur. Mais alors que l’une raconte, l’autre critique. Nathalie Sarraute dira d’ailleurs «J'ai juste voulu assembler des images d'enfance tirées d'une sorte de ouate où elles étaient enfouies».
    Au travers de ces souvenirs distillés au hasard, on peut tout de même dresser un tableau familial. Les personnages qui peuplent les souvenirs de Nathalie sont nombreux mais les plus importants sont son père, sa mère, sa belle mère Vera et le bébé de cette dernière. On surnomme alors la petite Nathalie/Natacha, Tachok. Ses parents sont divorcés et la petite-fille est tiraillée entre ses deux parents. Sa mère, restée à Saint-Pétersbourg, est lointaine et de plus en plus distante avec sa fille. Elle entretient avec elle des relations presque indifférentes. Son père est attentif mais exilé à Paris. Il y a enfin Vera, sa belle-mère, souvent d’une froideur perfide et que sa mère lui interdit d’appeler Maman-Véra. Ainsi, d’anecdotes en anecdotes, le fil de l’enfance se déroule.
    L’enfance de Nathalie Sarraute n’est pas tout rose mais on y retrouve les souvenirs d’école, les bêtises, les amis… qui ponctuent souvent ces livres dédiés au récit des jeunes années, le tout teinté de nostalgie.
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    • Livres 3.00/5
    Par zohar, le 12 mars 2011

    zohar
    « Enfance » de Nathalie Sarraute est une autobiographie à deux voix !
    La première appartient au « je ». La « VOIX NARRATRICE » (c'est-à-dire l'enfant, la voix instinctive, et candide) qui tente de rassembler les souvenirs de ses onze premières années, en explorant et analysant, à la fois des sensations éprouvées et des émotions restées informulées pendant son Enfance (sa première rédaction scolaire, la séparation de ses parents, l'attitude de sa belle-mère, l'indifférence maternelle, sa vie à Paris).
    Quant à la deuxième voix, elle correspond au double de la narratrice et joue un rôle de conscience morale. La « VOIX CRITIQUE », (c'est la conscience adulte de l'écrivain).
    Cette seconde met en garde la première voix contre les risques d'une telle entreprise (parler de soi) ou, au contraire la pousse à l'approfondir, mais sous l'égide de la vigilance et de la réflexion pour déjouer les pièges traditionnels de l'autobiographie.
    En d'autres termes, il faut éviter de compenser les défauts de la mémoire par des inventions artificielles, ou par des « raccords » et « replâtrages » des souvenirs.
    La deuxième voix est garant de l'authenticité et de la véracité des propos, en introduisant le soupçon, le doute pour une meilleure sincérité des formulations.
    « Enfance » ouvre ainsi la voie à une nouvelle conception de l'autobiographie marquée par la psychanalyse. L'auteur-narrateur effectue le travail de remémoration à travers le récit à deux voix, en suivant l'importance qu'ont les évènements dans la mémoire et en recherchant les Tropismes : « Ce sont des mouvements indéfinissables, qui glissent très rapidement aux limites de notre conscience ; ils sont à l'origine de nos gestes, de nos paroles, des sentiments que nous manifestons (…). Ils me paraissaient et me paraissent encore constituer la source secrète de notre existence (écrit-elle, dans la préface de son essai, « L'Ere du soupçon »).
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    • Livres 4.00/5
    Par hove, le 31 juillet 2011

    hove
    C'est une autobiographie mais pas seulement. En plus de sa passionnante histoire personnelle, balloté d'un pays à l'autre, de ses relations avec son père, sa mère, sa belle-mère, sa demi-sœur etc. c'est surtout la part psychologique de cet enfant et la façon dont l'auteur la retranscrit qui m'a fasciné. Ce qui donne toute sa dimension à l'œuvre est la méditation intérieure représentée par ce dialogue avec elle-même. Il apporte une vitalité supplémentaire, une profondeur que ses réflexions, ses "mouvements" de l'âme viennent sans cesse alimenter. On comprend pourquoi Nathalie Sarraute est associée au nouveau roman, là c'est un coup de maître, une révélation. Ce n'est pas une longueur d'avance que cette autobiographie prend sur les autres, c'est plutôt d'un habile pas de côté que Nathalie Sarraute se démarque. A la suite de cette lecture elle devient pour moi incontournable, une référence.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 31 juillet 2011

    brigittelascombe
    Nathalia Tcherniak, connue sous son nom d'écrivain Nathalie Sarraute, est née en 1900 et son écriture annonce le nouveau roman. Ce livre, Enfance, de souvenirs... d'Enfance est autobiographique et a été publié en 1983.Nathalie Sarraute a été par ailleurs la mère de Claude Sarraute.
    Rien à voir avec l'Enfance idyllique et idéalisée de Marcel Pagnol dans sa trilogie.
    Natacha (à la russe) s'interviewe elle même et son récit traverse le miroir pour crever certains abcés encore purulents en surface.
    Moscou.L'admirative fillette pense de sa mère:"Ô quelle est belle" mais lui affirme qu'il y en a une autre encore plus belle. Alors là!!! L'insupportable petite fille insupporte sa mère froide et distante.
    Mais, n'est ce pas le comble de l'horreur que de s'attendre à une visite de sa grand mère et de voir arriver un médecin qui vous anesthésie, vous étouffe d'un masque et hop en ni une ni deux vous ôte les amygdales?
    Et n'est ce pas le comble du mensonge que de s'entendre affirmer:- une femme tombe enceinte en avalant de la poussière?
    Et n'est ce pas le comble de l'abandon que ce départ vers Paris où sauf quelques cartes postales, les nouvelles maternelles seront rares.
    La fillette rêveuse, élevée dans un univers tissé de mots puisque sa mère écrit des contes mais lui en raconte peu, voudrait, qu'"ils se posent... à l'intérieur de la maison, dans cette pièce aux murs très blancs...le parquet jonché de tapis de couleurs..les divans,les fauteuils..." partout.Et ces mots, elle les lit, les boit,les absorbe pour les faire siens.Contes d'Andersen,David Coperfield,tout est bon et surtout les romans dont les "phrases envoutantes vous enferment".
    Tachok, Tachotchik,Pigalitza, tendres diminutifs, que le père emploie avant leur départ en France. Que de jolies berceuses chante t il à la petite fille sage qui sait si bien faire les révérences! Divorcé, il va recueillir Natacha à Paris où il travaille dans une fabrique. Famille recomposée, avec Véra en belle mère peu sympathique, Lili en demi soeur qui capte l'attention des grands, Adèle la bonne "qui sait quel enfant Madame porte dans son coeur".
    Un livre exutoire à portée psychanalytique, un récit à double voix, celle de Nathalie qui retranscrira en journaliste les propos recueillis et celle de Natacha, la petite qui a souffert de solitude, de rejet et qui pleure encore au fil des mots.
    Emouvant parcours qui établit la génèse d'un grand écrivain.
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Citations et extraits

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  • Par thedoc, le 11 décembre 2014

    Alors tu vas vraiment faire ça ? "Evoquer tes souvenirs d'enfance"... Comme ces mots te gênent, tu ne les aimes pas. Mais reconnais que ce sont les seuls mots qui conviennent. Tu veux "évoquer tes souvenirs"... il n'y a pas à tortiller, c'est bien ça.

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  • Par chartel, le 16 décembre 2009

    Je regardais les espaliers en fleurs le long du petit mur de briques roses, les arbres fleuris, la pelouse d’un vert étincelant jonchée de pâquerettes, de pétales blancs et roses, le ciel, bien sûr, était bleu, et l’air semblait vibrer légèrement… et à ce moment-là, c’est venu… quelque chose d’unique… qui ne reviendra plus jamais de cette façon, une sensation d’une telle violence qu’encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand, amoindrie, en partie effacée elle me revient, j’éprouve… mais quoi ? quel mot peut s’en saisir ? pas le mot à tout dire : "bonheur", qui se présente le premier, non, pas lui… "félicité", "exaltation", sont trop laids, qu’ils n’y touchent pas… et "extase"… comme devant ce mot ce qui est là se rétracte… "Joie", oui, peut-être… ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger… mais il n’est pas capable de recueillir ce qui m’emplit, me déborde, s’épand, va se perdre, se fondre dans les briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l’air qui vibre parcouru de tremblements à peine perceptibles, d’ondes… des ondes de vie, de vie tout court, quel autre mot ?… de vie à l’état pur, aucune menace sur elle, aucun mélange, elle atteint tout à coup l’intensité la plus grande qu’elle puisse jamais atteindre… jamais plus cette sorte d’intensité-là, pour rien, parce que c’est là, parce que je suis dans cela, dans le petit mur rose, les fleurs des espaliers, des arbres, la pelouse, l’air qui vibre… je suis en eux sans rien de plus, rien qui ne soit à eux, rien à moi.
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  • Par mathilde08, le 14 mai 2011

    Voici enfin le moment attendu où je peux étaler le volume sur mon lit, l'ouvrir à l'endroit où j'ai été forcée d'abandonner... je m'y jette, je tombe... impossible de me laisser arrêter, retenir par les mots, par leur sens, leur aspect, par le déroulement des phrases, un courant invisible m'entraîne avec ceux à qui de tout mon être imparfait mais avide de perfection je suis attachée, à eux qui sont la bonté, la beauté, la grâce, la noblesse, la pureté, le courage mêmes... je dois avec eux affronter des désastres, courir d'atroces dangers, lutter au bord de précipices, recevoir dans le dos des coups de poignard, être séquestrée, maltraitée par d'affreuses mégères, menacée d'être perdue à jamais... et chaque fois, quand nous sommes tout au bout de ce que je peux endurer, quand il n'y a plus le moindre espoir, plus la plus légère possibilité, la plus fragile vraisemblance... cela nous arrive... un courage insensé, la noblesse, l'intelligence parviennent juste à temps à nous sauver..
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  • Par Windylluvia, le 04 août 2013

    Elles sont ainsi maintenant, ces idées, elles se permettent n'importe quoi. Je regarde le décolleté de maman, ses bras nus dorés, bronzés, et tout à coup en moi un diablotin, un petit esprit malicieux, comme les "domovoï" qui jouent toutes sortes de farces dans les maisons, m'envoie cette giclée, cette idée : "Maman a la peau d'un singe." Je veux essuyer ça, l'effacer... ce n'est pas vrai, je ne le crois pas... ce n'est moi qui ai pensé ça. Mais il n'y a rien à faire, la fourrure d'un singe aperçu dans la cage du jardin d'acclimatation est venue, je ne sais comment, se poser sur le cou, sur les bras de maman et voici l'idée... elle me fait mal...
    J'appelle maman au secours, il faut qu’elle me soulage... "Tu sais maman j'ai maintenant une autre idée... Elle a l'air aussitôt agacée... - Qu'est ce que c'est encore? - Eh bien, je pense... que tu as... la peau d'un singe..." elle va regarder ce que j'ai là, ce qui a poussé en moi, malgré moi, nous allons le regarder ensemble...c 'est si ridicule, si grotesque... on ne peut que s'en moquer, elle va éclater de son rire qui me fait toujours rire avec elle, nous en rirons toutes les deux et l'idée s'en ira là d'où elle est venue... là où elle est née... quelque part hors de moi, dans un lieu que je ne connais pas... Ou encore maman dira : "Eh bien, j'en suis ravie. Tu te souviens comme ils étaient mignon ces petits singes."
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  • Par mandarine43, le 08 août 2011

    [ Incipit ]

    - Alors tu vas vraiment faire ça ? « Evoquer tes souvenirs d'enfance »... Comme ces mots te gênent, tu ne les aimes pas. Mais reconnais que ce sont les seuls mots qui conviennent. Tu veux « évoquer tes souvenirs »... il n'y a pas à tortiller, c'est bien ça.
    - Oui, je n'y peux rien, ça me tente, je ne sais pas pourquoi...
    - C'est peut-être... est-ce que ce ne serait pas.. on ne s'en rend parfois pas compte... c'est peut-être que tes forces déclinent...
    - Non, je ne crois pas... du moins je ne le sens pas...
    - Et pourtant ce que tu veux faire... « évoquer tes souvenirs »... est-ce que ce ne serait pas...
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