> Élisabeth Janvier (Traducteur)

ISBN : 2290302503
Éditeur : J'ai Lu


Note moyenne : 3.86/5 (sur 42 notes) Ajouter à mes livres
Un cinq pièces au Bradford en plein coeur de New York, quel bonheur pour un jeune couple! Rosemary et Guy n'en reviennent pas. Les jaloux disent que l'immeuble est maudit, marqué par la magie noire, que le sinistre Marcato y habita, que les sueurs Trench y pratiquèrent ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 juillet 2009

    Woland
    Rosemary's baby
    Traduction : Elisabeth Janvier
    Ah ! le merveilleux, l'habile petit roman ! Encore ai-je honte de qualifier de "petit" ce miracle d'horlogerie littéraire - Stephen King a bien raison - qui rappelle, en plus doucement ironique, le meilleur cru d'une Shirley Jackson. Plus sûrement, "Un bébé pour rosemary" est un chef-d'oeuvre de la littérature d'épouvante mais on peine à s'en apercevoir parce que, tout d'abord, nous sommes d'habitude envahis par un gore systématique qui, ici, brille par son absence, ensuite parce que l'intégralité de l'ouvrage baigne dans un humour et une causticité qui visent avant tout la foi religieuse.
    Ira Levin n'était pas un sataniste, loin s'en faut et, s'il a pris comme thème la naissance de l'Antéchrist, ce n'est pas par anti-catholicisme primaire mais parce que le mythe du Christ, toujours d'actualité - plus que jamais d'actualité - après plus de deux mille ans d'existence et beaucoup de péripéties, symbolise mieux qu'un autre le besoin de se soumettre à une autorité divine supérieure qui, depuis le fond des âges et les mystères des grottes préhistoriques, caractérise l'essentiel de notre espèce.
    L'histoire, en elle-même, tient du conte de fées revu à la sauce biblique. Elle relève du merveilleux, au sens magique du terme, à ceci près que le sexe est absent de la conception du bébé christique. Jusqu'à Dieu le Père/Jéhovah, aucune déité mâle, si puissante fût-elle, n'avait osé prendre le pari d'un enfant conçu de cette façon. La seule exception connue, celle de Zeus expulsant par le crâne une Athéna déjà casquée et armée, n'est même pas valable puisque cette naissance pour le moins curieuse serait dûe aux origines non helléniques de la déesse de la Raison, que les Grecs parvinrent à incorporer ainsi à leur théogonie. Plus loin encore dans le temps, le dieu Amon utilisait le corps de Pharaon pour procréer son futur successeur. Et n'oublions pas les zigourats mésopotamiens sur lesquels officiaient, dit-on, les prostituées sacrées d'Ishtar.
    Tout changea donc avec le dieu des Hébreux - si l'on accepte l'idée que Jéhovah et le Dieu le Père de l'Evangile sont une seule et même entité, ce qui ne fait pas encore l'unanimité. Encore les pères de la nouvelle religion inventèrent-ils ce concept des plus ésotériques qui a nom le Saint-Esprit et qui, comme chacun sait, "descendit" sur Marie. Certains pères de la toute nouvelle Eglise chrétienne allèrent même encore plus loin puisqu'ils n'hésitèrent pas à affirmer que Marie donna naissance à Jésus en l'expulsant de son oreille. L'oreille, la tête, vous en conviendrez, c'est tout de même plus noble que l'utérus.
    Le bébé de Rosemary, lui, choisit l'utérus, on est tenté d'écrire comme tout le monde. Cela peut étonner chez le rejeton du prince des Enfers, couramment décrit comme l'archange suprême perdu par son orgueil mais pourtant, c'est la vérité. La naissance est aussi un peu douloureuse mais guère plus que la moyenne. Bref, si l'on excepte les impressionnants yeux de félin que son géniteur lui a légué avec deux petites cornes et de toutes petites griffes, cet enfant est aussi normal que vous et moi : la chair, il connaît.
    Du début jusqu'à la fin, "Un bébé pour rosemary" baigne dans une ironie aimable qui permet à l'auteur comme au lecteur de conserver leurs distances avec la tragi-comédie qui se déroule. Deux seuls moments vraiment noirs dans tout ça : le suicide de Terry, la protégée des Castevets et, bien sûr, la mort, aussi inattendue que mystérieuse, de Hutch, le meilleur ami de Rosemary. A part cela, les deux niveaux de lecture coexistent sans difficultés :
    1) ou bien on accepte l'histoire pour ce qu'elle paraît être : une conspiration satanique pour favoriser la naissance de l'Antéchrist, issu comme il se doit d'une femme non-vierge dont le prénom se réfère à la mère du Christ, et de Satan. le père adoptif, le "Joseph" de l'histoire, est ici présenté comme un lâche et un arriviste de la plus belle eau. Quant aux sectateurs du Démon, on ne voit pas très bien ce qui les différencie des fanatiques religieux habituels.
    2) ou alors on part du principe que l'héroïne, très attachée au catholicisme, tombe dans la paranoïa absolue par le fait d'une grossesse plutôt douloureuse - et aussi en raison d'un certain fond personnel de culpabilité, hérité de son éducation.
    Ira Levin est si habile qu'on peut même les combiner tous les deux. L'un comme l'autre se veut de toute façons une critique aiguë, paroxystique presque, de l'instinct religieux dans tous ses états.
    A vous de voir et n'oubliez pas de venir nous dire quelle solution vous aurez choisie.
    Et n'oubliez pas de visionner le film éponyme de Polanski : il est aussi jubilatoire. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 30 septembre 2010

    maltese
    Roman délicat, à l'écriture tout en finesse.
    Rosemary et Guy emménage dans un bel appartement au coeur de New-York. Mais il s'avère que l'immeuble a abrité des satanistes pratiquant des sacrifices. Et très vite, Rosemary, qui attend un enfant, s'inquiète de détails étranges.
    Des personnages fort bien rendus pour une lutte qui dépasse tout manichéisme. Rosemary est d'une force incroyable, mère capable de faire face à l'horreur.
    Levin nous décrit un New-York du XXème siècle tellement authentique que nous sommes en droit comme Rosemary de douter qu'il puisse être habité par des sorciers. Et pourtant...
    A compléter absolument avec l'excellente adaptation de Polanski.
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    • Livres 4.00/5
    Par hesperie, le 16 août 2011

    hesperie
    Malgré les récriminations de leur ami Hutch, Guy et Rosemary emménagent au Bramford, un immeuble cossu de l'Upper East Side. Rosemary se lie peu à peu d'amitié avec Terry, sa jeune voisine, recueillie par un couple de personnes âgées alors qu'elle se trouvait dans la rue. La jeune femme se suicide quelques jours plus tard. Ses parents adoptifs, Mr et Mrs Castevet, touchés par la tristesse de Rosemary, se rapprochent du jeune couple. Tout d'abord charmants et accueillants, les Castevet se révèlent rapidement envahissants et inquiétants. La situation se dégrade lorsque Rosemary tombe enceinte. Des rêves étranges et troublants perturbent de plus en plus les nuits de la jeune femme qui finit par soupçonner ses voisins d'appartenir à une secte satanique....
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    • Livres 4.00/5
    Par PtiteSouris, le 14 mars 2011

    PtiteSouris
    Rosemary et Guy emménagent au Bradford, un immeuble de New York à la réputation maudite. Guy tente de devenir un acteur reconnu tandis que Rosemary s'installe tranquillement dans l'appartement, rêvant d'avoir des enfants avec Guy, qui pour l'instant n'en veut pas. Jusqu'au jour où il se décide enfin.
    La principale réussite de l'auteure : pendant tout le livre, on ne sait pas s'il y a vraiment anguille sous roche. Jusqu'à la dernière partie, où tout est enfin dévoilé. le récit est centré sur Rosemary. Cest elle que nous suivons, les autres personnages ne font que graviter autour d'elle, si bien qu'il est difficile de savoir si elle devient folle ou non.
    Pour le reste, l'auteure se place dans un contexte assez banal : un jeune couple américain plein de promesses : la femme s'intéresse à son intérieur, décoration et autres corvées ménagères, l'homme n'en a que pour son travail (et comment en fait !). Bien sûr le roman date un peu, d'où ce genre de stéréotypes.
    Enfin, bon une belle réussite qui m'a tenu en haleine peu de temps.

    Lien : http://ptitesouris.hautetfort.com/archive/2011/03/08/un-bebe-pour-ro..
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    • Livres 5.00/5
    Par manuel007, le 01 mars 2011

    manuel007
    Très bon, bien écrit. Quelques petites frayeur à l'occasion, mais c'est le mystère qui rend se livre si intéressant. On constate les améliorations qui on changer pour les femmes enceintes.
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 24 juillet 2009

    [...] ... - "Je ne sais pas si vous êtes au courant," dit [Hutch] en tartinant son petit pain, "mais le Bramford avait une réputation plutôt fâcheuse au début du siècle."

    Il releva le nez, vit qu'ils n'étaient pas au courant, et poursuivit. (Il avait un visage large, luisant, des yeux bleus au regard vif, et quelques rares mèches de cheveux noirs, soigneusement plaquées en travers de sa calvitie.)

    - "Indépendamment d'Isadora Duncan et de Théodore Dreiser," dit-il, "le Bramford a abrité un nombre considérable de personnages beaucoup moins recommandables. C'est là que les soeurs Trench exerçaient leur art culinaire particulier, et que Keith Kennedy tenait ses petites réunions. Adrian Marcato habitail là, lui aussi ; et Pearl Ames.

    - Qui étaient les soeurs Trench ?" demanda Guy.

    - "Qui était Adrian Marcato ?" demandait Rosemary au même moment.

    - "Les soeurs Trench," dit Hutch, "deux vieilles dames très victoriennes et très respectables, étaient des cannibales distinguées. Elles ont fait cuire et ont mangé plusieurs petits enfants, y compris leur propre nièce.

    - Charmant," dit Guy.

    Hutch se tourna vers Rosemary.

    - "Adrian Marcato, lui, pratiquait la sorcellerie. Il fit même sensation, vers 1890, en annonçant qu'il avait réussi à évoquer Satan lui-même. Il alla jusqu'à montrer une poignée de poils et quelques bouts de griffes, et apparemment, des gens l'ont cru. Du moins, il y en eut suffisamment pour former un attroupement et le lyncher, dans le hall d'entrée du Bramford.

    - Vous plaisantez," dit Rosemary.

    - "Je suis très sérieux. Quelques années plus tard, commença l'affaire Keith Kennedy et, vers les années vingt, la moitié des locataires avait déserté l'immeuble. ... [...]
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  • Par Woland, le 24 juillet 2009

    ...] ... Le vendredi 3 juin, Hutch mourut sans avoir quitté son lit à l'Hôpital Saint-Vincent. Axel Allert, son gendre, téléphona la nouvelle à Rosemary le samedi matin. Il y aurait une cérémonie commémorative le mardi matin, à 11 heures, à l'Ethical Culture Center de la 64ème Rue Ouest, lui dit-il.

    Rosemary pleura, non seulement parce que Hutch était mort, mais aussi parce qu'elle l'avait totalement oublié tous ces derniers mois et avait maintenant le sentiment qu'elle avait hâté sa fin. Grace Cardiff [amie très proche de Hutch] avait bien téléphoné une ou deux fois ; mais elle n'était pas retournée voir Hutch ; cela lui avait paru bien inutile, étant donné qu'il était toujours dans le coma, et de plus, ayant recouvré la santé, elle éprouvait une certaine répugnance à côtoyer un malade, comme si cette proximité avait pu constituer un danger pour elle et pour son enfant.

    En apprenant la nouvelle, Guy blêmit et se renferma dans le silence pendant plusieurs heures. Rosemary fut étonnée de l'importance de sa réaction.

    Elle alla seule à la cérémonie. Guy avait un tournage et ne pouvait se libérer ... (...)

    Rosemary serra la main [de Grace], lui dit bonjour et la remercia de ses coups de téléphone.

    - "Je voulais vous poster ceci hier soir," dit Grace Cardiff, montrant un paquet enveloppé de papier brun, de la dimension d'un livre, qu'elle tenait à la main, "mais je me suis dit que je vous verrais probablement ce matin.(...)

    - Qu'est-ce que c'est ?

    - C'est un livre que Hutch tenait absolument à ce qu'on vous remette. Il a beaucoup insisté. (...) Il était apparemment en train de lire ce livre le soir où il est tombé malade. Il a beaucoup insisté, il l'a répété deux ou trois fois à l'infirmière et lui a fait promettre de ne pas l'oublier. Il paraît aussi qu'il faut que je vous dise que "le nom est un anagramme." (...) C'est un livre anglais sur la sorcellerie. ... [...]
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  • Par manuel007, le 01 mars 2011

    Guy déchira le haut du paquet, donna une tape sur le fond pour faire remonter les cigarettes et en sortit une. il fit un clin d'œil à Rosemary qui était en train de se rasseoir.
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