ISBN : 2253081027
Éditeur : Le Livre de Poche
(2005)
Note moyenne : 3.2/5 (sur 5 notes)
Poésies : Et autres textes1Ajouter à mes livres
Il n'y a point, dans les rares ouvrages de Mallarmé, de ces négligences qui apprivoisent tant de lecteurs et les flattent secrètement d'être familiers avec le poète ; point de ces apparences d'humanité qui touchent si facilement toutes les personnes pour lesquelles ce q... > voir plus
Obscur. le style de Mallarmé est très très difficile à aborder (si bien qu'il y a même des traductions plus claires de ses phrases en bas de page de cette édition) car très référencée, imagée, dissolue et évaporée. le plus frustrant est surtout que là où je le trouve le plus brillant c'est dans ses poèmes simples, rapides, fluides ("Si tu veux nous nous aimerons...", etc.) De plus, c'est une oeuvre fragmentaire, car dispersée et souvent inachevée. Il s'est beaucoup avancé dans des projets abandonnés quelques années plus tard, et qui manquent du coup de beaucoup de substance et d'impact littéraire. C'est cependant une Poésie très intéressante, complexe, à certain moment même fortement moderne, et lorsqu'elle ne s'envole pas dans des subtilités trop ardues, sublime. Il est à saluer le grand travail de critique qu'il a pu avoir sur les Lettres et leur évolution au cours de son siècle, et d'avoir su déceler les changements théoriques et stylistiques qui allaient s'opérer par la suite.
Le néant à cet Homme aboli de jadis ;
"Souvenir d'horizons, qu'est ce, ô toi, que la Terre ?"
Hurle ce songe ; et, voix dont la clarté s'altère,
L'espace a pour jouet le cri : "Je ne sais pas !"
Avec véracité, qu'est-ce, les lettres, que cette mentale poursuite, menée, en tant que le discours, afin de définir ou de faire, à l'égard de soi-même, preuve que le spectacle répond à une imaginative compréhension, il est vrai, dans l'espoir de s'y mirer.
Est-il moyen, ô Moi qui connais l'amertume,
D'enfoncer le cristal par le monstre insulté
Et de m'enfuir, avec mes deux ailes sans plume
- Au risque de tomber pendant l'éternité ?
Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
Aboli bibelot d'inanité sonore,
Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s'honore.