Une très belle histoire d'amour. Belle, mais triste aussi… Car le cœur de Jack, se brise véritablement puisqu'il a été remplacé par une horloge à sa naissance.
J'aime beaucoup l'univers onirique et poétique de
Malzieu, son écriture si déroutante au début. Mais, une fois accoutumé à cette langue tendre et imagée, on ne peut rester insensible au charme de cet amour juvénile et brûlant comme une flamme.
Pour rendre compte de façon juste de ce livre si « étonnant », il faudrait être capable de s'exprimer comme l'auteur avec ces mots si légers, si aériens qui donnent un peu l'impression d'évoluer dans une bulle. Ou alors, il faudrait citer l'auteur :
« Cette nuit je vais grimper à la lune, m'installer dans le croissant comme dans un hamac et je n'aurai absolument pas envie de dormir pour rêver » : voilà qui décrit admirablement l'ambiance fantastique dans laquelle on se trouve enveloppé. Fantastique mais aussi magique avec la lune, donc mais aussi les scènes de nuit et le personnage de Méliès (bien réel) qui accompagne le héros (virtuel) Jack.
Et, je ne sais pas trop comment l'expliquer car mes souvenirs remontent à bien loin, mais j'ai glané dans ce cœur pas si mécanique que ça, des réminiscences de
Boris Vian celui de «
L'Écume des jours » ou de « L'arrache cœur » justement. Je vais vite me replonger dans ces ouvrages phares de mes vingt ans afin de confirmer ou d'infirmer cette parenté.
Par contre, en lisant « La mécanique du cœur » je me suis surprise à fredonner cette chanson des Frères Jacques intitulée « La pendule » et… les paroles sont de
Raymond Queneau. Ah ! tout ça ne nous rajeunit pas ou au contraire…
Je m'baladais su' les boulevards
Lorsque j'rencontre l'ami Bidard
Il avait l'air si estomaqué
Que j'lui ai d'mandé d's'expliquer
« Eh bien voilà me dit-il
J'viens d'avaler ma pendule
Alors je vais chez l'chirurgien
Car j'ai une peupeur de chien
Que ça m'tombe dans les vestibules »