1878. Devi naît plusieurs semaines avant la date prévue en même temps que le vol d'une centaine de hérons, signe de mauvais augure. Quand sa mère l'emmène au temple du village pour qu'on lui dresse son horoscope, le vieux prêtre lui prédit richesse, mari et descendance mais remet sans plus d'explications aux parents anxieux une amulette censée protéger l'enfant et l'éloigner du mauvais oeil. Qu'importe le destin qui attend réellement Devi, elle sera une enfant comblée et choyée. Étant la première fille à naître chez les Nachimanda depuis plus de soixante ans, elle est la "princesse" de son père, "le soleil et la lune" de Tayi sa grand-mère, la petite chipie trop gâtée de sa mère.
Puis, alors que Devi n'a que cinq ans, sa famille recueille Gauru, une de ses cousines qui s'est enfuie de chez son mari, provocant alors un véritable scandale. Elle est accompagnée de son jeune fils Devanna, quatre ans, renfrogné et timide qui passe son temps caché sous ses jupes. Les deux jeunes enfants ne se quitteront plus et grandiront ensemble, riant et jouant à longueur de journée, libres et insouciants. le suicide de la mère de Devanna ne fera que renforcer les liens des deux enfants. Ensemble, ils iront à l'école de la mission où Devanna montrera très vite de formidables dispositions pour les études, devenant le chouchou du révérend Gundert persuadé que celui ci posséde une intelligence hors du commun.
Quelques années plus tard, une cérémonie exceptionnelle est organisée au village en l'honneur de Machu le tueur de tigre. Voilà plus de trente ans qu'un tel évènement n'avait pas eu lieu et c'est avec une impatience non dissimulée que Devi s'apprête à rencontrer le héros du jour. Quand elle aperçoit pour la première fois Machu, bien qu'elle ne soit encore qu'une enfant et que lui soit déjà un homme, Devi jure qu'elle l'épousera un jour, lui et personne d'autre. Petit à petit, les relations entre Devi et Devanna changent, Devi s'éloigne, préfère la compagnie des filles de son âge et rejette son ami qui ne semble s'intéresser qu'aux études. Devi grandit, refuse tous les prétendants, persuadée que Machu viendra la chercher un jour. Mais cet amour, Machu ne peut le vivre au grand jour..., qu'importe, Devi attendra. de son côté, Devanna intègre l'université de médecine de Bangalore où seul l'amour qu'il porte à Devi lui permet de supporter les brimades et l'humiliation quotidiennes. Quand il revient enfin pour lui avouer ses sentiments, les retrouvailles tournent au drame...
Ce roman est une merveille ! Évidemment, au début, il a fallu que je prenne mes marques : les noms indiens, la hiérarchie familiale, les coutumes, tout cela m'était totalement inconnu. Passés ses premiers moments un peu laborieux, je me suis totalement laissée embarquer par l'histoire. le roman est en fait une longue fresque familiale qui s'étend de 1878 à 1939, et si Devi, Devanna et Machu en sont les personnages principaux, le lecteur suivra aussi Nanju et Appu leur descendance... Quand on sait que ce roman est le premier de l'auteure, on ne peut qu'applaudir. Tout y est : les descriptions sont somptueuses, le dépaysement est total, les personnages sont solaires et incroyablement attachants, l'histoire d'amour ou plutôt les histoires d'amour sont tragiques et impossibles... On frémit avec les personnages, on rêve, on espère, et on tombe immédiatement amoureux de ce pays aux décors époustouflants ! le roman traverse l'Histoire et est extrêmement bien documenté : la petite histoire rejoint la grande et l'histoire de L'Inde rejoint celle de l'Europe... On en prend plein les mirettes, ce roman prend aux tripes et au coeur, un vrai bonheur de lecture !!
Lien : http://aliasnoukette.over-blog.com/article-les-collines-du-tigre-sar..