ISBN : 2253010243
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Pour Blanche Frontenac, restée veuve avec cinq enfants, le bonheur personnel n'existe pas. La seule chose essentielle est d'agir en vue du bien commun et dans l'intérêt de la famille. Quand le moment sera venu, Jean-Louis, le brillant aîné, obéira aux mêmes liens puissa... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 07 novembre 2011

    Cath36
    Roman de l'enfance et du paradis perdu, roman de l'apprentissage de la vie à travers la famille et la fratrie, ce roman en partie biographique évoque aussi les tourments d'un jeune écrivain qui se cherche, à travers sa sensibilité et ses expériences. A travers le domaine familial de Bourideys (comprenez Malagar) où Yves vit ses premières découvertes poétiques, c'est un hommage à ses racines et à sa famille que Mauriac -avec combien d'émotion- rend ici. Roman un peu proustien auquel se mêle des fragrances du "Grand Meaulnes", "Le mystère frontenac" fut un des livres préférés de mon adolescence. Même si je préfère maintenant les grands romans psychologiques de Mauriac, je garde une pensée nostalgique pour ce livre, dans lequel je retrouve une partie de ma propre jeunesse. Quand, dans une madeleine, tient toute une vie...
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 10 septembre 2011

    argali
    Pour Blanche Frontenac, restée veuve avec cinq enfants, le bonheur personnel n'existe pas. La seule chose essentielle est d'agir en vue du bien commun et dans l'intérêt de la famille. Quand le moment sera venu, Jean-Louis, le brillant aîné, obéira aux mêmes liens puissants du sang. Malgré des aspirations différentes, il reprendra l'affaire familiale, deviendra le maître de la fortune afin de protéger les cadets et de maintenir à jamais Le Mystère Frontenac.
    Ce roman, en grande partie autobiographique, nous relate le dilemme dans lequel est plongé Yves Frontenac, adolescent orphelin de père. Elevé dans la tradition, l'amour, l'honneur, la foi, Yves est profondément attaché à sa famille et à sa région natale mais il rêve d'être écrivain. Pour cela, il lui faut quitter la province et monter à Paris. Tenaillé entre devoir et rêve d'indépendance, entre passé et avenir, il monte à Paris afin de réaliser son rêve. Mais il n'est pas plus heureux là-bas, loin de la terre qui l'a vu naître et des siens qu'il ne l'était à Bordeaux.
    Son frère, lui, abandonnera ses rêves pour reprendre l'affaire familiale.
    On sent dans cette famille un lien serré, un amour vrai qui unit ses membres. On est loin de la froideur et de la méchanceté de la famille du « Nœud de vipères »
    Mauriac nous dépeint ici un homme tiraillé entre le bien et Le mal, entre le devoir et l'accomplissement de soi. Qui de nous n'a pas été confronté à un choix cornélien ? Qui de nous n'a pas dû un jour trancher dans le vif ?
    Lu à la fin de l'adolescence, ce roman m'a laissé un très bon souvenir au point que je l'ai relu récemment. J'ai retrouvé avec plaisir le style de Mauriac, la finesse de ses descriptions ; il n'a pas son pareil pour nous décrire ses personnages à petits traits vifs et précis.
    Passé un peu à la trappe ses dernières années, oublié des jeunes lecteurs, Mauriac est pourtant un peintre des âmes et des êtres qu'il faut avoir lu au moins une fois. Sans doute, la cellule familiale du début du 20e siècle est-elle passablement désuète aujourd'hui et le carcan qu'elle imposait devenu insupportable mais certaines valeurs qu'elle proposait auraient leur place dans notre société si on voulait bien les remettre au goût du jour.
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    • Livres 3.00/5
    Par jcnb68, le 02 novembre 2011

    jcnb68
    Livre intéressant et même excellent.
    Or, venant de Mauriac, je considère qu'il ne mérite pas sa renommée.
    Ce n'est pas parce que l'on est capable d'écrire des chefs-d'œuvre que tout ce que l'on écrit
    en fait forcement partie.
    Mauriac nous fait ici la description d'une petite fratrie autour d'une mère veuve.
    L'absence du père plane de sa présence fantomatique tout au long du récit.
    Toujours la même subtilité faite de détails et de petits riens qui sont pourtant le fondement de la vie et de la catastrophe qui attend patiemment en son seuil.
    Des êtres perdus qui jouent à cache-cache avec eux-mêmes.
    Ça ne vous dit rien ?
    Mais il manque la rage et la luminosité d'un Thérèse Desquyroux.
    Les petits problèmes de bourgeois entre eux, ça sonne pour moi, un peu creux.
    Et le temps, n'a rien arrangé.
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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 07 novembre 2011

    Il se rappelait cette face consumée de sa mère, à la fin d'un beau jour de septembre, à Bourideys ; ces regards qui cherchaient Dieu, au-delà des plus hautes branches : "je voudrais savoir, mon petit Yves, toi qui connais tant de choses...au ciel, pense-t-on encore à ceux qu'on a laissés sur la terre ? Comme elle ne pouvait imaginer un monde où ses fils n'eussent plus été le coeur de son amour, Yves lui promit que tout amour s'accomplirait dans l'unique amour. Cette nuit, après beaucoup d'années, les mêmes paroles qu'il avait dites pour conforter sa mère, lui revinrent en mémoire. La veilleuse éclaire le visage admirable de Jean-Louis endormi. O filiation divine ! ressemblance avec Dieu ! Le mystère Frontenac échappait à la destruction, car il était un rayon de l'éternel amour réfracté à travers une race. L'impossible union des époux, des frères et des fils, serait consommé avant qu'il fût longtemps, et les derniers pins de Bourideys verraient passer - non plus à leurs pieds, dans l'allée qui va au gros chêne, mais très haut et très loin au-dessus de leurs cimes, le groupe serré de la mère et de ses cinq enfants.
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  • Par Cath36, le 07 novembre 2011

    Mais une angoisse l'attendait, et comment Yves Frontenac en eût-il pressenti l'horreur, à la fenêtre de sa chambre en cette nuit de septembre humide et douce ? Plus sa poésie rallierait de coeurs, et plus il se sentirait appauvri ; des êtres boiraient de cette eau dont il devait être le seul à voir la source se tarir.
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  • Par milado, le 07 janvier 2012

    ... nous ne nous doutions pas que d' avoir vingt ans pût apparaître aux autres comme une merveille. C' était bien à notre insu que nous détenions un trésor. La jeunesse n'a pas cours dans nos milieux : c'est l'âge ingrat, l'âge de la bourre, une époque de boutons, de furoncles, de mains moites, de choses sales.
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  • Par milado, le 08 janvier 2012

    Jamais je n'avais si bien réussi à me mettre dans la peau de la mort. Ces murs épais, ce salon qui est une cave, au centre de cette propriété perdue. La nuit...La vie était à l'infini. C'était le repos. Le repos, ma chérie, songez donc ! Ne plus sentir que l'on aime ... Pourquoi nous a-t-on appris à douter du néant?... L'irrémédiable, c'est de croire, malgré et contre tout, à la vie éternelle. C'est d'avoir perdu le refuge du néant.
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  • Par Cath36, le 07 novembre 2011

    Yves, sans répondre, imagina Bourideys à cette heure : dans le ciel, le vent de ce crépuscule devait unir, séparer, puis, de nouveau, confondre la cimes des pins, comme si ces prisonniers eussent eu un secret à se transmettre et à répandre sur la terre. Après cette averse, un immense égouttement emplissait la forêt. Ils iraient, sur le perron, sentir le soir d'automne. Mais si Bourideys existait encore aux yeux de Yves, c'était comme tout à l'heure sa mère, dans ce rêve, vivante, et pourtant il savait qu'elle était morte. Ainsi dans le Bourideys d'aujourd'hui, ne subsistait plus que la chrysalide abandonnée de ce qui fut son enfance et son amour.
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Vidéo de François Mauriac

Le Sagouin part 3
Un film réalisé par les élèves de seconde du lycée de la Sauque (année 2010-2011) et par Godi'art. Il sagit d'une adaptation du roman de François Mauriac "Le Sagouin". Partie 3/3.
Dans les années 30, dans un village de la Gironde, Guillou, un jeune garçon surnommé le sagouin, malheureux et sevré d'affection, mène une vie d'angoisse et de tristesse dans un château sinistre. Il exaspère sa mère qui ne voit en lui que le reflet détesté d'un mari qu'elle n'a épousé que pour devenir baronne. Grâce à l'instituteur du village, Guillou entrevoit un instant l'existence d'un autre monde, de douceur et de tendresse.








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