> Carole Nasser (Traducteur)

ISBN : 9782355800115
Éditeur : Libella Maren Sell (2010)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Une journée hivernale en Provence. Adrian Herzog et Martijn van Vliet font connaissance dans un café. Ils constatent qu’ils sont tous deux originaire de Bern. Au cours du trajet de retour en Suisse, une intime complicité se crée entre les deux hommes. Van Vliet raconte ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 08 décembre 2010

    nadejda
    Martijn van Vliet et Adrian Herzog se rencontre dans un café en Provence «par un matin clair et venteux». Deux bernois égarés qui vont faire le voyage du retour ensemble. La rencontre d'un étranger, le voyage, permettent cet échange car on sait ne plus revoir ensuite la personne à laquelle on se confie. Voyage au cours duquel van Vliet va raconter et tenter d'éclaircir le cheminement qui a entraîné et fait basculer sa fille dans la folie. van Vliet va faire le récit douloureux de son amour exclusif pour sa fille, de la passion subite, et exclusive aussi, de celle-ci pour le violon qui va la conduire progressivement à la folie. Il va revisiter le passé à la lumière du présent pour tenter d'y déceler des indices annonciateurs de la catastrophe finale. Et Adrian qui l'écoute fait le rapprochement avec sa propre situation qui a bien des points communs avec celle de Martijn.
    Ce récit est prenant, étouffant et éprouvant. Ce père désemparé, qui se sacrifie pour sa fille et voudrait aussi la garder près de lui est touchant et exaspérant parfois. De même Léa apparaît par moment très attirante et à d'autres odieuse. Et c'est justement cela qui nous retient. le lecteur lui-même ne sait plus où il en est, à l'image du père et de sa fille. L'auteur nous inclut dans son récit.
    Pour moi ce livre est aussi beau bien que plus dépouillé, d'un style plus sobre, que le premier roman de Pascal Mercier «Un train pour Lisbonne»
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Petitebijou, le 29 juin 2011

    Petitebijou
    En Provence, un homme rencontre un scientifique suisse, qui, au cours d'un périple qui les ramène à Berne, lui raconte la passion destructrice pour le violon vécue par sa fille Léa. Pour tenter de la sortir de sa tristesse après la mort de sa mère, le scientifique avait acheté l'instrument à Lea qui avait eu une révélation après avoir entendu jouer une violoniste dans le métro. A partir de là, nous assistons à la descente aux enfers du couple père-fille, avec en contrepoint quelques bribes de la biographie du narrateur.
    Je m'attendais à une histoire de passion, vibrante, enlevée, et je n'ai ressenti que de la lourdeur tout au long de ce roman qui m'a paru parfois interminable. Ce qui aurait pu être une bonne histoire ne suffit pas. Il faut un style à la hauteur. Or, au fil des pages, les phrases lourdes, ampoulées, nous assomment, font traîner en longueur l'histoire. Et, pour finir, l'auteur termine son roman par une postface où il nous explique sa démarche, dans une justification tout aussi rébarbative.
    Le parti-pris de faire raconter l'histoire par un tiers n'est en soi pas gênant. Mais tout ici est froid, sans âme, morbide. A aucun moment, nous ne ressentons la passion de Léa pour le violon, si ce n'est dans ses côtés destructeurs. C'est par là qu'à mon avis pêche le roman. Parce que dire passion signifie aussi amour, plaisir, sensualité, sentiments qu'a dû ressentir Léa, mais à aucun moment l'auteur nous donne l'accès à ce côté positif qui est sensé lui avoir redonné le goût de vivre ! Alors, nous priver du point de vue de Léa - elle doit dire dix phrases dans tout le livre, c'est amputer de sa face solaire la narration, et par conséquent la richesse psychologique qui aurait pu émerger. L'auteur nous explique que c'est une volonté de sa part, mais pour moi elle appauvrit ce qui aurait pu être un bon livre. Une déception !
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par bibliame, le 02 mars 2011

    bibliame
    Comment peut-on perdre quelqu'un alors que cette même personne vit à côté de vous ? Bien qu'étrange, cette situation n'en n'est pas moins dramatique. La folie reste un mystère pour les proches de la personne qui en est atteinte. Cette barrière qui s'érige au fil des jours devient tellement infranchissable, que le père et la fille n'arrivent plus à communiquer. Alors que seule la musique semble rapprocher Léa et son père, la musique accélère leur « séparation ».
    Pascal Mercier a traité de manière poignante le naufrage de cet amour filial, cause ou source de l'arrivée sournoise de cette folie qui va les conduire tous les deux à leur perte sur le tempo d'une partition inachevée.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 18 mai 2011

    brigittelascombe
    Léa, huit ans rencontre la musique dans la rue sur l'archet d'un violon qui glisse intemporel et la transporte vers l'infini. Enfant en mal de mère, baignant dans l'amour exclusif et intrusif de son père, cette fillette surdouée va essayer d'endiguer sa faille sous jacente dans le cadre obsesionnel de Marie, la belle Marie, l'implacable Marie, l'exigeante Marie son professeur de musique.
    Perfection oblige, l'élève dépassera t elle le maitre dont Léa désire plus que tout obtenir amour et reconnaissance.
    Paradoxe éternel car en dépassant le maitre....qui mènera Léa à la cassure définitive celle de la folie, celle qui broie et éclate.
    Un livre réaliste et bien traité(sous forme de dialogue entre deux hommes, deux étrangers, deux scientifiques dont le père de Léa qui ont perdu confiance en eux) qui parle plus généralement de ces enfants poussés à l'extrème par des coachs qui projettent sur eux leurs propres ambitions. Un livre bien traité qui parle de destins brisés puisqu'après la fille celui du père s'enclenchera vers l'alcool et la dépression.
    "L'enfer est pavé de bonnes intentions" disait Sartre.....
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    • Livres 2.00/5
    Par Lukes, le 07 novembre 2010

    Lukes
    Un jour, alors que Martijn marche dans la rue avec sa fille Léa, le son d'un violon se fait entendre. Depuis le décès de sa mère, la jeune Léa semble indifférente au monde qui l'entoure. Isolée, meurtrie par le deuil, plus rien ne semble toucher l'enfant. Mais alors qu'ils se rapprochent, Martijn redécouvre dans les yeux de Léa une étincelle de vie, une flamme qui s'allume, une passion dévorante qui ne fait que naître. Soulagé que l'enfant sorte enfin de sa torpeur, Martijn se dévouera corps et âme pour lui permettre d'exister au travers de cet instrument, quitte à oublier sa propre vie pour que sa fille assouvisse cette passion. De succès en succès, véritable prodige, Léa éclate au grand jour alors que son père s'enfonce dans la solitude. Mais les êtres restent fragiles et Léa, malgré le succès, doit faire face à un talent qui la dévore.
    Je dois l'avouer, j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser à ce roman. Les qualités sont pourtant là, les sentiments humains sont décryptés avec justesse, me semble-t-il, l'écriture n'est pas désagréable, mais la sauce ne prend pas. Au fil des pages, j'ai ressenti l'ennui à tel point que j'ai persévéré à grand-peine dans l'histoire, me détachant de plus en plus des personnages.
    Dans sa postface, l'auteur explique les raisons de la construction de son roman : un roman qu'il veut raconter à la première personne – celle de Léa - pour lui donner de la force, mais la tâche lui semblait difficile. le raconter par la voix du père donnait un sentiment d'apitoiement qu'il voulait éviter. Reste alors la solution choisie par l'auteur : faire intervenir une troisième personne, quelqu'un qui écouterait ce père raconter l'histoire de sa vie. le procédé est intéressant, mais l'histoire d'une fille racontée par le père en passant par un autre homme dont on apprend également la vie, me semble suffisamment compliquée pour que le lecteur se sente immergé dans le récit. J'ignore si une autre approche m'aurait aidé à entrer dans l'histoire, reste que je n'ai hélas pas du tout accroché à « Léa ».


    Lien : http://lukesblog.fr/2010/11/lea-pascal-mercier/
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Citations et extraits

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  • Par bibliame, le 01 mars 2011

    Plus tard, alors que je ne pouvais pas dormir, un détail difficile à saisir me préoccupa : elle s’était inclinée comme si ces applaudissements lui revenaient de droit. Comme si le monde devait tout simplement l’acclamer. Cela m’avait gêné, ou plutôt : troublé, plus que je voulais bien me l’avouer. Ce n’était pas – comme je le pensai tout d’abord – parce qu’il s’agissait là d’un signe de vanité ou de présomption. Non, c’était le contraire : dans son maintien, dans ses mouvements et son regard s’exprimait un message dont elle ne savait rien encore, et dont en un certain sens, elle ne saurait jamais rien jusqu’à la fin : que l’on ne devait en aucun ca la laisser seule avec ce qu’elle savait faire, ce qu’elle conquérait par son travail, par une passion sans bornes ; que les autres ne devaient en aucun cas accueillir son jeu avec indifférence ; que ce serait une véritable catastrophe, si les auditeurs lui retiraient amour et admiration. Après coup, je le sais : ce que je voyais là sur la scène et sentais comme une sourde menace, c’tait un signe annonciateur ; celui de tous les drames qui se dérouleraient encore en elle, après son premier pas en public ce soir là.
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  • Par bibliame, le 01 mars 2011

    Il avait laissé la lumière allumée dans la salle de bains, elle touchait un miroir par l’entrebâillement de la porte, se réfléchissait et plongeait une partie de la chambre dans une clarté diffuse. JE pensai à un objet que j’avais oublié depuis des décennies : la veilleuse, une lumière tamisée pour les enfants qui ont peur dans le noir. C’était une ampoule de verre laiteux, vissée la nuit par ma mère dans la douille du plafonnier. Je revis sa mais qui vissait. De la confiance – c’était cela que représentait ce geste. La certitude que cette main m’ôterait à tout jamais la peur, quoi qu’il arrivât.
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  • Par Palmyre, le 12 mai 2012

    Nous projetons les ombres de nos sentiments
    sur les autres et eux les leurs sur nous
    parfois nous manquons d'en être étouffés
    mais sans elles il n'y aurait pas de lumière
    dans notre vie.

    épitaphe en ancien arménien.
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  • Par bibliame, le 02 mars 2011

    Un homme qui grâce à cette connaissance, ressentait une grande solidarité avec tous les autres – bien que je n’eusse jamais entendu ce mot dans sa bouche, et qu’il l’eût sans doute rejeté. Oui, je crois qu’il l’aurait rejeté, le mot lui aurait semblé trop pathétique. Et pourtant : c’est le mot juste pour exprimer ce qu’il sentait naître en lui cette nuit là, ce qui désormais, au-delà de toute affection et de toute admiration, le relierait à sa fille qui ensorcelait cette nuit-là toute la maison avec les sons du Guarneri.
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  • Par nadejda, le 08 décembre 2010

    Et ensuite, d'un seul coup, je compris que c'est toujours cruel, quand les regards des autres se posent sur nous, même quand ce sont des regards bienveillants. Ils font de nous des acteurs. Nous n'avons plus le droit d'être nous-même, il nous faut être là pour les autres, qui nous détournent de nous même. Et le pire, c'est que nous devons feindre d'être quelqu'un de tout à fait défini. C'est ce que les autres attendent.
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