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Pierre Josserand (Éditeur scientifique)
ISBN : 207036982X
Éditeur : Gallimard (1977)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Catherine de Médicis et le débile Charles IX avaient imaginé pour les protestants une solution finale qui fut la Saint-Barthélemy. Le roman de Mérimée n'est pas seulement un chef-d'oeuvre de bonne humeur macabre et d'ironie à l'égard du destin qui sépare deux frères, l'un huguenot, l'autre converti, mais tous deux plus préoccupés de galanterie et d'aventures que de querelles religieuses. Mettant en scène les acteurs anonymes, les silencieux de l'histoire, il est aus... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Ys
Ys11 février 2016
  • Livres 3.00/5
Deux frangins - un cadet encore candide, protestant convaincu, un aîné plus aguerri, catholique par la force des choses mais plus agnostique que croyant - qui s'aiment malgré tout et se retrouvent embarqués dans le chaos fratricide des guerres de religion : le prétexte était des plus séduisants, surtout pour moi que cette époque fascine et qui ai un faible marqué pour les histoires de frangins.
Tout commence, de fait, à merveille : des personnages accrocheurs (le cadet un peu falot mais attachant, l'aîné vraiment intéressant), un récit énergique, qui sait aller à l'essentiel pour faire vivre son sujet, avec juste ce qu'il faut de détails pittoresques et des dialogues bien tournés. Plus encore : une certaine distance de l'auteur vis à vis de son sujet, qu'il met en perspective avec autant d'esprit que d'originalité, comme dans ce chapitre intitulé "Dialogue entre le lecteur et l'auteur", pied de nez superbe du second aux attentes stéréotypées du premier.
Malheureusement, le récit a les défauts de ses qualités et finit par y perdre un peu en puissance et en équilibre formel.
Tout d'abord, Mérimée fait clairement du roman historique à la manière romantique, avec son lot d'aventures et d'anecdotes, l'inévitable histoire d'amour, les billets mystérieux, les rendez-vous secrets, l'amant jaloux, le duel incontournable. C'est un brin cliché (même si ces clichés-là, à l'époque, n'étaient peut-être pas encore aussi fermement établis qu'ils le sont devenus par la suite) et cela l'emporte un peu trop sur le plus intéressant : la relation des deux frères, les tensions religieuses qui couvent et vont bientôt éclater. C'est un peu cliché, mais de manière sans doute très assumée : Mérimée, il le fait bien sentir, ne prend pas lui-même très au sérieux cette partie-là de son récit, même s'il la conte assez bien pour la rendre accrocheuse. Il joue avec son lecteur, fait mine de lui offrir ce qu'il désire, écarte le masque sur un sourire, le remet pour quelques chapitres encore... et avec la Saint-Barthélémy, le jette pour de bon. L'histoire d'amour est expédiée, c'est la guerre qui l'emporte.
Malheureusement, à ce moment où les choses deviennent les plus intéressantes, la narration se fait beaucoup plus rapide, Trop rapide. Les trois quarts du roman sont déjà derrière nous, et le dernier quart se dénoue en une série de chapitres très courts, tous efficaces et bien tournés, mais trop distants dans la chronologie des faits et trop expéditifs. C'est efficace, c'est implacable, mais on n'est plus emportés comme au début et au final, pas grand chose n'est analysé, ni des rapports humains, ni des ressorts politiques de cette guerre civile qui broie sans pitié les individus qu'elle a pris dans ses rets.
L'histoire des deux frères de Mergy illustre habilement son temps, ses cruautés, ses ambiguïtés, mais si l'illustration n'est pas sans puissance et sans finesse, l'impression finale reste celle d'un récit un peu anecdotique, qui manque soit de souffle pour conquérir totalement son lecteur, soit de profondeur pour totalement l'interpeller.
Un récit qui joue un peu trop avec les conventions de son temps, quand au yeux du lecteur moderne, il ferait mieux de plus franchement s'en affranchir.
Ces défauts n'enlèvent rien au charme de l'écriture de Mérimée, vive, efficace, spirituelle, remarquablement moderne, et à une fin très réussie où s'affirme, sur cette trame tragique et sanglante des fanatismes exacerbés, la paisible grandeur de l'agnostique.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Taraxacum
Taraxacum14 octobre 2014
  • Livres 3.00/5
Il y a longtemps que cette oeuvre était sur ma liste de lecture, ce qui n'est pas très logique de ma part, vu que la Saint Barthélemy, je trouve qu'on nous la sert un peu à toutes les sauces dans les romans historiques et que des épisodes moins rabâchés de l'histoire de France, tout aussi éclairant sans doute, auraient bien droit à leur tour.
Mais les envies de lecture... Bref, sujet ultra classique mis à part, que vaut la Chronique du règne de Charles IX? Cela dépend ce qu'on y cherche en fait. La description de la cour, de l'époque, est brillante. On sent cette tension qui monte graduellement, mais aussi l'état d'esprit d'une frange de la population qui s'entretuait en duels joyeusement sous le premier prétexte: la vie , malgré les protestations de foi de tous les protagonistes, ne valait pas tripette, ni la vôtre ni celle de votre prochain!!
Non, ce que je n'ai pas apprécié dans ce roman, c'est l'un des deux protagonistes principaux. Bernard et George de Mergy sont frères, l'un huguenot, l'autre catholique et se trouvent chacun dans un camp, et autant j'ai apprécié George, porté par son humanité , son amour fraternel, plus agnostique que catholique à vrai dire, et surtout d'opinion que chacun devrait faire selon son choix, autant j'ai trouvé Bernard franchement pâlot. Il passe tout le début du roman à expliquer qu'il est mieux que son frère, que lui jamais ne trahira sa religion, ni les principes de celle-ci, et notre dévoué huguenot porte des reliques, comme les catholiques, sous prétexte que ça vient d'une dame, tue en duel sans avoir de remords plus d'un chapitre, prend maîtresse...
Les ressorts de la Saint Barthélemy sont aussi évoqués un peu rapidement: le lecteur a l'impression que l'auteur l'estime cultivé, et déjà en main de toutes les clefs sur les protagonistes de l'époque.
Cela reste un roman historique des plus agréables à lire, il lui manque juste un petit je ne sais quoi d'épique pour le rendre vraiment prenant, mais les amateurs auraient tord de bouder leur plaisir!
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allard95
allard9530 août 2014
  • Livres 2.00/5
Ce livre n'est pas à la hauteur de ce que j'attendais de la part de Mérimée! C'est un roman historique, qui se situe dans les semaines qui ont précédé le massacre de la St Barthélémy, mais dont l'inscription dans ce décor est faible. On a compris le drame que connaissait la France, avec l'opposition mortelle entre les deux pratiques religieuses, la religion catholique institutionnelle, et le calvinisme en progrès. Et aussi l'impasse qui en résultait. Mais, de la part de Mérimée, homme de grande culture, on pouvait s'attendre à quelque chose de plus magistral. Or l'enchaînement des faits manque de clarté, les enjeux du mariage entre Henri de Navarre et la soeur du roi sont mal expliqués, la personnalité de Coligny est confuse, le rôle de celui-ci, celui du jeune roi, celui de sa mère sont peu clairs. Quant à l'histoire d'amour, elle est artificielle. Restent deux frères, qui eux, savent surmonter leur désaccord pour ce qui concerne la religion, mais que l'enchaînement des circonstances conduira au drame. La démonstration est là, et, heureusement elle a ici une certaine efficacité.
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Lavieestunlongfleuvetranquille
Lavieestunlongfleuvetranquille30 novembre 2015
  • Livres 5.00/5
Les puristes comme les historiens acharnés, bien évidemment, ne seront guère d'accord avec cette critique. Je m'en accommoderais.
Mon âme d'enfant a cru retrouver du "Dumas" dans cette fresque sanglante et bien cynique de la Saint Barthélémy. Des classes sociales bien définies, du cruel dans la vie quotidienne et sur le champ de bataille, de l'amour emporté, des citadelles - féminines - peu ou prou imprenables... Mais toujours un regard quasi célinien sur le monde et sur les effets misérables des prises de position, religieuses ou non.
Mérimée le disait très bien dans son préambule, les assassinats du XVIème siècle ne sont pas ceux du XIXème. En d'autres mots, il faut comparer ce qui est comparable, et ce qui nous glace le sang avec effroi aujourd'hui était, somme toute, monnaie courante à une autre époque.
Ce magnifique auteur n'était pas de son temps. Il est du nôtre. Pas un mot de trop, pas un qui ne manque, une justesse de ton (là, effectivement, j'exagère...) qui ne peut que plaire, pour peu que son oeuvre soit prise avec recul et un peu d'humour.
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SCOman
SCOman24 juillet 2012
  • Livres 3.00/5
Écrit en 1828, 1572, Chronique du règne de Charles IX est publié à l'âge d'or du roman historique. Mettant en scène les deux frères de Mergy, Bernard étant protestant et George ayant rejoint la religion catholique, le récit s'inscrit dans le contexte des guerres et de religions et se veut une photographie des moeurs de la noblesse à cette époque. Il y a un peu de d'Artagnan dans le personnage de Bernard de Mergy, jeune cadet de province monté à Paris pour y rencontrer l'amiral Coligny, le chef du camp protestant. Mais c'est George qui constitue sans aucun doute la figure la plus marquante du récit, incarnant à la fois l'amour fraternel et la tentation de l'athéisme. Comme l'indique avec justesse la notice du roman, les huit premiers chapitres permettent de se familiariser aussi bien avec les moeurs de l'époque, les villes et les villages livrés au pillage, le Paris de Charles IX, la cour et les courtisans, qu'avec les règles qui régissent le duel ou bien encore les débats religieux qui agitent alors le royaume de France. Ensuite l'intrigue s'accélère, entremêlant l'habituelle trame amoureuse à l'explosion paroxysmique de la Saint-Barthélemy. Au sujet de cette nuit tragique de l'histoire de France, qui vit des (...)
Lien : http://leslecturesdares.over..
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
stcyr04stcyr0410 mai 2012
— Vous êtes bien délicat, mon père. Quant à moi, je ne sens
rien du tout.
— Est-ce que l’on flambe des cochons près de cette auberge ?
— Des cochons ? Ah ! voilà qui est plaisant ! Des cochons ?
Oui, à peu près ; ce sont bien des cochons, car, comme dit
l’autre, de leur vivant ils étaient habillés de soie ; mais ces cochons-là ça n’est pas pour manger. Ce sont des huguenots, révé-
rence parler, mon père, que l’on brûle au bord de l’eau, à cent
pas d’ici, et c’est leur fumet que vous sentez,
— Des huguenots !
— Oui, des huguenots. Est-ce que ça vous fait quelque
chose ? Il ne faut pas que cela vous ôte l’appétit. Quant à changer de salle pour dîner, je n’en ai qu’une ; ainsi vous serez bien
obligé de vous en contenter. Bah ! le huguenot, cela ne sent pas
déjà si mauvais. Au reste, si on ne les brûlait pas, peut-être
qu’ils pueraient bien davantage. Il y en avait un tas ce matin sur
le sable, un tas aussi haut… quoi ! aussi haut que voilà cette
cheminée.
— Et vous allez voir ces cadavres ?
— Ah ! vous me dites cela parce qu’ils étaient nus. Mais des
morts, mon révérend, ça ne compte pas ; ça ne me faisait pas
plus d’effet que si j’avais vu un tas de grenouilles mortes. Il
paraît tout de même qu’ils ont joliment travaillé hier à Orléans,
car la Loire nous en a furieusement apporté de ce poisson héré-
tique-là, et, comme les eaux sont basses, on en trouve tous les
jours sur le sable qui restent à sec. Même hier, comme le garçon
meunier regardait s’il y avait des tanches dans son filet, voilà-til pas qu’il trouve dedans une femme morte qui avait un fier
coup de hallebarde dans l’estomac. Tenez, ça lui entrait par là et
ça sortait entre les épaules. Il aurait mieux aimé trouver une
belle carpe, tout de même… Mais qu’avez-vous donc, mon révé-
rend ?… Est-ce que vous voulez tomber en pâmoison ? Voulezvous que je vous donne, en attendant votre dîner, un coup de
vin de Beaugency ? ça vous remettra le cœur au ventre.
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stcyr04stcyr0410 mai 2012
— Ton livre, ma Diane, n’est qu’un tissu de mensonges et
d’impertinences. C’est le plus sot qui soit jusqu’à ce jour sorti de
dessous une presse papiste. Gageons que tu ne l’as pas lu, toi
qui m’en parles avec tant d’assurance !
— Non, je ne l’ai pas encore lu, répondit-elle en rougissant
un peu ; mais je suis sûre qu’il est plein de raison et de vérité. Je
n’en veux pas d’autre preuve que l’acharnement des huguenots
à le dépriser.
— Veux-tu, par passe-temps, que, l’Écriture à la main, je te
montre… ?
— Oh ! garde-t-en bien, Bernard ! Merci de moi ! je ne lis
pas les Écritures, comme font les hérétiques. Je ne veux pas que
tu affaiblisses ma croyance. D’ailleurs tu perdrais ton temps.
Vous autres huguenots, vous êtes toujours armés d’une science
qui désespère. Vous nous la jetez au nez dans la dispute, et les
pauvres catholiques, qui n’ont pas lu comme vous Aristote et la
Bible, ne savent comment vous répondre.
— Ah ! c’est que vous autres catholiques vous voulez croire à
tout prix, sans vous mettre en peine d’examiner si cela est raisonnable ou non. Nous, du moins, nous étudions notre religion
avant de la défendre, et surtout avant de vouloir la propager.
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TaraxacumTaraxacum12 octobre 2014
Ces hommes armés de hallebardes étaient des soldats du guet, dont une troupe se tenait toujours dans le voisinage du Pré-aux-Clercs pour être à portée de s’entremettre dans les querelles qui se vidaient d’ordinaire sur ce terrain classique des duels. Suivant leur usage, ils s’étaient avancés fort lentement, et de manière à n’arriver que lorsque tout était fini. En effet, leurs tentatives pour rétablir la paix étaient souvent fort mal reçues ; et plus d’une fois on avait vu des ennemis acharnés suspendre un combat à mort pour charger de concert les soldats qui essayaient de les séparer. Aussi les fonctions de cette garde se bornaient-elles généralement à secourir les blessés ou bien à emporter les morts.
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TaraxacumTaraxacum12 octobre 2014
Il y a une certaine grâce à faire un défi, qui s’acquiert, comme bien d’autres, par l’habitude. Notre héros en était à sa première affaire, par conséquent il éprouvait un peu d’embarras ; mais, dans ce moment, il craignait moins de recevoir un coup d’épée que de dire quelque chose qui ne fût pas d’un gentilhomme.
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TaraxacumTaraxacum12 octobre 2014
– Non, mille tonnerres ! Laissez-moi tous les deux. Suis-je déjà mort, pour que les corbeaux se disputent ma carcasse ? Je ne veux ni de vos messes ni de vos psaumes.
– Il blasphème ! s’écrièrent à la fois les deux ministres des cultes ennemis.
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