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> Wolf Biermann (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
> Bernard Cohen (Traducteur)

ISBN : 2266117068
Éditeur : Pocket (2003)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 362 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Septembre 1939: Varsovie est écrasée sous les bombes allemandes. Avant d'être réduite au silence, la radio nationale réalise sa dernière émission. Les accords du "Nocturne en ut dièse mineur" de Chopin s'élèvent. L'interprète s'appelle Wladyslaw Szpilman. Il est juif. P... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par darkmoon, le 11 avril 2013

    darkmoon
    Une histoire qui prend aux tripes, d'une puissance folle à travers une torture psychologique du personnage principal auquel on s'identifie facilement. Un roman horriblement beau ou magnifiquement horrible.
    Dur et très poignant à la fois, Szpilman met à nu ce carnage dicté par la folie meurtrière des nazis, en suivant pas à pas, et chronologiquement, l'anéantissement de toute une famille. Les déportations, les exécutions sommaires, la barbarie gratuite, et la faim qui tenaille les ventres, "Le Pianiste" présente différemment l'innommable
    Le roman raconte l'histoire du ghetto de Varsovie à travers la petite histoire : celle d'un pianiste juif, qui a survécu à ces années noires et qui a publié son autobiographie par la suite. Sans surprise, Szpilman raconte cette histoire sans faire de sensationnalisme, hormis quelques effets trash qui n'étaient pas indispensables. La première partie du livre dépeint la dégradation des conditions de vie des juifs. La famille de Szpilman est d'abord irritée par cette discrimination, puis tente de conserver sa dignité, puis finit par être déportée. le héros, exprime peu ses émotions, à l'image d'une histoire crue qui se déroule comme une fatalité, comme si rien ne pouvait être fait pour empêcher le pire.
    Mais si le roman est si poignant, c'est aussi parce que sa conclusion est amère et cynique. On se rend compte que Szpilman survit uniquement parce que les gens sont aveuglés par son talent, et voit en lui plus qu'un individu parmi d'autres. A l'image du nazi qui le fait subsister à la fin de la guerre parce qu'il est amoureux de sa musique. On se pose alors une question : Peut-on continuer à vivre, quand on sait que notre survie est due à quelque chose d'abstrait qu'est le talent musical ? Certes, Szpilman a survécu, mais sur quoi a-t-il pu bâtir le reste de sa vie ? Sa famille est morte, sa survie n'est, en quelque sorte, pas méritée. Et surtout, ceux qui ont sauvé Szpilman ne sont-ils pas eux-mêmes, sans le vouloir, des fascistes ? Ils l'aident lui, et pas les autres, selon un critère arbitraire : le talent. Vaut-on mieux que les autres parce qu'on sait jouer du piano ? Ce roman évite le piège de la reconstitution pour raconter une histoire qui interpelle, dérange et marque. Incontournable.
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 03 juillet 2013

    Luniver
    Wladyslaw Szpilman est pianiste à la radio nationale polonaise quand survient la seconde guerre mondiale et l'invasion allemande. Étant juif, il est bientôt confiné dans le ghetto de Varsovie où il reste plusieurs mois, tandis que les lois antisémites se multiplient.
    Le jour où sa famille et lui sont emmenés vers la gare pour prendre le chemin des camps de concentration, une connaissance le retient par le bras et l'éloigne de la mort. le danger n'est cependant pas écarté pour autant : les rafles se font de plus en plus fréquentes et le risque de dénonciation est grand. Finalement, il lui faudra passer l'hiver dans un immeuble abandonné, nourri seulement quand ses quelques derniers rares amis parviennent à se procurer quelque chose.
    Ce témoignage a été long pour arriver sur les rayons, et on peut facilement comprendre pourquoi : personne n'est tout blanc ni tout noir : des officiers nazis ont malgré tout sauvé des vies, tandis que les « libérateurs » ont parfois été les premiers partisans de la politique allemande, avant de retourner leur veste. Même des juifs n'ont pas hésité à abuser de la situation désastreuse de leurs coreligionnaires.
    Un récit qui pourra surprendre par son manque d'émotion dans l'écriture, mais qui est là pour témoigner, tout simplement.
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    • Livres 5.00/5
    Par Amindara, le 28 avril 2011

    Amindara
    J'avais vu le film, il y a quelques années. Un film qui m'avait vraiment touchée et que j'avais beaucoup aimé. Et puis un jour, je suis tombée sur le livre. Classé dans le rayon roman. Et puis en m'approchant de plus près, je me suis rendue compte qu'il s'agissait en fait d'une autobiographie. Alors j'ai demandé à la responsable de la médiathèque s'il n'y avait pas une erreur et j'ai été attristée de la réponse qu'on m'a faite : "si on le classe dans les autobiographie, il sortira moins". Bah oui, parce que le rayon autobiographie, en général on s'y interesse moins. Et j'ai vraiment trouvé ça dommage parce que ce livre mérite d'être lu, comme tant d'autres témoignages de ce genre qui sont perdus entre les biographies de Brigitte Bardot et Michel Druker. Oh ils ont sûrement eu une vie passionnante ! Mais leur biographie vaut-elle des témoignages aussi intenses que ceux de personnes comme Wladislaw Szpilman, ou Martin Gray (Au nom de tous les miens) ou même Christiane F ? Personnellement (mais ce n'est que mon avis), j'en doute.
    Wladislaw Szpilman, dit Wladek, est né en 1911 en Pologne, de parents juifs. Tout de suite, pas besoin d'être historien pour comprendre un peu ce qui va lui arriver. Ce qu'on retient de lui, avant et même après guerre, c'est que, vous l'aurez deviné, c'était un paniste de grand talent. Il a d'ailleurs été nommé pianiste officiel de la radio polonaise en 1935. le 23 septembre 1939, il est interrompu tandis qu'il jouait un morceau de Chopin par les bombardements allemands qui détruisent l'emmetteur permettant sa diffusion. Ce n'est qu'à la fin de la guerre, en 1946 qu'elle recommence à emmettre avec le morceau de chopin que Szpilman n'avait pas pu terminer, comme si rien ne s'était passé. Et pourtant, il s'en est passé des choses durant ce laps de temps. Szpilman, comme tous les juifs, a fais les frais de la politique antisémite nazie. Enfermé dans le ghetto de Varsovie, il assiste à la lente descente aux enfers de la population juive de la capitale polonaise. Il parvient à échapper de justesse aux camps de concentration en se cachant dans le ghetto lors de la rafle qui devait tous les emmener. Il vit ainsi, parmis d'autres juifs qui comme lui se sont cachés, travaillant pour les allemands à la destruction du ghetto jusqu'à ce qu'un jour, il parvienne à reprendre contact avec des amis qui le cacheront dans un appartement vide. Et là encore, l'enfer continue. Ne devant pas se faire repérer, il vit dans le silence toute la journée. Il connait la faim. de ses fenêtres qui sont juste en face du ghetto, il assiste à l'insurrection des juifs, il les voit se faire massacrer dans la rue. Ses protecteurs sont arrêtés, il faut alors changé de cachette, vite. Et le voilà, dans un appartement, caché au beau milieu du quartier allemand de Varsovie au moment où les polonais commencent à se révolter. Et puis un jour, il est réveillé par le bruit de vitres cassées, de lances flammes et surtout des canons qui détruisent un à un tous les immeubles de la rue pour traquer les derniers résistants. Et là, il comprend qu'il ne peut plus rester là. Il parvient à s'enfuir sans être repéré et retourne se cacher à l'intérieur du ghetto, maintenant vide, dont il ne reste que des ruines. Et puis, poussé par la faim, il finit par les visiter, ces maisons dont il ne reste plus rien. Et durant ses recherches, il tombe nez à nez avec un officier allemand qui lui demande ce qu'il fait là et qui il est. C'est encore ce morceau de Chopin que Szpilman va interpréter à la demande de l'officier. Et là, la chance tourne. L'officier allemand, dont Szpilman ne connait pas le nom, va l'aider à se cacher dans le grenier de cette maison qu'il transforme en quartier général, lui apportant de la nourriture et lui offrant même son manteau le plus chaud pour l'aider à passer l'hiver. Et puis les allemands partent, chassés par les soviétiques et Szpilman sait alors que cette fois, l'enfer est terminé. Après tout ça, il reprend sa carrière de pianiste là où elle s'était arrêtée, voyage de par le monde pour donner des concerts et décède en 2000.
    C'est cette histoire que Szpilman raconte dans son livre, écrit au lendemain de la guerre. D'abord publié tout de suite en un petit nombre d'exemplaire, il a été critiqué, censuré et même interdit car brisant le politiquement correct. Szpilman décide alors de tirer un trait sur son passé et n'en parlera à personne, pas même à son fils qui l'apprendra plus tard en découvrant le manuscrit. C'est lui qui fera réédité le livre en 1998, lui permettant d'être enfin reconnu pour sa valeur historique.
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    • Livres 4.00/5
    Par Tomisika, le 05 décembre 2012

    Tomisika
    Ce livre est le récit autobiographique de Wladyslaw Szpilman. A l'image du Journal d'Anne Frank et Je suis le dernier juif (Treblinka 1942-1943) de Chil Rachman, il est vraiment difficile de prendre du recul lorsqu'on parcourt ses pages.

    Wladyslaw a une écriture précise, il aime les descriptions. On est très rapidement plongé dans son quotidien, avec les odeurs dans le nez et les sinistres visions des corps inanimées. C'est dur, émouvant, sale, horrible. Et on peut rajouter tous les superlatifs. Voilà, le côté émotionnel a parlé.

    On peut dire que Wladyslaw a vraiment eu de la chance. Est-ce un instinct comme il dira plus tard dans le livre? En tout cas, à chaque fois il a échappé de peu à la mort.

    Comme la fois où il devait partir avec sa famille dans ce train à destination finale, et qu'une connaissance l'extrait de la foule et le sépare des siens. Et puis quand il se dit qu'il vaut mieux changer de cachette, et que les Ukrainiens passent un jour plus tard pour piller l'appartement.

    Toutes les émotions sont mêlées, entre le résistant qui profite de Wladyslaw et l'affamine pour garder la somme qui était dédié à son maintien en vie. Et puis ses amis qui lui donnent un coup de main, et l'hébergent, les profiteurs malins qui s'enrichissent de la situation, les cruels SS et ceux qui rejoindront l'Allemagne Nazie et s'amuseront encore plus de la mort en malmenant les civils.
    L'ouvrage se poursuit avec le Journal intime d'un officier de la Whermacht, Wil Hosenfeld, qui aida Wladyslaw pendant les derniers jours. Il y exprime son incompréhension et son dégoût de cette guerre. Encore un beau texte qui soulève les incohérences de ceux qui voulaient instaurer un nouveau règne.
    Et enfin le livre se conclue sur un épilogue qui narre les derniers moments des deux hommes. Et tout le bien qu'a fait Wil Hosenfeld, toutes ses tentatives pour aider des malheureux condamnés.

    Une lecture dure, noire, émouvante, et historique
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    • Livres 5.00/5
    Par vieuchamp, le 14 février 2012

    vieuchamp
    Témoignage émouvant et surtout éprouvant de l'auteur qui a écrit ce livre juste à la sortie de la deuxième guerre mondiale, à chaud.
    Wladyslaw Szpilman avait tout pour vivre heureux en famille, avec une profession de musicien qu'il adorait quand l'enfer a débarqué à Varsovie.
    L'auteur nous raconte dans le détail ces cinq années passées dans le ghetto de Varsovie, ses angoisses, la rafle de sa famille, son impuissance face au destin.
    Le livre est divisé en trois parties: l'histoire de Szpilman, le journal du capitaine allemand Wilm Hosenfeld, qui a tout fait pour combattre le nazisme, et qui a sauvé de nombreux juifs d'une mort certaine, et en dernière partie, une postface très intéressante de Wolf Bierman.
    Une oeuvre vraie, grandiose, qui permet de ne pas oublier une des pages les plus terrible de notre histoire.
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Citations et extraits

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  • Par Lou_r, le 17 août 2014

    " Malgré tout la vie valait d'être vécue, n'est-ce pas ? "

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  • Par Luniver, le 02 juillet 2013

    D'une voix indignée, empreinte d'amertune, [le dentiste] s'est exclamé :
    « C'est une honte pour nous tous ! Nous les laissons nous conduire à la tuerie comme des moutons à l'abattoir ! Si nous attaquions les Allemands, le demi-million que nous sommes, nous pourrions nous libérer du ghetto, ou en tout cas mourir dignement au lieu de laisser une page aussi honteuse dans l'Histoire ! »
    Père l'écoutait, d'un air assez embarrassé mais avec un sourire compréhensif. Réprimant un imperceptible mouvement de lassitude, il a remarqué :
    « Comment êtes-vous si sûr qu'ils nous envoient à la mort ? »
    En se tordant les mains, le dentiste a répliqué avec nervosité :
    « Je n'en suis pas absolument certain, évidemment ! Comment le pourrais-je ? Vous croyez peut-être qu'ils nous le diraient ? Mais il y a quatre-vingt-dix chances sur cent qu'ils ont l'intention de tous nous liquider, croyez-moi ! »
    Père a eu de nouveau un sourire, comme si cette réponse venait le confirmer dans ses convictions.
    « Regardez ! lui a-t-il demandé en désignant d'un geste l'esplanade : nous ne sommes pas des héros, nous, mais des gens tout ce qu'il y a d'ordinaire ! Et c'est pourquoi nous préférons prendre le risque de garder l'espoir même dans ces dix pour cent de chances que nous avons de survivre. »
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  • Par Luniver, le 30 juin 2013

    À la porte du studio, un vieux pianiste qui travaillait lui aussi pour la radio m'a attrapé le bras. Cher professeur Ursztein... Alors que le commun des mortels calcule en jours et en heures, son unité de mesure personnelle était la décennie de carrière d'accompagnateur. Ainsi, quand il cherchait à situer quelque événement dans le passé, il commençait invariablement par un : « Attendez voir... Oui, à l'époque, j'accompagnais un tel ou une telle. » Et une fois après avoir retrouvé de cette manière la période concernée et l'avoir localisée dans le temps, de même qu'une borne marque la distance au bord de la route, il laissait sa mémoire revenir au reste de ses souvenirs, évidemment moins importants que ce repère. Là, il semblait désorienté, abasourdi : comment mener cette guerre sans accompagnement au piano ? De quoi aurait-elle l'air ?
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  • Par Luniver, le 01 juillet 2013

    À un moment, un garçon est arrivé vers nous en se frayant un chemin dans la foule. Il avait une boîte de bonbons accrochée au cou par une ficelle et les proposait à un prix absurde, quand bien même on se demandait ce qu'il pensait faire de tout cet argent par la suite... En réunissant nos dernières petites pièces, nous n'avons pu lui acheter qu'un seul caramel à la crème. Père l'a découpé en six parts avec son couteau de poche. C'est le dernier repas que nous avons pris tous ensemble.
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  • Par fred68piano, le 21 octobre 2013

    D'autres tentaient d'en appeler à la conscience des passants, de les persuader :"On a tellement faim, tellement... On n'a rien mangé depuis des jours. Donnez-nous un quignon, rien qu'un quignon, ou si vous n'avez pas de pain au moins une pomme de terre, un oignon, juste de quoi tenir jusqu'à demain matin." Mais cet oignon, cette pomme de terre, rares étaient ceux qui les possédaient, et même dans ce cas ils n'arrivaient pas à les retrouver dans leur coeur pour les céder aux petits mendiants, parce que la guerre avait mué leur coeur en pierre.
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