ISBN : 2070115054
Éditeur : Editions Gallimard (2007)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 63 notes) Ajouter à mes livres
"Lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre" : c'est ce surprenant aveu de subjectivité qui ouvre l'un des textes les plus modernes de la littérature française, quoique l'un des plus anciens. À la mort de son ami La Boé... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 27 avril 2011

    zohar
    En faisant abstraction du contexte historique et de la période littéraire dans laquelle a été écrit Les Essais. J'essaierai, à travers ma critique de dégager, seulement et simplement, l'esprit et la philosophie des Essais.
    Ils apparaissent comme une constellation de citations consignées à partir de lectures. Ces données servent, en quelque sorte, de points de départ à la réflexion et leur accumulation conduit, bien évidemment, au développement de l'esprit critique.
    Aux expériences livresques de Montaigne s'ajoutent ses propres expériences personnelles ; et, c'est cette somme là qui permet de saisir l'homme dans sa totalité, qui amène l'émergence d'un humanisme.
    Dans cette perspective écrire, chez Montaigne, c'est circonscrire le domaine à appréhender, c'est fixer dans l'esprit l'objet de la réflexion et l'auteur des Essais se propose de se peindre lui-même.
    Le projet qu'il adopte, c'est celui de se connaître et pour se faire l'expérience quotidienne devient le vecteur de cette connaissance.
    Il est à l'affût de lui-même : en apprenant à se connaître, il apprend également à connaître les autres. Finalement, ce livre est un discours tenu par l'homme sur l'homme.
    Procédant de façon descriptive, Les Essais posent tout simplement la question suivante : qu'est-ce que l'homme ? (ou de façon plus générale) L'unité de l'espèce se trouve-t-elle contestée par la diversité des individus ?
    Montaigne est persuadé de nos singularités, il tente seulement d'expliquer et de trouver les raisons de nos actes et de nos réactions.
    Dans ses Essais, il souligne sa (nos) faiblesse(s) tout en dégageant sa (notre) grandeur ; celle d'un être qui assume sa condition et accepte la vie telle qu'elle est.
    Dans ce processus, plus il accumulera de détails sur ce qu'il est, mieux il révèlera l'humaine condition. Une telle approche lui permet de dépouiller tout masque et de saisir l'homme dans un effort d'anthropologie humaniste.
    Nous avons là un véritable monument de pensée et de la littérature occidentale.
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    • Livres 5.00/5
    Par ivredelivres, le 20 février 2009

    ivredelivres
    Cette édition chez Arléa en français moderne, avec la « traduction » des mots qui ne sont plus usités ou qui ont changé de sens, enfin la traduction immédiate des citations latines tout cela fait de cette édition, la version indispensable qui permet à tout lecteur d'entrer dans Les Essais.
    A lire sans modération mais pas tout d'une traite, Montaigne dit qu'il aime lire et écrire « à sauts et à gambades », picorer, « pilloter » dans les livres. Faites de même avec le sien et votre addiction est assurée.
    La langue de Montaigne est colorée, luxuriante.
    Les préoccupations, les réflexions d'un gentilhomme du XVII ème siècle sont proches des nôtres.
    Il vous appartient de piocher sans ordre dans les différents chapitres, l'amitié, la mort, la vanité, le goût de la lecture, la tolérance ......
    Ce qu'en disent de bien plus érudit que moi
    Etiemble appelait Les Essais des « Contre-poisons »
    André Comte-sponville dit « Il nous apprend à aimer cette existence éphémère au lieu d'en rêver une autre »
    F Nietzsche : « Qu'un tel homme ait écrit , vraiment la joie de vivre sur terre en a été augmentée »
    Mme de La Fayette «  Ce serait plaisir d'avoir un voisin comme lui  »
    Michel Onfray «  Montaigne me touche, me ravit et m'émeut avec une indefectible constance »


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par gigi55, le 25 octobre 2009

    gigi55
    Que dire sur Les Essais de Montaigne après tant d'autres ?
    Et bien que, longtemps après avoir lu les trois tomes d'une traite (avec quelques difficultés parfois car la langue de Montaigne est assez éloignée de la notre et les nombreuses citations qu'il fait sont parfois obscures pour nous) je garde encore en moi une petite musique : celle de l'attention à la vie, à l'autre, celle de la tolérance et de l'absence de dogmatisme.
    Rarement j'ai lu une prose qui semblait plus proche et respectueuse de la vie.
    Souvent je relis au hasard un chapitre : c'est presque toujours réjouissant et instructif.
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    • Livres 2.00/5
    Par Soundandfury, le 28 avril 2011

    Soundandfury
    Je triche ignoblement, voici ma première critique sur un livre que je n'ai pas lu... enfin... pas entièrement. Me suis arrêtée au Livre I . Mais je ne veux entendre personne protester! J'ai mis un temps fou à le lire, dans des souffrances abominables, arrachant ligne après ligne, pendant deux mois, des miettes de sens à ce texte. Je m'en souviendrai toute ma vie: Pléiade, 57 chapitres, 314 pages.
    Comme le titre l'indique fort à propos, il ne s'agit pas d'un roman mais d'une succession d'Essais, c'est à dire de textes portant sur des sujets aussi variés que la mort, l'inconstance de l'homme, les parfums, l'amitié, Cicéron, la solitude, l'impuissance sexuelle et la bêtise qui peut nous faire mourir de croire avoir mangé du chat... Tout un programme, non?
    Etonnant amas de connaissances, en tout cas. Contrairement à ce qu'il affirme un peu partout, il ne parle que peu de lui. Indirectement, le plus souvent. C'est bourré de citations latines... de références à d'autres textes. J'ai admiré, quand même. Sacré bonhomme. Pas trop "famille", j'ai l'impression. Et pas toujours bon vivant. Mais parfois marrant.
    Je découvre très tardivement ce classique d'une valeur certainement inestimable. Je ne suis pas à la hauteur, j'avoue tout! Je crois n'avoir à peu près rien compris. J'en sors avec à peine deux pages de notes, couvertes de points d'interrogation. C'est un échec cuisant, démoralisant. Je crierais bien au secours... mais auprès de qui? Je vais ouvrir dès ce soir le premier « Profil d'une œuvre » de toute ma vie, histoire de pomper des idées à d'autres. C'est honteux? Oui. Totalement. Ce ne sera pas une béquille pour moi, mais une poutre. Enfin... J'espère que l'ouvrage est bien fait et que je vais comprendre des trucs. Je refuse de repartir pour 125 pages de paraphrase!
    + sur Tale me More

    Lien : http://talememore.hautetfort.com/archive/2010/10/27/essayer-ce-n-est..
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    • Livres 5.00/5
    Par LaForceduTemps, le 30 juillet 2011

    LaForceduTemps
    Un livre que l'on mange par petite bouchées
    Quand je marche dans ma bibliothèque,
    Je pense à lui, ne sachant pas constituer son livre autrement quand marchant
    Comme Socrate qui marchait dans son espace de vie en parlant, ce qui a donné ce que nous étudions toujours

    Je suis la matière de mon livre
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Citations et extraits

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  • Par Christian, le 10 octobre 2007

    « Pour un fort leger profit, nous arrachons tous les jours leurs propres enfans d'entre les bras des meres, et leur faisons prendre les nostres en charge : nous leur faisons abandonner les leurs à quelque chetive nourrisse, à qui nous ne voulons pas commettre les nostres, ou à quelque chevre ; leur deffendant non seulement de les allaiter, quelque danger qu'ils en puissent encourir : mais encore d'en avoir aucun soin, pour s'employer du tout au service des nostres.



    Et voit-on en la plus part d'entre elles, s'engendrer bien tost par accoustumance une affection bastarde, plus vehemente que la naturelle, et plus grande sollicitude de la conservation des enfans empruntez, que des leurs propres.



    Et ce que j'ay parlé des chevres, c'est d'autant qu'il est ordinaire autour de chez moy, de voir les femmes de village, lors qu'elles ne peuvent nourrir les enfans de leurs mammelles, appeller des chevres à leurs secours. Et j'ay à cette heure deux lacquais, qui ne tetterent jamais que huict jours laict de femmes.



    Ces chevres sont incontinent duites à venir allaicter ces petits enfans, recognoissent leur voix quand ils crient, et y accourent : si on leur en presente un autre que leur nourrisson, elles le refusent, et l'enfant en fait de mesme d'une autre chevre.



    J'en vis un l'autre jour, à qui on osta la sienne, par ce que son pere ne l'avoit qu'empruntée d'un sien voisin, il ne peut jamais s'adonner à l'autre qu'on luy presenta, et mourut sans doute, de faim. Les bestes alterent et abbastardissent aussi aisément que nous, l'affection naturelle. »
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  • Par Orphea, le 13 novembre 2011

    Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiez, ce ne sont qu'accointances et familiaritez nouees par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos ames s'entretiennent. En l'amitié dequoy je parle, elles se meslent et confondent l'une en l'autre, d'un meslange si universel, qu'elles effacent, et ne retrouvent plus la cousture qui les a joinctes. Si on me presse de dire pourquoy je l'aymoys, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en respondant : Par ce que c'estoit luy, par ce que c'estoit moy.

    Il y a au delà de tout mon discours, et de ce que j'en puis dire particulierement, je ne sçay quelle force inexplicable et fatale, mediatrice de cette union. Nous nous cherchions avant que de nous estre veus.
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  • Par brigetoun, le 14 novembre 2009

    (lette au roi)
    Et en premier lieu, jacois que par les ordonnances anciennes et modernes de Vostre Majesté conformes à la raison, toutes impositions doibvent estre faites esgalement sur toutes personnes, le fort portant le foible, et qu'il soit tres raizonnable que ceuls qui ont les moiens plus grands, se ressentent de la charge plus que ceulx qui ne vivent qu'avec hazard et de la sueur de leur corps, toutefois il seroit advenu, puis quelques années et mesme en la présente, que les impositions qui auroient esté faictes par vostre auctorité..... les plus riches et oppullentes familles de la dicte ville en auroient été exemptes pour le privilège prétendu..... De façon que désormais quand il conviendra impozer quelque dace ou imposition, il fauldra qu'elle soit portée par le moindre et le plus pouvre nombre des habitants des villes, ce qui est du tout impossible
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  • Par brigetoun, le 14 novembre 2009

    Dernièrement que je me retiray chez moy, délibéré autant que je pourroy, ne me mesler d'autre chose que de passer en repos et à part ce peu qui me reste de vie, il me embloit ne pouvoir faire plus grande faveur à mon esprit, que de le laisser en pleine oysiveté, s'entretenir soy mesmes, et s'arrester et rasseoir en soy : ce que j'esperois qu'il peut meshuy faire plus aisément, devenu avec le temps plus poisant, et plus meur. Mais je trouve, variam semper dont otia mentem (l'oisiveté toujours éparpille l'esprit), que au rebours, faisant le cheval échappé, il se donne cent fois plus d'affaires à soy mesmes, qu'il n'en prenoit pour autruy ; et m'enfante tant de chimeres et monstres fantasques les uns sur les autres, sans ordre et sans propos, que pour en contempler à mon aise l'ineptie et l'estrangeté, j'ay commencé de les mettre en rolle, esperant avec le temps en faire honte à luy mesmes
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  • Par Orphea, le 13 novembre 2011

    Je ne peinds pas l'estre, je peinds le passage : non un passage d'aage en autre, ou comme dict le peuple, de sept ans en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. Il faut accommoder mon histoire à l'heure. Je pourray tantost changer, non de fortune seulement, mais aussi je propose une vie basse, et sans lustre : C'est tout un. On attache aussi bien toute la philosophie morale, à une vie populaire et privee, qu'à une vie de plus riche estoffe : Chaque homme porte la forme entiere, de l'humaine condition.
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Vidéo de  Michel de Montaigne

Extrait d'un DVD "Regard sur le pays de Montaigne" qui accompagne le livre éponyme édité par les éditions le BORD DE L'EAU. Réalisation : Dominique-Emmanuel BLANCHARD. www.editionsbdl.com











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