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ISBN : 2070115054
Éditeur : Gallimard (2007)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.1/5 (sur 236 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Les Essais
Traduction intégrale en français moderne

Édition d'André Lanly

Édition complète
Collection Quarto, Gallimard
Parution : 19-02-2009
Nous devons à André Lanly, éminent philologue et professeur ém... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 04 février 2013

    LydiaB
    "C'est icy un livre de bonne foy, lecteur. Il t'advertit dés l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ay eu nulle consideration de ton service, ny de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ay voué à la commodité particuliere de mes parens et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bien tost) ils y puissent retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entiere et plus vifve, la connoissance qu'ils ont eu de moy. Si c'eust esté pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me presanterois en une marche estudiée. Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c'est moy que je peins. Mes defauts s'y liront au vif, et ma forme naïfve, autant que la reverence publique me l'a permis. Que si j'eusse esté entre ces nations qu'on dict vivre encore sous la douce liberté des premieres loix de la nature, je t'asseure que je m'y fusse tres-volontiers peint tout entier, et tout nud. Ainsi, lecteur, je suis moy-mesmes la matiere de mon livre : ce n'est pas raison que tu employes ton loisir en un subject si frivole et si vain. À Dieu donq, de Montaigne, ce premier de Mars mille cinq cens quatre vins."

    C'est par cet avertissement au lecteur que Montaigne entame ses fameux Essais. En écrivain maniaque, il en fera trois publications, s'efforçant de corriger ses premiers jets. Je ne sais pas s'il s'agit réellement "d'un livre de bonne foi", on peut en discuter. Ceci dit, il s'agit d'un riche témoignage de la société de son temps. En philosophe, Montaigne s'interroge sur la complexité de l'homme, notamment sur le corps et l'âme. Contrairement à la pensée de l'époque, il va s'attacher à montrer que les deux sont étroitement imbriqués. Rien n'est tabou pour lui. C'est ainsi qu'il abordera tous les thèmes : vie, mort, sexualité, désir, amitié etc...

    Si je remettais en question la "bonne foi", c'est que ce texte n'est en rien objectif. Montaigne fustige souvent ses contemporains et se montre quelque peu en donneur de leçons. Ceci dit, les dites leçons sont tellement bien amenées que l'on s'y laisse prendre avec plaisir.

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-du-xvie-si%C3%A8cl..
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 09 août 2012

    vincentf
    Parcourir Les Essais, s'y perdre pour s'y trouver, tâter de tout pour toujours revenir à soi, à cet homme qui, le premier, ne choisit que de s'étudier lui-même pour tenter de comprendre un petit rien à ce qu'il est, est une expérience de lecture unique. On y voit, à vif, la pensée d'un homme se construire, des petits Essais du premier livre, qui compilent les idées des autres, de ces modèles anciens, Sénèque, Plutarque, Lucrèce, que petit à petit l'on oublie, aux longues et tortueuses réflexions tous azimuts du troisième livre, qui, en voulant se concentrer sur l'essentiel, sur Michel de Montaigne, seul objet pensable, s'échappe vers tous les grands thèmes humains, la vanité, l'utile et l'honnête, la volonté, l'expérience... C'est que, pour Montaigne, rien n'est stable, rien n'est définitif, rien n'est résolu une fois pour toutes, pas même sa propre identité, qu'il ne peut frôler qu'en la déformant, dans un mouvement sans fin. Cet échec, s'il en était un, aurait pu aboutir à un pessimisme absolu. Mais Montaigne n'est pas tout à fait un moderne. Il voit que tout est relatif, vague et insaisissable, mais continue à s'enfoncer en lui-même, et s'il n'y trouve rien de solide, s'accroche à l'ordre établi, à la Nature, à la sagesse divine. Il remet tout en cause tout en étant profondément conservateur; il casse toutes les idées à la mode et s'accroche à la coutume, sans en être dupe; il ne veut que penser à partir de lui-même et cite sans cesse les références de jadis. Bref, Montaigne est à la fois excessif et sage, spirituel et grossier, ancien et moderne, mort et vivant. Ses Essais sont ce qu'il peut s'écrire de plus vivant, et de plus humain.
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    • Livres 5.00/5
    Par ivredelivres, le 20 février 2009

    ivredelivres
    Cette édition chez Arléa en français moderne, avec la « traduction » des mots qui ne sont plus usités ou qui ont changé de sens, enfin la traduction immédiate des citations latines tout cela fait de cette édition, la version indispensable qui permet à tout lecteur d'entrer dans Les Essais.
    A lire sans modération mais pas tout d'une traite, Montaigne dit qu'il aime lire et écrire « à sauts et à gambades », picorer, « pilloter » dans les livres. Faites de même avec le sien et votre addiction est assurée.
    La langue de Montaigne est colorée, luxuriante.
    Les préoccupations, les réflexions d'un gentilhomme du XVII ème siècle sont proches des nôtres.
    Il vous appartient de piocher sans ordre dans les différents chapitres, l'amitié, la mort, la vanité, le goût de la lecture, la tolérance ......
    Ce qu'en disent de bien plus érudit que moi
    Etiemble appelait Les Essais des « Contre-poisons »
    André Comte-sponville dit « Il nous apprend à aimer cette existence éphémère au lieu d'en rêver une autre »
    F Nietzsche : « Qu'un tel homme ait écrit , vraiment la joie de vivre sur terre en a été augmentée »
    Mme de La Fayette «  Ce serait plaisir d'avoir un voisin comme lui  »
    Michel Onfray «  Montaigne me touche, me ravit et m'émeut avec une indefectible constance »


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 27 avril 2011

    zohar
    En faisant abstraction du contexte historique et de la période littéraire dans laquelle a été écrit Les Essais. J'essaierai, à travers ma critique de dégager, seulement et simplement, l'esprit et la philosophie des Essais.
    Ils apparaissent comme une constellation de citations consignées à partir de lectures. Ces données servent, en quelque sorte, de points de départ à la réflexion et leur accumulation conduit, bien évidemment, au développement de l'esprit critique.
    Aux expériences livresques de Montaigne s'ajoutent ses propres expériences personnelles ; et, c'est cette somme là qui permet de saisir l'homme dans sa totalité, qui amène l'émergence d'un humanisme.
    Dans cette perspective écrire, chez Montaigne, c'est circonscrire le domaine à appréhender, c'est fixer dans l'esprit l'objet de la réflexion et l'auteur des Essais se propose de se peindre lui-même.
    Le projet qu'il adopte, c'est celui de se connaître et pour se faire l'expérience quotidienne devient le vecteur de cette connaissance.
    Il est à l'affût de lui-même : en apprenant à se connaître, il apprend également à connaître les autres. Finalement, ce livre est un discours tenu par l'homme sur l'homme.
    Procédant de façon descriptive, Les Essais posent tout simplement la question suivante : qu'est-ce que l'homme ? (ou de façon plus générale) L'unité de l'espèce se trouve-t-elle contestée par la diversité des individus ?
    Montaigne est persuadé de nos singularités, il tente seulement d'expliquer et de trouver les raisons de nos actes et de nos réactions.
    Dans ses Essais, il souligne sa (nos) faiblesse(s) tout en dégageant sa (notre) grandeur ; celle d'un être qui assume sa condition et accepte la vie telle qu'elle est.
    Dans ce processus, plus il accumulera de détails sur ce qu'il est, mieux il révèlera l'humaine condition. Une telle approche lui permet de dépouiller tout masque et de saisir l'homme dans un effort d'anthropologie humaniste.
    Nous avons là un véritable monument de pensée et de la littérature occidentale.
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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 24 octobre 2012

    peloignon
    Ce n'est pas l'effort qui prime en compagnie de Montaigne. Il s'agit plutôt d'une détente agréable où l'on apprend de ses expériences parfois pour s'en plaindre et surtout pour s'en moquer, dans l'optique que le « grand et glorieux chef-d'œuvre, c'est de vivre à propos. » (III, XIII, 320)
    Le lire, c'est entrer dans un monde où un titre de chapitre est moins un endroit où l'on reste enfermé qu'un point de départ d'où l'on va et vient, selon le fil de la pensée, sans se soucier de l'élégance ou d'exigences pouvant dénoter quelque « sçavoir pedantesque ».
    Et les mots qu'il utilise, mots dont résonnent encore souvent les échos dans notre expression actuelle, ont une fraîcheur sublime, qui s'accorde extraordinairement bien à la tonalité de ses Essais.
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Citations et extraits

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  • Par LydiaB, le 04 février 2013

    Alexandre le grand, le jour assigné à cette furieuse bataille contre Darius, dormit si profondement et si haute matinée, que Parmenion fut contraint d’entrer en sa chambre, et, approchant de son lit, l’appeller deux ou trois fois par son nom pour l’esveiller, le temps d’aller au combat le pressant. L’Empereur Othon, ayant resolu de se tuer, cette mesme nuit, apres avoir mis ordre à ses affaires domestiques, partagé son argent à ses serviteurs et affilé le tranchant d’une espée dequoy il se vouloit donner, n’attendant plus qu’à sçavoir si chacun de ses amis s’estoit retiré en seureté, se print si profondement à dormir, que ses valets de chambre l’entendoient ronfler. La mort de cet Empereur a beaucoup de choses pareilles à celle du grand Caton, et mesmes cecy : car Caton estant prest à se deffaire, cependant qu’il attendoit qu’on luy rapportast nouvelles si les senateurs qu’il faisoit retirer, s’estoient eslargis du port d’Utique, se mit si fort à dormir, qu’on l’oyoit souffler de la chambre voisine : et, celuy qu’il avoit envoyé vers le port, l’ayant esveillé pour luy dire que la tourmente empeschoit les senateurs de faire voile à leur aise, il y en renvoya encore un autre, et, se r’enfonçant dans le lict, se remit encore à sommeiller jusques à ce que ce dernier l’asseura de leur partement.
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  • Par Christian, le 10 octobre 2007

    « Pour un fort leger profit, nous arrachons tous les jours leurs propres enfans d'entre les bras des meres, et leur faisons prendre les nostres en charge : nous leur faisons abandonner les leurs à quelque chetive nourrisse, à qui nous ne voulons pas commettre les nostres, ou à quelque chevre ; leur deffendant non seulement de les allaiter, quelque danger qu'ils en puissent encourir : mais encore d'en avoir aucun soin, pour s'employer du tout au service des nostres.



    Et voit-on en la plus part d'entre elles, s'engendrer bien tost par accoustumance une affection bastarde, plus vehemente que la naturelle, et plus grande sollicitude de la conservation des enfans empruntez, que des leurs propres.



    Et ce que j'ay parlé des chevres, c'est d'autant qu'il est ordinaire autour de chez moy, de voir les femmes de village, lors qu'elles ne peuvent nourrir les enfans de leurs mammelles, appeller des chevres à leurs secours. Et j'ay à cette heure deux lacquais, qui ne tetterent jamais que huict jours laict de femmes.



    Ces chevres sont incontinent duites à venir allaicter ces petits enfans, recognoissent leur voix quand ils crient, et y accourent : si on leur en presente un autre que leur nourrisson, elles le refusent, et l'enfant en fait de mesme d'une autre chevre.



    J'en vis un l'autre jour, à qui on osta la sienne, par ce que son pere ne l'avoit qu'empruntée d'un sien voisin, il ne peut jamais s'adonner à l'autre qu'on luy presenta, et mourut sans doute, de faim. Les bestes alterent et abbastardissent aussi aisément que nous, l'affection naturelle. »
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  • Par Orphea, le 13 novembre 2011

    Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiez, ce ne sont qu'accointances et familiaritez nouees par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos ames s'entretiennent. En l'amitié dequoy je parle, elles se meslent et confondent l'une en l'autre, d'un meslange si universel, qu'elles effacent, et ne retrouvent plus la cousture qui les a joinctes. Si on me presse de dire pourquoy je l'aymoys, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en respondant : Par ce que c'estoit luy, par ce que c'estoit moy.

    Il y a au delà de tout mon discours, et de ce que j'en puis dire particulierement, je ne sçay quelle force inexplicable et fatale, mediatrice de cette union. Nous nous cherchions avant que de nous estre veus.
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  • Par brigetoun, le 14 novembre 2009

    (lette au roi)
    Et en premier lieu, jacois que par les ordonnances anciennes et modernes de Vostre Majesté conformes à la raison, toutes impositions doibvent estre faites esgalement sur toutes personnes, le fort portant le foible, et qu'il soit tres raizonnable que ceuls qui ont les moiens plus grands, se ressentent de la charge plus que ceulx qui ne vivent qu'avec hazard et de la sueur de leur corps, toutefois il seroit advenu, puis quelques années et mesme en la présente, que les impositions qui auroient esté faictes par vostre auctorité..... les plus riches et oppullentes familles de la dicte ville en auroient été exemptes pour le privilège prétendu..... De façon que désormais quand il conviendra impozer quelque dace ou imposition, il fauldra qu'elle soit portée par le moindre et le plus pouvre nombre des habitants des villes, ce qui est du tout impossible
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  • Par brigetoun, le 14 novembre 2009

    Dernièrement que je me retiray chez moy, délibéré autant que je pourroy, ne me mesler d'autre chose que de passer en repos et à part ce peu qui me reste de vie, il me embloit ne pouvoir faire plus grande faveur à mon esprit, que de le laisser en pleine oysiveté, s'entretenir soy mesmes, et s'arrester et rasseoir en soy : ce que j'esperois qu'il peut meshuy faire plus aisément, devenu avec le temps plus poisant, et plus meur. Mais je trouve, variam semper dont otia mentem (l'oisiveté toujours éparpille l'esprit), que au rebours, faisant le cheval échappé, il se donne cent fois plus d'affaires à soy mesmes, qu'il n'en prenoit pour autruy ; et m'enfante tant de chimeres et monstres fantasques les uns sur les autres, sans ordre et sans propos, que pour en contempler à mon aise l'ineptie et l'estrangeté, j'ay commencé de les mettre en rolle, esperant avec le temps en faire honte à luy mesmes
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André Comte-Sponville présente Montaigne, "Les Essais"
Ce ne sont mes gestes que j'escris ; c'est moy, c'est mon essence. Je tien qu'il faut estre prudent à estimer de soy, et pareillement conscientieux à en tesmoigner : soit bas, soit haut,...











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