> Nathalie Mège (Traducteur)

ISBN : 2266165402
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 42 notes) Ajouter à mes livres
Nouvelle-Crobuzon: une métropole tentaculaire et exubérante, au cœur d'un monde insensé. Humains et hybrides mécaniques y côtoient les créatures les plus exotiques à l'ombre des cheminées d'usine et des fonderies. Depuis plus de mille ans, le Parlement et son impitoyabl... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Walktapus, le 23 juillet 2011

    Walktapus
    Par quoi commencer, sans trop en révéler...
    Par New Crobuzon. Avec ses rivières et ses quartiers, avec ses rames de train convergeant vers Perdido Street Station et le Pic, ses docks, ses usines et sa pollution, ses odeurs, ses habitants bigarrés, son ciel parcouru de dirigeables, de wyrmen et de choucas, ses décharges, ses égouts hantés de goules, ses mendiants et ses barons du crime, son maire cynique, sa milice secrète et brutale, ses artistes, ses savants fous, ses opposants et ses héros populaires. Avec ses liens vers le monde extérieur aussi : Bas-Lag. New Crobuzon m'a fait l'effet d'une ville-univers de jeu de rôles, riche, très riche en descriptions, en lieux, en personnages, en objets, en intrigues, en organisations, en possibilités d'aventures, riche et pourtant bien souvent à peine esquissé tant il y est fait d'allusions.
    Dans quel genre le classer ? Mieville se moque des genres, ou prend son inspiration dans tous. J'ai lu que certains le classaient dans la fantasy, mais avis aux amateurs de fantasy standardisée : ce roman n'a à peu près rien à voir avec les Eddings, les Feist ou les Hobb. A New Crobuzon cohabitent quatre espèces intelligentes majeures, et d'autres mineures, d'accord, mais qu'on n'a jamais vu de près ou de loin chez Tolkien. New Crobuzon semble vivre une révolution industrielle basée sur la vapeur, l'électricité et la thaumaturgie, dont la technologie produit des robots, des téléphones télépathiques ou des humains modifiés chirurgicalement. On y trouve des magiciens, des esprits élémentaires et des démons. S'il fallait donner un genre principal je dirais d'ailleurs steampunk. le personnage principal est une sorte de savant fou. Et les intrigues rappellent infiniment plus Rodolphe ou Vidocq qu'Aragorn ou Conan.
    L'intrigue ? Longue à se mettre en place. Son ficelage n'est sans doute pas à la hauteur de l'univers et ce sera peut être le point faible du livre. Des personnages entrent et sortent du récit un peu comme dans la vie, sans que les choses soient toujours résolues, mais ils sont tous bien campés. Elle est à plusieurs niveaux. Ca commence très lentement autour des histoires d'un savant pariah et d'une artiste khepri, il faut bien cent cinquante pages pour que le ressort principal du récit, effrayant, se révèle. Mais le vrai personnage de cette aventure, c'est Yagharek l'homme oiseau déchu, seul personnage à s'exprimer à la première personne, à la fin de chaque grande section du livre, coupable du seul crime possible dans son peuple.
    Le style, enfin, très descriptif, impersonnel, au style recherché, imagé et riche en vocabulaire. L'histoire prend son temps. A chaque fois que l'auteur semble mettre l'intrigue en suspens pour se lancer dans une longue description évocatrice et imagée, il faut se rappeler qui est le véritable héros de cette histoire : New Crobuzon.
    En résumé, pour moi, c'est la baffe de l'année (et même plus : la dernière c'était Jaworski, et c'était en 2009), un livre dont j'ai eu du mal à décrocher.
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 28 septembre 2010

    maltese
    Nouvelle-Crobuzon, immense métropole, saturée de pollution et de miasmes en tout genre, peuplée d'humains mais aussi de créatures très étranges et exotiques, va être le cadre d'une terrible aventure mettant en scène un homme-oiseau déchu, Yagharek, un ingénieux scientifique dont le savoir est convoité, Isaac, une khepri artiste, femme-insecte sculptant avec sa bave, Lin et bien d'autres encore... Tous vont se retrouver en train de lutter contre des monstres de cauchemar capables de mettre en péril la ville toute entière.
    Un diptyque, mariage entre fantasy urbaine et science-fiction, dans lequel le premier "héros" est cette Nouvelle-Crobuzon, magnifiquement décrite par l'auteur, cité d'une richesse inouïe, boursouflée de mille intrigues et recoins à explorer, monde hallucinant en pleine décrépitude.
    Chaque personnage est entraîné dans une quête personnelle, et toutes les histoires viennent s'emmêler et se compléter sur un écheveau central qui ne laisse au lecteur aucun temps mort.
    Formidable roman aux multiples récompenses amplement méritées.
    A noter que China Miéville a réutilisé le même monde pour planter les intrigues de ses romans "Les Scarifiés" et "Le Concile de Fer".
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    • Livres 4.00/5
    Par MarieC, le 03 janvier 2011

    MarieC
    Perdido Street Station, c'est avant tout un univers : une ville tentaculaire, peuplée de mille pègres, de mille races, d'une histoire apocalyptique... La Nouvelle Corbuzon est le personnage principal du livre, décrit dans tous ses quartiers, dans toutes ses déchéances, justifiant par ses débordements une intrigue parfois un peu longue à se mettre en place, et qui s'efface devant des descriptions épiques. D'où un rythme un peu lent, déconcertant pour un ouvrage de fantasy. Déconcertant également l'absence de distinction claire entre le bien et le mal, les héros laids, parfois peu scrupuleux et médiocres, un style assez personnel... Un roman inclassable et enthousiasmant.
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    • Livres 4.00/5
    Par MarcF, le 20 janvier 2012

    MarcF
    Un univers totalement steampunk (train, dirigeable, engrenage…) et totalement débridé. Des races multiples, toutes plus farfelues les unes que les autres.
    Cela donne un style relativement outrancier et déjanté. On aime ou pas. J'avoue avoir mis quelques pages à accrocher.
    Un savant fou, Isaac, qui par ignorance, va amener un fléau sur la ville. On est en plein dans le style Cosinus ou Tournesol.
    Au final, un roman assez surprenant, très original, voire un peu outrancier.
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    • Livres 1.00/5
    Par ildibad, le 27 juillet 2011

    ildibad
    China Miéville est probablement le Zola ou le Balzac de la science fiction.
    Un monde minutieusement décrit, une ville dont on perçoit les moindres bruits, dont on sent presque les remugles des égouts des bas quartiers.
    Des espèces, des races étranges peintes avec une précision d'entomologiste.
    De longues descriptions de toute beauté mais peu d'action.
    Trop peu à mon goût: je m'ennuie, je m'endors, j'abandonne.
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Citations et extraits

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  • Par MarcBibliotheca, le 29 janvier 2009

    Je vais suivre les voies de chemin de fer. Je hanterai l’ombre des trains tandis qu’ils passeront au-dessus des maisons, des tours, des casernes, des bureaux, des geôles de la ville ; je marcherai dans leur sillage sur ces arches qui les arriment à la terre. Je dois trouver le moyen d’entrer.

    Ma cape, un drap lourd, insolite et cuisant sur ma peau, me ralentit, et ma besace me pèse. Ce sont elles qui me protègent ici, elles et l’illusion que j’ai chérie, fondement de ma peine et de mon infamie, du supplice qui m’a mené ici – dans ce kyste qui n’a de ville que le nom, cette cité poussiéreuse toute d’os et de brique, cette conspiration d’industrie et de violence trempées dans l’Histoire et les arcanes du pouvoir, cette contrée funeste dont j’ignore tout :

    Nouvelle-Crobuzon.
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  • Par TwiTwi, le 09 mai 2009

    La chaleur printanière s'y trouvait magnifiée comme par l'énergie de la géhenne. Derkhan s'était mise à transpirer. Elle s'avança au milieu des carcasses qui se balançaient et les trainées de sang coagulé. Au fond de la pièce, en hauteur, disparaissant dans les boyaux plus sombres de ce charnier, une courroie charriait de lourds crochets de boucherie en un circuit implacable.

    Les lueurs reflétées des lames elles-mêmes semblaient filtrées par cette ténèbre rougeoyante. Devant la pestilence rance, épaisse, du sang et de la viande chaude, Derkhan se masqua le nez et la bouche d'un cataplasme pour échapper à la nausée.

    A l'autre bout de la pièce, trois hommes étaient rassemblés sous l'arche ouverte que l'on distinguait de la rue. Dans ce lieu sombre et puant, l'air et la lumière du Palus-au-Chien qui se déversaient d'en haut faisaient l'effet de Javel.
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  • Par TwiTwi, le 12 mai 2009

    Pour entrer dans Chiure, Isaac et Lin durent emprunter des ponts branlants, simples planches jetées sur des fossés de deux mètres qui séparait la favela du parc de la Colline Vaudoise. Ils marchèrent dans les pas l'un de l'autre, tendant parfois les bras pour préserver leur équilibre.

    A un mètre cinquante au-dessous, la tranchée était emplie d'une soupe gélatineuse, bruyante, mêlant polluants et pluies acides. Des bulles de gaz mortel et des cadavres d'animaux gonflés en crevaient la surface. Çà et là surnageaient des boîtes de conserve rouillées et des nœuds de chair évoquant des tumeurs ou des fœtus avortés. Le liquide ondulait plus qu'il ne faisait de vagues, contenu qu'il était par une épaisse tension de surface, si huileuse et si puissante qu'elle refusait de céder : les pierres qui tombaient du pont y étaient avalées sans déclencher la moindre éclaboussure.
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  • Par TwiTwi, le 11 mai 2009

    L'artefact qui avait balayé pendant plusieurs années le plancher de David et Lublamai avait fini par rendre l'âme apparemment. Il chuintait et décrivait des cercles, au moment de nettoyer, faisant désormais des fixations sur des secteurs arbitraires du sol, qu'il polissait comme autant de bijoux. Certains matins, il mettait près d'une heure à chauffer. Il s'engluait peu à peu dans des boucles logicielles qui le faisaient répéter à l'infini des comportements infimes.
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  • Par ildibad, le 27 juillet 2011

    Dans le poussier brûlé pour réchauffer des amants à l'agonie, les crématoriums déchargeaient parmi les volants les cendres des testaments consumés par des des exécuteurs jaloux. Des milliers d'ignobles fantômes de fumée enveloppaient Nouvelle-Crobuzon d'une pestilence aussi suffocante que la culpabilité.
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