Ce que j'aime dans les nouvelles, c'est que la brièveté permet à l'auteur de concentrer la tension et de tenir des délires fantastiques. Encore faut-il avoir un auteur qui possède un réel talent de conteur et une capacité à vous faire voyager au travers de ses descriptions très pointues. Et c'est bien le cas de
Steven Millhauser qui a réussi à m'enchanter en m'emmenant au pays de l'extrême, des contes, dans le ciel et sous la terre.
La première nouvelle qui donne son nom au recueil de nouvelles donne de suite le ton. Il y a une tension soutenue identique au public et au lecteur. L'auteur démontre les dérives du spectaculaire, le côté malsain et voyeur du spectateur, toute la complexité de l'humain.
J'ai préféré les nouvelles mettant en scène les hommes ou enfants aux nouvelles très descriptives du magasin de 19 étages ou du parc d'attractions, même si ces deux nouvelles montrent efficacement "le goût corrompu des masses", comment "repousser les limites du raisonnable" pour faire davantage de profits. Il y a parfois peu de différence entre cette exagération et la réalité des centres actuels.
Je préfère la féerie du mariage avec une grenouille, de l'enfant qui s'envole sur son tapis volant ou des automates qui se rapprochent de l'humain.
Chacun peut trouver une nouvelle qui le fera rêver, qui l'emmènera par delà les nuages, dans les méandres souterrains, au travers des rêves d'enfance grâce à la prose imagée, la déferlante envolée lyrique de l'auteur.
Sur le bandeau de l'éditeur,
Eric Neuhoff dit "
Steven Millhauser est un enchanteur." Il a raison, laissez-vous enchanter...
Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-le-lanceur-de-coute..