ISBN : 2070357457
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.39/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Nadia, la narratrice, est institutrice à Bordeaux dans la même école que son mari, Ange. Ils vivent leur profession comme un apostolat et en tirent une authentique félicité. Mais depuis quelques temps, le couple est l'objet d'une vindicte générale, harcelante et inexpli... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 17 février 2011

    brigetoun
    Récit à une voix, récit angoissant d'une angoisse, déstabilisant parce que la vérité est fuyante, vérité que dit ne pas connaître Nadia, et notre doute, qui sourd même quand nous sommes emportés par la lecture, embarqués avec elle, doute: faut-il croire Nadia ? Est-ce que, consciemment ou inconsciemment elle ne tord pas les faits ?
    Et puis, parfois, et de plus en plus - et c'est voulu par l'auteur ou par le personnage - une antipathie envers elle, quand elle méprise le vieil instituteur/écrivain, avant que tout se déclenche, et soupçon que cela expliquerait que le couple déplaise mais sans expliquer la haine qu'elle nous décrit. Envie de prendre son parti quand elle parle durement des filles, après, quand le drame s'est intensifié, parce que cela peut-être réaction d'animal perdu. Et, malgré notre résolution de ne pas appliquer de jugement de bien-pensant confortable, recul devant sa fuite de ce qu'elle a été, son comportement avec ses parents, avec le premier mari.
    Nous sommes perdus, comme, avec, contre elle.
    Dans la crainte de tout ce qu'elle affronte, dans l'étrange. Dans la reconquête de son moi, de l'amour qu'elle avait pour son premier mari, pour ses parents, amour nié avec violence pour être acceptée par la ville, par Ange tel qu'elle l'imagine. Une passion, épreuve, et le soulagement peut être un peu décevant de l'apaisement final.
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  • Par sylvie, le 20 janvier 2010

    sylvie
    Ce texte nous promène sous les pas pesants et perdus d'une institutrice cinquantenaire qui ne sait plus où elle habite.... ou qui le sait trop...
    On se pose beaucoup de questions :
    Qu'est ce qui lui arrive? Délire de persécution ? Victime d'exclusion ? les deux, sans doute. Réel ? Rêve ? Fantastique ? Délirium ?
    Nous voilà plongés au coeur de la part d'ombre d'une femme qui souffre à un tournant de sa vie : ses cinquante ans?
    Métaphore terrible, elle ne parle que de sa ménopause, d'autres y voient une grossesse, mais quelle grossesse... silence épouvanté, approche de l'immonde, de l'horreur absolue, délire encore dans lequel elle se glisse pour finalement accoucher en cachette de cette bête qu'elle portait en elle et qui la rongeait..Quelle bête? Cause de tous ses maux, de tous ses échecs, faute sans doute inavouable, tellement indicible qu'elle ne nous est pas dite...
    La honte ? Honte sociale ?
    La haine de soi et des autres, les jugements et le mépris qui détruisent les êtres et les relations, quelles qu'elles soient : amoureuses, filiales, sociales, amicales...Et tout cela dans un Bordeaux brumeux, tentaculaire,qui symbolise le parcours de vie de Nadia. Elle est née aux Aubiers, a renié son quartier, ses parents, ses origines, allant jusqu'à changer sa voix, son accent, ses gestes... elle s'est donc appliquée à paraître habitante digne de la rue Fondaudège avec son fils et son premier mari, électricien... mais, l'apogée de son accomplissement de femme aura été son mariage avec Ange, enseignant lui aussi et rédacteur d'articles sur la pédagogie, habitant cette fois, la rue Esprit des lois...
    Et puis, un jour, le sale regard qu'elle même avait porté sur les siens, et tous ceux qui n'avaient pas fait les mêmes choix de vie qu'elle, s'est retourné contre elle...
    Alors elle souffre, elle est perdue, elle ne comprend plus rien, le sol se dérobe sous elle en même temps que son corps se transforme en gonflant d'une chair débordante qu'elle ne reconnaît pas comme la sienne...
    Un livre étrange, qui mélange description minutieuse d'une petite vie quotidienne petite bourgeoise bordelaise, au plus près, et irruption du fantastique dans ce trop réel pour être vrai, jusqu'à nous immerger dans des émotions fugaces : dégoût, peur, angoisse, malaise.... Une expérience de lecture rare...

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2007/05/mon-coeur-ltroit-marie-n..
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    • Livres 3.00/5
    Par zabeth55, le 06 février 2012

    zabeth55
    L'enfermement social d'un couple, une oppression croissante au fil des pages....... superbement décrit
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    • Livres 3.00/5
    Par Lencreuse, le 21 juillet 2010

    Lencreuse
    Nadia et Ange sont deux instituteurs dans la même école à Bordeaux. Leur métier, ils l'exercent avec une passion proche de la dévotion. Pourtant, depuis quelque temps, une réprobation générale semble peser sur eux. Comme si la ville entière n'exprimait plus que du dégoût à leur égard, qu'il s'agisse de leurs propres élèves ou du moindre passant dans la rue.(...)

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com/article-14684688.html
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 17 février 2011

    La rancune à l'égard de parents qui vous ont correctement traitée mais dont vous détestez le mode de vie, il ne pouvait la comprendre. Mon refus de m'approcher du quartier des Aubiers, où s'est déroulée mon enfance, de ses rues aux longues barres d'immeubles, aux trottoirs défoncés, il ne pouvait le comprendre non plus. Oui, mon ex-mari est resté, malgré mes efforts, une âme simple.
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  • Par brigetoun, le 17 février 2011

    Cependant, à l'instant où je pose la main sur la poignée de la porte, le tramway silencieux et rapide glisse devant la pharmacie avec, à son bord, Mme la directrice de notre école seule dans la première rame, le visage tourné vers la vitre, calme et austère visage très blanc que les fortes lampes du tram frappent de paralysie. Et c'est une expression de surprise horrifiée, d'aversion et de terreur qui dénoue soudain les traits de ce visage si figé et si blanc lorsque ses yeux croisent les miens à travers les deux parois de verre.
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  • Par brigetoun, le 17 février 2011

    Alors il ricane, il tente de m'imiter par dérision mais, trop affaibli, doit vite renoncer et se contenter d'un coup d'oeil presque haineux, qui m'épouvante. Qu'est devenu mon mari ? Celui que j'aimais, qui ne faisait qu'un avec moi, où a-t-il disparu ?
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  • Par brigetoun, le 17 février 2011

    J'espère que ce n'est pas ton enfant, la petite, dont nous nous régalons ainsi, aimerais-je dire à mon fils sur le ton de la plaisanterie.
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Marie Ndiaye - Transfuge magazine .
Interview de Marie Ndiaye pour le magazine Transfuge à l'occasion de la parution de son roman "Trois femmes puissantes" (Gallimard, 2009), prix Goncourt 2009.








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