> Gérard Macé (Préfacier, etc.)
> Jean-Nicolas Illouz (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070314766
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 4.5/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Les Nuits d'octobre, Pandora, Promenades et souvenirs, et particulièrement Aurélia, parmi les derniers textes écrits par Nerval, donnent au champ de la prose une ampleur inédite. Issus de la pratique du feuilleton, libres de toute détermination générique, ils glissent, ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par JS-KM, le 11 novembre 2011

    JS-KM
    Gérard Labrunie. Au fil de sa route d'être humain, où le non-dit cotoie une secrète réserve, celui qui prend pour pseudonyme le nom de la terre où reposent ses chers disparus ("le clos De Nerval") s'est souvent évanoui, à la rencontre de ses songes.
    Lors de ces fameuses Nuits d'octobre, il déambule en plein Paris en compagnie d'une vague connaissance mondaine, et s'affaire à tirer de ses expériences nocturnes un peu de substance littéraire. Il est concerné par sa vocation poétique, bien qu'errant, en vérité, pour mieux occuper les quelques heures qui le séparent du jour ; il s'apprêtait à partir pour Meaux, a loupé son train et, plutôt que de rentrer chez lui, s'en va revivre pour la énième fois une de ces nuits, dont il pressent sourdement l'enseignement sybillin ; enseignement que nous situerons à cheval entre l'expérience réaliste de l'écriture, par laquelle il tente de leur restituer quelque banalité, et l'inquiétante étrangeté qui s'en dégage. Ces nuits d'octobre, dans le résumé "réaliste" qui nous en est fait, semblent taire la nature d'un mystère après lequel court le poète, ce qui n'en rendra pas sa poursuite moins palpable pour autant. C'est bien vers lui que Nerval se dirige, et j'hésite un peu à dire que ce mystère n'est, ni plus ni moins, que celui de sa folie, qui enfle, explosera à plusieurs reprises au cours de sa vie. Gérard de Nerval connaîtra en effet plusieurs épisodes, que l'on qualifierait, aujourd'hui et à priori, de maniaques.
    On aurait tort pourtant d'observer ce récit sous cet angle, et les préfaciers nous le défendent par ailleurs. Enfin, les signes de folie de l'auteur se font rares dans les nuits d'octobre. On est intrigué par la voix du narrateur, qui fait à la fois preuve d'humour, se révèle un excellent compagnon de visite du Paris by night de l'époque (milieu XIXème), et s'exprime dans un style aux ornements plutôt élégants, et pittoresques, si on peut me permettre l'expression.
    S'il est une chose à noter chez lui, c'est sa façon assez incroyable de nous expulser hors du temps historique, comme il convoque les visions d'un passé aimé, fabuleux souvent ; qu'il s'agisse de la logique de progression du récit, de son unité de temps, d'action ou de lieu, Nerval bouscule son lecteur, gentiment et sans que l'on y perçoive aucune volonté de sophistication. Il ne fait que suivre les circonvolutions de sa pensée, écrasant les repères temporels comme leur poids semble démentir la si grande distance qui le séparerait, lui, de ce passé dont il souffre et jubile à la fois. Nerval vit tous ces temps à la fois, et que cela soit imputable à une maladie ou à une sensibilité exacerbée n'a pas tant d'importance.

    pandora est le récit qui m'a paru le plus obscur dans ce recueil : il semble cristalliser avec force des évènements autobiographiques, liés à la perte d'une maîtresse et d'un amour anciens, et la visite de la ville de Vienne. On assiste à une descente aux enfers du narrateur, tout à la fois détaché de ce malheur qui l'accable, d'autres émotions infiniment subtiles l'accaparant plus que de raison. C'est court, très dense, et mystérieux, laissant une impression confuse et peu commune.

    Disons-le tout net : Nerval, c'est 'achement bien. Il faut un temps, une latence pour comprendre son univers, à la fois touchant, poétique, et très envoûtant. Prenons pour exemple le dernier roman qui donne son nom au recueil ainsi constitué par Gallimard pour Folio : Aurélia, ou le récit d'une autre perte essentielle, s'agissant à la fois de la disparition d'un être aimé (comme autant de figures en "kaléidoscope", Aurélia semble au moins y figurer un archétype de la mère) et avec lui d'une essence salvatrice faite pour ce bas-monde. On chavire en pleine folie, cette fois, avec Aurélia, mais Nerval, qui écrit ce récit halluciné pour se guérir d'une crise qui l'a mené à la clinique du docteur Blanche, ne se débat pas qu'avec sa maladie mais aussi avec son oeuvre. Les émotions sont terrassantes pour lui au cours de cette dernière partie, et c'est un regard de tendresse que l'on porte sur cet être au bord de l'abîme, autant que l'on quitte ce récit troublé, dans ce que sa folie nous fait entrevoir de si poignant.
    Grande richesse des dossiers et notes de bas de page intéressantes, permettant d'appréhender tout ce que l'auteur, et son oeuvre de façon générale, a d'unique. Il faut juste prendre le temps de s'y perdre.


    Lien : http://aussenwelt.eklablog.com/aurelia-gerard-de-nerval-a3595328#
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 01 janvier 2010

    chartel
    Ce livre Folio regroupe plusieurs textes de Gérard de Nerval dont le plus célèbre, "Aurélia", dernière œuvre de Nerval, publié après sa tragique mort dans une sombre rue parisienne. Mais les autres textes qui le précèdent sont tout aussi savoureux : "les nuits d'octobre", "Pandora" et "Promenades et souvenirs". Tous les thèmes chers à Nerval se retrouvent dans ce recueil : la confusion et le brouillage des repères temporels et spatiaux, à travers le souvenir des personnages féminins, sortes de substituts maternels, ainsi que les ponts dressés par l'auteur dans ses divers récits de voyages, surtout ses longs et curieux périples dans et autour Paris, puis dans son Valois natal, ponts servant à bouleverser les repères que tente de se fixer le lecteur.
    Gérard de Nerval joue donc avec les sensations spatio-temporelles, précurseur d'un futur maître en la matière, le non moins célèbre Marcel Proust.
    Enfin, "Aurélia" nous plonge dans les affres psychologiques de l'auteur, troublé par les nombreuses crises qui emportent sa raison. A la manière d'un journal, il témoigne de ses délires, mais tout en ayant le souci de structurer et organiser son texte, faisant de son œuvre une véritable et sublime oeuvre littéraire.
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    • Livres 4.00/5
    Par purplevelvet, le 25 mars 2010

    purplevelvet
    Le recueil contientdonc quatre textes, qui se répondent deux par deux. La courte nouvelle Pandora fait pendant à Aurélia ( ou plutôt, semble un prototype d'Aurélia), et les nuits d'octobre explore le même chemin que Promenades et souvenirs.
    Mais grosso modo, des thèmes communs ressurgissent régulièrement: la réalité et le rêve, le pouvoir de l'imagination ( jusqu'au délire mystique dans Aurélia), l'inattendu au détour d'une promenade.
    Aurélia est peut être à mon sens le moins abordable, tant l'imagination part vraiment dans tous les sens.

    Lien : http://purplevelvet.canalblog.com/archives/2010/02/03/16782989.html
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Citations et extraits

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  • Par JS-KM, le 11 novembre 2011

    Très justement choisis pour orner la quatrième de couverture des "Nuits d'Octobre" aux éditions Allia, ces quelques mots :

    "On se croirait dans le monde."
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  • Par Poiesis, le 26 septembre 2011

    Avec le temps, la passion des grands voyages s'éteint.
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  • Par chartel, le 01 janvier 2010

    L’expérience de chacun est le trésor de tous.
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La main enchantée
Fidèles à l'esprit de la nouvelle de Gérard de NERVAL, l'adaptation et la réalisation de Michel SUBIELA reconstituent l'ambiance colorée de la Renaissance, dans les ruelles du vieux Lyon. La main enchantée, propriété de maître Gonin, le magicien, n'obéit qu'à lui seul. Elle lui permet d'ouvrir sans clefs toutes les portes, elle vole, et même, elle tue... - Un jour, Eustache, le...








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