" Si un écrivain a cherché à éclairer les lois profondes presque insaisissables de l'âme humaine, c'est Gérard de Nerval dans Sylvie. Cette histoire que l'on a qualifiée de peinture naïve, c'est le rêve d'un rêve. Gérard essaie de se souvenir d'une femme qu'il aimait en... > voir plus
Dans ce petit roman, Nerval fait revivre l'amour du narrateur avec une figure magnifiée, celle de Sylvie, une jeune fille gentille, belle mais tellement glorifiée qu'elle n'en est plus accessible. le texte peut paraître complexe ou hermétique, mais quand on accepte son univers, Nerval nous emmène dans un monde merveilleux, sensible et qui vous permet vraiment de vous évader.
Je me représentais un château du temps de Henri IV avec ses toits pointus couverts d'ardoises et sa face rougeâtre aux encoignures dentelées de pierres jaunies, une grande place verte encadrée d'ormes et de tilleuls, dont le soleil couchant perçait le feuillage de ses traits enflammés. Des jeunes filles dansaient en rond sur la pelouse en chantant de vieux airs transmis par leurs mères, et d'un français si naturellement pur, que l'on se sentait bien exister dans ce vieux pays du Valois, où, pendant plus de mille ans, a battu le cœur de la France.
On s'assit autour d'elle, et aussitôt, d'une voix fraîche et pénétrante, légèrement voilée, comme celle des filles de ce pays brumeux, elle chanta une de ces anciennes romances pleines de mélancolie et d'amour, qui racontent toujours les malheurs d'une princesse enfermée dans sa tour par la volonté d'un père qui la punit d'avoir aimé. La mélodie se terminait à chaque stance par ces trilles chevrotants que font valoir si bien les voix jeunes, quand elles imitent par un frisson modulé la voix tremblante des aïeules.
Elle y avait trouvé une grande robe en taffetas flambé, qui criait du froissement de ses plis. ‘‘Je veux essayer si cela m’ira, dit-elle. Ah ! je vais avoir l’air d’une vieille fée !’’
‘‘La fée des légendes éternellement jeune !...’’ dis-je en moi-même
La main enchantée Fidèles à l'esprit de la nouvelle de Gérard de NERVAL, l'adaptation et la réalisation de Michel SUBIELA reconstituent l'ambiance colorée de la Renaissance, dans les ruelles du vieux Lyon. La main enchantée, propriété de maître Gonin, le magicien, n'obéit qu'à lui seul. Elle lui permet d'ouvrir sans clefs toutes les portes, elle vole, et même, elle tue... - Un jour, Eustache, le...