Par Muriel Barbery

Note moyenne : 3.87/5 (sur 341 notes)
Editions Gallimard 2006
ISBN : 2070780937  
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"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "

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Critiques et avis sur L'élégance du hérisson


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    • Livres 3.00/5
    Par MarcF, 2008-01-27 18:26:33

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    Deux personnages principaux : Mme Michel, une concierge très atypique, car férue de littérature et Paloma, une adolescente qui se cherche.

    Tout se passe dans l’immeuble du 7, rue de Grenelle dont Mme Michel est la concierge.



    Je suis très partage sur ce livre : il y a plein de choses que j’ai aime, mais aussi des choses qui ne m’ont pas plu.



    Commençons par ce qui m’a plu dans le désordre :

     L’idée d’une concierge érudite mais cachant son jeu est très bonne.

     La structure du roman avec les deux personnages parlant à tour de rôle est aussi très agréable. Le fait que l’auteur narre en mode vécu la vie de Mme Michel et en mode journal la vie de Paloma est une idée originale.

     L’arrivée de Mr Ozu avec le mystère qui l’entoure est un vrai bonheur. Sa façon de percer à jour Renée est aussi un petit bijou. Leur relation m’a également beaucoup plu.

     La rencontre Renée- Paloma ou chacune s’observe avant de s’accepter.



    Dans ce qui m’a moins plu :

    • Les références littéraires à tour de bras. Certes, il faut montrer que Mme Michel est une passionnée de littérature, mais le trop est l’ennemi du bien.

    • La lourdeur des digressions philosophiques. Il n’est pas facile de chercher à décrire la recherche d’absolu, mais cela se transforme en longues digressions de parfois plusieurs pages qui ‘plombent’ le livre et font perdre le fil et le charme de l’histoire.

    • La fin. Pour sur, une ‘happy end’ aurait été trop simple et trop facile, mais on aurait pu s’attendre à voir approfondir la relation de Renée et de Mr Ozu. J’ai eu l’impression que l’auteur a voulu couper court pour finir le livre.

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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Nanou2008, 2008-10-04 22:45:24

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    Livre très pédant, où l'auteur a trop tendance à étaler sa culture élitiste. La première partie est limite ennuyeuse : le récit en parallèle de la jeune fille super intelligente et de la concierge hyper cultivée (2 personnages pas toujours très crédibles d'ailleurs), les deux cachant leurs grandes qualités intellectuelles et méprisant royalement tous ceux qui les entourent, tous plus idiots et superficiels les uns que les autres.

    A la moitié du livre arrive le héros de ces dames, un vieux Japonais aussi intelligent et cultivé que riche et aimable. Le récit devient un peu plus palpitant (c'est un grand mot) et les personnages principaux plus attachants car ils quittent leurs masques de froideur et de mépris pour se montrer tels qu'ils sont.

    La fin est même touchante dans certains aspects.

    L'auteur met aussi des touches d'humour dans son livre.

    Je garde cependant une impression de grande déception par rapport au succès immense du livre auprès des libraires. Ce livre exclut, par ses références élitistes et ultra spécialisées (Ozu, littérature russe, réflexions sur l'art, etc.), une grande partie du public, le faisant passer pour sous-cultivé.

    Assez désagréable…

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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par babiole, 2009-07-05 22:59:21

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    Je ne partage pas du tout l’engouement de certains pour l’Élégance du Hérisson. Au lieu d’un roman, j’ai cru lire le Bescherelle.



    D’abord, j’ai pensé aux cours magistraux atroces de ma vieille prof de français de 4e, qui, complexée de son statut et fanatique de la grammaire, usait de mots improbables pour se donner l’allure d’une académicienne. Le dos cambré, les lunettes en demi-lune au bout du nez, elle en prononçait chaque syllabe avec jouissance puis claquait sa langue, triomphant de son audience inculte.

    Après « chuinter », je me suis dit que c’était pire encore et j’étais convaincu que la co-présentatrice de « Des Chiffres et des Lettres » avait écrit le livre en y plaçant sa collection privée de mots de 9 lettres à 7 consonnes.

    Puis, je me suis fait une raison.



    Heureusement, la profonde complexité des relations humaines fut subtilement dépeinte dans le roman avec les « méchants pas beaux » contre les « gentils mignons tout plein ».

    Du côté des « gentils mignons tout plein », la concierge, forcément. Je dois bien admettre que l’idée d’une concierge brillante, férue d’Anna Karénine, était hors du commun et a attisé ma curiosité (ou peut-être c’était le présentoir à la Fnac, je ne sais plus). Mais après quelques pages, on se rend vite compte que la concierge inouïe se confond avec son stéréotype: antipathique, fermée d’esprit, repliée sur soi et maniaque (de la grammaire). Même remarque pour Paloma, la seconde héroïne du roman. L’adolescente surdouée qui se veut en dehors du troupeau est finalement le cliché même de la pré pubère en mal de devenir: « mes parents, c’est trop des cons d’abord, ils me comprennent pas, ma sœur est une pouffiasse, la société elle n’a que des problèmes et je veux me suicider ». Il ne manquait que Tokyo Hotel.

    De l’autre côté, celui des « méchants pas beaux », les riches…évidemment, puisqu’il sont riches.



    Enfin, l’amour du Japon, à la fois dans les références aux Sœurs Munakata et incarné dans la relation entre Renée et Kakuro, parachève le côté bobo du hérisson. Contrairement à iris, cette passion me parait terriblement banale de nos jours. Comble de l’originalité, il se tient même un salon exclusivement dédié au Japon aujourd’hui même.

    A terme, si nos profs de philo se mettent au yoga et au feng shui, suivent la mode bobo obsédée par le bien-être oriental, la satisfaction béate et la « zen-attitude », oubliez les Kant, Nietzsche et Husserl, dans deux ans, on lira « Le Bonheur en 7 jours » , « Etre bien dans son corps et dans son esprit » et autres niaiseries en vogue.

    Une petite diatribe de Mme Michel sur le tri sélectif des poubelles de l’immeuble et on avait la totale bobo…



    Le style ampoulé et le ton péremptoire, les références pédantes et élitistes, pour tartiner sa culture et aboutir sur une histoire d’amour aussi enivrante qu’une relation minitel, sont une insulte à ces pauvres hérissons.

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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par iris, 2009-03-05 23:19:15

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    Beaucoup de critiques ont déjà dit le bien et le mal qu'ils pensent de ce livre...pour ma part, j'ai marché dans cette histoire de concierge lettrée, de jeune fille riche surdouée et suicidaire et de japonais raffiné qui ne se soucie pas des conventions sociales. Par moment, un petit agacement parait à voir une concierge censée combattre les préjugés de classe et avoir un regard incisif ne porter finalement au pinacle que les clichés de la boboitude branchée: aimer le baroque et Eminem...on se croirait dans les papier de technikart et de Nova Mag. En revanche, le goût de l'auteur pour la culture japonaise m'a parut plus original, même s'il y a un gros paradoxe à prendre pour riche dépassant les clichés un vieux monsieur japonais. J'ai du mal à y croire.

    Ce à quoi j'ai été sensible, c'est tout d'abord à l'intelligence de l'histoire, aux moments d'écritures acerbes pour les riches ou terriblement poétiques, et enfin à la volonté de saisir la beauté et le mouvement du monde, entreprise à la fois humble et très poétique. Et contrairement à ce que j'ai pu lire, je ne vois pas la fin de l'histoire comme une façon de condamner madame Michel parce qu'elle aime hors de sa classe...mais plutôt comme une façon intelligente de clore un livre en nous rappelant la fragilité de la vie.

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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par mpgeffroy, 2008-04-13 19:58:14

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    Pour ma part, j'ai eu souvent besoin du dictionnaire, je mesure mon inculture et donc un frein à une lecture sereine.
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Citations et extraits de L'élégance du hérisson


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  • Par Kro, 2008-11-18 19:36:56

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    Mme Michel, elle a l'élégance du hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussements indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes.
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  • Par Ikar, 2007-10-03 14:51:27

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    "Ceux qui savent faire font,

    Ceux qui ne savent pas faire enseignent,

    Ceux qui ne savent pas enseigner enseignent aux enseignants

    Et ceux qui ne savent pas enseigner aux enseignants font de la politique."
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  • Par iris, 2009-03-05 23:31:48

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    S'il y a bien une chose que j'abhorre, c'est cette perversion des riches qui s'habillent comme des pauvres (...). Non seulement c'est laid mais c'est insultant: rien n'est plus méprisable que le mépris des riches pour le désir des pauvres.
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  • Par Neigeline, 2009-03-01 23:44:28

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    La lente mélopée des petites particules ouatées préfigure ce que ressent le coeur pendant une grande joie. La durée se ralentit et se dilate, le ballet s'éternise dans l'absence des heurts et lorsque le dernier flocon se pose, nous savons que nous avons vécu ce hors-temps qui est la marque des grandes illuminations.
    Je me demandais s'il me serait donné de vivre de pareils instants et de me tenir au coeur du lent et majestueux ballet de flocons, enfin arrachée à la morne frénésie du temps.
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  • Par Matimima, 2009-11-11 19:18:40

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    Mais là, et pour la première fois, j'ai eu mal, tellement mal. Un coup de poing dans le ventre, le souffle coupé, le coeur en compote, l'estomac complètement écrabouillé. Une douleur physique insoutenable. Mais je n'ai pas hurlé. Ce que je ressens maintenant que la douleur est toujours là mais qu'elle ne m'empêche plus de marcher ou de parler, c'est une sensation d'impuissance et d'absurdité totales. Alors c'est comme ça ? Tout d'un coup, tous les possibles s'éteignent ? Une vie pleine de projets, de discussions à peine commencées, de désirs même pas accomplis, s'éteint en une seconde et il n'y a plus rien, il n'y a plus rien à faire, on ne peut plus revenir en arrière ?
    Pour la première fois de ma vie, j'ai ressenti le sens du mot jamais. Eh bien, c'est terrible. On prononce ce mot cent fois par jour mais on ne sait pas ce qu'on dit avant d'avoir été confronté à un vrai "plus jamais". Finalement, on a toujours l'illusion qu'on contrôle ce qui arrive, rien ne nous semble définitif. [...] Mais quand quelqu'un qu'on aime meurt... alors je peux vous dire qu'on ressent ce que ça veut dire et fait très très très mal. C'est comme un feu d'artifice qui s'éteint d'un coup et tout devient noir. Je me sens seule, malade, j'ai mal au cour et chaque mouvement me coûte des efforts colossaux.
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