ISBN : 2070780937
Éditeur : Editions Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 1244 notes) Ajouter à mes livres

"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammout... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par babiole, le 05 juillet 2009

    babiole
    Je ne partage pas du tout l'engouement de certains pour l'élégance du hérisson. Au lieu d'un roman, j'ai cru lire le Bescherelle.
    D'abord, j'ai pensé aux cours magistraux atroces de ma vieille prof de français de 4e, qui, complexée de son statut et fanatique de la grammaire, usait de mots improbables pour se donner l'allure d'une académicienne. le dos cambré, les lunettes en demi-lune au bout du nez, elle en prononçait chaque syllabe avec jouissance puis claquait sa langue, triomphant de son audience inculte.
    Après « chuinter », je me suis dit que c'était pire encore et j'étais convaincu que la co-présentatrice de « Des Chiffres et des Lettres » avait écrit le livre en y plaçant sa collection privée de mots de 9 lettres à 7 consonnes.
    Puis, je me suis fait une raison.
    Heureusement, la profonde complexité des relations humaines fut subtilement dépeinte dans le roman avec les « méchants pas beaux » contre les « gentils mignons tout plein ».
    Du côté des « gentils mignons tout plein », la concierge, forcément. Je dois bien admettre que l'idée d'une concierge brillante, férue d'Anna Karénine, était hors du commun et a attisé ma curiosité (ou peut-être c'était le présentoir à la Fnac, je ne sais plus). Mais après quelques pages, on se rend vite compte que la concierge inouïe se confond avec son stéréotype: antipathique, fermée d'esprit, repliée sur soi et maniaque (de la grammaire). Même remarque pour Paloma, la seconde héroïne du roman. L'adolescente surdouée qui se veut en dehors du troupeau est finalement le cliché même de la pré pubère en mal de devenir: « mes parents, c'est trop des cons d'abord, ils me comprennent pas, ma sœur est une pouffiasse, la société elle n'a que des problèmes et je veux me suicider ». Il ne manquait que Tokyo Hotel.
    De l'autre côté, celui des « méchants pas beaux », les riches…évidemment, puisqu'il sont riches.
    Enfin, l'amour du Japon, à la fois dans les références aux Sœurs Munakata et incarné dans la relation entre Renée et Kakuro, parachève le côté bobo du hérisson. Contrairement à iris, cette passion me parait terriblement banale de nos jours. Comble de l'originalité, il se tient même un salon exclusivement dédié au Japon aujourd'hui même.
    A terme, si nos profs de philo se mettent au yoga et au feng shui, suivent la mode bobo obsédée par le bien-être oriental, la satisfaction béate et la « zen-attitude », oubliez les Kant, Nietzsche et Husserl, dans deux ans, on lira « Le Bonheur en 7 jours » , « Etre bien dans son corps et dans son esprit » et autres niaiseries en vogue.
    Une petite diatribe de Mme Michel sur le tri sélectif des poubelles de l'immeuble et on avait la totale bobo…
    Le style ampoulé et le ton péremptoire, les références pédantes et élitistes, pour tartiner sa culture et aboutir sur une histoire d'amour aussi enivrante qu'une relation minitel, sont une insulte à ces pauvres hérissons.
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    Critique de qualité ? (82 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Nanou2008, le 04 octobre 2008

    Nanou2008
    Livre très pédant, où l'auteur a trop tendance à étaler sa culture élitiste. La première partie est limite ennuyeuse : le récit en parallèle de la jeune fille super intelligente et de la concierge hyper cultivée (2 personnages pas toujours très crédibles d'ailleurs), les deux cachant leurs grandes qualités intellectuelles et méprisant royalement tous ceux qui les entourent, tous plus idiots et superficiels les uns que les autres.
    A la moitié du livre arrive le héros de ces dames, un vieux Japonais aussi intelligent et cultivé que riche et aimable. le récit devient un peu plus palpitant (c'est un grand mot) et les personnages principaux plus attachants car ils quittent leurs masques de froideur et de mépris pour se montrer tels qu'ils sont.
    La fin est même touchante dans certains aspects.
    L'auteur met aussi des touches d'humour dans son livre.
    Je garde cependant une impression de grande déception par rapport au succès immense du livre auprès des libraires. Ce livre exclut, par ses références élitistes et ultra spécialisées (Ozu, littérature russe, réflexions sur l'art, etc.), une grande partie du public, le faisant passer pour sous-cultivé.
    Assez désagréable…
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    Critique de qualité ? (43 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Lolokili, le 06 octobre 2011

    Lolokili
    C'est une belle rencontre et de loin le meilleur livre que j'ai lu cette année là, sans doute chanceuse de l'avoir découvert dès sa sortie, vierge de toute propagande médiatique. Brillant, spirituel et délicat, certainement pas prétentieux (juste intelligent, eh oui) il reste pour moi un conte humaniste d'une grande... élégance.
    Critique de qualité ? (41 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par saphoo, le 30 juin 2011

    saphoo
    Un roman qui a suscité bien des éloges et des critiques à sa sortie, prendre du recul pour le lire me semblait nécessaire afin de me forger mon propre sentiment ; l'occasion de cette lecture commune fut pour moi, le prétexte à me plonger dedans.
    Je m'étais refusée à lire en détail tous les résumés, j'ai horreur de connaitre toute l'histoire du roman avant ma lecture, et je tente moi-même quand je présente un livre de rester assez flou et je me refuse de faire des résumés et surtout pas un résumé total et détaillé, car le futur lecteur ne peut plus pénétrer dans le roman sans avoir une certaine appréhension ou une idée bien précise, je trouve cela désolant de connaitre toute l'intrigue et toutes les ficelles du récit. Quel intérêt ensuite de lire le livre ?
    Pour ma part, je me contenterai comme souvent de donner mon avis de lectrice et je ne vais pas me risquer à faire une analyse de ce bouquin, je laisse ce travail de chirurgien aux spécialistes et professionnels. Cette opération chirurgicale d'un roman me gêne vis à vis de l'auteur, comme si on le dépouillait de son travail ardu, comme si un étranger pouvait savoir mieux que lui ce qu' il a écrit, mais qui, malgré tout, a la prétention de savoir mieux que l'auteur son propre sentiment, et sa profonde pensée pour le dévoiler à nu et JUGER !
    Dans un premier temps, j'ai aimé l'histoire de Renée, personnage touchant, cet hérisson qui sort ses piquants mais qui au fond n'est que douceur. Avant la lecture, le titre m'interpelait puis la réponse vint aussi en son temps et je dois dire que l'auteur a eu elle aussi l'élégance et la finesse de nous offrir un personnage à la hauteur de sa définition :

    page 153 ( édition Gallimard 2006):”Mme Michel, elle a l'élégance du hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vrai forteresse, mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes.”
    Ces petites bêtes sont adorables, d'une beauté incontestable, si on sait les regarder de tout près, les piquants ne sont pas piquants du tout ! Comment, vous doutez ! Et encore des idées bien figées, de toute personne qui se contente de suivre le troupeau de mouton, de toute personne qui ne prend jamais la peine d'aller au-delà ! Prenez un hérisson dans vos mains, et caressez-le dans le sens du poil, et vous serez agréablement surpris que ces piquants si rebutants, ne sont que douceur et souplesse !
    Et bien, Madame Michel, et tout à l'image du hérisson, qui se pare d'une carapace pour endosser son rôle de concierge d'un immeuble de personnes qui sous le seul prétexte qu'elles ont des comptes en banque rondouillets, se croient l'élite de la société, et personne pour les égaler ! Se parquant dans des stéréotypes qui ne ressemblent qu' à leur propre image, l'auteur nous régale sans doute un peu trop d'anecdotes de ce monde sous le regard aiguisé de Renée et de Paloma.
    Le style est à mon goût un peu trop forcé pour un rendu certes à l'image de l'histoire cepandant pour notre plus grand bonheur, on peut déceler par moments le relâchement de l'auteur par des passages plus poétiques et dont je me suis régalée, je peux sans révéler l'intrigue vous mettre la fin du livre qui m'a laissée dans une parenthèse moi aussi : “En pensant à ça, ce soir, le cœur et l'estomac en marmelade, je me dis que finalement, c'est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n'est plus le même. C'est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèses dans le temps, de suspension, un ailleurs ici même, un toujours dans le jamais. oui, c'est ça, un toujours dans le jamais. […] car pour vous, je traquerai désormais les toujours dans le jamais. La beauté dans ce monde. “
    Dans un deuxième temps, j'ai ressenti un peu de lassitude à lire les passages de Paloma, j'en ai même survolé certains qui pour ma part ne donnaient que peu de poids au livre. Toutefois son personnage est intéressant, au cœur de cette élite, elle donne sa version, à contrario de Renée qui n'en fait pas partie mais la subit, on ressent une autre version bien qu'elles soient parallèles et finissent malgré tout le rationalisme mathématique, par se rejoindre.
    Au-delà de cette peinture de cette bourgeoisie engoncée dans son carcan, l'auteur nous offre aussi de bien belles pages d'amitié sincère, pure et véritable entre Renée et Manuela :
    Page 347 : Te souvient-il de ces tasses de thé dans la soie de l'amitié ? dix ans de thé et de vouvoiement et, au bout du compte, une chaleur dans ma poitrine et cette reconnaissance éperdue envers je ne sais qui ou quoi, la vie, peut-être , d'avoir eu la grâce d'être ton amie. Sais-tu que c'est auprès de toi que j'ai eu mes plus belles pensées , Faut-il que je meure pour en avoir enfin conscience …Toutes ces heures de thé, ces longues plages de raffinement, cette grande dame nue, sans parures ni palais, sans lesquelles, Manuela, je n'aurais été qu'une concierge, tandis que par contagion, parce que l'aristocratie du cœur est une affection contagieuse, tu as fait de moi une femme capable d'amitié… Aurais-je pu si aisément transformer ma soif d'indigente en plaisir de l'Art et m'éprendre de porcelaine bleue, de frondaisons bruissantes, de camélias alanguis et de tous ces joyaux éternels dans le siècle, de toutes ces perles précieuses dans le mouvement incessant du fleuve, si tu n'avais, semaine après semaine, sacrifié avec moi, en m'offrant ton cœur, au rituel sacré du thé ?
    Des vérités qui ne sont plus à prouver, une amie véritable est chose rare et précieuse, l'auteur a su nous en apporter la preuve par de beaux passages.
    Bien plus que l'amitié, quoique : l'amour… et c'est en la compagnie de Kakuro qu'il s'invite au seuil de la conciergerie avec tout le charme du Japon pour ne pas dire la grâce de cet homme qui démasque René en citant un passage de Tolstoï d'“Anna Karénine”, il faut dire que le chat de Renée se nomme Léon en honneur de cet auteur qu'elle affectionne. Ce prénom a-t-il mis la puce à l'oreille à Kakuro ? (voir la vidéo en bas)
    Et je peux vous souffler que l'élégance du hérisson s'est avant tout, l'éloge de la littérature et des arts. Des moments de lecture loin du quotidien, Renée les apprécient grandement, et doit ruser pour ne pas révéler à cette aristocratie qu'elle est autant pour ne pas dire plus, cultivée que ces prétentieux. Et la question se pose : la culture était-elle réservée uniquement à une tranche de la société ? N'était-elle abordable si et seulement si, on est né une cuillère d'argent dans la bouche ?
    Vous l'aurez bien compris, ce livre regorge de pensées, de moments succulents et truculents, bref je ne vais pas vous en faire encore une rallonge : malgré certaines redondances et lassitudes par les tableaux brossés de cette aristocratie, j'ai apprécié cette lecture pour le charme du hérisson et les très beaux passages que l'auteur a su nous offrir entre deux épisodes un peu trop bridés par son style, voulu je l'ai bien compris mais quand même irritant.
    Je retiens pour mon plus grand plaisir de lectrice toutes ces réflexions sur l'humain, à vous de les découvrir, d'apprécier votre propre cheminement au sein de cette lecture. Un livre qui semble aux premiers abords “prétentieux” à l'image de cette aristocratie mais qui finalement se révèle philosophique et poétique.



    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2011/06/30/21505574.h..
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  • Par sylvie, le 10 décembre 2007

    sylvie
    J'ai d'abord trouvé les deux personnages principaux irritants et prétentieux, détournés de la vie sous prétexte d'un trop plein d'intelligence, ce qui m'a paru pour le moins douteux...
    Mais, au fil des pages, progressivement, les personnages changent, communiquent, se rencontrent, aiment et tout s'arrange et devient plus intéressant ...
    Le goût de l'art et des lettres prend enfin un sens, la vie de la cinquantenaire et de l'adolescente frémit bienheureusement.
    Miraculeusement, grâce aux petits riens de la vie qui font tout, une petite fille de douze ans accepte de se lancer dans la sienne avec joie, et espoir, et Renée, femme mature, semble pouvoir mourir avec le même assentiment...
    C'est donc à peu près au milieu du récit que j'ai commencé à aimer ce livre et à suivre l'évolution des personnages avec intérêt et plus d'indulgence...
    L'attitude résolument négative et fermée au monde des deux protagonistes m'a énervée.
    Le trop plein de culture et d'intelligence qui nous est présenté aurait du permettre à la concierge de sortir de ce monde au lieu de s'y enfermer et à l'adolescente d'avoir l'intuition qu'il en existe un autre, au delà de son immeuble chic parisien...
    A quoi leur sert cette culture et cette intelligence si c'est pour être cyniques, méchantes et fermées comme des huîtres ?
    Peu à peu on découvre la faille qui empêche ces deux êtres de s'exprimer : le manque d'amour. L'une et l'autre sont ou se sont senties mal aimées, abandonnées, non accompagnées.
    C'est à cause de la misère pour la concierge et du mal dépressif d'une mère sous médicaments pour la jeune fille riche et très favorisée.
    Même souffrance, au fond, pour des causes et des maux de milieux différents, mais qui malmènent l'enfance chacun à leur manière.
    La phrase clé du roman est sans doute une citation de la première phrase d'Anna Karénine : "Toutes les familles heureuses se ressemblent mais les familles malheureuses le sont chacune à leur façon."
    Cette phrase, échappée par la concierge fera qu'elle sera démasquée par le nouvel arrivant dans l'immeuble, Ozu. L'arrivée de ce dernier changera beaucoup de choses...
    Ozu, résident riche, cultivé et japonais, insuffle du plaisir, du sens , des sentiments et des émotions positives dans la vie des deux femmes malheureuses.
    Celui là semble être plus doué pour la vie! à son apparition, le livre devient plus palpitant et la métamorphose des deux héroïnes est plutôt intéressante...
    J'ai bien aimé cette lecture, mais... je ne participe pas à la liesse générale...
    des liens sur le blog :
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2007/08/llgance-du-hrisson-muriel-barbery.html
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Citations et extraits

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  • Par Matimima, le 11 novembre 2009

    Mais là, et pour la première fois, j'ai eu mal, tellement mal. Un coup de poing dans le ventre, le souffle coupé, le coeur en compote, l'estomac complètement écrabouillé. Une douleur physique insoutenable. Mais je n'ai pas hurlé. Ce que je ressens maintenant que la douleur est toujours là mais qu'elle ne m'empêche plus de marcher ou de parler, c'est une sensation d'impuissance et d'absurdité totales. Alors c'est comme ça ? Tout d'un coup, tous les possibles s'éteignent ? Une vie pleine de projets, de discussions à peine commencées, de désirs même pas accomplis, s'éteint en une seconde et il n'y a plus rien, il n'y a plus rien à faire, on ne peut plus revenir en arrière ?
    Pour la première fois de ma vie, j'ai ressenti le sens du mot jamais. Eh bien, c'est terrible. On prononce ce mot cent fois par jour mais on ne sait pas ce qu'on dit avant d'avoir été confronté à un vrai "plus jamais". Finalement, on a toujours l'illusion qu'on contrôle ce qui arrive, rien ne nous semble définitif. [...] Mais quand quelqu'un qu'on aime meurt... alors je peux vous dire qu'on ressent ce que ça veut dire et fait très très très mal. C'est comme un feu d'artifice qui s'éteint d'un coup et tout devient noir. Je me sens seule, malade, j'ai mal au cour et chaque mouvement me coûte des efforts colossaux.
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  • Par Sandre, le 07 juin 2009

    ... quand, ce matin, s'ajoutant à la corvée habituelle d'un cours de littérature sans littérature et d'un cours de langue sans intelligence de la langue, j'ai éprouvé un sentiment de n'importe quoi, je n'ai pas pu me contenir. Mme Maigre faisait un point sur l'adjectif qualificatif épithète (...). « C'est pas possible de voir des élèves aussi incompétents en grammaire, a-t-elle ajouté en regardant spécialement Achille Grand-Fernet. (...) « Mais à quoi ça sert, la grammaire ? », a-t-il demandé. (...) Mme Maigre a poussé un long soupir, du genre « faut-il que je me coltine encore des questions stupides » et a répondu : « ça sert à bien parler et à bien écrire. » Alors là j'ai cru avoir une crise cardiaque. Je n'ai jamais rien entendu d'aussi inepte. Et par là, je ne veux pas dire que c'est faux, je veux dire que c'est vraiment inepte. Dire à des adolescents qui savent déjà parler et écrire que la grammaire, ça sert à ça, c'est comme dire à quelqu'un qu'il faut qu'il lise une histoire des W.-C. à travers les siècles pour bien savoir faire pipi et caca. C'est dénué de sens ! Si encore elle nous avait montré, sur des exemples, qu'on a besoin de connaître un certain nombre de choses sur la langue pour bien l'utiliser, bon, pourquoi pas, c'est un préalable. (...) Mais si Mme Maigre croit que c'est seulement à ça que sert la grammaire... On a su dire et conjuguer un verbe avant de savoir que c'en était un. (...) Moi, je crois que la grammaire, c'est une voie d'accès à la beauté. (...) Quand on fait de la grammaire, on a accès à une autre dimension de la beauté de la langue. Faire de la grammaire, c'est la décortiquer, regarder comment elle est faite, la voir toute nue, en quelque sorte. Et c'est là que c'est merveilleux, parce qu'on se dit : « Comme c'est bien fait, qu'est-ce que c'est bien fichu ! », « Comme c'est solide, ingénieux, riche subtil ! ». Moi, rien que savoir qu'il y a plusieurs natures de mots et qu'on doit les connaître pour en conclure à leurs usages et à le
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  • Par Eze3kiel, le 27 mars 2010

    Il y a toujours la voie de la facilité, quoique je répugne à l'emprunter. Je n'ai pas d'enfants, je ne regarde pas la télévision et je ne crois pas en Dieu, toutes sentes que foulent les hommes pour que la vie soit plus "facile". Les enfants aident à différer la douloureuse tâche de se faire face à soi-même et les petits-enfants y pourvoient ensuite. La télévision diverti de l'harassante nécessité de bâtir des projets à partir du rien de nos existences frivoles ; en circonvenant les yeux, elle décharge l'esprit de la grande oeuvre du sens. Dieu, enfin, apaise nos craintes de mammifères et l'insupportable persepective que nos plaisirs prennent fin un jour. Aussi, sans avenir ni descendance, sans pixels pour abrutir la cosmique conscience de l'absurdité, dans la certitude de la fin et l'anticipation du vide, crois-je pouvoir dire que je n'ai pas choisi la voie de la facilité.
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  • Par lilicrapota, le 30 décembre 2009

    p.94
    Où se trouve la beauté? Dans les grandes choses qui, comme les autres, sont condamnées à mourir, ou bien dans les petites qui, sans prétendre à rien, savent incruster dans l'instant une gemme d'infini?

    p.105 (réplique d'un film d'Ozu)
    La vraie nouveauté, c'est ce qui ne vieillit pas, malgré le temps.

    La contemplation de l'éternité dans le mouvement même de la vie.

    p.131
    Lorsque les lignes deviennent leurs propres démiurges, lorsque j'assiste, tel un miraculeux insu, à la naissance sur le papier de phrases qui échappent à ma volonté et, s'inscrivant malgré moi sur la feuille, m'apprennent ce que je ne savais ni ne croyais vouloir, je jouis de cet accouchement sans douleur, de cette évidence non concentrée, de suivre sans labeur ni certitude, avec le bonheur des étonnements sincères, une plume qui me guide et me porte.

    p.154 (journal de l'ado)
    Nous avons renoncé à la rencontre, nous ne faisons que nous rencontrer nous même dans ces miroirs permanents.

    p.164 (Renée Michel parle des japonaises qui marchent à petits pas comme entravées, c'est cette brisure du mouvement naturel qui crée la félicité)
    Dans l'excellence née de la contrainte, nous tenons un paradigme de l'Art.(...) Car l'Art, c'est la vie, mais sur un autre rythme.
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  • Par Kro, le 18 novembre 2008

    Mme Michel, elle a l'élégance du hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussements indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes.
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