> Bernard Magné (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2012376436
Éditeur : Hachette Littératures (2008)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.53/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
" Ayant mûrement réfléchi, ayant pris votre courage à deux mains vous vous décidez à aller trouver votre chef de service pour lui demander une augmentation vous allez donc trouver votre chef de service disons pour simplifier car il faut toujours simplifier qu'il s'appel... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 23 octobre 2011

    Malaura
    Lecteurs, êtes-vous prêts pour le grand marathon ? Alors, on inspire…on expire…et on y va !
    Car, s'il est toujours difficile d'avoir L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation, avec Georges Perec, la situation se corse d'autant plus lorsqu'il n'y pas de ponctuation…
    Sans virgule, ni point-virgule, ni point de suspension, encore moins d'exclamation, et donc sans point du tout, son récit, qui a tout d'une démonstration, est une seule et grande phrase s'alignant gentiment sur près de 80 pages.
    Ah, mais quelle phrase !
    Une phrase qui recense toutes les possibilités qui pourraient advenir si d'aventure vous souhaitiez demander une augmentation à votre chef de service.
    Est-il dans son bureau ? Ou non ? Et que faut-il faire s'il ne s'y trouve pas ? Attendre dans le couloir, aller voir Mlle Yolande, « faire le tour des différents services dont l'ensemble constitue tout ou partie de l'organisation qui vous emploie »...
    Une multitude d'éventualités, options, choix et autres alternatives que le génial Perec, avec un esprit tout mathématique doublé d'une imparable logique et d'une délicieuse fantaisie, inventorie point par point, évaluant à l'infini les divers obstacles rencontrés (et Dieu sait s'il y en a !) pour aviser ce fameux chef de service.
    Répétitions, reprises, recommencements sempiternels - toutefois jamais à l'identique - offrent une lecture jubilatoire, rythmée, énergique, entraînante, vivifiante, revigorante…bref réjouissante.
    Adepte des jeux littéraires, des contraintes grammaticales et des Exercices De Style aussi ardus que farfelus, l'auteur de la « Disparition » - véritable tour de force dans lequel la voyelle « e » n'apparait jamais - nous entraîne dans une folle équipée, une course effrénée qui nous laisse, au terme de la démonstration, certes un peu essoufflés mais avec le visage fendu jusqu'aux oreilles d'un grand sourire de reconnaissance.
    Livre ludique s'il en est, « L'art et la manière… » n'en dépeint pas moins avec une ironie fine les petites aberrations d'une entreprise au fonctionnement souvent surréaliste.
    Deux fois primé, en 1965 avec son premier roman « Les Choses », puis en 1978 pour son chef-d'œuvre « La vie mode d'emploi », membre de l'OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle) au côté de Raymond Queneau et d'Italo Calvino, Georges Perec (1936-1982) réalise encore une fois une remarquable épreuve littéraire, un travail synthétique, analytique, aussi olympien qu'« oulipien ».
    Ecrit en 1968, ce petit ouvrage a conservé une modernité, une fraîcheur et un allant qui, pour « simplifier car il faut toujours simplifier », est un régal d'humour et d'esprit.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 27 février 2012

    InColdBlog
    Imaginez votre bureau, situé dans l'un "« des différents services dont l'ensemble constitue tout ou partie de l'organisation qui vous emploie »".
    À l'autre bout d'un labyrinthe de couloirs, un second bureau.
    Celui de votre chef de service.
    Votre mission (si toutefois vous l'acceptez) : vous rendre jusqu'au bureau de votre supérieur hiérarchique pour y négocier une augmentation de salaire.

    Si, malgré vos mains moites, votre gorge sèche et un nœud dans le ventre, vous pensez gérer l'affaire, vous vous trompez grandement.
    Car, pour commencer, de deux choses l'une : ou bien votre chef de service est dans son bureau, ou bien il ne l'est pas…
    "« Ayant mûrement réfléchi ayant pris votre courage à deux mains vous vous décidez à aller trouver votre chef de service pour lui demander une augmentation vous allez donc trouver votre chef de service disons pour simplifier car il faut toujours simplifier qu'il s'appelle monsieur xavier c'est-à-dire monsieur ou plutôt monsieur x donc vous allez trouver monsieur x là de deux choses l'une ou bien monsieur x est dans son bureau ou bien monsieur x n'est pas dans son bureau si monsieur x était dans son bureau il n'y aurait apparemment pas de problème mais évidemment monsieur x n'est pas dans son bureau vous n'avez donc guère qu'une chose à faire guetter dans le couloir son retour ou son arrivée mais supposons non pas qu'il n'arrive pas en ce cas il finirait par n'y avoir plus qu'une seule solution retourner dans votre propre bureau et attendre l'après-midi ou le lendemain pour recommencer votre tentative mais chose qui se voit tous les jours qu'il tarde à revenir en ce cas le mieux que vous ayez à faire plutôt que de continuer à faire les cent pas dans le couloir c'est d'aller voir votre collègue mademoiselle y que pour donner plus d'humanité à notre sèche démonstration nous appellerons désormais mademoiselle yolande mais de deux choses l'une ou bien mademoiselle yolande est dans son bureau ou bien mademoiselle yolande n'est pas dans son bureau si mademoiselle yolande est dans son bureau il n'y a apparemment pas de problème mais supposons que mademoiselle yolande ne soit pas dans son bureau en ce cas étant donné que vous n'avez pas envie de continuer à faire les cent pas dans le couloir en attendant l'hypothétique retour ou l'éventuelle arrivée de monsieur x une seule solution s'offre à vous faire le tour des différents services dont l'ensemble constitue tout ou partie de l'organisation qui vous emploie puis retourner chez monsieur x en espérant que cette fois il est arrivé or de deux choses l'une ou bien monsieur x est dans son bureau ou bien monsieur x n'est pas dans son bureau admettons qu'il n'y soit pas donc vous guettez son retour ou son arrivée en faisant les cent pas dans le couloir oui mais supposons qu'il tarde à arriver en ce cas vous allez voir si mademoiselle yolande est dans son bureau de deux choses l'une ou bien elle y est ou bien elle n'y est pas si elle n'y est pas ce que vous avez de mieux à faire c'est le tour des différents services dont l'ensemble constitue tout ou partie de l'organisation qui vous emploie mais supposons plutôt qu'elle y soit dans son bureau mademoiselle yolande en ce cas de deux choses l'une ou bien mademoiselle yolande est de bonne humeur ou bien mademoiselle Yolande n'est pas de bonne humeur supposons pour commencer que mademoiselle yolande ne soit pas mais alors pas du tout de bonne humeur en ce cas sans vous décourager faites le tour des différents services dont l'ensemble constitue tout ou partie de l'organisation qui vous emploie puis vous retournez chez monsieur x en souhaitant qu'il soit arrivé or de deux choses l'une ou bien monsieur x est dans son bureau ou bien monsieur x n'est pas dans son bureau est-ce que vous êtes dans votre bureau vous non alors pourquoi voudriez- vous que monsieur x soit dans le sien peut-être est-il dans votre bureau à vous avec l'intention de vous passer un savon quand vous reviendrez ou peut-être est-il en train de faire les cent pas devant le bureau de son chef à lui qui s'appelle zosthène et que nous conviendrons désormais d'appeler monsieur z (… ) »"
    Vous avez saisi le truc ?
    Partant de la situation banale d'un employé désireux de rencontrer son chef de service pour lui demander une augmentation, Georges Perec passe en revue tous les cas de figure pouvant advenir, des plus rationnels aux plus farfelus.
    On sera surpris de découvrir qu'une intoxication alimentaire à la cantine, une arête de poisson coincée dans la gorge, des œufs possiblement pourris, une épidémie de rougeole, sans compter les jours peu fastes que sont les vendredis ou les jours de Carême, ne seront pas sans conséquences sur la revendication du pauvre bougre.
    Avec une logique toute mathématique (qui rappellera aux plus anciens la série des Livres dont vous êtes le héros populaire dans les années 1980), Perec montre comment un simple événement peut rapidement virer à la spirale infernale, au cauchemar administratif à la Brazil, au supplice de Sisyphe façon Kafka.
    À chaque étape, Perec glisse dans sa proposition de départ une infime variante - un mot, une syntaxe modifiés de façon à peine perceptible - qui font que chaque retour à la case départ, chaque répétition n'en sont pas vraiment.
    L'exemple le plus facilement identifiable est celui de l'expression récurrente "« faire le tour des différents services dont l'ensemble constitue tout ou partie de l'organisation qui vous emploie »" qui varie imperceptiblement au long du récit en "« l'organisation qui vous utilise »", "« vous exploite »", "« vous rémunère »", "« dont vous n'êtes pas l'un des plus beaux fleurons »", "« où vous perdez le plus clair de votre temps »", "« à laquelle vous devez tout »", "« qui constitue votre seul horizon »", "« à laquelle vous avez tort de vous identifier »", "« dont l'ensemble constitue tout ou partie de l'une des plus grosses entreprises dans l'un des secteurs les plus clés de notre industrie la plus nationale »", "« dont l'ensemble constitue tout ou partie de la tentaculaire organisation qui vous assure chichement les moyens de votre survie »"…

    C'est grâce à la dernière édition de Masse Critique Babelio que j'ai pu me régaler de L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation, lu par Guillaume Gallienne, aux éditions Thélème.
    Car si je n'ai parlé jusqu'ici que du texte, il faut saluer la lecture -l'interprétation, serait plus exact- de Gallienne qui s'amuse et se régale avec gourmandise des multiples jeux avec les mots, "« la section AD4, la seule adéquate »", "« plus l'on produit moins vite, moins l'on consomme plus lentement et vice versa, et cætera »", "« faire un brin de causette comme Hugo »", donne toute leur saveur à la drôlerie et au sens de l'absurde de Perec… et m'a fait regretter de ne pas avoir le texte sous les yeux en même temps que je l'écoutais.
    "« Pour simplifier, car il faut toujours simplifier »", retenez que j'ai passé près d'une heure et demie jouissive dans l'univers drôlatique et absurde de Perec, avec Guillaume Gallienne pour guide particulier.
    Un CD à écouter et ré-écouter.
    Seule micro-déception : ce texte, à la genèse et à la forme si singulières, aurait mérité d'être présenté un peu plus en détail.
    En cherchant une image du digipack pour illustrer ce billet, j'ai découvert l'existence d'un organigramme créé par Perec (d'après celui, réel, de la société Bull), à partir duquel il composera plus tard ce texte. J'ignorais tout de cette anecdote et, à la place d'un texte généraliste sur Perec sans grand intérêt, j'aurais apprécié qu'un petit laïus me l'apprenne (voire que cet organigramme soit joint au digipack).
    Ce petit laïus aurait aussi pu m'apprendre que le texte lu par G. Gallienne n'est qu'une seule et même phrase qui court sur plus de 80 pages, sans aucun signe de ponctuation ! J'aurais d'autant plus savouré qu'un lecteur hors-pair me débroussaille le chemin vers la compréhension d'un texte qui se révèle certainement plus ardu à la lecture qu'à l'écoute (justifiant, par la même occasion, pourquoi les coupes entre les différentes pistes de lecture du CD sont si abruptes).

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2012/02/27/L%E2%80%99augmentation%2C-..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Lucile, le 03 mars 2012

    Lucile
    En parcourant la liste des titres proposés et en voyant précisément celui-ci, je me suis d'abord dit "Tiens, un Perec, chouette!" (je n'avais encore jamais rien lu de ce célèbre personnage), et "Oh, en plus c'est un livre audio ; ça pourrait être l'occasion d'essayer", puis "Oulà, celui-là risque d'être fastidieux au possible...", et enfin "Ah, mais si c'est lu par Guillaume Gallienne, ça peut passer". Donc je l'ai demandé. Et reçu. Et ce fut exactement ce à quoi je m'attendais...
    L'idée de départ est plutôt bonne : Perec s'amuse à envisager de manière extrêmement rigoureuse en apparence tous les cas de figures pouvant survenir lorsqu'un employé lambda souhaite demander une augmentation à son supérieur ("Appelons-le monsieur Xavier, ou, pour simplifier - car il faut toujours simplifier -, monsieur X"). Il déroule ainsi une sorte d'arbre décisionnel sur le principe de "s'il se passe ceci, faites cela ; mais s'il ne se passe pas ceci, faites plutôt telle chose". Mais pour que cela soit un minimum drôle, Perec a choisi des facteurs de choix assez improbables (le menu du repas du midi au snack de l'entreprise si on est un vendredi, par exemple ; et si on est effectivement un vendredi, le fait que le supérieur en question ait pu avaler une arête - mais seulement à condition qu'il ait pris du poisson, car s'il a pris des oeufs, la question des arêtes ne se pose pas (cependant, dans ce cas, il faudra envisager la possibilité que les oeufs que M. X a ingurgités aient été pourris, etc.)). Autres ressorts comiques : les réactions pour le moins étranges que propose Perec (qui suggère en tout premier lieu de faire les cent pas ou d'aller bavarder avec ses collègues si le chef de service n'est pas là) ou la méticulosité qu'il met à préciser des circonstances complètement anecdotiques quand il reste muet sur la bonne façon de demander une augmentation... Une bonne idée, donc. Sauf que ça ne marche pas. Pourquoi? Notamment parce que ces considérations loufoques sont toutes mises en jeu assez rapidement et que tout le reste de l'ouvrage se contente de décliner méticuleusement tous les cas de figures d'association de ces différents éléments, ce qui est passablement pénible et lassant.
    Heureusement, il y a l'interprétation de Guillaume Gallienne, qui fait qu'on ne se perd pas dans ces phrases labyrinthiques et qu'on sourit (même à la toute fin) quand revient pour la énième fois l'une des nombreuses formules qui jalonnent le livre, par exemple "faire le tour des services qui constituent tout ou partie des bureaux de l'organisation qui vous emploie", "pour simplifier, car il faut toujours simplifier", "de deux choses l'une", etc. Mais franchement, combien de fois me suis-je dit : "Le pauvre! Qu'est-ce qu'il a dû s'embêter à lire ça!"...
    Bon, allez, ne soyons pas trop méchants : il y a quand même des choses que j'ai bien aimées... Par exemple, la vision cynique au possible de Perec sur le monde de l'entreprise, son inertie, sa paperasse et ses protocoles. Petit à petit, d'un vocabulaire très objectif, voire administratif, on glisse vers des jugements de valeur et un franc désenchantement ("l'entreprise qui vous emploie" deviendra ainsi, entre autres, "l'entreprise qui vous exploite" puis "l'entreprise pour laquelle vous n'êtes qu'un vulgaire pion" - je cite de mémoire, évidemment). le projet de ce livre lui-même est d'ailleurs (évidemment) un pied-de-nez magistral à l'organisation sclérosée et enlisée dans ses procédures d'une administration ou d'une grosse entreprise avec x niveaux hiérarchiques : à la fin, on se retrouve avec un volumineux (du moins, je l'imagine comme tel) opus complètement inepte ne permettant en aucun cas de justifier sa pompeuse appellation... Cette vision d'une administration tentaculaire et anonyme proche de la maison qui rend fou n'a pas été sans me rappeler Belle du Seigneur et Adrien Deume, trop content de se couler dans ce moule et de chercher les mille et unes façons de ne rien faire de ses journées... Bon, il faut dire que j'ai déjà entendu Guillaume Gallienne lire un extrait du roman-pavé de Cohen qui traitait aussi de cet aspect, donc ça a sans doute facilité le rapprochement dans mon esprit...
    Enfin, un petit mot pour vous rappeler, tout de même, que c'était ma première expérience de lecture "passive" (c'était mon premier livre audio, quoi!). Bilan? Je suis contente d'avoir essayé, et surtout d'avoir choisi ce livre-là pour le faire, car si j'avais dû le lire moi-même, j'aurais "diagonalisé" un tantinet, croyez-moi! (Et pourtant je déteste ça ; c'est pour ça que je suis contente que Guillaume Gallienne m'ait tout lu! ^_^ ) J'avoue avoir été un peu agacée par quelques difficultés techniques (pourtant prévisibles, mais que je n'avais pas anticipées ; on ne m'y reprendra plus!) : du fait que les fichiers soient en mp3, je ne pouvais écouter le CD que sur mon ordinateur. Après avoir essayé vainement de l'écouter dans nos deux voitures en espérant optimiser de longs trajets solitaires, puis sur notre chaîne Hi-Fi, j'ai dû me résigner à installer ma planche à repasser devant mon bureau pour avoir mon fond sonore... Evidemment, il est plus facile de "décrocher" quand on est passif par rapport à la lecture, et à 3 ou 4 occasions, j'ai dû revenir en arrière parce que je me suis rendu compte que je n'écoutais plus (mais c'était peut-être dû au texte en lui-même?). Bref, malgré tout, je me sens prête à réitérer l'expérience du livre audio, mais uniquement avec des livres dont je n'attends rien de spécial, car j'aime trop pouvoir lire à mon rythme, revenir trois ou quatre fois sur un paragraphe si ça me chante, et il me semble que dans ces cas-là, le format audio me frustrerait. Je me dirais forcément : "Il faut que je le relise moi-même, lentement", mais je me connais : je ne relis jamais un livre, ou presque (je n'ai déjà pas le temps de livre tout ce que je voudrais, alors relire...?!?), et je ne le ferais pas (et je n'aurais pas le sentiment d'avoir vraiment lu le livre). Donc, je crois que je tolérerai le livre audio uniquement dans le cas où la lecture du livre en question relèvera d'une vague curiosité. Voilà.
    Pour conclure, donc, L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation est à mon avis un ouvrage effectivement fastidieux et poussif malgré une bonne idée de départ ; la version livre audio est à mon sens le seul format acceptable pour prendre connaissance du contenu de cet ouvrage sans trop perdre son temps (pour ma part, j'ai fait du repassage en l'écoutant), et encore, il faut bien le talent de Guillaume Gallienne pour que ça passe bien, à mon avis... A vos risques et périls, donc, vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenus! ;-)
    Mille mercis aux éditions Thélème et à Babelio pour m'avoir permis de découvrir Perec!

    Lien : http://lameralire.blogspot.com/2012/03/de-deux-choses-lune.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Fisheye, le 02 août 2011

    Fisheye
    C'est une malédiction dans le bon sens : quoi qu'il fasse, Perec touche en plein dans le mille. Aussi à l'aise dans le roman fleuve que dans l'introspection, dans la pochade que dans l'analyse sociologique, un pied dans le conceptuel et un pied dans l'émotion, il est comme ces jongleurs insouciants qui rajoutent toujours et toujours des balles à la ronde qui tourbillonne au dessus de sa tête, en riant.
    "l'art et la manière d'aborder son chef de service…" est une retranscription en 90 pages d'un organigramme complexe qui tient pourtant, lui, en une page. Une retranscription foutraque, obsessionnelle, hilarante, inquiétante, de toutes les possibilités qui pourraient advenir le jour où l'on se décidera à prendre son courage à deux mains pour aller voir son chef de service afin de lui demander une augmentation. Tentative de tout dire en même temps, ce que justement ne saurait faire la littérature. Tentative épuisante d'épuisement du réel, en une seule et longue phrase sans ponctuation, sans fin, sans bords.
    Comme tous les grands, Perec est resté un enfant, et a compris que le jeu est encore le meilleur moyen pour circonvenir Les choses. Être sérieux sans se prendre au sérieux. Et parler de sujets graves (l'entreprise, la hiérarchie, la lâcheté, l'ennui, le temps perdu) avec une plume aiguë. "L'art et la manière", oui tout est dans le titre : pas d'art sans manière, et celle de Perec est éblouissante : tout en nuances, reprises, citations camouflées, impertinence, fulgurance du trait. Il étale devant nos yeux émerveillés une nappe bariolée, étourdissante, en nous susurrant mezzo voce que nous aussi nous vivons dans un jardin aux sentiers qui bifurquent ! Peu importe de nous y perdre, tant qu'on saura respirer à plein nez les fleurs bleues qui y poussent.
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    • Livres 1.00/5
    Par lilicrapota, le 06 août 2009

    lilicrapota
    Ce texte est paru en 1968. Il avait, entre autres buts, l'objectif de démontrer les limites de la littérature : Pérec s'est donc appliqué à écrire un organigramme, c'est-à-dire, à développer chaque possibilité, en retournant à chaque "fin de parcours" au début. Pour donner un aspect encore plus linéaire à son texte, il a enlevé toute la ponctuation, ce qui fait que pour nous lecteur, en plus d'être chiant, le texte est quasi illisible : pari réussi pour l'auteur. le pire, c'est qu'on a l'impression de relire toujours la même chose (forcément!) et Pérec a l'air de s'éclater lui : il ironise, il change un mot ou deux histoire de dire "ben non, c'est pas toujours la même chose!". bref, très joli exercice de style (à priori, ils se faisaient pas mal de ce genre de défis avec Queneau) mais comme littérature...j'ai vu mieux!
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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 27 février 2012

    Ayant mûrement réfléchi ayant pris votre courage à deux mains vous vous décidez à aller trouver votre chef de service pour lui demander une augmentation vous allez donc trouver votre chef de service disons pour simplifier car il faut toujours simplifier qu’il s’appelle monsieur xavier c’est-à-dire monsieur ou plutôt monsieur x donc vous allez trouver monsieur x là de deux choses l’une ou bien monsieur x est dans son bureau ou bien monsieur x n’est pas dans son bureau si monsieur x était dans son bureau il n’y aurait apparemment pas de problème mais évidemment monsieur x n’est pas dans son bureau vous n’avez donc guère qu’une chose à faire guetter dans le couloir son retour ou son arrivée mais supposons non pas qu’il n’arrive pas en ce cas il finirait par n’y avoir plus qu’une seule solution retourner dans votre propre bureau et attendre l’après-midi ou le lendemain pour recommencer votre tentative mais chose qui se voit tous les jours qu’il tarde à revenir en ce cas le mieux que vous ayez à faire plutôt que de continuer à faire les cent pas dans le couloir c’est d’aller voir votre collègue mademoiselle y que pour donner plus d’humanité à notre sèche démonstration nous appellerons désormais mademoiselle yolande mais de deux choses l’une ou bien mademoiselle yolande est dans son bureau ou bien mademoiselle yolande n’est pas dans son bureau si mademoiselle yolande est dans son bureau il n’y a apparemment pas de problème mais supposons que mademoiselle yolande ne soit pas dans son bureau en ce cas étant donné que vous n’avez pas envie de continuer à faire les cent pas dans le couloir en attendant l’hypothétique retour ou l’éventuelle arrivée de monsieur x une seule solution s’offre à vous faire le tour des différents services dont l’ensemble constitue tout ou partie de l’organisation qui vous emploie puis retourner chez monsieur x en espérant que cette fois il est arrivé or de deux choses l’une ou bien monsieur x est dans son bureau ou bien monsieur x n’est pas dans son bureau admettons qu’il n’y soit pas donc vous guettez son retour ou son arrivée en faisant les cent pas dans le couloir oui mais supposons qu’il tarde à arriver en ce cas vous allez voir si mademoiselle yolande est dans son bureau de deux choses l’une ou bien elle y est ou bien elle n’y est pas si elle n’y est pas ce que vous avez de mieux à faire c’est le tour des différents services dont l’ensemble constitue tout ou partie de l’organisation qui vous emploie mais supposons plutôt qu’elle y soit dans son bureau mademoiselle yolande en ce cas de deux choses l’une ou bien mademoiselle yolande est de bonne humeur ou bien mademoiselle Yolande n’est pas de bonne humeur supposons pour commencer que mademoiselle yolande ne soit pas mais alors pas du tout de bonne humeur en ce cas sans vous décourager faites le tour des différents services dont l’ensemble constitue tout ou partie de l’organisation qui vous emploie puis vous retournez chez monsieur x en souhaitant qu’il soit arrivé or de deux choses l’une ou bien monsieur x est dans son bureau ou bien monsieur x n’est pas dans son bureau est-ce que vous êtes dans votre bureau vous non alors pourquoi voudriez- vous que monsieur x soit dans le sien peut-être est-il dans votre bureau à vous avec l’intention de vous passer un savon quand vous reviendrez ou peut-être est-il en train de faire les cent pas devant le bureau de son chef à lui qui s’appelle zosthène et que nous conviendrons désormais d’appeler monsieur z (… )
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  • Par mandarine43, le 26 mars 2011

    [Incipit.]

    Ayant mûrement réfléchi ayant pris votre courage à deux mains vous vous décidez à aller trouver votre chef de service pour lui demander une augmentation vous allez donc trouver votre chef de service disons pour simplifier car il faut toujours simplifier qu'il s'appelle monsieur xavier c'est-à-dire monsieur ou plutôt mr x donc vous allez trouver mr x là de deux choses l'une ou bien mr x est dans son bureau ou bien mr x n'est pas dans son bureau si mr x était dans son bureau il n'y aurait apparemment pas de problème mais évidemment mr x n'est pas dans son bureau vous n'avez donc guère qu'une chose à faire guetter dans le couloir son retour ou son arrivée mais supposons non pas qu'il n'arrive pas en ce cas il finirait par n'y avoir plus qu'une seule solution retourner dans votre propre bureau et attendre l'après-midi ou le lendemain pour recommencer votre tentative mais chose qui se voit tous les jours qu'il tarde à revenir en ce cas le mieux que vous ayez à faire plutôt que de continuer à faire les cent pas dans le couloir c'est d'aller voir votre collègue mile y que pour donner plus d'humanité à notre sèche démonstration nous appellerons désormais mlle yolande mais de deux choses l'une ou bien mlle yolande est dans son bureau ou bien mlle yolande n'est pas dans son bureau si mlle yolande est dans son bureau il n'y a apparemment pas de problème mais supposons que mile yolande ne soit pas dans son bureau en ce cas étant donné que vous n'avez pas envie de continuer à faire les cent pas dans le couloir en attendant l'hypothétique retour ou l'éventuelle arrivée de mr x une seule solution s'offre à vous faire le tour des différents services dont l'ensemble constitue tout ou partie de l'organisation qui vous emploie puis retourner chez mr x en espérant que cette fois il est arrivé or de deux choses l'une ou bien mr x est dans son bureau ou bien mr x n'est pas dans son bureau.
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  • Par crapette, le 09 septembre 2011

    a-t-on jamais vu un chef de service s'intéresser à une idée que lui propose un de ses subordonnés au mieux il y voit pour lui-même une suggestion intéressante qu'il va s'empresser d'aller proposer à son chef à lui p. 43
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Vidéo de Georges Perec

L’art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation de Georges Perec Lu par Valérie Bonneton Émission spéciale lectures au théâtre du Rond-Point A l’occasion des fêtes de Noël, France 5 propose une émission exceptionnelle de "La Grande Librairie" le 22/12/2011, enregistrée en public au théâtre du Rond-Point. De grands comédiens viennent lire, sur scène, quelques-uns des textes les plus beaux et les plus savoureux de la littérature classique et contemporaine. Des livres, des voix et beaucoup d’humour pour donner envie de lire ou de relire...








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