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ISBN : 2070364429
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'oeil inconsciemment gris-bleu, la molletière galamment embobinée avec inconscience, le soldat Brû promenait naïvement avec lui tout ce qu'il fallait pour plaire à une demoiselle ni tout à fait jeune ni tout à fait demoiselle. Il ne savait pas. Julia pinça le bras de s... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 4.00/5
    Par GuillaumeTM, le 08 juin 2013

    GuillaumeTM
    « Le dimanche de la vie », publié en 1952, est le roman le plus philosophique de Raymond Queneau, le titre étant emprunté à une expression de Hegel citée lors d'un de ses cours sur l'esthétique, au sujet de la peinture flamande du XVIIème siècle.
    Queneau se sert de la « Phénoménologie de l'esprit » pour illustrer une histoire finalement assez banale mais aux personnages au caractère bien trempé.
    Julia Ségovie, commerçante d'un certain âge, s'éprend d'un jeune soldat (Valentin Brû) dont elle ignore à même le nom et fera tout pour retrouver la trace et se marier avec. Elle finira par arriver à ses fins et vivra avec jusqu'à la mobilisation militaire de celui-ci.
    L'évolution du protagoniste Valentin Brû se passe en trois étapes dans ce qui est une sorte de cheminement initiatique. Tout d'abord, il est inconscient de lui-même et donc c'est pour cette raison qu'il n’apparaît pas dans le registre de l'armée. Il obtient une existence à partir du moment où Julia porte un regard sur lui mais ne restant pourtant qu'un jouet entre ses mains, ne faisant qu'obéir à tous ses désirs selon la dialectique maitre-esclave de Hegel. Puis, Valentin commence à apprendre le métier de commerçant et passe à l'étape de l'auto-conscience. Dans la dernière partie du roman, il arrive enfin à une sorte de sagesse ainsi qu'à une connaissance de l'humanité et du monde et c'est pour cette raison qu'il passe presque pour un prophète, car il parvient à prédire l'imminence de la guerre alors que personne n'y croit vraiment. Ces trois étapes peuvent également se situer à un niveau social : Le simple soldat inconscient devient un mari, devient un commerçant et ensuite part faire la guerre.
    Il y a également cette fascination angoissante du temps qui passe, Valentin n'arrêtant pas de scruter les aiguilles de l'horloge, cherchant à surveiller le temps s'écoulant inexorablement.
    Le style de Raymond Queneau, facilement reconnaissable, est toujours aussi plaisant et agréable à lire, n'oubliant jamais de verser dans le second degré malgré l'actualité sulfureuse de l'époque à laquelle se situe l'histoire du livre.
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    • Livres 3.00/5
    Par Sarah_DD, le 09 juin 2008

    Sarah_DD
    Le style ne se présente plus mais l'histoire était peut-être plus construite ici. Il y avait une "vraie" trame narrative, c'est bien aussi.

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    • Livres 4.00/5
    Par cruzado, le 16 février 2012

    cruzado
    Queneau avec humour et désinvolture casseur de langage oui, mais cette fois ci avec des personnages bien réels...

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Citations et extraits

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  • Par ceanothus, le 18 décembre 2013

    -Ton mariage ne tiendra pas debout.
    Julia dévisagea sa soeur, puis la dépoitrina et enfin la déjamba. Elle lui dit :
    - Tu me trouves moche ?
    - Non, non tu tiens le coup. Mais vingt, vingt-cinq ans de différence, c'est quelque chose. (...)
    -Réponds-moi : tu me trouves déglinguée ?
    - Pas du tout.
    - Ma frimousse ?
    - ça va.
    - Mes totoches ?
    - ça tient.
    - Mes gambettes ?
    - Au quai.
    - Alors ?
    - C'est pas seulement le physique qui compte, dit Chantal, c'est le moral.
    - Oh, oh, dit Julia, où as-tu pêcher une bourdante pareille ?
    - Cherche pas, je l'ai trouvée toute seule.
    - Alors, explique voir.
    Chantal faisait allusion aux moeurs des hommes, des hommes mariés, et singulièrement à celles du sien, Paul Boulingra : l'alcoolisme buté, la tabagie autistique, la paresse sexuelle, la médiocrité financière, la lourdeur sentimentale. Seulement voilà, Julia trouvait que sa soeur avait été particulièrement mal servie en la personne de son Popol. Elle cita des types qui ne buvaient que de l'eau comme le mari à la Trendelino, qui ne fumaient comme celui de la Foucolle, qui braisaient à houilles rehaussées comme celui de la Panigère, qui gagnaient largement leur vie comme celui de la Parpillon et qui pouvaient avoir pour leur épouse de délicates attentions comme celui de la Foucolle, déjà cité. Sans compter ceux qui savent remettre un plomb, porter les paquets, conduire la voiture, baisser les yeux lorsqu'ils croisent une pute. Julia pensait bien que son militaire serait de cette espèce, et elle en sourit de plaisir. Ce qui agaça Chantal.
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  • Par GuillaumeTM, le 07 juin 2013

    Le temps qui passe, lui, n'est ni beau ni laid, toujours pareil. Peut-être quelquefois pleut-il des secondes, ou bien le soleil de quatre heures retient-il quelques minutes comme des chevaux cabrés. Le passé ne conserve peut-être pas toujours la belle ordonnance que donnent au présent l'horloge, et l'avenir accourt peut-être en pagaye, chaque moment se bousculant pour se faire, le premier, débiter en tranches. Et peut-être y a-t-il du charme ou de l'horreur, de la grâce ou de l'abjection, dans les mouvements convulsifs de ce qui va être et de ce qui a été.
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  • Par thursdaynext, le 14 novembre 2010

    Les personnages de ce roman étant réels, toute ressemblance avec des individus imaginaires serait fortuite.

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  • Par Carotte, le 11 mars 2008

    Sérieuse comme l’aiguille d’horloge, celle qui marque les minutes. Celle qui marque les heures est plus marrante, elle est rondouillarde, elle s’en fait pas, elle attrape toujours l’autre au tournant.

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  • Par GuillaumeTM, le 07 juin 2013

    – Madame Saphir, la voyante de la rue Taine. Elle s'est installée il y a six mois environ et toutes les bonnes femmes du quartier vont la consulter. Tu y es pas allée, toi ?
    – Je suis pas une bonne femme, dit Julia.
    – En tout cas, continua Valentin sans insister, la mère Virole va lui envoyer tout le quartier. Elle voulait même me forcer à y aller.
    – Pour quoi faire ?
    – Pour tout. La santé, les affaires, l'amour, la chance. Mais moi, j'y crois pas et en plus je m'en fous.
    – T'as raison.
    – Tu n'y es jamais allée, toi ? demanda-t-il timidement de nouveau.
    – Il me semble que je te l'aurais dit.
    Valentin ne parut pas avoir entendu cette réponse à laquelle Julia avait donné, non sans efforts, un ton piqué.
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Cours de cinéma du Forum des Images : "Le chant du Styrène", film de Alain Resnais, texte de Raymond Queneau (dans le recueil " Chêne et Chien "), analysé par Gwenanële Rot.








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