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ISBN : 2070364429
Éditeur : Gallimard (1973)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 58 notes)
Résumé :
L'oeil inconsciemment gris-bleu, la molletière galamment embobinée avec inconscience, le soldat Brû promenait naïvement avec lui tout ce qu'il fallait pour plaire à une demoiselle ni tout à fait jeune ni tout à fait demoiselle. Il ne savait pas. Julia pinça le bras de sa soeur Chantal et dit : - Le v'là. Tapies derrière un entassement brut de bobines et de boutons, elles le regardèrent passer, muettes.
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
GuillaumeTM
GuillaumeTM08 juin 2013
  • Livres 4.00/5
« Le dimanche de la vie », publié en 1952, est le roman le plus philosophique de Raymond Queneau, le titre étant emprunté à une expression de Hegel citée lors d'un de ses cours sur l'esthétique, au sujet de la peinture flamande du XVIIème siècle.
Queneau se sert de la « Phénoménologie de l'esprit » pour illustrer une histoire finalement assez banale mais aux personnages au caractère bien trempé.
Julia Ségovie, commerçante d'un certain âge, s'éprend d'un jeune soldat (Valentin Brû) dont elle ignore à même le nom et fera tout pour retrouver la trace et se marier avec. Elle finira par arriver à ses fins et vivra avec jusqu'à la mobilisation militaire de celui-ci.
L'évolution du protagoniste Valentin Brû se passe en trois étapes dans ce qui est une sorte de cheminement initiatique. Tout d'abord, il est inconscient de lui-même et donc c'est pour cette raison qu'il n'apparaît pas dans le registre de l'armée. Il obtient une existence à partir du moment où Julia porte un regard sur lui mais ne restant pourtant qu'un jouet entre ses mains, ne faisant qu'obéir à tous ses désirs selon la dialectique maitre-esclave de Hegel. Puis, Valentin commence à apprendre le métier de commerçant et passe à l'étape de l'auto-conscience. Dans la dernière partie du roman, il arrive enfin à une sorte de sagesse ainsi qu'à une connaissance de l'humanité et du monde et c'est pour cette raison qu'il passe presque pour un prophète, car il parvient à prédire l'imminence de la guerre alors que personne n'y croit vraiment. Ces trois étapes peuvent également se situer à un niveau social : le simple soldat inconscient devient un mari, devient un commerçant et ensuite part faire la guerre.
Il y a également cette fascination angoissante du temps qui passe, Valentin n'arrêtant pas de scruter les aiguilles de l'horloge, cherchant à surveiller le temps s'écoulant inexorablement.
Le style de Raymond Queneau, facilement reconnaissable, est toujours aussi plaisant et agréable à lire, n'oubliant jamais de verser dans le second degré malgré l'actualité sulfureuse de l'époque à laquelle se situe l'histoire du livre.
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Sarah_DD
Sarah_DD09 juin 2008
  • Livres 3.00/5
Le style ne se présente plus mais l'histoire était peut-être plus construite ici. Il y avait une "vraie" trame narrative, c'est bien aussi.
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cruzado
cruzado16 février 2012
  • Livres 4.00/5
Queneau avec humour et désinvolture casseur de langage oui, mais cette fois ci avec des personnages bien réels...
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
mathilde08mathilde0815 juin 2016
Alors Valentin a entrepris de lire. Mais quoi ? Et comment ? Attendre le client le nez dans un journal, ça la fout mal. Le nez dans un livre, c'est encore plus étrange. Valentin adopte une solution connue : glisser l'ouvrage ou la publication dans une chemise portant écrit en belle ronde ce mot : Factures. Encore faut-il ne pas trop se laisser absorber par la lecture. A supposer qu'il y ait là une solution de la question du comment, reste encore la question du quoi. Valentin ne se sent attiré par rien de spécial. Il y a les livres nouveaux recommandés par les gazettes mais ils coûtent des prix assez élevés allant jusqu'à des douze quinze francs. Il y a les auteurs anciens, ceux-là on peut facilement les trouver à la bibliothèque municipale, mais ils sont si nombreux. Par lesquels commencer ? Descendre les siècles ou remonter les générations ? Valentin adopte une méthode concrète : il choisit les plus proches, c'est-à-dire ceux qui ont une rue dans le douzième arrondissement : Charles Baudelaire, Taine, Diderot, Ledru-Rollin, par exemple. La bibliothèque municipale du douzième arrondissement ne possède malheureusement aucun ouvrage de Ledru-Rollin ; cet échec décourage Valentin. Entre-temps, il a trouvé autre chose : il va préparer son baccalauréat.
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mathilde08mathilde0815 juin 2016
- Alors comme ça, tu me pousses à la boisson ?
- Mais non, mon rat, faut comprendre.
- Comprendre quoi ?
Julia ne répondit pas
- Qu'est-ce que tu as derrière la tête ? lui demanda Valentin.
- Le dos de ma chaise, répondit Julia qui n'était pas bien grande et qui était assise dans un fauteuil.
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mathilde08mathilde0815 juin 2016
- Vous y arrivez, vous, à penser aux autres ?
- Meussieu !
- Et à soi-même, continue Valentin. Ça n'est pas commode non plus. Moi, voyez-vous, meussieu, je pense au temps, pas au temps qu'il fait, je crois que c'est inutile quand on vit dans une région tempérée, non, je pense au temps qui passe et, comme il est identique à lui-même, je pense toujours à la même chose, c'est-à-dire que je finis par ne plus penser à rien.
L'autre le regarde surpris. Valentin ajoute aimablement :
- Ça élève l'âme.
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mathilde08mathilde0815 juin 2016
- Et en fin de compte qu'est-ce que tu as mangé de si bon ?
- Une choucroute.
- Qu'est-ce que je disais !
- Paul commandait une langouste à l'américaine, Chantal une assiette anglaise et Julie une bœuf bourguignon, alors j'ai craint de les vexer en choisissant pas leur plat national.
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ceanothusceanothus18 décembre 2013
-Ton mariage ne tiendra pas debout.
Julia dévisagea sa soeur, puis la dépoitrina et enfin la déjamba. Elle lui dit :
- Tu me trouves moche ?
- Non, non tu tiens le coup. Mais vingt, vingt-cinq ans de différence, c'est quelque chose. (...)
-Réponds-moi : tu me trouves déglinguée ?
- Pas du tout.
- Ma frimousse ?
- ça va.
- Mes totoches ?
- ça tient.
- Mes gambettes ?
- Au quai.
- Alors ?
- C'est pas seulement le physique qui compte, dit Chantal, c'est le moral.
- Oh, oh, dit Julia, où as-tu pêcher une bourdante pareille ?
- Cherche pas, je l'ai trouvée toute seule.
- Alors, explique voir.
Chantal faisait allusion aux moeurs des hommes, des hommes mariés, et singulièrement à celles du sien, Paul Boulingra : l'alcoolisme buté, la tabagie autistique, la paresse sexuelle, la médiocrité financière, la lourdeur sentimentale. Seulement voilà, Julia trouvait que sa soeur avait été particulièrement mal servie en la personne de son Popol. Elle cita des types qui ne buvaient que de l'eau comme le mari à la Trendelino, qui ne fumaient comme celui de la Foucolle, qui braisaient à houilles rehaussées comme celui de la Panigère, qui gagnaient largement leur vie comme celui de la Parpillon et qui pouvaient avoir pour leur épouse de délicates attentions comme celui de la Foucolle, déjà cité. Sans compter ceux qui savent remettre un plomb, porter les paquets, conduire la voiture, baisser les yeux lorsqu'ils croisent une pute. Julia pensait bien que son militaire serait de cette espèce, et elle en sourit de plaisir. Ce qui agaça Chantal.
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Videos de Raymond Queneau (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Queneau
Cours de cinéma du Forum des Images : "Le chant du Styrène", film de Alain Resnais, texte de Raymond Queneau (dans le recueil " Chêne et Chien "), analysé par Gwenanële Rot.
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