Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2266170120
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 283 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans ce récit si simple et si uni qu'il convient d'en souligner l'originalité profonde, Georges Perec tente, le premier avec cette rigueur, de mettre au service d'une entreprise romanesque les enseignements de l'analyse sociologique.

Il nous décrit la vi... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (19)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 2.00/5
    Par GabyH, le 23 novembre 2012

    GabyH
    "Les choses", c'est l'histoire d'un couple des années 60. Un couple qui ne veut pas se poser, qui a peur, sans doute, de perdre sa liberté. Et pourtant, ce que nous décrit Georges Perec, c'est un couple embourbé dans ses envies matérielles, un couple qui veut atteindre le Beau grâce à la mode, en suivant les conseil des magazines tendance. Un couple qui finalement cherche à être ce qu'il n'est pas, ou alors est ce qu'il croit être. C'est l'histoire de la course sans fin de deux personnages sans identité.
    Au départ, le style d'écriture très distancié de l'auteur, digne d'un universitaire qui se veut objectif m'a séduite, notamment car il se fait l'écho de la profession des deux personnages, psychosociologues. Mais, à la longue, je l'ai trouvé presque fatigant, ennuyeux, car avec une telle distance le lecteur ne ressent aucune empathie pour les personnages. Il n'y a pas d'identification possible même si c'est là le but de l'auteur, qui veut peindre des personnages pouvant être n'importe qui.
    Néanmoins, l'évolution du roman, qui commence au conditionnel pour continuer au présent et finir au futur m'a beaucoup plu. Cet artifice rhétorique constitue à mes yeux un trucage de l'auteur pour montrer à ses lecteurs à quel point, finalement, le roman de la vie de Jérôme et Sylvie était prévisible.
    Généralement considéré comme un récit sur la société de consommation, ce livre restera plutôt pour moi le portrait de deux jeunes gens passifs, influençables, incapables de mettre de la distance entre les modèles qui leur sont proposés et ce qu'ils peuvent réellement obtenir. En somme, des jeunes gens épris d'argent et de matérialité se camouflant derrière un masque d'intellectuels à la mode et surtout incapables d'une quelconque adaptation à un autre milieu que le leur. Deux personnages qui ne vivent pas et se contentent d'exister.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 20         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 19 janvier 2012

    brigittelascombe
    Un couple de jeunes psychosociologues des années 60, Jérome et Sylvie, rêvent d'un appartement bourgeois rempli de livres et de bibelots de prix ("agathes et oeufs de pierre, boites à priser")) où "la vie là serait facile, serait simple", entre art de vivre et harmonie, sans contraintes terre à terre puisqu'ils auraient une femme de ménage.
    Cette douce utopie est contrecarrée par leur 35 m2 dont le manque d'espace face "à l'immensité de leur désirs" les paralyse.
    Feraient-ils passer l'amour de la richesse avant celui de la vie?
    Leur jouissance serait-elle liée au besoin de posséder?
    Jérome, aux "goûts sûrs", affectionne les antiquaires et collectionne les objets rares. Leurs vêtements d'étudiants changent pour suivre la mode anglaise.
    C'est l'évolution de ce couple; leur impatience;leur métamorphose en jeunes cadres inhérente à leurs valeurs,ambitions, à certains critères glanés dans des magazines tels L'express; le piège de leurs projets qui les englue peu à peu; la dépendance de leur vie affective à l'économie; leur obsession de faire fortune qui les pousse à partir en Tunisie puis à revenir tout aussi seuls, "sans rien"; que nous donne à voir Georges Perec (écrivain du XX° siècle à présent décédé qui a obtenu le prix Renaudot 1965 pour Les Choses: une histoire des années 60 et le prix Médicis pour la vie mode d'emploi).
    C'est "une tragédie qui s'installe au coeur de leur vie ralentie" que dépeint admirablement bien Georges Perec, une réflexion sur la vie,l'amour, le couple et le bonheur très intéressante à lire.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 20         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par vanuatu2000, le 20 août 2012

    vanuatu2000
    Un livre que je relis toujours avec plaisir. Histoire des années soixante? Histoire sans fin, sans âge à mon sens.
    Une histoire d'un couple moyen, aux idées molles, avec pour seul amour véritable l'acquisition des "choses".
    Ah ces choses.... vêtements derniers cri, appartement moderne, rêvé certes, mais qui ne peut que devenir un jour concret.
    Ces choses qui nous empoisonnent, inutiles mais rendues ici si envoûtantes sous la plume de Perec.
    On ressent avec le couple l'appel de ces choses. Oui, ce cuir anglais nous est indispensable, sinon pourquoi existerait-il?
    Tout est là. Un monde de choses sans nombre. Des choses éternelles, qui se renouvellent sans cesse. A leur contact la vie du couple s'étiole. le charme de ces choses brise le charme de leur vie.
    La fin du récit renvoie au bilan amer et gris d'une vie matérielle sans saveur. Les Choses n'ont de beauté que celle qui leur est donnée. Et nous sommes tous prisonniers volontaires de ces choses.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par purplevelvet, le 19 février 2009

    purplevelvet
    Plus que la simple critique de la société de consommation à laquelle on le résume parfois , ce livre est plus généralement le portrait d'éternels insatisfaits, incapable de prendre une décision et qui cherchent toujours à leur mal -être une raison extérieure: ça sera mieux quand on aura de l'argent, ça sera mieux quand on quittera Paris, ça sera mieux quand on reviendra à Paris...
    Le portrait de conformistes à la vision étriquée formatée par leurs lectures, leurs présupposés, leurs fréquentations, et pour qui le bonheur est "comme on leur a dit qu'il doit être" et pas autrement, et qui passent à côté de tout à force de trop idéaliser ce bonheur. Un livre assez inconfortable en ce qu'il renvoie le lecteur à ses propres marottes, avec une écriture étouffante de détails et surchargée de descriptions qui colle parfaitement au thème de la quête du bonheur dans la surabondance, du bonheur conditionné. Bref, une "histoire des années soixante" toujours terriblement actuelle.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 14         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par frandj, le 06 mai 2014

    frandj
    Je viens de relire le roman intitulé « Les choses » et, dès les premières pages, j’ai senti la "patte" de Georges Pérec, écrivain inclassable et particulièrement original.
    C’est l’histoire de deux jeunes gens, Sylvie et Jérôme. En fait, non: ce n’est pas vraiment une histoire, et le livre ne correspond pas au prototype du roman. C’est plutôt une description très minutieuse de la vie quotidienne que menaient ces deux Parisiens dans les années ’60, et de tout ce qui les préoccupait: leurs projets, leurs aspirations, leurs amis, leurs sorties au restaurant ou au bar, leurs achats, etc… et accessoirement leur métier (ils sont tous deux psychosociologues). L’argent et les soucis d’argent étaient souvent leur souci principal: « Quand ils étaient un peu riches, quand ils avaient un peu d’avance, leur bonheur était indestructible (…) Mais aux premiers signes de déficit, il n’était pas rare qu’ils se dressent l’un contre l’autre ». Vivant au jour le jour, ils étaient hédonistes, velléitaires et matérialistes. Mais leur état d’esprit se dégradait. Comme le note G. Pérec: « Ils étaient las. Ils avaient vieilli, oui. Ils avaient l’impression, certains jours, qu’ils n’avaient pas encore commencé à vivre ». Cette insatisfaction floue s’incrustait dans leur quotidien; les liens avec leurs amis se distendaient; l’ennui s’installait; ils s’étaient enfermés dans une impasse. L’auteur imagine alors une sorte de "fuite" hors de Paris, Sylvie enseignant à des jeunes Tunisiens et son conjoint étant contraint à l’oisiveté. Mais ce séjour ne fut qu’une parenthèse, avant le retour en France et l’entrée définitive dans une vie aisée et résolument conventionnelle. Ces jeunes gens, que l’on désignerait peut-être désormais sous la dénomination de "bobos", représentent une génération qui a cru inventer un nouveau mode de vie, mais qui a fini par être absorbée par la société de consommation et a été rattrapée par le conformisme ambiant.
    Il faut particulièrement remarquer l’écriture de l’auteur: il évite absolument de faire la narration d’épisodes particuliers dans la vie des protagonistes; la conjugaison presque systématique des verbes à l’imparfait a pour effet d'abolir volontairement l’événementiel. G. Pérec nous propose plutôt une description générale d’un mode de vie et d’une certaine mentalité, sans empathie particulière pour les deux "héros". Le style est particulier, aussi: il favorise une prise de distance du lecteur par rapport aux personnages. Dans l’ensemble le livre est assez austère, ses références peuvent paraitre datées et cette oeuvre risque de déstabiliser les lecteurs de romans ordinaires. Il mérite pourtant d’être lu, comme un objet littéraire vraiment à part.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la critique

> voir toutes (49)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par purplevelvet, le 19 février 2009

    Où étaient les dangers? Où étaient les menaces? Des millions d'hommes, jadis, se sont battus, et même se battent encore, pour du pain. Jérôme et Sylvie ne croyaient guère que l'ont pût se battre pour des divans Chesterfield. Mais c'eût été pourtant le mot d'ordre qui les aurait le plus facilement mobilisés. Rien ne les concernait, leur semblait-il, dans les programmes, dans les plans: ils se moquaient des retraites avancées, des vacances allongées, des repas de midi gratuits, des semaines de trente heures. Ils voulaient la surabondance; ils rêvaient de platines Clément, de plages désertes pour eux seuls, de tours du monde, de palaces.
    L'ennemi était invisible. Ou, plutôt, il était en eux, il les avait pourris, gangrenés, ravagés. Ils étaient les dindons de la farce? De petits êtres dociles, les fidèles reflets du monde qui les narguait. Ils étaient enfoncés jusqu'au cou dans un gâteau dont ils n'auraient jamais que les miettes.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la citation

  • Par purplevelvet, le 17 février 2009

    Cette absence de simplicité, de lucidité presque, était caractéristique. L'aisance - c'est sans doute ceci qui était le plus grave - leur faisait cruellement défaut. Non pas l'aisance matérielle, objective, mais une certaine désinvolture, une certaine décontraction. Ils avaient tendance à être excités, crispés, avides, presque jaloux. Leur amour du bien-être, du mieux-être, se traduisait le plus souvent par un prosélytisme bête: alors ils discouraient longtemps, eux et leurs amis, sur le génie d'une pipe ou d'une table basse, ils en faisaient des objets d'art, des pièces de musée. Ils s'enthousiasmaient pour une valise - ces valises minuscules, extraordinairement plates, en cuir noir légèrement grenu, que l'ont voit en vitrine dans les magasins de la Madeleine, et qui semblaient concentrer en elles tous les plaisirs supposés des voyages éclairs à New-York ou à Londres. Ils traversaient Paris pour aller voir un fauteuil qu'on leur avait dit parfait. Et même, connaissant leurs classiques, ils hésitaient parfois à mettre un vêtement neuf, tant il leur semblait important pour l'excellence de leur allure qu'il ait d'abord été porté trois fois. Mais les gestes, un peu sacralisés, qu'ils avaient pour s'enthousiasmer devant la vitrine d'un tailleur, d'une modiste ou d'un chausseur, ne parvenaient le plus souvent qu'à les rendre un peu ridicules.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la citation

  • Par purplevelvet, le 19 février 2009

    Ils reverront Paris et ce sera une véritable fête. Ils flâneront le long de la Seine, dans les jardins du Palais-Royal et dans les petites rues de Saint-Germain. Et, chaque nuit, dans les rues illuminées, chaque devanture à nouveau sera une merveilleuse invite. Des étals crouleront sous les victuailles. Ils se presseront dans les cohues des grands magasins. Ils plongeront leurs mains dans les amas de soieries, caresseront les lourds flacons de parfum, effleureront les cravates.
    Ils tenteront de vivre comme avant. Ils renoueront avec les agences d'antan. Mais les charmes seront rompus. A nouveau, ils étoufferont. ils croiront crever de petitesse, d'exiguïté.
    Ils rêveront de fortune, ils regarderont dans les caniveaux, dans l'espoir de trouver un portefeuille gonflé, un billet de banque, une pièce de cent francs, un ticket de métro.
    Ils rêveront de s'enfuir à la campagne. Ils rêveront de Sfax.
    Ils ne tiendront pas longtemps
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par goodgarn, le 04 août 2013

    Pour ce jeune couple, qui n'était pas riche, mais qui désirait l'être, simplement parce qu'il n'était pas pauvre, il n'existait pas de situation plus inconfortable. Ils n'avaient que ce qu'ils méritaient d'avoir. Ils étaient renvoyés, alors que déjà ils rêvaient d'espace, de lumière, de silence, à la réalité, même pas sinistre, mais simplement rétrécie - et c'était peut-être pire -, de leur logement exigu, de leurs repas quotidiens, de leurs vacances chétives. C'était ce qui correspondait à leur situation économique, à leur position sociale. C'était leur réalité, et ils n'en avaient pas d'autre.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 11         Page de la citation

  • Par JulyF, le 16 mars 2014

    Si l'on admet aisément de la part d'individus qui n'ont pas encore atteint de la trentaine qu'ils conservent une certaine indépendance et travaillent à leur guise, si même on apprécie parfois leur disponibilité, leur ouverture d'esprit, la variété de leur expérience, ou ce que l'on appelle encore leur polyvalence, on exige en revanche, assez contradictoirement d'ailleurs, de tout futur collaborateur qu'une fois passé le cap des trente ans (faisant ainsi, justement des trente ans un cap) il fasse preuve d'une stabilité certaine, et que soient garantis sa ponctualité, son sens du sérieux, sa discipline.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
5,36 € (neuf)
3,00 € (occasion)

   

Faire découvrir Les choses : Une histoire des années soixante par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (650)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz