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ISBN : 2264067276
Éditeur : 10-18 (2015)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 440 notes)
Résumé :
Dans ce récit si simple et si uni qu'il convient d'en souligner l'originalité profonde, Georges Perec tente, le premier avec cette rigueur, de mettre au service d'une entreprise romanesque les enseignements de l'analyse sociologique.

Il nous décrit la vie quotidienne d'un jeune couple d'aujourd'hui issu des classes moyennes, l'idée que ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible - car il est lié ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
GabyH
GabyH23 novembre 2012
  • Livres 2.00/5
"Les choses", c'est l'histoire d'un couple des années 60. Un couple qui ne veut pas se poser, qui a peur, sans doute, de perdre sa liberté. Et pourtant, ce que nous décrit Georges Perec, c'est un couple embourbé dans ses envies matérielles, un couple qui veut atteindre le Beau grâce à la mode, en suivant les conseil des magazines tendance. Un couple qui finalement cherche à être ce qu'il n'est pas, ou alors est ce qu'il croit être. C'est l'histoire de la course sans fin de deux personnages sans identité.
Au départ, le style d'écriture très distancié de l'auteur, digne d'un universitaire qui se veut objectif m'a séduite, notamment car il se fait l'écho de la profession des deux personnages, psychosociologues. Mais, à la longue, je l'ai trouvé presque fatigant, ennuyeux, car avec une telle distance le lecteur ne ressent aucune empathie pour les personnages. Il n'y a pas d'identification possible même si c'est là le but de l'auteur, qui veut peindre des personnages pouvant être n'importe qui.
Néanmoins, l'évolution du roman, qui commence au conditionnel pour continuer au présent et finir au futur m'a beaucoup plu. Cet artifice rhétorique constitue à mes yeux un trucage de l'auteur pour montrer à ses lecteurs à quel point, finalement, le roman de la vie de Jérôme et Sylvie était prévisible.
Généralement considéré comme un récit sur la société de consommation, ce livre restera plutôt pour moi le portrait de deux jeunes gens passifs, influençables, incapables de mettre de la distance entre les modèles qui leur sont proposés et ce qu'ils peuvent réellement obtenir. En somme, des jeunes gens épris d'argent et de matérialité se camouflant derrière un masque d'intellectuels à la mode et surtout incapables d'une quelconque adaptation à un autre milieu que le leur. Deux personnages qui ne vivent pas et se contentent d'exister.
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brigittelascombe
brigittelascombe19 janvier 2012
  • Livres 4.00/5
Un couple de jeunes psychosociologues des années 60, Jérome et Sylvie, rêvent d'un appartement bourgeois rempli de livres et de bibelots de prix ("agathes et oeufs de pierre, boites à priser")) où "la vie là serait facile, serait simple", entre art de vivre et harmonie, sans contraintes terre à terre puisqu'ils auraient une femme de ménage.
Cette douce utopie est contrecarrée par leur 35 m2 dont le manque d'espace face "à l'immensité de leur désirs" les paralyse.
Feraient-ils passer l'amour de la richesse avant celui de la vie?
Leur jouissance serait-elle liée au besoin de posséder?
Jérome, aux "goûts sûrs", affectionne les antiquaires et collectionne les objets rares. Leurs vêtements d'étudiants changent pour suivre la mode anglaise.
C'est l'évolution de ce couple; leur impatience;leur métamorphose en jeunes cadres inhérente à leurs valeurs,ambitions, à certains critères glanés dans des magazines tels L'express; le piège de leurs projets qui les englue peu à peu; la dépendance de leur vie affective à l'économie; leur obsession de faire fortune qui les pousse à partir en Tunisie puis à revenir tout aussi seuls, "sans rien"; que nous donne à voir Georges Perec (écrivain du XX° siècle à présent décédé qui a obtenu le prix Renaudot 1965 pour Les choses: une histoire des années 60 et le prix Médicis pour La vie mode d'emploi).
C'est "une tragédie qui s'installe au coeur de leur vie ralentie" que dépeint admirablement bien Georges Perec, une réflexion sur la vie,l'amour, le couple et le bonheur très intéressante à lire.
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vanuatu2000
vanuatu200020 août 2012
  • Livres 5.00/5
Un livre que je relis toujours avec plaisir. Histoire des années soixante? Histoire sans fin, sans âge à mon sens.
Une histoire d'un couple moyen, aux idées molles, avec pour seul amour véritable l'acquisition des "choses".
Ah ces choses.... vêtements derniers cri, appartement moderne, rêvé certes, mais qui ne peut que devenir un jour concret.
Ces choses qui nous empoisonnent, inutiles mais rendues ici si envoûtantes sous la plume de Perec.
On ressent avec le couple l'appel de ces choses. Oui, ce cuir anglais nous est indispensable, sinon pourquoi existerait-il?
Tout est là. Un monde de choses sans nombre. Des choses éternelles, qui se renouvellent sans cesse. A leur contact la vie du couple s'étiole. le charme de ces choses brise le charme de leur vie.
La fin du récit renvoie au bilan amer et gris d'une vie matérielle sans saveur. Les choses n'ont de beauté que celle qui leur est donnée. Et nous sommes tous prisonniers volontaires de ces choses.
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frandj
frandj06 mai 2014
  • Livres 3.00/5
Je viens de relire le roman intitulé « Les choses » et, dès les premières pages, j'ai senti la "patte" de Georges Pérec, écrivain inclassable et particulièrement original.
C'est l'histoire de deux jeunes gens, Sylvie et Jérôme. En fait, non: ce n'est pas vraiment une histoire, et le livre ne correspond pas au prototype du roman. C'est plutôt une description très minutieuse de la vie quotidienne que menaient ces deux Parisiens dans les années '60, et de tout ce qui les préoccupait: leurs projets, leurs aspirations, leurs amis, leurs sorties au restaurant ou au bar, leurs achats, etc… et accessoirement leur métier (ils sont tous deux psychosociologues). L'argent et les soucis d'argent étaient souvent leur souci principal: « Quand ils étaient un peu riches, quand ils avaient un peu d'avance, leur bonheur était indestructible (…) Mais aux premiers signes de déficit, il n'était pas rare qu'ils se dressent l'un contre l'autre ». Vivant au jour le jour, ils étaient hédonistes, velléitaires et matérialistes. Mais leur état d'esprit se dégradait. Comme le note G. Pérec: « Ils étaient las. Ils avaient vieilli, oui. Ils avaient l'impression, certains jours, qu'ils n'avaient pas encore commencé à vivre ». Cette insatisfaction floue s'incrustait dans leur quotidien; les liens avec leurs amis se distendaient; l'ennui s'installait; ils s'étaient enfermés dans une impasse. L'auteur imagine alors une sorte de "fuite" hors de Paris, Sylvie enseignant à des jeunes Tunisiens et son conjoint étant contraint à l'oisiveté. Mais ce séjour ne fut qu'une parenthèse, avant le retour en France et l'entrée définitive dans une vie aisée et résolument conventionnelle. Ces jeunes gens, que l'on désignerait peut-être désormais sous la dénomination de "bobos", représentent une génération qui a cru inventer un nouveau mode de vie, mais qui a fini par être absorbée par la société de consommation et a été rattrapée par le conformisme ambiant.
Il faut particulièrement remarquer l'écriture de l'auteur: il évite absolument de faire la narration d'épisodes particuliers dans la vie des protagonistes; la conjugaison presque systématique des verbes à l'imparfait a pour effet d'abolir volontairement l'événementiel. G. Pérec nous propose plutôt une description générale d'un mode de vie et d'une certaine mentalité, sans empathie particulière pour les deux "héros". le style est particulier, aussi: il favorise une prise de distance du lecteur par rapport aux personnages. Dans l'ensemble le livre est assez austère, ses références peuvent paraitre datées et cette oeuvre risque de déstabiliser les lecteurs de romans ordinaires. Il mérite pourtant d'être lu, comme un objet littéraire vraiment à part.
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purplevelvet
purplevelvet19 février 2009
  • Livres 4.00/5
Plus que la simple critique de la société de consommation à laquelle on le résume parfois , ce livre est plus généralement le portrait d'éternels insatisfaits, incapable de prendre une décision et qui cherchent toujours à leur mal -être une raison extérieure: ça sera mieux quand on aura de l'argent, ça sera mieux quand on quittera Paris, ça sera mieux quand on reviendra à Paris...
Le portrait de conformistes à la vision étriquée formatée par leurs lectures, leurs présupposés, leurs fréquentations, et pour qui le bonheur est "comme on leur a dit qu'il doit être" et pas autrement, et qui passent à côté de tout à force de trop idéaliser ce bonheur. Un livre assez inconfortable en ce qu'il renvoie le lecteur à ses propres marottes, avec une écriture étouffante de détails et surchargée de descriptions qui colle parfaitement au thème de la quête du bonheur dans la surabondance, du bonheur conditionné. Bref, une "histoire des années soixante" toujours terriblement actuelle.
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Citations & extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
kpotrapelioukkpotrapeliouk20 juin 2016
Ils décachetteraient leur courrier, ils ouvriraient les journaux. Ils allumeraient une première cigarette. Ils sortiraient. Leur travail ne les retiendrait que quelques heures, le matin. Ils se retrouveraient pour déjeuner, d'un sandwich ou d'une grillade, selon leur humeur ; ils prendraient un café à une terrasse, puis rentreraient chez eux, à pied, lentement.
Leur appartement serait rarement en ordre mais son désordre même ferait son plus grand charme. Ils s'en occuperaient à peine : ils y vivraient. Le confort ambiant leur semblerait un fait acquis, une donnée initiale, un état de leur nature. Leur vigilance serait ailleurs : dans le livre qu'ils ouvriraient, dans le texte qu'ils écriraient, dans le disque qu'ils écouteraient, dans leur dialogue chaque jour renoué. Puis ils dîneraient ou sortiraient dîner ; ils retrouveraient leurs amis ; ils se promèneraient ensemble.
Il leur semblerait parfois qu'une vie entière pourrait harmonieusement s'écouler entre ces murs couverts de livres, entre ces objets si parfaitement domestiqués qu'ils auraient fini par les croire de tout temps créés à leur unique usage, entre ces choses belles et simples, douces, lumineuses. Mais ils ne s'y sentiraient pas enchaînés : certains jours, ils iraient à l'aventure. Nul projet ne leur serait impossible. Ils ne connaîtraient pas la rancoeur, ni l'amertume, ni l'envie. Car leurs moyens et leurs désirs s'accorderaient en tous points, en tout temps. Ils appelleraient cet équilibre bonheur et sauraient, par leur liberté, par leur sagesse, par leur culture, le préserver, le découvrir à chaque instant de leur vie commune.
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kpotrapelioukkpotrapeliouk20 juin 2016
Comment faire fortune ? C'était un problème insoluble. Et pourtant, chaque jour, semblait-il, des individus isolés parvenaient, pour leur propre compte, à parfaitement le résoudre. Et ces exemples à suivre, éternels garants de la vigueur intellectuelle et morale, aux visages souriants et avisés, malins, volontaires, pleins de santé, de décision, de modestie, étaient autant d'images pieuses pour la patience et la gouverne des autres, ceux qui stagnent, piétinent, rongent leur frein, mordent la poussière. (…)
Ainsi rêvaient-ils, les imbéciles heureux : d'héritages, de gros lot, de tiercé. (…)
De grands élans les emportaient. Parfois, pendant des heures entières, pendant des journées, une envie frénétique d'être riches, tout de suite, immensément et à jamais, s'emparait d'eux, ne les lâchait plus. C'était un désir fou, maladif, oppressant, qui semblait gouverner le moindre de leurs gestes. La fortune devenait leur opium. Ils s'en grisaient. Ils se livraient sans retenue aux délires de l'imaginaire. Partout où ils allaient, ils n'étaient plus attentifs qu'à l'argent. Ils avaient des cauchemars de millions de joyaux.
+ Lire la suite
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kpotrapelioukkpotrapeliouk20 juin 2016
Comment faire fortune ? C'était un problème insoluble. Et pourtant, chaque jour, semblait-il, des individus isolés parvenaient, pour leur propre compte, à parfaitement le résoudre. Et ces exemples à suivre, éternels garants de la vigueur intellectuelle et morale, aux visages souriants et avisés, malins, volontaires, pleins de santé, de décision, de modestie, étaient autant d'images pieuses pour la patience et la gouverne des autres, ceux qui stagnent, piétinent, rongent leur frein, mordent la poussière. (…)
Ainsi rêvaient-ils, les imbéciles heureux : d'héritages, de gros lot, de tiercé. (…)
De grands élans les emportaient. Parfois, pendant des heures entières, pendant des journées, une envie frénétique d'être riches, tout de suite, immensément et à jamais, s'emparait d'eux, ne les lâchait plus. C'était un désir fou, maladif, oppressant, qui semblait gouverner le moindre de leurs gestes. La fortune devenait leur opium. Ils s'en grisaient. Ils se livraient sans retenue aux délires de l'imaginaire. Partout où ils allaient, ils n'étaient plus attentifs qu'à l'argent. Ils avaient des cauchemars de millions de joyaux.
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kpotrapelioukkpotrapeliouk20 juin 2016
Pour ce jeune couple, qui n'était pas riche, mais qui désirait l'être, simplement parce qu'il n'était pas pauvre, il n'existait pas de situation plus inconfortable. Ils n'avaient que ce qu'ils méritaient d'avoir. Ils étaient renvoyés, alors que déjà ils rêvaient d'espace, de lumière, de silence, à la réalité, même pas sinistre, mais simplement rétrécie – et c'était peut-être pire -, de leur logement exigu, de leurs repas quotidiens, de leurs vacances chétives. C'était ce qui correspondait à leur situation économique, à leur position sociale. C'était leur réalité, et ils n'en avaient pas d'autre. Mais il existait, à côté d'eux, tout autour d'eux, tout au long des rues où ils ne pouvaient pas ne pas marcher, les offres fallacieuses, et si chaleureuses pourtant, des antiquaires, des épiciers, des papetiers. (…) Paris entier était une perpétuelle tentation. Ils brûlaient d'y succomber, avec ivresse, tout de suite et à jamais. Mais l'horizon de leurs désirs était impitoyablement bouché ; leurs grandes rêveries impossibles n'appartenaient qu'à l'utopie.
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purplevelvetpurplevelvet19 février 2009
Où étaient les dangers? Où étaient les menaces? Des millions d'hommes, jadis, se sont battus, et même se battent encore, pour du pain. Jérôme et Sylvie ne croyaient guère que l'ont pût se battre pour des divans Chesterfield. Mais c'eût été pourtant le mot d'ordre qui les aurait le plus facilement mobilisés. Rien ne les concernait, leur semblait-il, dans les programmes, dans les plans: ils se moquaient des retraites avancées, des vacances allongées, des repas de midi gratuits, des semaines de trente heures. Ils voulaient la surabondance; ils rêvaient de platines Clément, de plages désertes pour eux seuls, de tours du monde, de palaces.
L'ennemi était invisible. Ou, plutôt, il était en eux, il les avait pourris, gangrenés, ravagés. Ils étaient les dindons de la farce? De petits êtres dociles, les fidèles reflets du monde qui les narguait. Ils étaient enfoncés jusqu'au cou dans un gâteau dont ils n'auraient jamais que les miettes.
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