ISBN : 2266170120
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 114 notes) Ajouter à mes livres
Dans ce récit si simple et si uni qu'il convient d'en souligner l'originalité profonde, Georges Perec tente, le premier avec cette rigueur, de mettre au service d'une entreprise romanesque les enseignements de l'analyse sociologique. Il nous décrit la vie quotidienne d'... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 19 janvier 2012

    brigittelascombe
    Un couple de jeunes psychosociologues des années 60, Jérome et Sylvie, rêvent d'un appartement bourgeois rempli de livres et de bibelots de prix ("agathes et oeufs de pierre, boites à priser")) où "la vie là serait facile, serait simple", entre art de vivre et harmonie, sans contraintes terre à terre puisqu'ils auraient une femme de ménage.
    Cette douce utopie est contrecarrée par leur 35 m2 dont le manque d'espace face "à l'immensité de leur désirs" les paralyse.
    Feraient-ils passer l'amour de la richesse avant celui de la vie?
    Leur jouissance serait-elle liée au besoin de posséder?
    Jérome, aux "goûts sûrs", affectionne les antiquaires et collectionne les objets rares. Leurs vêtements d'étudiants changent pour suivre la mode anglaise.
    C'est l'évolution de ce couple; leur impatience;leur métamorphose en jeunes cadres inhérente à leurs valeurs,ambitions, à certains critères glanés dans des magazines tels L'express; le piège de leurs projets qui les englue peu à peu; la dépendance de leur vie affective à l'économie; leur obsession de faire fortune qui les pousse à partir en Tunisie puis à revenir tout aussi seuls, "sans rien"; que nous donne à voir Georges Perec (écrivain du XX° siècle à présent décédé qui a obtenu le prix Renaudot 1965 pour Les Choses: une histoire des années 60 et le prix Médicis pour la vie mode d'emploi).
    C'est "une tragédie qui s'installe au coeur de leur vie ralentie" que dépeint admirablement bien Georges Perec, une réflexion sur la vie,l'amour, le couple et le bonheur très intéressante à lire.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par purplevelvet, le 19 février 2009

    purplevelvet
    Plus que la simple critique de la société de consommation à laquelle on le résume parfois , ce livre est plus généralement le portrait d'éternels insatisfaits, incapable de prendre une décision et qui cherchent toujours à leur mal -être une raison extérieure: ça sera mieux quand on aura de l'argent, ça sera mieux quand on quittera Paris, ça sera mieux quand on reviendra à Paris...
    Le portrait de conformistes à la vision étriquée formatée par leurs lectures, leurs présupposés, leurs fréquentations, et pour qui le bonheur est "comme on leur a dit qu'il doit être" et pas autrement, et qui passent à côté de tout à force de trop idéaliser ce bonheur. Un livre assez inconfortable en ce qu'il renvoie le lecteur à ses propres marottes, avec une écriture étouffante de détails et surchargée de descriptions qui colle parfaitement au thème de la quête du bonheur dans la surabondance, du bonheur conditionné. Bref, une "histoire des années soixante" toujours terriblement actuelle.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par tulisquoi, le 10 juin 2010

    tulisquoi
    Ça commence au conditionnel avec une énumération de toutes ces choses qu'on pourrait avoir et qui feraient de nos vies une vie parfaite. Ça continue sur l'histoire de ce couple, en plein dans les années soixante, psychosociologue tous les deux, allant de petits boulots en petits boulots, ayant comme seule ambition d'être riche. Et sans aucun effort si possible. C'est une histoire des années soixante, comme le dit le sous-titre, mais qui reste toujours d'actualité.
    Car il est effarant de voir à quel point chacun peut encore se reconnaître aujourd'hui dans ce livre. On reste souvent encore tourné vers cette idée du bonheur si..., un jour peut-être..., le jour où j'aurais de l'argent..., le jour où j'aurais le temps..., le jour où j'aurais atteint un certain statut... Ce conditionnel qui tue l'instant présent et nous emmène vers une quête perpétuelle et inutile d'une idée que l'on se fait du bonheur.
    [...] Lire la suite

    Lien : http://www.tulisquoi.net/les-choses-georges-perec
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par philcoba78, le 17 décembre 2010

    philcoba78
    C'est fluide, simple mais du grand art. l'histoire d'un couple à travers les années 60. Ils font des enquêtes puis tentent l'aventure en Tunisie mais ça ne marche pas. Ils rêvent de choses qui rendront leur vie meilleure. Une écriture parfois à la Flaubert dans L'Education sentimentale. Une critique de la société sans le dire, l'air de rien. Je l'ai relu avec le même plaisir en deux-trois jours.
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    • Livres 4.00/5
    Par iris, le 21 mars 2008

    iris
    L'histoire d'un couple en proie avec la société de consommation, sa poésie de l'objet, et des rêves de luxe inaccessibles. Jouissif pour les fans de listes!
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Citations et extraits

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  • Par purplevelvet, le 17 février 2009

    Cette absence de simplicité, de lucidité presque, était caractéristique. L'aisance - c'est sans doute ceci qui était le plus grave - leur faisait cruellement défaut. Non pas l'aisance matérielle, objective, mais une certaine désinvolture, une certaine décontraction. Ils avaient tendance à être excités, crispés, avides, presque jaloux. Leur amour du bien-être, du mieux-être, se traduisait le plus souvent par un prosélytisme bête: alors ils discouraient longtemps, eux et leurs amis, sur le génie d'une pipe ou d'une table basse, ils en faisaient des objets d'art, des pièces de musée. Ils s'enthousiasmaient pour une valise - ces valises minuscules, extraordinairement plates, en cuir noir légèrement grenu, que l'ont voit en vitrine dans les magasins de la Madeleine, et qui semblaient concentrer en elles tous les plaisirs supposés des voyages éclairs à New-York ou à Londres. Ils traversaient Paris pour aller voir un fauteuil qu'on leur avait dit parfait. Et même, connaissant leurs classiques, ils hésitaient parfois à mettre un vêtement neuf, tant il leur semblait important pour l'excellence de leur allure qu'il ait d'abord été porté trois fois. Mais les gestes, un peu sacralisés, qu'ils avaient pour s'enthousiasmer devant la vitrine d'un tailleur, d'une modiste ou d'un chausseur, ne parvenaient le plus souvent qu'à les rendre un peu ridicules.
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  • Par purplevelvet, le 19 février 2009

    Où étaient les dangers? Où étaient les menaces? Des millions d'hommes, jadis, se sont battus, et même se battent encore, pour du pain. Jérôme et Sylvie ne croyaient guère que l'ont pût se battre pour des divans Chesterfield. Mais c'eût été pourtant le mot d'ordre qui les aurait le plus facilement mobilisés. Rien ne les concernait, leur semblait-il, dans les programmes, dans les plans: ils se moquaient des retraites avancées, des vacances allongées, des repas de midi gratuits, des semaines de trente heures. Ils voulaient la surabondance; ils rêvaient de platines Clément, de plages désertes pour eux seuls, de tours du monde, de palaces.
    L'ennemi était invisible. Ou, plutôt, il était en eux, il les avait pourris, gangrenés, ravagés. Ils étaient les dindons de la farce? De petits êtres dociles, les fidèles reflets du monde qui les narguait. Ils étaient enfoncés jusqu'au cou dans un gâteau dont ils n'auraient jamais que les miettes.
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  • Par purplevelvet, le 19 février 2009

    Ils reverront Paris et ce sera une véritable fête. Ils flâneront le long de la Seine, dans les jardins du Palais-Royal et dans les petites rues de Saint-Germain. Et, chaque nuit, dans les rues illuminées, chaque devanture à nouveau sera une merveilleuse invite. Des étals crouleront sous les victuailles. Ils se presseront dans les cohues des grands magasins. Ils plongeront leurs mains dans les amas de soieries, caresseront les lourds flacons de parfum, effleureront les cravates.
    Ils tenteront de vivre comme avant. Ils renoueront avec les agences d'antan. Mais les charmes seront rompus. A nouveau, ils étoufferont. ils croiront crever de petitesse, d'exiguïté.
    Ils rêveront de fortune, ils regarderont dans les caniveaux, dans l'espoir de trouver un portefeuille gonflé, un billet de banque, une pièce de cent francs, un ticket de métro.
    Ils rêveront de s'enfuir à la campagne. Ils rêveront de Sfax.
    Ils ne tiendront pas longtemps
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  • Par Piling, le 07 août 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    L'oeil, d'abord, glisserait sur la moquette grise d'un long corridor, haut et étroit. Les murs seraient des placards de bois clair, dont les ferrures de cuivre luiraient. Trois gravures, représentant l'une Thunderbird, vainqueur à Epsom, l'autre un navire à aubes, le Ville-de-Montereau, la troisième une locomotive de Stephenson, mèneraient à une tenture de cuir, retenue par de gros anneaux de bois noir veiné, et qu'un simple geste suffirait à faire glisser. La moquette, alors, laisserait place à un parquet presque jaune que trois tapis aux couleurs éteintes recouvriraient partiellement.
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  • Par neLLie, le 15 février 2011

    L'œil, d'abord, glisserait sur la moquette grise d'un long corridor, haut et étroit. Les murs seraient des placards de bois clair, dont les ferrures de cuivre luiraient. Trois gravures, représentant l'une Thunderbird, vainqueur à Epsom, l'autre un navire à aubes, le Ville-de-Montereau, la troisième une locomotive de Stephenson, mèneraient à une tenture de cuir, retenue par de gros anneaux de bois noir veiné, et qu'un simple geste suffirait à faire glisser. La moquette, alors, laisserait place à un parquet presque jaune, que trois tapis aux couleurs éteintes recouvriraient partiellement.

    (Premier paragraphe)
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