> Jean-Luc Steinmetz (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253161209
Éditeur : Le Livre de Poche (2003)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.22/5 (sur 227 notes) Ajouter à mes livres
Lorsqu'il commence à publier ses petits poèmes en prose dans des revues et des journaux, Baudelaire a beau les qualifier modestement de " bagatelles ", il a pleinement conscience de ce qu'ils ont de singulier. Et nous le savons mieux désormais, ce qui s'inaugure de mani... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Dionysos89, le 20 mai 2012

    Dionysos89
    Souvenir d'étude de ma classe de seconde, souvenir très agréable.
    N'étant ni un spécialiste de la poésie, ni à même d'émettre un jugement sur un tel classique de la littérature française, ni capable de pouvoir résumer un tel recueil de Poèmes, ni sûr de pouvoir ajouter quoi que ce soit d'intéressant aux critiques précédentes, je ne vais qu'émettre mon humble impression de lecteur vis-à-vis de cette oeuvre atypique.
    Premièrement, posons le contexte : afin de ressentir au mieux les émotions décrites par Charles Baudelaire, mieux vaut lire ce petit livre dans son lit, face à une fenêtre, et par temps de pluie. En effet, l'auteur des Fleurs Du Mal traite de la misère, de la solitude, de la tristesse, de l'ennui, de la paresse même : en somme, de la mélancolie du temps présent.
    Contrairement à la "poésie d'élite", qui nous offre des rimes très, voire trop riches, sans parfois nous toucher vraiment, Charles Baudelaire, avec ses Petits poèmes en prose, nous touche au plus profond de nous-mêmes, par des gestes simples, des scènes de la vie quotidienne et des sentiments à portée universelle. Lire ces Poèmes en prose, c'est non seulement se libérer des carcans versifiés pour tenter d'aller plus loin, mais c'est aussi et surtout se rapprocher toujours plus de l'intelligence de l'auteur : les rimes, c'est bien souvent magique et musical, mais la prose permet ici de laisser vraiment libre cours à son imagination.
    À la limite des codes, pour transcender les genres littéraires : du grand Baudelaire.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 18 juillet 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Chaque lecteur lit à sa manière mais encore plus lorsqu'il s'agit de poésie. Alors, quand vient l'heure de rédiger ses impressions, cela devient plutôt ardu. On peut conseiller un roman que l'on a aimé tandis que conseiller un recueil de poèmes est plus difficile, il y a plus de risques qu'il ne trouve pas d'écho chez cette autre personne. de plus, la poésie est difficilement explicable, elle se lit, se vit tout simplement.
    Cependant, je peux vous dire que j'ai beaucoup apprécié ces Petits poèmes en prose. Juste avant, j'avais lu Les fleurs du mal (coup de cœur) et Le spleen de Paris m'est apparu comme plus léger. Nous retrouvons les thèmes chers à Baudelaire comme la mélancolie, la faiblesse de l'homme, la mort mais également des thèmes moins morbides. Non pas que ce livre soit teinté de joie, je dirais plutôt qu'il est empreint d'une grande lucidité. Certains textes sont tristes mais pas à l'extrême. Baudelaire nous raconte à travers sa prose, ce qu'il voit, ce qu'il ressent. Il nous raconte Paris, les gens, la vie et tout ça avec une grande justesse.
    Un livre très agréable sous forme de courts textes. Une plume dont on ne peut reconnaître que les qualités indéniables.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kenkuro, le 29 mai 2011

    kenkuro
    Il est toujours difficile de parler d'un classique. Que dire qui n'ait pas déjà été dit ? Sans avoir la prétention de livrer une critique révolutionnaire des poèmes en prose, je vais m'efforcer de donner quelques raisons qui doivent conduire tout lecteur curieux qui se respecte à ouvrir (même pour le refermer aussitôt) Le Spleen de paris. Voici donc 5 bonnes raisons :
    1. La poésie ce n'est pas que du versifié, et la découvrir en prose est aussi rafraîchissant qu'étonnant, déstabilisant peut être.
    2. Parce qu'un poète c'est aussi un homme, et que Baudelaire fait exploser le cadre classique du poète qui ne nous ressemble pas.
    3. Mais le poète est aussi celui qui voit ce qu'on ne voit pas. Qui oserait refuser le généreux don que nous fait Baudelaire en partageant ses visions ?
    4. Parce que les thèmes traités sont originaux, absurdes parfois, provocateurs souvent : "assommons les pauvres" ! Il est bon que la poésie s'attaque au quotidien.
    5. Enfin parce que, il faut l'avouer, ça fait terriblement chic de lire du Baudelaire.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Philippe67, le 04 mai 2012

    Philippe67
    Baudelaire en poëmes ou en prose reste un monument de la poësie française et d'une certaine époque.
    Ces textes ont gagné avec le temps une patine bien savoureuse.
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 16 juin 2011

    cicou45
    Il est vrai qu'il est difficile de faire un résumé d'un livre de poèmes quel qu'il soit, ce que je me risquerais donc pas à faire. Toujours est-il que certains thèmes récurrents reviennent régulièrement dans cet ouvrage comme ceux de la misère, de la tristesse ou encore de l'ennui. Baudelaire nous régale avec son écriture inégalable. Poète de génie, le lecteur passe un très agréable moment en lisant cet ouvrage, à condition qu'il ne soit pas déjà "déprimé" en décidant de le lire. Une pure merveille, à lire et à relire !
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Citations et extraits

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  • Par patouche, le 18 mai 2012

    D'autres qui accourent, par troupes, de plus de cinq lieues, pour partager le repas que leur à préparé la charité de certaines pucelles sexagénaires, dont le coeur inoccupé s'est donné aux bêtes, parce que les hommes imbéciles n'en veulent plus.
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  • Par patouche, le 18 mai 2012

    Je chante les chiens calamiteux, soit ceux qui errent, solitaires, dans les ravines sinueuses des immenses villes, soit ceux qui ont dit à l'homme abandonné, avec des yeux clignotants et spirituels: "Prends moi avec toi, et de nos deux misères nous ferons peut-être une espèce de bonheur !"
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  • Par magdala, le 18 mai 2012

    un musicien a écrit l'invitation à la valse ; quel est celui qui composera l'invitation au voyage, qu'on puisse offrir à la femme aimée, à la soeur d'élection.
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  • Par BleuCobalt, le 14 février 2012

    LE CONFITEOR DE L’ARTISTE

    Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’Infini.

    Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.

    Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.

    Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle, me révoltent… Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.
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  • Par Vienlivre, le 18 octobre 2011

    L'ÉTRANGER

    - Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère?
    - Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frères.
    - Tes amis?
    - Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est rester jusqu'à ce jour inconnu.
    - Ta patrie?
    - J'ignore sous quelle latitude elle est située.
    - La beauté?
    - Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
    - L'or?
    - Je le hais comme vous haïssez Dieu.
    - Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
    - J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!

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