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> Jean-Luc Steinmetz (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253161209
Éditeur : Le Livre de Poche (2003)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.18/5 (sur 451 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Lorsqu'il commence à publier ses petits poèmes en prose dans des revues et des journaux, Baudelaire a beau les qualifier modestement de " bagatelles ", il a pleinement conscience de ce qu'ils ont de singulier. Et nous le savons mieux désormais, ce qui s'inaugure de mani... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Dionysos89, le 20 mai 2012

    Dionysos89
    Souvenir d'étude de ma classe de seconde, souvenir très agréable.
    N'étant ni un spécialiste de la poésie, ni à même d'émettre un jugement sur un tel classique de la littérature française, ni capable de pouvoir résumer un tel recueil de Poèmes, ni sûr de pouvoir ajouter quoi que ce soit d'intéressant aux critiques précédentes, je ne vais qu'émettre mon humble impression de lecteur vis-à-vis de cette oeuvre atypique.
    Premièrement, posons le contexte : afin de ressentir au mieux les émotions décrites par Charles Baudelaire, mieux vaut lire ce petit livre dans son lit, face à une fenêtre, et par temps de pluie. En effet, l'auteur des Fleurs Du Mal traite de la misère, de la solitude, de la tristesse, de l'ennui, de la paresse même : en somme, de la mélancolie du temps présent.
    Contrairement à la "poésie d'élite", qui nous offre des rimes très, voire trop riches, sans parfois nous toucher vraiment, Charles Baudelaire, avec ses Petits poèmes en prose, nous touche au plus profond de nous-mêmes, par des gestes simples, des scènes de la vie quotidienne et des sentiments à portée universelle. Lire ces Poèmes en prose, c'est non seulement se libérer des carcans versifiés pour tenter d'aller plus loin, mais c'est aussi et surtout se rapprocher toujours plus de l'intelligence de l'auteur : les rimes, c'est bien souvent magique et musical, mais la prose permet ici de laisser vraiment libre cours à son imagination.
    À la limite des codes, pour transcender les genres littéraires : du grand Baudelaire.
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    • Livres 4.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 18 juillet 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Chaque lecteur lit à sa manière mais encore plus lorsqu'il s'agit de poésie. Alors, quand vient l'heure de rédiger ses impressions, cela devient plutôt ardu. On peut conseiller un roman que l'on a aimé tandis que conseiller un recueil de poèmes est plus difficile, il y a plus de risques qu'il ne trouve pas d'écho chez cette autre personne. de plus, la poésie est difficilement explicable, elle se lit, se vit tout simplement.
    Cependant, je peux vous dire que j'ai beaucoup apprécié ces Petits poèmes en prose. Juste avant, j'avais lu Les fleurs du mal (coup de cœur) et Le spleen de Paris m'est apparu comme plus léger. Nous retrouvons les thèmes chers à Baudelaire comme la mélancolie, la faiblesse de l'homme, la mort mais également des thèmes moins morbides. Non pas que ce livre soit teinté de joie, je dirais plutôt qu'il est empreint d'une grande lucidité. Certains textes sont tristes mais pas à l'extrême. Baudelaire nous raconte à travers sa prose, ce qu'il voit, ce qu'il ressent. Il nous raconte Paris, les gens, la vie et tout ça avec une grande justesse.
    Un livre très agréable sous forme de courts textes. Une plume dont on ne peut reconnaître que les qualités indéniables.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lenora, le 11 mai 2013

    Lenora
    Je ne pense pas avoir les mots pour illustrer judicieusement et fidèlement toute la beauté que ce recueil de poème en prose contient à travers les pages qui le composent. Il y a dans ces écrits une magie indéfinissable, une dureté légère, une vérité dévoilée et un lyrisme poignant.
    A mon avis, le plus juste moyen de poser une critique sur cette œuvre est de vous citer un passage tiré du chapitre "Les bons chiens", qui résument la pensée qui m'habite lorsque je pense à l'objectif de Charles Baudelaire :
    " Je chante le chien crotté, le chien pauvre, le chien sans domicile, le chien flâneur, le chien saltimbanque, le chien dont l'instinct, comme celui du pauvre, du bohémien et de l'histrion, est merveilleusement aiguillonné par la nécessité, cette si bonne mère, cette vraie patronne des intelligences !
    Je chante les chiens calamiteux, soient ceux qui errent, solitaires, dans les ravines sinueuses des immenses villes, soit ceux qui ont dit à l'homme abandonné, avec des yeux clignotants et spirituels : "Prends-moi avec toi, et de nos deux misères nous ferons peut-être une espèce de bonheur !" "
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    • Livres 5.00/5
    Par Philippe67, le 04 mai 2012

    Philippe67
    Baudelaire en poëmes ou en prose reste un monument de la poësie française et d'une certaine époque.
    Ces textes ont gagné avec le temps une patine bien savoureuse.

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    • Livres 4.00/5
    Par kenkuro, le 29 mai 2011

    kenkuro
    Il est toujours difficile de parler d'un classique. Que dire qui n'ait pas déjà été dit ? Sans avoir la prétention de livrer une critique révolutionnaire des poèmes en prose, je vais m'efforcer de donner quelques raisons qui doivent conduire tout lecteur curieux qui se respecte à ouvrir (même pour le refermer aussitôt) Le Spleen de paris. Voici donc 5 bonnes raisons :
    1. La poésie ce n'est pas que du versifié, et la découvrir en prose est aussi rafraîchissant qu'étonnant, déstabilisant peut être.
    2. Parce qu'un poète c'est aussi un homme, et que Baudelaire fait exploser le cadre classique du poète qui ne nous ressemble pas.
    3. Mais le poète est aussi celui qui voit ce qu'on ne voit pas. Qui oserait refuser le généreux don que nous fait Baudelaire en partageant ses visions ?
    4. Parce que les thèmes traités sont originaux, absurdes parfois, provocateurs souvent : "assommons les pauvres" ! Il est bon que la poésie s'attaque au quotidien.
    5. Enfin parce que, il faut l'avouer, ça fait terriblement chic de lire du Baudelaire.
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Citations et extraits

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  • Par Mimimelie, le 17 juin 2013

    Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
    Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

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  • Par Villoteau, le 13 février 2013

    Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.

    Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.

    Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.

    Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur.

    Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.

    Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.

    Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.
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  • Par Malaura, le 23 septembre 2012

    Enivrez-vous

    Il faut être toujours ivre. Tout est là: c’est l’unique question.
    Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
    Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
    Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est, et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront: « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise."
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  • Par MysterChat, le 14 février 2012

    LE CONFITEOR DE L’ARTISTE

    Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’Infini.

    Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.

    Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.

    Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle, me révoltent… Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.
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  • Par steka, le 26 octobre 2012

    ASSOMMONS LES PAUVRES !

    Pendant quinze jours je m’étais confiné dans ma chambre, et je m’étais entouré des livres à la mode dans ce temps-là ( il y a seize ou dix-sept ans ) ; je veux parler des livres où il est traité de rendre les peuples heureux, sages et riches, en vingt-quatre heures. J’avais donc digéré, - avalé, veux-je dire, - toutes les élucubrations de tous ces entrepreneurs de bonheur public, - de ceux qui conseillent à tous les pauvres de se faire esclaves, et de ceux qui leur persuadent qu’ils sont tous des rois détrônés. – On ne trouvera pas surprenant que je fusse alors dans un état d’esprit avoisinant le vertige ou la stupidité.
    Il m’avait semblé seulement que je sentais, confiné au fond de mon intellect, le germe obscur d’une idée supérieure à toutes les formules de bonne femme dont j’avais récemment parcouru le dictionnaire. Mais ce n’était que l’idée d’une idée, quelque chose d’infiniment vague.
    Et je sortis avec une grande soif. Car le goût passionné des mauvaises lectures engendre un besoin proportionnel du grand air et des rafraîchissants.
    Comme j’allais entrer dans un cabaret, un mendiant me tendit son chapeau, avec un de ces regards inoubliables qui culbuteraient les trônes, si l’esprit remuait la matière, et si l’œil d’un magnétiseur faisait mûrir les raisins.
    En même temps, j’entendis une voix qui chuchotait à mon oreille, une voix que je reconnus bien ; c’était celle d’un bon Ange, ou d’un bon Démon, qui m’accompagne partout. Puisque Socrate avait son bon Démon, pourquoi n’aurais-je pas mon bon Ange, et pourquoi n’aurais-je pas l’honneur, comme Socrate, d’obtenir mon brevet de folie ?
    Il existe cette différence entre le Démon de Socrate et le mien, que celui de Socrate ne se manifestait à lui que pour défendre, avertir, empêcher, et que le mien daigne conseiller, suggérer, persuader. Ce pauvre Socrate n’avait qu’un Démon prohibiteur ; le mien est un grand affirmateur, le mien est un Démon d’action, ou Démon de combat.
    Or, sa voix me chuchotait ceci : « Celui-là seul est l’égal d’un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir. »
    Immédiatement, je sautai sur mon mendiant. D’un seul coup de poing, je lui bouchai un oeil, qui devint, en une seconde, gros comme une balle. Je cassai un de mes ongles à lui briser deux dents, et comme je ne me sentais pas assez fort, étant né délicat et m’étant peu exercer à la boxe, pour assommer rapidement ce vieillard, je le saisis d’une main par le collet de son habit, de l’autre je l’empoignai à la gorge, et je me mis à lui secouer vigoureusement la tête contre un mur. Je dois avouer que j’avais préalablement inspecté les environs d’un coup d’œil, et que j’avais vérifié que dans cette banlieue déserte, je me trouvais, pour un assez long temps, hors de la portée de tout agent de police.
    Ayant ensuite, par un coup de pied lancé dans le dos, assez énergique pour briser les omoplates, terrassé ce sexagénaire affaibli, je me saisis d’une grosse branche d’arbre qui traînait à terre, et je le battis avec l’énergie obstinée des cuisiniers qui veulent attendrir un beefsteak.
    Tout à coup, - ô miracle ! ô jouissance du philosophe qui vérifie l’excellence de sa théorie ! – je vis cette antique carcasse se retourner, se redresser avec une énergie que je n’aurais jamais soupçonnée dans une machine si singulièrement détraquée, et, avec un regard de haine qui me parut de bon augure, le malandrin décrépit se jeta sur moi, me pocha les deux yeux, me cassa quatre dents, et, avec la même branche d’arbre, me battit dru comme plâtre. –Par mon énergique médiation, je lui avais rendu l’orgueil et la vie.
    Alors, je lui fis force signes pour lui faire comprendre que je considérais la discussion comme finie, et me relevant avec la satisfaction d’un sophiste du Portique, je lui dis : « Monsieur, vous êtes mon égal ! veuillez me faire l’honneur de partager avec moi ma bourse ; et souvenez-vous, si vous êtes réellement philanthrope, qu’il faut appliquer à tous vos confrères, quand ils vous demanderont l’aumône, la théorie que j’ai eu la douleur d’essayer sur votre dos. »
    Il m’a bien juré qu’il avait compris ma théorie, et qu’il obéirait à mes conseils.
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Hélène Schoumann présente Baudelaire, "Les Fleurs du Mal", Hazan
Ce chef-d'oeuvre, qui a valu à son auteur un procès pour délit d'outrage à la morale publique, a inspiré en 1944 à Matisse 34 dessins de visages, 33 lettrines et 36 culs-de-lampe.








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