Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique


> Jean-Luc Steinmetz (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253161209
Éditeur : Le Livre de Poche (2003)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.2/5 (sur 673 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Lorsqu'il commence à publier ses petits poèmes en prose dans des revues et des journaux, Baudelaire a beau les qualifier modestement de "bagatelles", il a pleinement conscience de ce qu'ils ont de singulier. Et nous le savons mieux désormais, ce qui s'inaugure de manièr... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (35)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par MllePeregrine, le 10 mai 2014

    MllePeregrine
    "Poème" et "prose" sont deux termes qui au XIXème siècle n'étaient pas fréquemment associés. D'emblée, Baudelaire se lance dans une nouvelle forme de poésie, une nouvelle manière de voir et de dire les choses. Pourquoi ne pas utiliser les vers, comme il l'avait déjà parfaitement fait dans les fleurs du mal, quelques années plus tôt? Peut-être parce qu'avec la poésie romantique d'un Hugo, d'un Lamartine ou même d'un Musset, Charles Baudelaire a besoin d'autre chose.
    "Le Spleen de Paris" se veut "le pendant" des Fleurs Du Mal. Il ne faut pas y voir là une construction parallèle, même si plusieurs Poèmes se retrouvent dans les deux recueils. Mais quand les propos du 1er étaient blasphématoires, souvent érotiques, la qualité des vers leur conférait une indicible beauté.
    Dans le 2ème recueil, la poésie semble dissoute. Qu'y a-t-il de poétique dans la description tragique et minutieuse du corps d'un enfant qui s'est pendu?
    La plupart des Petits poèmes en prose sont des analyses de la société de l'époque, le poète est un flâneur qui au gré de ses pérégrinations dans la grande ville qu'est Paris, capte l'étrangeté du quotidien et ses paradoxes.
    Baudelaire, ne l'oublions pas, est contemporain de la révolution urbaine. Il assiste à la transformation de Paris par Haussmann, voit l'essor de la grande presse, le développement de la photographie, l'apparition du gaz...Tout cela le fascine, l'obsède et...le dégoûte. Il en fait ses thèmes de prédilection. Et c'est à l'image d'une société qui pour lui se dégrade qu'il dégrade à son tour la poésie en la transformant en prose.
    Ses textes, par ailleurs, ont été successivement publiés sous forme de feuilletons dans les journaux (avant d'être publiés en recueil à titre posthume en 1869). C'est donc une poésie qui côtoie les faits divers, les actualités politiques et économiques que lisent les gens.
    Le recueil du spleen de paris est un expérience poétique qui vise à dépasser toutes les limites assignées jusqu'alors à la poésie.
    Mais si l'on écoute le diable que le narrateur rencontre dans le poème "un joueur généreux": la plus belle des ruses de la poésie de Charles Baudelaire ne serait-elle pas de nous persuader qu'elle n'existe pas?
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 24         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Dionysos89, le 20 mai 2012

    Dionysos89
    Souvenir d'étude de ma classe de seconde, souvenir très agréable.
    N'étant ni un spécialiste de la poésie, ni à même d'émettre un jugement sur un tel classique de la littérature française, ni capable de pouvoir résumer un tel recueil de Poèmes, ni sûr de pouvoir ajouter quoi que ce soit d'intéressant aux critiques précédentes, je ne vais qu'émettre mon humble impression de lecteur vis-à-vis de cette oeuvre atypique.
    Premièrement, posons le contexte : afin de ressentir au mieux les émotions décrites par Charles Baudelaire, mieux vaut lire ce petit livre dans son lit, face à une fenêtre, et par temps de pluie. En effet, l'auteur des Fleurs Du Mal traite de la misère, de la solitude, de la tristesse, de l'ennui, de la paresse même : en somme, de la mélancolie du temps présent.
    Contrairement à la "poésie d'élite", qui nous offre des rimes très, voire trop riches, sans parfois nous toucher vraiment, Charles Baudelaire, avec ses Petits poèmes en prose, nous touche au plus profond de nous-mêmes, par des gestes simples, des scènes de la vie quotidienne et des sentiments à portée universelle. Lire ces Poèmes en prose, c'est non seulement se libérer des carcans versifiés pour tenter d'aller plus loin, mais c'est aussi et surtout se rapprocher toujours plus de l'intelligence de l'auteur : les rimes, c'est bien souvent magique et musical, mais la prose permet ici de laisser vraiment libre cours à son imagination.
    À la limite des codes, pour transcender les genres littéraires : du grand Baudelaire.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 22         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Darkcook, le 21 septembre 2014

    Darkcook
    Le Darkcook qui disait, pour la poésie, "Après le vers, le chaos"? C'était avant. Un temps où, dégoûté par les surestimés Michaux et Bonnefoy, équivalents poétiques de l'art abstrait, sédaté trop jeune par une mauvaise prof, j'avais fait l'impasse sur Le Spleen de Paris, avec un atroce mais tenace préjugé sur le manque total d'émotions que susciterait chez moi une telle effronterie, un tel dénigrement des formes canoniques et sacrées, intrinsèques à la poésie et ses jeux musicaux. Oui, le déïficateur du XIXème romantique ignorait Baudelaire. Puis, un ami lui aussi empreint de ce siècle sacré (le même qui me conseilla Bruges-La-Morte) se scandalisa il y a quelques années à ce sujet. Je m'emparai donc des Fleurs du mal pour le lire un jour, et gardai sous le coude Le Spleen de Paris, quoique demeurant peu convaincu par ce dernier, dont le souvenir demeurait rattaché à des cours trèèèèès ennuyeux d'une époque lointaine où je ne voyais que par Harry Potter. Bêtise, bêtise, bêtise...
    Il aura fallu l'agrèg pour me réveiller. Comment décrire ce recueil? Une sorte de La Fontaine affranchi du vers, laissé dans Paris au XIXème, bercé par un univers onirique et gothique de son idole Poe, au service d'une célébration constante du poète et de l'artiste, et de la raillerie contre les aberrations de son temps. L'écriture est absolument sublime, mon prof actuel avait parlé du sens de la formule de Baudelaire, et c'est exactement ça. Un délice de tous les instants que ces poèmes, quasiment tous chefs d'oeuvre de perfection, maniant tour-à-tour mélancolie, ironie, humour, dans un romantisme absolu, et aux antipodes de l'obscurité et du non-sens dont aime à se parer la poésie moderne. Voyez-y plus un recueil de nouvelles poétiques d'une qualité exceptionnelle, atteignant des sommets littéraires, que quoique ce soit approchant Michaux ou Bonnefoy... Les dix derniers, ajoutés plus tard, sont un peu moins réussis, mais en regardant en arrière, difficile de choisir des poèmes favoris, tant Baudelaire a travaillé ces sculptures verbales qui nous impressionnent les unes après les autres et nous laissent pantois d'admiration et de communion avec lui.
    Ma sélection sera forcément subjective : "À une heure du matin", "La Solitude", "Les Projets", "Le Joueur généreux" (hommage au Faust de Goethe!), "Les Vocations", "Enivrez-vous!", "Déjà!", (extraordinaire) "Le Chien et le Flacon" (tellement vrai!!), mais surtout, au-dessus de la pyramide, je mettrai "L'Horloge", partageant avec Baudelaire la religion des chats, tant il m'aura touché dans sa lettre d'amour à Féline.
    Après une telle lecture, je vais beaucoup moins râler (mais toujours un peu) quant à l'Agrèg... Nul doute que Les Fleurs du mal suivront (puisque Le Spleen est son pendant prosaïque, lui faisant sans cesse écho) ainsi que Gaspard de la nuit d'Aloysius Bertrand dont Baudelaire s'est inspiré... Merci, saint patron des Dandy!!
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 15         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par araucaria, le 15 mars 2014

    araucaria
    Un ouvrage classique qu'il est bon de découvrir. La mission est accomplie, je l'ai lu. Mais j'avoue que je préfère les Poésies en vers de Baudelaire. Cette lecture n'a pas été une révélation, ou une révolution, pour la lectrice que je suis. Un classique honnête, bien écrit naturellement, sans plus. Je vais plus facilement vers la re-lecture des "Fleurs Du Mal".

    Lien : http://araucaria20six.fr/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 28         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par JacobBenayoune, le 22 décembre 2013

    JacobBenayoune
    C'est Baudelaire qui m'a fait découvrir cette notion de spleen, sentiment que je ressentais sans pouvoir nommer.
    Ses Petits poèmes en prose sont un roman poétique, un recueil d'essais, de nouvelles, bref, un mélange singulier de thèmes différents (chers à Charles Baudelaire) comme l'art, la charité, l'évasion, la femme, l'ivresse, la solitude, Satan, ou le temps. Thèmes déjà présents dans ses Fleurs du mal. Baudelaire se libère de la forme poétique versifiée tout en gardant l'âme même de la poésie (« Sois toujours poète, même en prose »), le langage imagé et métaphorique ainsi que le regard différent, autre, des choses les plus communes et des êtres les plus simples.
    Je me retrouve à chaque fois que je lis Baudelaire, il est l'auteur qui nous enchante, nous enivre même en plein spleen, il chasse les idées noires, pour nous livrer un monde parfait ; le monde comme il est et comme il doit être, simple, misérable, il faut juste avoir le bon œil pour le voir et le sentir. « Nous avons sur cette terre ce qui rend la vie digne d'être vécue » comme le dit Darwich (en arabe c'est plus poétique). La poésie de Baudelaire en fait partie de ces choses là. Un ouvrage qui rend le spleen et la solitude plus doux.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 12         Page de la critique

> voir toutes (113)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par ClaudeCClaude, le 24 octobre 2014

    Le poete jouit de cet incomparable privilège, qu' il peut à sa guise être lui même et autrui

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la citation

  • Par ClaudeCClaude, le 24 octobre 2014

    Le poete jouit de cet incomparable privilège qu' il peut à sa guise être lui même et autrui.

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par Villoteau, le 13 février 2013

    Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.

    Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.

    Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.

    Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur.

    Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.

    Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.

    Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 19         Page de la citation

  • Par Malaura, le 23 septembre 2012

    Enivrez-vous

    Il faut être toujours ivre. Tout est là: c’est l’unique question.
    Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
    Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
    Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est, et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront: « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise."
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 34         Page de la citation

  • Par MonsieurChat, le 14 février 2012

    LE CONFITEOR DE L’ARTISTE

    Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’Infini.

    Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.

    Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.

    Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle, me révoltent… Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

> voir toutes (22)

Videos de Charles Baudelaire

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Charles Baudelaire


Présentation des Fleurs Du Mal (Diane de Selliers, éditeur - 2005)
Diane de Selliers, éditrice de livres d'art, présente son édition des Fleurs Du Mal de Charles Baudelaire illustrées par la peinture symboliste et décadente,...








Sur Amazon
à partir de :
3,42 € (neuf)
1,99 € (occasion)

   

Faire découvrir Le Spleen de Paris : Petits poèmes en prose par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (1808)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz