ISBN : 2844121152
Éditeur : Joëlle Losfeld (2002)


Note moyenne : 3.53/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
"Oui, je veux vous aimer mais vous aimer à peine", lui a-t-elle murmuré sur un air de tango. Peu importe la peine, peu importe même que la demoiselle soit allemande et que les attentats terroristes ensanglantent Munich et ses Jeux olympiques en cet é... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 09 février 2012

    brigittelascombe
    "Aujourd'hui, maman est morte.." annonce Inge, une "fille au visage de Lorelei" au beau milieu d'un tango.
    Le narrateur d'Effroyables jardins(best-seller adapté au cinéma et au théâtre), que l'on retrouve dans cette suite, souvenirs d' Allemagne l'été 1972, répond du tac au tac "La mienne s'en est allée l'année dernière" sans se douter que cette francophile cite L'étranger de Camus.
    Curieuse entrée en matière pour une drague basée sur gaffes et malentendus.
    Vingt deux ans tous les deux, elle veut devenir journaliste et écrire sur les JO de Münich, lui, diplomé de Sciences Po, prépare l'ENA et doit au cours de son stage allemand rédiger un mémoire sur les équipes de foot. Cet amour naissant est-il voué à l'échec? La remontée des souvenirs, du passé de résistants d'André le père-clown réhabilité et admiré et de Gaston son cousin "qui ont fait sauter le transfo", ont été pris en otages (sur ordre d'un officier SS) et se sont évadés,ne sont peut-être pas du meilleur goût pour la "Prussienne? Mais qui est-elle vraiment cette Inge au petit-ami Noir Américain? Qu'a-t-elle "à voir avec la RFA"? Mythomane, espion, criminelle, ou amoureuse d'un petit français?Pourquoi aurait-il "Lorelei pour amante"?Et cet ex-nazi, le connaîtrait-elle?
    Suspense et émotions sur fond de chanson de Lady Marlène, de vers d'Appolinaire ("Oui, je veux vous aimer mais vous Aimer à peine..") et de Wagner joué à l'harmonium par un petit prodige Lohengrin.
    Une histoire d'amour triste racontée dans un long monologue adressé au père disparu, émaillée de mots allemands ("Ja wohl!") pour faire couleur locale. Un parler simple parsemé d'argot et très imagé (ex:"une voix de Castafiore à péter les miroirs") et beaucoup d'humour et d'autodérision pour faire passer l'indicible.
    Le hasard existe-t-il? semble questionner Michel Quint. La rencontre du fils d'André le résistant et d'Inge Sonnenschein était-elle prédestinée? Passe-t-on côté du bonheur par inadvertance?
    Michel Quint professeur de Lettres et de théâtre a écrit moult ouvrages (romans noirs,nouvelles,romans policiers) et a obtenu le grand prix de la Littérature policière en 1989 pour Billard à l'étage.
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    • Livres 3.00/5
    Par liliba, le 29 février 2012

    liliba
    Nous retrouvons dans ce roman le jeune garçon, narrateur de Effroyables jardins. Nous sommes en 1972, au moment des attentats terroristes aux jeux olympiques de Munich, et il doit réaliser un mémoire sur les coulisses politiques du milieu sportif. Il rencontre alors l'officier allemand à l'origine de l'arrestation de son père et de son oncle, des années plus tôt. Les souvenirs affluent, de même que les interrogations : qui fut responsable, coupable, et surtout, comment vivre au quotidien avec une conscience en paix, comment renouer le lien et l'amitié entre les deux peuples, comment surmonter la barbarie du passé et faire table rase des actes dont on aimerait qu'ils n'aient jamais eu lieu. Des questions d'autant plus importantes pour le jeune homme qu'il est amoureux de la fille de l'officier...



    On peut mettre en avant l'honneur, le devoir, le sens de la Patrie. On peut se trouver des excuses et mille raisons valables. Mais quand on a vécu cette période douloureuse, et surtout quand on a par ses paroles ou ses actes influé sur le cours de la vie d'autres gens, il est difficile ensuite de passer sa vie à se cacher derrière toutes ces raisons. Et parfois, le doute s'installe : et si j'avais réagi autrement ? Quand à ceux qui survivent ou aux descendants, comme c'est le cas dans ce roman : comment réagir ? Vengeance et haine semblent déplacées et inutiles, juste bonnes à remuer la douleur. Pardonner, pour autant ? Pas si facile d'oublier ainsi le passé, même si ce passé est celui du père, et non le sien.

    Voici à nouveau un roman où l'homme est mis en avant, ses actes, mais surtout les conséquences de ses actes. Michel Quint écrit sobrement, mais son style prend au cœur, aux tripes. Il rend hommage à ces hommes, dont on sent qu'il éprouve pour eux une grande tendresse, une mansuétude infinie puisque ce ne sont pas une fois de plus des héros décorés, mais des gens simples, discrets, juste humains.



    J'ai adoré les descriptions de l'auteur. J'ai adoré également son humour, et la façon dont il trousse les portraits. Dans le même temps, il peut écrire des passages totalement poignants, tout en restant dans la sobriété la plus maîtrisé. du grand art. Et de la belle littérature.
    Suite sur Les lectures de Liliba

    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2012/01/20/index.html
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    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 31 mars 2012

    BVIALLET
    Ce très court roman est une sorte de longue lettre de l'auteur , jeune étudiant à son père qui vient de décéder . Nous sommes en 1972 au moment des attentats terroristes aux Jeux Olympiques de Munich .
    Il rencontre Inge , une jeune allemande dont il tombe amoureux alors qu'il séjourne en Bavière pour faire un mémoire sur les coulisses politiques du milieu sportif . Il découvre que le club équestre de l'endroit est tenu par des notables anciens nazis et que les clubs de foot-ball ne sont pas plus clairs . La plupart des gens qu'il rencontre ne lui semblent pas avoir renié leur passé . Il rencontre même l'officier allemand qui arrêta , à titre d'otages son père et ses amis résistants qui venaient de faire sauter un transformateur et les envoya en camp de concentration au lieu de les fusiller . Sa liaison avec Inge finira tragiquement et montrera ainsi que malheureusement les enfants paient souvent pour les erreurs de leurs parents .
    Une longue méditation sur le courage et la lâcheté , la mémoire et l'oubli , dans un style agréable et émaillé de quelques mots et expressions chtimi .
    La mort qui est présente dans tout le livre lui donne un ton un peu triste et mélancolique . Mais il ne laisse pas indifférent et donne à réfléchir .

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 3.00/5
    Par PtiteSouris, le 15 janvier 2012

    PtiteSouris
    La suite d'Effoyables jardins.
    L'histoire : 1972, le narrateur raconte à son père décédé son voyage en Allemagne en tant qu'étudiant, et surtout sa rencontre fortuite avec un ancien tortionnaire de son père. Ainsi que la rencontre avec une jeune allemande dont il se sent amoureux.
    Beaucoup de questions dans ce roman très court : quelle responsabilité pour les Allemands ? Quelle place pour la culpabilité ? Et donc, quelle mémoire ?
    Le récit est haché, le narrateur nous raconte son histoire avec ses mots, ce qui peut parfois être pénible, donnant parfois une impression de brouillon, d'inachevé, ce qui est normal vue la destination du récit. Je n'ai pas trop accroché à ce style. Mais ce roman reste intéressant parce que vivant, et plein d'humanité, de honte et de questionnements.

    Lien : http://ptitesouris.hautetfort.com/archive/2012/01/15/aimer-a-peine-d..
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Citations et extraits

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  • Par liliba, le 29 février 2012

    "... ne te laisse pas accaparer par les démonstrations de Françoise. Prends ta part de sincère douleur dans ses pleurnicheries et sois indulgent pour ses débordements de fille possessive et soeur exemplaire.

    A mon coté, elle est semblable à elle-même. Elle arbore un chagrin de haute couture, de la larme sur mesure, du sanglot de défilé, et c'est tant mieux. Ainsi elle a moins mal. Parce que dans ces occasions macabres, elle donne sa mesure, son grand corps un peu gras, toute cette poitrine qui l'encombre d'habitude, son air de famille avec moi, nez de boeuf-oeil de génisse, tout en demeurant digne, elle te transfigure tout ça par une générosité de chair douloureuse, une sorte d'offrande de soi, façon Marie Madeleine...Croyez pas que ce soit cruanté de parler ainsi de Françoise. Au contraire, cette façon de n'être jamais surprise par la douleur, ce désespoir maîtrisé au cil près, ça force l'admiration... Et justement, des hommes encore jeunes, aux yeux rouges, quelques-uns de tes anciens élèves venus honorer ta dépouille, papa, tressaillent quand elle pousse un petit gémissement presque érotique, juste comme le curé lève le goupillon au dessus de la fosse."
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  • Par liliba, le 29 février 2012

    Et même si ma voix n'arrive pas à toi, papa, c'est à toi que je parle... Oui au procès Papon j'ai refait le clown à ta place, plus de vingt ans après ta mort, j'ai tenté de convoquer les âmes des pauvres morts des camps, des déportés, bien sûr j'essayais de rendre un peu de dignité au monde par la dérision, bien sûr je transgressais le sacré de la justice, bien sûr je frôlais le sacrilège au regard de ces vies volées, parce que c'est la seule façon de combattre la transgression de nature qu'est le mal absolu, mais j'appelais aussi l'ombre douce d'Inge, parce que finalement, tu vois, on paie tous, et très cher, vainqueurs ou vaincus, la rançon de la barbarie et de l'inhumanité, les gages des bourreaux nous en sommes tous comptables, et au bout de l'histoire on ne peut plus qu'essayer d'aimer, mais à peine. Et de Dieu, c'est douloureux, p'pa, c'est douloureux..."
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  • Par liliba, le 29 février 2012

    J'avais deux mois à passer chez ces anges en culotte de peau. Je me croyais regardé comme l'exotique étudiant français. Ach Pariss, kleine madmâzelles ! Bernique : mes Thiel cherchaient pas du tout le parfum de Pigalle sur mes revers de veston... Très vite, à cause d'une anecdote que je te dirai plus tard, une rencontre, et d'une photo sépia, accrochée dans leur salon, un type souriant, en casquette, perché au faîte d'une maison en construction, j'ai compris qu'ils font la paix universelle à leur mesure, sans acte de contrition, ni regret faux-cul de ce dont ils ne se sentent pas coupables, des crimes nazis. A condition d'en reconnaître la réalité, de ne pas être des dupes volontaires."
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  • Par brigittelascombe, le 09 février 2012

    A peine si j'ai entendu...C'est moi qui ai fini..Et plus rien, nicht mehr,morte,gestorbene,on s'en fout de la langue qui pense ça,il n'y a pas de langue des vivants et de langue des morts,n'importe quel mot suffit,par contraste,à dire le silence,la douleur,le néant,la jeunesse ôtée,ce scandale d'un corps magnifique,rempli d'années possibles et d'amours et d'enfants et de folies,cette flambante réserve de vie,sans le souffle,éteint d'un coup.
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  • Par brigittelascombe, le 09 février 2012

    "Oui je veux vous aimer mais vous aimer..."
    A peine si j'ai entendu...C'est moi qui ai fini...Et plus rien,nicht mehr,morte,gestorbene,on s'en fout de la langue qui pense ça,il n'y a pas de langue des vivants et de langue des morts,n'importe qul mot suffit,par contraste,à dire le silence,la douleur,le néant,la jeunesse ôtée,ce scandale d'un corps magnifique,rempli d'années possibles et d'amours et d'enfants et de folies,cette flambante réserve de vie,sans le souffle,éteint d'un coup.
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Bande annonce du film Effroyables jardins, adaptation cinématographique du livre éponyme de Michel Quint.








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