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ISBN : 2878582357
Éditeur : Viviane Hamy (2006)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 123 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Aux tréfonds des terres de l'Ouest, le garde-chasse Lambert découvre son nouveau maître : le jeune l'Aubépine. Il ne parle que de révolution. Lambert bougonne et se ronge les sangs : les dettes s'accumulent, les fermiers et les terres deviennent sauvages. Et puis, il y ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par SebastienFritsch, le 03 mai 2012

    SebastienFritsch
    La lecture de ce roman m'a fait sortir les yeux de la tête. Je sais que l'on n'écrit plus au XXIème siècle comme écrivait Hugo. Je sais aussi que ce livre à reçu le prix du livre Inter et qu'il s'est vendu comme des petits pains, ce qui signifie que des milliers de personnes l'ont adoré. Mais il n'est pas encore venu, le jour où je jugerai une de mes lectures en fonction des prix reçus, des chiffres de ventes ou des aptitudes de l'auteur à réinventer la langue française. Excusez la coquille, j'ai écrit "réinventer" à la place de "massacrer".
    Les éléments qui m'ont marqué, dans ce roman, sont :
    - de longues phrases, hachées par des virgules : étouffant !
    - Des dialogues pas introduits : on ne sait pas quand on passe de la narration au dialogue. de ce fait, tous les échanges entre les personnages semblent plats, sans sentiment, sans consistance, sans vie. Et l'auteur, en écrivant ainsi, paraît même se désintéresser lui-même de ce qu'il écrit. On dirait qu'il raconte une histoire qui n'est pas la sienne, des ragots qui ne le concernent pas.
    Pourtant, les verbes "dire", "hurler", "murmurer", "bafouiller", etc, servent normalement à faire vivre un dialogue, à donner de la couleur à un texte qui n'est, somme toute, qu'une suite de tâches d'encre noire sur une feuille blanche. Et les guillemets, les points d'exclamation, ce n'est pas fait pour les chiens, tout de même ! Ou est-ce parce qu'il y a trop de chiens dans ce roman que toute cette ponctuation a été déchiquetée, dévorée ?
    Mais c'est inadmissible ! Quand je me fâche, je postillonne des points d'exclamation partout ! Alors où sont passés ceux de François Vallejo ? Ses personnages n'en voulaient-ils pas ? Ne se fâchent-ils pas réellement, alors ? Font-ils juste semblant ? Vivent-ils, eux aussi, une histoire qui n'est pas la leur ?
    Certes, le thème, l'intrigue, les situations, les décors, la confrontation entre les êtres, tout ça c'est très bien, on ne peut pas le nier, mais c'est aussi très bien desservi par le choix de cette forme sans relief. Les personnages (théoriquement) tourmentés, vicieux, violents, affolés, déterminés ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes, des silhouettes en carton que l'on promène devant la fenêtre du château de la famille de l'Aubépine. Et ainsi toutes les bonnes intentions de l'auteur tombent par terre, du simple fait de cette volonté de violenter la langue française.
    N'avait-il pas d'autre moyen de se faire remarquer, monsieur Vallejo que s'imposer cet a priori esthétique et destructeur ? Car associer le plus clair des diamants au plus bel anneau d'or ne fera jamais un bijou s'il n'y a pas de griffes pour les unir. de bonnes idées posées sur une belle histoire ne tiendront pas ensemble s'il manque les griffes de la ponctuation ainsi que les autres éléments rythmiques décrits plus haut pour sertir le joyau sur la bague.
    Finalement, ce texte ressemble trop à un script cinématographique. Comme s'il n'avait pas été écrit pour être lu mais juste pour faire passer des idées à ceux qui en feront un chef d'œuvre.
    Quelques extraits pour servir d'exemple :
    Page 61
    Et voilà qu'un homme vient, tout gris, tout noir, un chapeau comme ça, une redingote comme en hiver, au milieu du mois d'août, une journée entière enfermé avec M. de L'Aubépine dans la bibliothèque.
    Page 62
    Le notaire n'a pas eu le temps de tourner le coin, Lambert n'a pas lâché Rajah qu'il est convoqué au salon. M. de L'Aubépine est dans un état, un état, à faire des pas, à se buter, guéridons, coin de cheminée, à s'exciter, il ne parle pas clair, des bouts d'immeuble parisien, et je bifurque, des rentes, je ne devrais pas vous en dire autant, un reliquat de sa défunte femme, où en étais-je ? Lambert finit par démêler le principal : le maître réalise ses biens, il veut en tirer du bel argent qui coule, et le petit homme tout gris, tout noir, en a apporté une avance, et un bout de l'avance est pour les Lambert.
    Page 73
    C'est une bien bonne femme qu'Eugénie, pas la peine d'aller lui mettre de mauvaises idées en tête. Lambert, Lambert, c'est une voix qui vient de loin, de l'étage : M. de L'Aubépine a entendu Lambert crier Eugénie, alors il appelle Lambert.
    (L'exemple de la page 73 est à mon sens le plus parlant pour "exemplifier" la platitude qui ressort du manque de ponctuation).
    Dernière petite remarque : l'introduction (qui n'est en fait que la révélation de la source d'inspiration de Vallejo pour son roman) n'a rien a faire là. Il dit, dans une interview, qu'il a supprimé la visite à Victor Hugo pour éviter de sortir de l'enfermement de l'Ouest, pour ne pas rompre la tension. C'était à coup sûr une très bonne idée, puisque la tension se vit effectivement très clairement quand on lit la partie sur la séquestration. Supprimer ne lui fait donc par peur. Alors pourquoi ne l'a-t-il pas fait pour les deux pages de l'intro qui rompent encore plus franchement avec "L'Ouest", puisqu'elles nous parlent de Bagdad en 2003 ? C'était ça ou les guillemets ? Pas sûr qu'il ait fait le bon choix.
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    • Livres 1.00/5
    Par viou1108, le 04 novembre 2012

    viou1108
    Voilà un titre qui situe d'emblée le lieu de ce drame. Nous sommes dans l'Ouest de la France, haut lieu de la chouannerie, autour de 1848. Les nobliaux blancs ont dû céder la place aux bleus républicains, avant que n'advienne l'Empire de Napoléon III.
    Au château des Perrières, le vieux baron de l'Aubépine a trépassé, et son fils, guère aimé dans le pays, prend sa place. Tel père tel fils, rien n'est moins vrai ici, et un vent nouveau mais mauvais se met à souffler sur ce bout d'Ouest.
    Le roman chronique une décennie de vie commune entre les occupants du domaine, avec dans les rôles principaux le garde-chasse Lambert et son maître le baron. Participent aussi la femme, la fille et les chiens de Lambert. On ne peut pas dire que l'harmonie prédomine dans ces relations. On assiste en réalité, sous un vernis de courtoisie de plus en plus écaillé, à une sorte de guerre froide larvée entre Lambert et le nouveau baron. le premier, domestique jusque là loyal et dévoué à sa tâche, plein de bon sens, attaché aux traditions autant qu'à ses chiens et ses forêts, n'apprécie pas son maître, personnage fantasque (on dirait aujourd'hui « maniaco-dépressif »), pervers et manipulateur, qui, bien que de souche noble, se targue de défendre les valeurs de la République, et voue un culte obsessionnel à son idole exilée à Guernesey, Victor Hugo.
    Entre hypocrisie et chantages, chacun prend tour à tour la main sur l'autre, sans qu'on n'arrive, à la fin, à déterminer le vainqueur.
    Ce roman est déroutant, je ne sais pas trop quoi penser de ce huis-clos psychologique. C'est le style, très particulier, qui m'a laissée perplexe : tout est écrit en continu, les dialogues ne sont jamais signalés par des tirets ou des guillemets. Il est parfois malaisé de comprendre qui parle, et de distinguer les paroles des pensées. Ce style m'a paru original pendant les 50 premières pages, j'étais même plutôt emballée. Mais c'est là le problème, ça ne fonctionne qu'à petites doses et sûrement pas pendant 300 pages. On a l'impression d'être dans la tête des personnages, et Dieu sait si leurs esprits sont tourmentés. Tant de cérébralité est lassant, c'est plat et monotone, alors que paradoxalement j'ai bien ressenti la hargne constante des personnages. Mais ceux-ci ne sont pas attachants, et la trame est insipide.
    Lecteurs voyageurs, évitez donc le chemin vers cet Ouest
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 23 septembre 2011

    Malaura
    Il y a de vieilles photos de familles qui intriguent...comme celle-ci, représentant un homme armé avec son chien.
    Nous sommes au XIXème siècle et cet homme, c'est Lambert, le garde-chasse du domaine des Perrières.
    Ses chiens, ses bois, sa famille, le respect qu'il voue à ses maîtres, c'est toute sa vie à Lambert.
    Mais quand le fils de feu M. le Baron reprend les rênes du château, pour Lambert, plus rien ne va.
    Entre son nouveau maître et lui , la tension monte...inexorablement.

    Dans ce huis-clos remarquable prenant pour cadre les terres marécageuses de la Vendée du XIXème siècle, François Vallejo réussit parfaitement à créer un climat de tension perpétuel où perce l'inquiétude trouble de l'incompréhension sociale.
    Avec son style âpre et singulier, où narration et oralité se mêlent et s'entremêlent, s'imbriquent étroitement, cette confrontation intense et fiévreuse entre deux mondes, entre deux consciences, entre morale paysanne et aristocratie dégénérée, est tout bonnement Magnifique.
    Prix Inter 2007.
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 juin 2011

    LiliGalipette
    Une photo de famille et une photo dans un journal. Tout cela remonte à des années. Sur la première photo, il y a Lambert, le garde-chasse du baron l'Aubépine. Ce baron, farouche royaliste, éloigne de lui son fils, un drôle de coco aux idées révolutionnaires. À la mort du patriarche, le fils revient sur les terres familiales, dans l'Ouest de la France. « Les terres de l'Ouest, il ne fallait pas trop leur demander, même soixante ans après la Révolution, elles auraient préféré que les jeunes maîtres soient la réplique des anciens. » (p. 16) Dans les environs, tout le monde s'étonne du comportement du jeune l'Aubépine. Qui sont ces femmes qui se succèdent au château et qui repartent terrorisées ? Qu'arrive-t-il à la jeune et jolie Berthe François ? Enragé de révolution et dégoûté de Louis-Napoléon, le baron s'absente longtemps de ses terres pour de mystérieux séjours à Paris. On le suppose activiste, et comploteur. « L'Empire français pèse sur lui comme un malheur personnel. » (p. 91) Pour l'Aubépine, la victoire serait de rencontrer Victor Hugo en exil.
    Sur le domaine, gardien hiératique, Lambert est fier à en pavoiser de sa meute de chiens. À la tête de celle-ci, Rajah, superbe bête, colosse animal, à la fois danger et défense. Lambert est à l'image de ses chiens : « Il y a de la chiennerie en vous, brute, et ça ne me déplaît pas. » (p. 22) Mais le garde-chasse ne sait que faire des amabilités du maître, ne sait comment s'accommoder de cette attitude prolétaire. Entre eux s'installe une complicité malsaine, macabre et coupable. Mais au fil du texte, le rapport de force s'inverse et le plus fort passe sous la coupe du plus faible. Eugénie, la femme de Lambert, et leur fille Magdeleine sont de piètres garde-fous dans la danse étrange que mènent le serviteur et le maître.
    Étrange lecture. le ton, la langue, la narration, tout entraîne le lecteur hors des sentiers battus. le dialogue n'est jamais vraiment un échange et le récit est toujours soumis au doute. Je ne saurais dire si j'ai aimé ce livre. le fait est que je l'ai lu sans tenter de le comprendre, sans vouloir percer son mystère. Il ne m'en restera probablement que peu de souvenirs et une grande frustration, comme si je restais sur le seuil d'un grand texte. Mais, étrangement, je me suis refusée à fournir l'effort nécessaire pour embrasser ce texte. Voilà finalement une expérience de lecture peu commune, gênante, où la culpabilité et le soulagement se mêlent dans une image plutôt terne.
    Du même auteur, j'avais passionnément aimé Les soeurs Brelan.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 24 décembre 2011

    carre
    Ce huis clos situé au XIX ème siècle entre le garde forestier Lambert et son maitre le fils L'Aupépine nous amuse d'abord puis peu à peu l'intrigue devient opaque, oppressante , mystérieuse. L'angoisse est là, latente et les terribles moeurs présumés du maitre sont au coeur du questionnement de Lambert. Et l'on sent poindre un affrontement final qui ramènera les protagonistes à leur propre démon. Valléjo ce sert d'une manière formidable des lieux, de cette nature pluvieuse, boueuse ou les brouillards matinaux et la densité de la forêt épaississent un peu plus le récit. D'une écriture fiévreuse, sans artifice, toujours juste et dense, Vallejo réussit un roman brillant et obsédant.
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Citations et extraits

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  • Par mariecesttout, le 25 janvier 2014

    ... Il s'arrête juste avant, il se repose sur sa canne ferrée; il retourne son histoire dans tous les sens; le plus difficile c'est de trouver le début, parce que le début c'est la fin. Vas-y Lambert, secoue la cloche et cause, tu verras bien ce qui en sortira. C'est une servante qui ouvre, elle a un de ces tons: Voyons, à une heure pareille, M. Julien n'y est jamais. Comme elles vous parlent, ces femmes-là, après on s'étonne de les voir étranglées. C'est bon, c'est bon, je reviendrai quand il y sera. Dans deux heures, pas avant. Lambert sent son ventre bien libre, bien souple d'un coup.

    Vous dites que M. Julien n'y sera pas avant deux heures?
    Je l'ai déjà dit.
    Bon Dieu, voilà une femme qui vous décourage de revenir.
    Je peux attendre une heure, c'est ça, juste une heure.
    Voyons, c'est idiot.
    Mettons les deux heures, alors, pas une minute de plus. Si M. Julien n'arrive pas, il n'aura à s'en prendre qu'à lui-même.

    Lambert redescend la Grand'rue, son bout ferré fait des étincelles; il la remonte. Il sent bien qu'il commence à faire causer, derrière les fenêtres. Qu'est ce qu'il nous veut, à la fin, le Lambert? Ce n'est pas dans son usage de s'attarder comme ça et de parader dans nos rues. Qu'est ce qu'il attend? Déjà qu'on a un châtelain qui ne va pas bien rond, cela déteint sur ses gens, faut croire. Tiens, à propos de châtelain, tout-là-bas, ce n'est pas la voiture de son maître, par hasard? C'est les maîtres qui viennent chercher les employés à présent, c'est farce.

    M. de l'Aubépine arrête le cabriolet à hauteur de Lambert. C'est fait? Pas encore. Comment sait-il que je suis là, ce beau diable? Il a ses voix? Il est trop fort pour nous.

    C'est Eugénie, dit M. de l'Aubépine. Elle n'était pas à sa besogne. Et tout inquiète; inquiète pour vous. Vous voir partir tout drôle, sans chien, sans fusil et habillé comme qui dirait pour la ville, annonçant que vous alliez le faire...Je me doutais bien que je vous trouverais par là. Quand un homme comme vous va à la ville, c'est qu'il a une bêtise à faire. Je me proposais de vous épauler; de montrer que je suis avec vous; le maître d'un domaine et son garde-chasse, c'est tout un; nous sommes les deux faces d'une même monnaie, Lambert, ne l'oubliez pas.
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  • Par viou1108, le 04 novembre 2012

    Quelle idée d'être allé lui demander son avis! Il ne faut rien demander aux femmes. Elles risquent d'avoir un peu raison.

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  • Par MarianneDesroziers, le 15 juillet 2010

    Là, rien que d'y penser, Lambert la voit toute nue, mais attention, dans le noir, toute nue dans le noir, ce n'est pas pareil, pas de la méchante pensée, il la voit poursuivie par le baron, pleurnichant fort, et il en est bien content. Une affaire de deux jours, le temps de mettre en ficelle tous ses dessous, et on reparlera plus.

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  • Par viou1108, le 25 octobre 2012

    J'espère bien qu'on nous surveille, Lambert. Les hommes libres doivent être menacés sans cesse.

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  • Par LiliGalipette, le 03 juin 2011

    « Les terres de l’Ouest, il ne fallait pas trop leur demander, même soixante ans après la Révolution, elles auraient préféré que les jeunes maîtres soient la réplique des anciens. » (p. 16)

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