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Critiques sur Tous les noms (2)


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    • Livres 5.00/5
    Par Lostinmypal le 22/03/2012


    Dans l'administration kafkaïenne de l'état civil, les vivants comme les morts sont des fiches archivées. Employés sans visages, tâches absurdes et répétitives, hiérarchie toute puissante qui brime l'individu, tout participe d'un univers concentrationnaire et déshumanisant. Dans ce monde où l'identité n'a plus de sens, seul M. José, homme sans âge et sans envergure, porte un nom. Mais bientôt, alors qu'il évolue en ce lieu placé hors du temps et du cours de la vie, M. José tisse, en secret et presque à son insu, les liens qui le mèneront vers l'extérieur. Sa collection de fiches de renseignements le conduit à s'intéresser à une parfaite inconnue, et peu à peu, à travers cette quête obsessionnelle, M. José part à la découverte de sa propre identité.
    Ce livre du Prix Nobel de littérature 98 vaut vraiment le détour. Il mêle habilement regard critique, réflexions métaphysiques et philosophiques (attention rien d'obscur, simplement des pensées qui nous touchent tous), humour et émotions. Un livre complet qui se lit avec grand plaisir, tant le style de Saramago est agréable : il n'y a pas à dire, un livre irréprochable dans son écriture apporte une grande satisfaction de lecture au-delà de l'histoire elle-même. Certes, l'auteur affectionne les très longues phrases. Mais il sait leur donner un rythme adapté à la lecture, avec des respirations bien placées. Et on s'y habitue très facilement au point de ne plus y faire attention. Un livre très riche sur l'identité et la tendance bureaucratique à déshumaniser le monde. On suit les péripéties de M. José avec grand intérêt, aventures qui représentent le réveil de sa conscience au monde, de sa capacité à réfléchir, à prendre du recul et à critiquer le monde tel qu'il est. Un livre à lire, sans aucun doute !

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



  • Par Von-t le 05/09/2011


    Souvenir d'un livre lu il y a quelques mois. Des restes d' images, des impressions. Souvenir d'un livre dénommé Tous les noms, écrit par l'écrivain portugais José Saramago.
    Reste alors en mémoire l'odeur de vieux papier que respire Monsieur José, employé du conservatoire national d'Etat civil, archive où sont conservés Tous les noms des vivants et des morts. Un mot , un adjectif s'impose alors à la lecture de ces pages: « kafkaïen » . Il parait inévitable ce mot dès qu‘il est question de décrire l‘administration dans toute son absurde organisation, si inhumaine et froide . Quoi qu'il en soit Saramago donne une puissance particulière à ce lieu qui acquiert une dimension inquiétante.Souvenirs des errances de Monsieur José dans le labyrinthe des couloirs du conservatoire, lieu qui parait se démultiplier sans fin. Et Monsieur José doit, pour ne pas se perdre dans les couloirs labyrinthique du conservatoire, s'attacher à un fil d'Ariane.

    Vieux garçon solitaire, soumis au rythme monotone de son travail, Monsieur José pourrait mourir sans que rien n'advienne dans sa vie terne. Mais alors que notre employé modèle triait des fiches quelconques , celui-ci tombe sur la photo d'une inconnue. Monsieur José pris de fascination folle,décide de faire le pari fou de la retrouver, de sortir cette femme de l'anonymat. Son existence en est bouleversé, et l'employé paisible va prendre les risques les plus fous pour retrouver celle qu'il aime follement. Or, sa quête s'annonce plus complexe qu'il ne l'avait prévu et les obstacles se multiplient, tenant l'inconnue éloignée dans la brume des possibles.Il faut dire que Monsieur José ne se facilite pas la tâche et le chemin tortueux de l'amoureux mime les méandres d'une demande administrative. Mais par une façon bien chevaleresque d'envisager sa situation, Monsieur José en vient à préférer emprunter des voies détournées, tenant l'objet de son désir à distance.


    Cependant, la quête de Monsieur José aboutit au cimetière . Cimetière où il croise l'étonnant personnage du pasteur, élément d'anarchie libératrice et créatrice dans le monde ordonné et étouffant de l'administration.Bref passage de pastorale noire dans un cimetière envahit par une végétation libre , sauvage. Fauteur de trouble, le pasteur intervertit les noms des tombes. Et ironiquement la seule lueur de vie et d'espoir se trouvent peut être dans le cimetière; Peut être car le lieu est régit selon les mêmes principes que le Conservatoire. …

    Enfin c'est le style complexe de Saramago qui reste en mémoire. Les détours labyrinthiques d'une l'écriture prompte à la digression et à l'ironie.


    critique de qualité ? (3 votes positifs)






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