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> Geneviève Leibrich (Traducteur)

ISBN : 2020403439
Éditeur : Editions du Seuil (2000)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 264 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un homme devient soudain aveugle. C'est le début d'une épidémie qui se propage à une vitesse fulgurante à travers tout le pays. Mis en quarantaine, privés de tout repère, les hordes d'aveugles tentent de survivre à n'importe quel prix. Seule une femme n'a pas été frappé... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 20 février 2011

    cprevost
    Un homme devient subitement aveugle. Il est la première victime d'une horrible pandémie. José Saramago va tirer, avec l'immense talent qu'on lui connaît, tous les fils de cette « pelote ». Il va nous donner à voir et surtout ne rien conclure à notre place.
    Les premiers aveugles sont internés puis livrés à eux-mêmes dans une ville à l'abandon. Des hommes vont être les victimes de la force brutale d'autres hommes. C'est évidemment la litanie de l'histoire sans cesse recommencée, la possible anomie qui refait surface et contre laquelle il faut toujours lutter. Seule une femme remarquable n'est pas touchée. Il est en effet question dans ce roman d'aveuglement et non de cécité. L'intelligence de la sensibilité, la générosité, l'humanisme d'un personnage vont permettre à certains d'être sauvés. « L'humanisme, ce n'est pas dire : "Ce que j'ai fait, aucun animal ne l'aurait fait", c'est dire : "Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête." » (André Malraux).
    Le prix Nobel 1998 n'indique dans ce livre ni le temps, ni le lieu. Il ne donne pas non plus de nom à ses personnages – le médecin, la femme du médecin, le premier aveugle, la femme du premier aveugle, le garçon louchon, la jeune fille aux verres teintés ou le vieil homme au bandeau. Les dialogues eux-mêmes ne sont pas introduits classiquement par des guillemets ou des tirets, mais sont traités d'un seul jet. L'écriture de José Saramago est faite de longues phrases, rythmées par de nombreuses virgules. Elles comprennent aussi de nombreuses incises, qui sont autant de digressions à l'adresse du lecteur. Au gré de métaphores et d'anachronismes, l'auteur veut sans doute nous pousser à réfléchir par nous-mêmes. « L'aveuglement » _ notamment en raison de la forme choisie – est un livre dur, étouffant, qui n'épargne rien au lecteur. Et malgré tout, le style de Saramago reste d'une remarquable fluidité.
    « A la fin de ce siècle, il est devenu possible pour la première fois de voir à quoi peut ressembler un monde dans lequel le passé, y compris « le passé dans le présent », a perdu son rôle, où les cartes et les repères de jadis qui guidaient les êtres humains, seuls ou collectivement, tout au long de leur vie, ne présentent plus le paysage dans lequel nous évoluons, ni les mers sur lesquelles nous faisons voile : nous ne savons pas où notre voyage nous conduit ni même où il devrait nous conduire. » Il semble que José Saramago ait entendu Eric J. Hobsbawm et que métaphoriquement il nous rappelle « le passé dans le présent » ?
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    • Livres 5.00/5
    Par Chiwi, le 04 janvier 2013

    Chiwi
    Un jour, un homme au volant de sa voiture devient aveugle de manière inexpliquée. Ainsi va se répandre une épidémie qui va rendre aveugle l'ensemble de la population. le gouvernement pour empêcher une propagation vont mettre en quarantaine les aveugles. Un groupe d'aveugles, avec l'aide d'une femme qui n'a pas été touchée par l'épidémie, tente de survivre en quarantaine puis dans la ville dévastée.
    Saramago livre un roman dense, il n'y a pas de paragraphes, pas de dialogues matérialisés, ceux-ci débutent par une virgule puis une majuscule, les propos du personnage suivant sont introduits par une virgule et ainsi de suite.
    Il est déroutant de voir que Saramago ne donne pas de noms à ses personnages. Il les désigne par ce qui les caractérise dans leur vie : le médecin, la femme du médecin, la fille aux lunettes teintées... Mais cela est fait pour montrer qu'il suffit de pas grand chose pour que l'humain devienne rapidement un anonyme quelconque voire un animal. Mais l'animalité n'émane pas seulement des aveugles, elle provient aussi des autorités qui n'hésitent pas à enfermer des gens dans des conditions déplorables, conditions qui rappellent les camps de concentration.
    Car la perte d'un sens transforme rapidement l'homme en animal. Celui-ci n'est plus capable de se débrouiller pour ses besoins les plus simples. Ou bien adopte des comportements abjects comme subordonner l'octroi de nourriture à des viols collectifs des femmes lors de la quarantaine.
    La présence de la femme du médecin qui voit encore permet au groupe de garder une certaine dignité, elle est celle qui permet à l'humain de garder une part d'humanité et de ne pas tomber dans l'animalité.
    L'aveuglement est un roman dur et sombre, servant d'allégorie à notre société aveugle aux valeurs humaines.
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    • Livres 5.00/5
    Par Sara2a, le 25 novembre 2012

    Sara2a
    Lire un prix nobel de littérature ne promet pas forcément une lecture passionnante, une lecture qu'on a trop souvent du mal à quitter, une lecture à laquelle on repense durant la journée , une lecture qui même une fois terminée laisse une sensation de tristesse, de questionnements.
    L'aveuglement n'est pas simple à classer et pas simple à lire au premier abord. J'avoue avoir été déroutée avant d'accrocher au récit.
    Le style semble extrêmement « curieux ». Pas de sauts de ligne, les dialogues ne sont pas signalés par des guillemets, les retraits sont inexistants sauf au début des « chapitres » qui n'en sont pas vraiment, l'auteur prend des libertés de styles osées qui peu à peu, au fil de l'intrigue vont donner un relief impressionnant et totalement adapté à l'histoire.
    L'histoire est apocalyptique, du jour au lendemain sans aucune explication scientifique des hommes, des femmes, des enfants perdent la vue. Les autorités gouvernementales afin d'éviter une contagion en masse décident d'isoler les « aveugles », mais l 'épidémie se propage et l'ensemble de la population devient aveugle. Nous suivrons un groupe de personne, le premier aveugle, la femme du premier aveugle, le médecin, la femme du médecin...et ainsi de suite , l'auteur imprègne à nouveau son style d'un audacieux procédé, celui de mettre le lecteur face des personnages sans identité précise, comme si le lecteur devenait un des leurs. Mais ces personnages sans noms vous marqueront profondément.
    L'intrigue parvient à tenir le lecteur en haleine en permanence, parce que la situation est cruelle, les personnages ne sont à aucun moment épargnés, l'humanité semble avoir été dévastée par cet aveuglement, tous ceux qui perdent la vue décrivent "voir" une lumière blanche épaisse. A aucun moment l'auteur ne parle pas de cécité, il parle d'aveuglement et il semble que la nuance ait son importance dans ce roman. La situation que décrit José Saramango pendant l'enfermement en quarantaine est d'une brutalité inouïe, on se prend à s'imaginer dans cette même situation insurmontable, inhumaine. Ces scènes d'enfermement rappellent des scènes semblables mais hélas réelles qui font partie de notre Histoire, L'aveuglement fait partie des barbaries qui conduisent les hommes au pire, à l'inimaginable.
    Saramengo décrit la nature humaine dans ce qu'elle a de pire. Son côté sombre et cruel qui prend le dessus face au situations de crises, l'homme bascule à une vitesse vertigineuse de l'autre "côté" uniquement pour sa survie comme un animal !
    L'auteur nous prouve que l'homme a besoin d'apprendre avec ses propres erreurs mais qu'il parvient à les recréer malgré tout en oubliant sa conscience .
    J'ai tout simplement adoré et un coup de cœur .
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  • Par sophiecrt, le 25 mai 2011

    sophiecrt
    Qu'arriverait-il si…une population entière devenait soudainement aveugle ? C'est ce scénario catastrophe qui constitue la trame principale du roman L'aveuglement de l'écrivain portugais José Saramago, nobélisé en 1998.
    Dans ce récit apocalyptique, porté à l'écran en 2008 par Fernando Meirelles, nous sommes d'abord confrontés à la déchéance de l'humanité vers ses recoins les plus intimes, dans un contexte que seule cette épidémie pouvait faire apparaître. Comment survivre, en effet, dans un monde où les repères ne nous appartiennent plus et où les besoins viscéraux de l'homme combattent sa dignité ? Car c'est dans le désordre le plus total que tenteront de survivre les aveugles, d'abord isolés par ceux qui voient encore puis laissés à eux-mêmes dans une ville où le chaos règne: plus de nourriture, des cadavres avec personne pour les enterrer et des êtres qui se cherchent ou se cachent.
    Ce qui frappe ensuite, c'est bien entendu la voix dense et complexe du narrateur, portée par une oralité assumée, où les dialogues, commentaires narratifs, pensées et faits se confondent. Et c'est là que se trouve sans doute le défi pour les lecteurs du dimanche, qui seront probablement rebutés par les longues phrases et l'absence de repères. Car Saramago, qu'on se le dise, n'est pas JK Rowling : c'est un penseur de la littérature, qui porte à la fois un discours sur l'humanité et sur l'écriture elle-même.
    Un défi, donc, mais dont vous ressortirez assurément changé, pour le meilleur ou pour le pire.
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    • Livres 4.00/5
    Par issablaga, le 20 juillet 2014

    issablaga
    Je découvre José Saramago avec l'aveuglement et je ne suis pas déçue.
    Dans ce roman dense, il fait le choix de ne pas donner de nom à ses personnages. Il désigne ces anonymes par certaines de leur caractéristiques tels "le premier aveugle", "La jeune fille aux lunettes teintées", ou "La femme du médecin".
    Le style est difficile au premier abord car compact, avec des phrases longues, des dialogues sans ponctuations, guillemets ou tirets.
    Mais une fois dans l'histoire, difficile de la lâcher, car dans cet univers aliéné où tous les humains perdent la vue, on est tenu en haleine par le déroulement des événements chaotiques qui s'enchaînent et on se demande ce que va devenir ce monde aveugle. Un unique personnage n'est pas touché par cette "épidémie" de cécité et c'est une petite touche optimiste dans ce récit sombre.
    Ce livre est une belle découverte.
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Citations et extraits

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  • Par VALENTYNE, le 11 octobre 2014

    Chacun a-t-il raconté la dernière histoire du temps où il voyait, demanda le vieillard au bandeau noir, Je vais raconter la mienne, s’il n’y a personne d’autre, dit la voix inconnue, S’il y a quelqu’un d’autre il parlera après, racontez donc, La dernière chose que j’ai vue était un tableau , un tableau répéta le vieillard au bandeau noir, et où était-il, J’étais allé au musée, c’était un champ de blé avec des corbeaux et des cyprès et un soleil qui donnait l’impression d’être fait de morceaux de soleils, çà m’avait l’air d’avoir été peint par un Hollandais, Je crois que oui, mais il y avait aussi un chien qui s’enfonçait, le pauvre était déjà à demi-enterré, Quant à celui-ci, il ne peut qu’avoir été peint par un espagnol, personne avant lui n’avait peint un chien comme ça, personne après lui ne s’y est plus hasardé, Probablement, et il y avait une charrette chargée de foin et tirée par des chevaux qui traversait une rivière, Avec une maison à gauche, Oui, Alors c’est d’un Anglais, ça se pourrait, mais je n’y crois pas, car il y avait aussi une femme avec un enfant dans les bras, Des femmes avec des enfants dans les bras, la peinture n’en manque pas, C’est vrai, je l’avais remarqué, Ce que je ne comprends pas c’est comment des peintures aussi différentes et des peintres aussi différents pouvaient se trouver sur un seul tableau, et il y avait aussi des hommes qui mangeaient, Il y a eu tant de déjeuners, de goûters et de dîners dans l’histoire de l’art qu’il est impossible à cette seule indication de savoir qui mangeait, Les hommes étaient au nombre de treize, Ah, alors c’est facile, continuez, il y avait aussi une femme nue avec des cheveux blonds dans une coquille qui flottait sur la mer, et beaucoup de fleurs autour d’elle, Italien, bien entendu, Et une bataille, c’est comme pour les repas et les mères avec un enfant dans les bras, ça ne suffit pas pour savoir qui est le peintre, Avec des morts et des blessés, C’est naturel, tôt ou tard, tous les enfants meurent, et les soldats aussi, Et un cheval épouvanté, Avec des yeux qui lui sortaient des orbites, Exactement les chevaux sont ainsi, et quelques autres tableaux y avait-il encore dans votre tableau, Je n’ai pas eu le temps de le découvrir, je suis devenu aveugle au moment où je regardais le cheval, La peur rend aveugle dit la jeune fille aux lunettes teintées, Vous avez raison, nous étions déjà aveugles au moment où nous avons été frappés de cécité, la peur nous a aveuglés, la peur fera que nous continuerons à être aveugles, Qui est l’homme qui parle, demanda le médecin, un aveugle, répondit la voix, un simple aveugle, c’est tout ce qu’il y a ici. (p125- 126)
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  • Par dcakici, le 06 janvier 2012

    Les mots sont ainsi, ils déguisent beaucoup, ils s’additionnent les uns aux autres, on dirait qu’ils ne savent pas où ils vont, et soudain à cause de deux ou trois, ou quatre qui brusquement jaillissent, simples en soi, un pronom personnel, un adverbe, un verbe, un adjectif, l’émotion monte irrésistiblement à la surface de la peau et des yeux, faisant craquer la digue des sentiments, parfois ce sont les nerfs qui n’en peuvent plus, ils ont trop supporté, tout supporté, c’était comme s’ils portaient une armure, on dit, La femme du médecin a des nerfs d’acier, et finalement voilà la femme du médecin en larmes à cause d’un pronom personnel, d’un adverbe, d’un verbe, d’un adjectif, simples catégories grammaticales, simples désignatifs, comme sont également en larmes les deux autres femmes, les autres, pronom indéfini, eux aussi en pleurs, qui étreignent la femme de la proposition complète, trois grâces nues sous la pluie qui tombe.
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  • Par Bruno_Cm, le 14 janvier 2013

    Vous êtes écrivain, vous avez l'obligation, [...] de connaître les mots, par conséquent vous savez que les adjectifs ne servent à rien, si une personne tue une personne, par exemple, il vaut mieux le dire simplement et et tabler sur le fait que l'horreur de l'acte, à elle toute seule, sera si choquante qu'elle nous dispensera de dire que ce fut horrible, Vous voulez dire que nous disposons de trop de mots, Je veux dire que ne disposons pas assez de sentiments, Ou alors nous disposons d'eux, mais nous avons cessé d'utiliser les mots qui les expriment, Et par conséquent nous les perdons.
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  • Par Lybertaire, le 28 mars 2014

    Tu ne sais pas ce que c’est que de voir deux aveugles se quereller, Se quereller a toujours été, plus ou moins, une forme de cécité, C’est différent, Tu feras ce qui te semblera le mieux mais n’oublie pas que nous sommes des aveugles, de simples aveugles, des aveugles sans rhétorique ni commisération, le monde charitable et pittoresque des braves aveugles est terminé, maintenant c’est le royaume dur, cruel et implacable des aveugles tout court, Si tu pouvais voir ce que je suis obligée de voir, tu désirerais être aveugle, Je te crois, mais je n’en ai pas besoin, je suis déjà aveugle, Pardonne-moi, mon chéri, si tu savais, Je sais, je sais, j’ai passé ma vie à regarder à l’intérieur des yeux des gens, c’est le seul endroit du corps où il y a peut-être encore une âme, et si les yeux sont perdus, Demain je leur dirai que je vois, Fasse le ciel que tu n’aies pas à t’en repentir, Demain je le leur dirai, elle s’interrompit puis ajouta, Si entre-temps je ne suis pas entrée moi aussi dans ce monde.
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  • Par kathel, le 23 février 2010

    La fraternisation ne dura pas longtemps. Profitant du tumulte, plusieurs aveugles s'étaient enfuis en emportant autant de caisses qu'ils le pouvaient, manière évidemment déloyale de prévenir d'hypothétiques injustices dans la distribution. Les personnes de bonne foi, et il y en a toujours quoi qu'on dise, protestèrent avec indignation que ce n'était pas des façons de faire.

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