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Geneviève Leibrich (Traducteur)
ISBN : 2020403439
Éditeur : Editions du Seuil (2000)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 356 notes)
Résumé :
Un homme devient soudain aveugle. C'est le début d'une épidémie qui se propage à une vitesse fulgurante à travers tout le pays. Mis en quarantaine, privés de tout repère, les hordes d'aveugles tentent de survivre à n'importe quel prix. Seule une femme n'a pas été frappée par la "blancheur lumineuse ". Saura-t-elle les guider hors de ces ténèbres désertées par l'humanité?
Critiques, Analyses & Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
andman
andman24 janvier 2015
  • Livres 5.00/5
L'Aveuglement” est le roman le plus captivant qu'il m'ait été donné de lire depuis longtemps mais aussi celui que j'ai refermé avec le plus grand soulagement. Son atmosphère oppressante et nauséabonde, rien que d'y penser j'en ai la chair de poule !
Imaginez une pandémie qui, en quelques semaines, frappe de cécité la population dans son ensemble ! La dimension extraordinaire et brutale du cataclysme empêche la mise en place de la moindre organisation salvatrice et engendre un chaos absolu.
Sans eau, sans électricité, les aveugles errent en groupes disparates à la recherche de nourriture qui jour après jour se raréfie dans les magasins saccagés. Les personnes les plus vulnérables expirent dans la rue au milieu des voitures abandonnées et des déjections de toutes sortes. Les cadavres encore chauds sont la proie de chiens faméliques, de rats énormes, d'oiseaux nécrophages...
Le lecteur accompagne un groupe d'une dizaine de personnes, les toutes premières victimes du fléau mises en quarantaine, qui dans son malheur a la chance inespérée de compter en son sein une femme qui voit encore. Cette dernière par prudence feint la cécité et seul son mari, un médecin ophtalmologue, est au courant de cette heureuse anomalie du destin.
Avec “L'Aveuglement”, paru en 1995, le futur Nobel José Saramago signe une fiction incroyablement réaliste dans laquelle la bestialité prend rapidement le pas sur toute humanité. Heureusement le comportement altruiste et l'intelligence de la femme du médecin atténuent quelque peu la noirceur ambiante !
L'étrangeté de cette fiction est encore accentuée par la syntaxe singulière de l'écrivain portugais chez qui la virgule est reine.
Constamment collé aux basques des protagonistes dans leurs déplacements à tâtons, le lecteur sidéré par le degré apocalyptique de l'intrigue fera jusqu'au dénouement... les yeux ronds.
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fredho
fredho20 juillet 2015
  • Livres 5.00/5
Au feu vert, les voitures s'élancent mais dans une file d'attente une voiture est arrêtée, les klaxons s'acharnent, des conducteurs excédés sortent pour pousser la voiture encombrant la circulation, mais l'homme à l'intérieur, paniqué, gesticule et crie : « je suis aveugle »… C'est le début d'une indicible épidémie qui s'abat sur le pays à une vitesse foudroyante, les gens sont subitement frappés par une lumière blanche et aveuglante. Seule une femme n'est pas touchée par l'épidémie, ses yeux deviendront précieux pour ces aveugles privés de tout repère.
La prunelle de nos yeux est précieuse mais savons-nous voir l'essentiel, «sommes nous des aveugles qui, voyant, ne voient pas ». Faut-il devenir aveugle pour réellement voir ce qu'il y a de plus caché en nous. Bandez vos yeux et imaginez ce que serait le monde si nous devenions tous aveugles. Saramago l'a étonnamment imaginé et nous raconte ce que serait le monde sans nos yeux.
Un roman paradoxalement lumineux qui m'a entrainée parmi cette horde d'aveugles anonymes, perdus et réduits aux mêmes conditions.
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bilodoh
bilodoh28 mai 2015
  • Livres 5.00/5
Difficile de ne pas se laisser aveugler par l'admiration pour ce roman qui présente un mélange de fiction sociale et de huis clos psychologique, dans un style d'écriture tout à fait particulier.

À première vue, c'est la mise en page qui saute aux yeux, une écriture qui semble faire une économie d'alinéas qui donne au texte une fausse apparence de densité alors qu'en fait, on y trouve une prose tout à fait accessible et de nombreux dialogues.

À l'aveuglette, on rencontre ensuite les personnages, des personnes qui n'ont pas de nom : ce sont la femme du médecin, la fille aux lunettes noires, le premier homme, etc. Comme si les protagonistes devaient garder une forme d'anonymat, des gens qui vivent dans le présent de l'histoire, mais que l'on ne connaît pas vraiment.

Par les yeux de l'auteur, on observe le déroulement de l'action, l'épidémie de cécité qui touche la population, les amours, les meurtres, des situations qui explorent divers aspects de la condition humaine.

On apprécie l'humour voire même la dérision dans le commentaire social, la lumière qui nous fait voir aussi jusqu'à quel point notre monde compte sur nos yeux : que deviendraient tous ces livres et toutes ces oeuvres d'art sans des yeux pour les lire et les contempler ?
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missmolko1
missmolko120 juillet 2015
  • Livres 4.00/5
Je continue de découvrir les écrits de Saramago et après La lucarne, je me suis plongée dans L'aveuglement. J'en ressors assez retournée pour être honnête.
J'ai retrouvé la plume de l'auteur toujours aussi agréable, le scénario est juste génial, quelle imagination il faut pour inventer une histoire pareil et bien sur c'est si réaliste que ça fait forcement froid dans le dos puisqu'on a affaire ici a une épidémie qui touche le monde et ou tout le monde devient aveugle, sauf une femme. J'ai aimé aussi la construction du roman, ou tout le monde est anonyme et ou au final on se reconnaît forcement. Personne n'a de nom, et les personnage sont "le docteur", "la femme du docteur".....
Par contre, comme je disais je ne sors pas indemne de cette lecture qui est parfois extrêmement dure. L'auteur ne nous épargne pas. Tous les détails même les plus sordides sont la : mort, viol, famine, excréments, vomis..... Bref, il faut avoir le coeur bien accroché mais l'on prend conscience de la bassesse des hommes face a leur instinct de survie.
Bref c'est un roman a lire mais que je suis contente d'avoir fini. Je pense qu'après ça, chaque lecteur aura besoin d'une lecture un peu plus légère, voir même plusieurs pour digérer ce roman.
Lien : http://missmolko1.blogspot.ie/2015/07/laveugleme..
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cprevost
cprevost20 février 2011
  • Livres 5.00/5
Un homme devient subitement aveugle. Il est la première victime d'une horrible pandémie. José Saramago va tirer, avec l'immense talent qu'on lui connaît, tous les fils de cette « pelote ». Il va nous donner à voir et surtout ne rien conclure à notre place.
Les premiers aveugles sont internés puis livrés à eux-mêmes dans une ville à l'abandon. Des hommes vont être les victimes de la force brutale d'autres hommes. C'est évidemment la litanie de l'histoire sans cesse recommencée, la possible anomie qui refait surface et contre laquelle il faut toujours lutter. Seule une femme remarquable n'est pas touchée. Il est en effet question dans ce roman d'aveuglement et non de cécité. L'intelligence de la sensibilité, la générosité, l'humanisme d'un personnage vont permettre à certains d'être sauvés. « L'humanisme, ce n'est pas dire : "Ce que j'ai fait, aucun animal ne l'aurait fait", c'est dire : "Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête." » (André Malraux).
Le prix Nobel 1998 n'indique dans ce livre ni le temps, ni le lieu. Il ne donne pas non plus de nom à ses personnages – le médecin, la femme du médecin, le premier aveugle, la femme du premier aveugle, le garçon louchon, la jeune fille aux verres teintés ou le vieil homme au bandeau. Les dialogues eux-mêmes ne sont pas introduits classiquement par des guillemets ou des tirets, mais sont traités d'un seul jet. L'écriture de José Saramago est faite de longues phrases, rythmées par de nombreuses virgules. Elles comprennent aussi de nombreuses incises, qui sont autant de digressions à l'adresse du lecteur. Au gré de métaphores et d'anachronismes, l'auteur veut sans doute nous pousser à réfléchir par nous-mêmes. « L'aveuglement » _ notamment en raison de la forme choisie – est un livre dur, étouffant, qui n'épargne rien au lecteur. Et malgré tout, le style de Saramago reste d'une remarquable fluidité.
« A la fin de ce siècle, il est devenu possible pour la première fois de voir à quoi peut ressembler un monde dans lequel le passé, y compris « le passé dans le présent », a perdu son rôle, où les cartes et les repères de jadis qui guidaient les êtres humains, seuls ou collectivement, tout au long de leur vie, ne présentent plus le paysage dans lequel nous évoluons, ni les mers sur lesquelles nous faisons voile : nous ne savons pas où notre voyage nous conduit ni même où il devrait nous conduire. » Il semble que José Saramago ait entendu Eric J. Hobsbawm et que métaphoriquement il nous rappelle « le passé dans le présent » ?
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Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B09 février 2016
Le mal dont souffrait la jeune fille aux lunettes teintées n'était pas grave, elle avait juste une conjonctivite des plus simples que le topique en doses légères prescrit par le médecin guérirait en quelques jours. Et vous le savez sûrement déjà, pendant ce temps-là, n'ôtez vos lunettes que pour dormir, lui avait-il dit. La plaisanterie était loin d'être nouvelle, on peut même supposer que les ophtalmologues se la transmettaient de génération en génération, mais l'effet se répétait à chaque fois, le médecin souriait en la disant, le patient souriait en l'entendant, et en l'occurrence cela valait la peine car la jeune fille avait de jolies dents et savait les montrer. Par misanthropie naturelle ou pour avoir connu trop de déceptions dans la vie, un sceptique ordinaire qui eût connu les détails de la vie de cette femme eût insinué que la beauté du sourire n'était que rouerie professionnelle. […] En simplifiant donc, l'on pourrait inclure cette femme dans la catégorie des prostituées, mais la complexité de la trame des relations sociales, tant diurnes que nocturnes, tant verticales qu'horizontales, de l'époque ici décrite invite à mettre un frein à la tendance aux jugements péremptoires et définitifs, défaut dont nous ne parviendrons peut-être jamais à nous débarrasser en raison de notre suffisance excessive. […] Sans doute cette femme va-t-elle au lit contre de l'argent, ce qui permettrait vraisemblablement de la classer sans autre considération dans la catégorie des prostituées de fait, mais comme il est avéré qu'elle ne le fait que quand elle le veut et avec qui elle le veut, il est probable que cette différence de droit doive déterminer à titre de précaution son exclusion de la corporation. […] Si l'on ne veut pas la réduire à une définition primaire, ce qu'il faudra finalement dire d'elle, sur le plan général, c'est qu'elle vit comme bon lui semble et qu'en plus elle en tire tout le plaisir qu'elle peut.
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Nastasia-BNastasia-B08 février 2016
En s'offrant à aider l'aveugle, l'homme qui vola la voiture après n'avait aucune mauvaise intention sur le moment, bien au contraire, il n'avait fait qu'obéir à ces sentiments de générosité et d'altruisme qui sont, comme chacun sait, deux des meilleurs traits du genre humain, que l'on peut trouver même chez les criminels bien plus endurcis que celui-ci, simple petit voleur d'automobiles sans espoir de promotion dans sa carrière et exploité par les véritables patrons de ce négoce qui eux en revanche profitent de la détresse des pauvres. En fin de compte, ce compte-ci ou un autre, la différence entre aider un aveugle pour le voler ensuite et s'occuper d'un vieillard gâteux et bredouilleur en lorgnant son héritage n'est pas si grande.
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Nastasia-BNastasia-B07 février 2016
Nous avons fait de nos yeux des sortes de miroirs tournés vers le dedans, avec pour conséquence, très souvent, qu'ils montrent sans réserve ce que nous nous efforçons de nier avec la bouche.
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Nastasia-BNastasia-B07 février 2016
Les sceptiques sur la nature humaine, qui sont nombreux et obstinés, soutiennent que, s'il est vrai que l'occasion ne fait pas toujours le larron, il n'est pas moins vrai qu'elle l'aide beaucoup.
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Nastasia-BNastasia-B05 février 2016
Vous êtes-vous heurté violemment la tête, aujourd'hui ou hier, Non, docteur, Quel âge avez-vous, Trente-huit ans, Bon, nous allons examiner vos yeux. L'aveugle les écarquilla tout grands, comme pour faciliter l'examen, mais le médecin le prit par le bras et l'installa derrière un appareil dans lequel quelqu'un doué d'un peu d'imagination eût pu voir un confessionnal d'un nouveau modèle, où les yeux eussent remplacé les paroles et où le confesseur eût regardé directement dans l'âme du pécheur, Appuyez le menton ici, recommanda-t-il, et gardez les yeux ouverts, ne bougez pas.
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