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> Geneviève Leibrich (Traducteur)

ISBN : 2020403439
Éditeur : Editions du Seuil (2000)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 325 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un homme devient soudain aveugle. C'est le début d'une épidémie qui se propage à une vitesse fulgurante à travers tout le pays. Mis en quarantaine, privés de tout repère, les hordes d'aveugles tentent de survivre à n'importe quel prix. Seule une femme n'a pas été frappé... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par andman, le 24 janvier 2015

    andman
    L'Aveuglement” est le roman le plus captivant qu'il m'ait été donné de lire depuis longtemps mais aussi celui que j'ai refermé avec le plus grand soulagement. Son atmosphère oppressante et nauséabonde, rien que d'y penser j'en ai la chair de poule !
    Imaginez une pandémie qui, en quelques semaines, frappe de cécité la population dans son ensemble ! La dimension extraordinaire et brutale du cataclysme empêche la mise en place de la moindre organisation salvatrice et engendre un chaos absolu.
    Sans eau, sans électricité, les aveugles errent en groupes disparates à la recherche de nourriture qui jour après jour se raréfie dans les magasins saccagés. Les personnes les plus vulnérables expirent dans la rue au milieu des voitures abandonnées et des déjections de toutes sortes. Les cadavres encore chauds sont la proie de chiens faméliques, de rats énormes, d'oiseaux nécrophages...
    Le lecteur accompagne un groupe d'une dizaine de personnes, les toutes premières victimes du fléau mises en quarantaine, qui dans son malheur a la chance inespérée de compter en son sein une femme qui voit encore. Cette dernière par prudence feint la cécité et seul son mari, un médecin ophtalmologue, est au courant de cette heureuse anomalie du destin.
    Avec “L'Aveuglement”, paru en 1995, le futur Nobel José Saramago signe une fiction incroyablement réaliste dans laquelle la bestialité prend rapidement le pas sur toute humanité. Heureusement le comportement altruiste et l'intelligence de la femme du médecin atténuent quelque peu la noirceur ambiante !
    L'étrangeté de cette fiction est encore accentuée par la syntaxe singulière de l'écrivain portugais chez qui la virgule est reine.
    Constamment collé aux basques des protagonistes dans leurs déplacements à tâtons, le lecteur sidéré par le degré apocalyptique de l'intrigue fera jusqu'au dénouement... les yeux ronds.
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 20 juillet 2015

    fredho
    Au feu vert, les voitures s'élancent mais dans une file d'attente une voiture est arrêtée, les klaxons s'acharnent, des conducteurs excédés sortent pour pousser la voiture encombrant la circulation, mais l'homme à l'intérieur, paniqué, gesticule et crie : « je suis aveugle »… C'est le début d'une indicible épidémie qui s'abat sur le pays à une vitesse foudroyante, les gens sont subitement frappés par une lumière blanche et aveuglante. Seule une femme n'est pas touchée par l'épidémie, ses yeux deviendront précieux pour ces aveugles privés de tout repère.
    La prunelle de nos yeux est précieuse mais savons-nous voir l'essentiel, «sommes nous des aveugles qui, voyant, ne voient pas ». Faut-il devenir aveugle pour réellement voir ce qu'il y a de plus caché en nous. Bandez vos yeux et imaginez ce que serait le monde si nous devenions tous aveugles. Saramago l'a étonnamment imaginé et nous raconte ce que serait le monde sans nos yeux.
    Un roman paradoxalement lumineux qui m'a entrainée parmi cette horde d'aveugles anonymes, perdus et réduits aux mêmes conditions.
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    • Livres 5.00/5
    Par bilodoh, le 28 mai 2015

    bilodoh
    Difficile de ne pas se laisser aveugler par l'admiration pour ce roman qui présente un mélange de fiction sociale et de huis clos psychologique, dans un style d'écriture tout à fait particulier.

    À première vue, c'est la mise en page qui saute aux yeux, une écriture qui semble faire une économie d'alinéas qui donne au texte une fausse apparence de densité alors qu'en fait, on y trouve une prose tout à fait accessible et de nombreux dialogues.

    À l'aveuglette, on rencontre ensuite les personnages, des personnes qui n'ont pas de nom : ce sont la femme du médecin, la fille aux lunettes noires, le premier homme, etc. Comme si les protagonistes devaient garder une forme d'anonymat, des gens qui vivent dans le présent de l'histoire, mais que l'on ne connaît pas vraiment.

    Par les yeux de l'auteur, on observe le déroulement de l'action, l'épidémie de cécité qui touche la population, les amours, les meurtres, des situations qui explorent divers aspects de la condition humaine.

    On apprécie l'humour voire même la dérision dans le commentaire social, la lumière qui nous fait voir aussi jusqu'à quel point notre monde compte sur nos yeux : que deviendraient tous ces livres et toutes ces oeuvres d'art sans des yeux pour les lire et les contempler ?
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    • Livres 4.00/5
    Par missmolko1, le 20 juillet 2015

    missmolko1
    Je continue de découvrir les écrits de Saramago et après La lucarne, je me suis plongée dans L'aveuglement. J'en ressors assez retournée pour être honnête.
    J'ai retrouvé la plume de l'auteur toujours aussi agréable, le scénario est juste génial, quelle imagination il faut pour inventer une histoire pareil et bien sur c'est si réaliste que ça fait forcement froid dans le dos puisqu'on a affaire ici a une épidémie qui touche le monde et ou tout le monde devient aveugle, sauf une femme. J'ai aimé aussi la construction du roman, ou tout le monde est anonyme et ou au final on se reconnaît forcement. Personne n'a de nom, et les personnage sont "le docteur", "la femme du docteur".....
    Par contre, comme je disais je ne sors pas indemne de cette lecture qui est parfois extrêmement dure. L'auteur ne nous épargne pas. Tous les détails même les plus sordides sont la : mort, viol, famine, excréments, vomis..... Bref, il faut avoir le coeur bien accroché mais l'on prend conscience de la bassesse des hommes face a leur instinct de survie.
    Bref c'est un roman a lire mais que je suis contente d'avoir fini. Je pense qu'après ça, chaque lecteur aura besoin d'une lecture un peu plus légère, voir même plusieurs pour digérer ce roman.

    Lien : http://missmolko1.blogspot.ie/2015/07/laveuglement.html
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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 20 février 2011

    cprevost
    Un homme devient subitement aveugle. Il est la première victime d'une horrible pandémie. José Saramago va tirer, avec l'immense talent qu'on lui connaît, tous les fils de cette « pelote ». Il va nous donner à voir et surtout ne rien conclure à notre place.
    Les premiers aveugles sont internés puis livrés à eux-mêmes dans une ville à l'abandon. Des hommes vont être les victimes de la force brutale d'autres hommes. C'est évidemment la litanie de l'histoire sans cesse recommencée, la possible anomie qui refait surface et contre laquelle il faut toujours lutter. Seule une femme remarquable n'est pas touchée. Il est en effet question dans ce roman d'aveuglement et non de cécité. L'intelligence de la sensibilité, la générosité, l'humanisme d'un personnage vont permettre à certains d'être sauvés. « L'humanisme, ce n'est pas dire : "Ce que j'ai fait, aucun animal ne l'aurait fait", c'est dire : "Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête." » (André Malraux).
    Le prix Nobel 1998 n'indique dans ce livre ni le temps, ni le lieu. Il ne donne pas non plus de nom à ses personnages – le médecin, la femme du médecin, le premier aveugle, la femme du premier aveugle, le garçon louchon, la jeune fille aux verres teintés ou le vieil homme au bandeau. Les dialogues eux-mêmes ne sont pas introduits classiquement par des guillemets ou des tirets, mais sont traités d'un seul jet. L'écriture de José Saramago est faite de longues phrases, rythmées par de nombreuses virgules. Elles comprennent aussi de nombreuses incises, qui sont autant de digressions à l'adresse du lecteur. Au gré de métaphores et d'anachronismes, l'auteur veut sans doute nous pousser à réfléchir par nous-mêmes. « L'aveuglement » _ notamment en raison de la forme choisie – est un livre dur, étouffant, qui n'épargne rien au lecteur. Et malgré tout, le style de Saramago reste d'une remarquable fluidité.
    « A la fin de ce siècle, il est devenu possible pour la première fois de voir à quoi peut ressembler un monde dans lequel le passé, y compris « le passé dans le présent », a perdu son rôle, où les cartes et les repères de jadis qui guidaient les êtres humains, seuls ou collectivement, tout au long de leur vie, ne présentent plus le paysage dans lequel nous évoluons, ni les mers sur lesquelles nous faisons voile : nous ne savons pas où notre voyage nous conduit ni même où il devrait nous conduire. » Il semble que José Saramago ait entendu Eric J. Hobsbawm et que métaphoriquement il nous rappelle « le passé dans le présent » ?
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Citations et extraits

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  • Par VALENTYNE, le 11 octobre 2014

    Chacun a-t-il raconté la dernière histoire du temps où il voyait, demanda le vieillard au bandeau noir, Je vais raconter la mienne, s’il n’y a personne d’autre, dit la voix inconnue, S’il y a quelqu’un d’autre il parlera après, racontez donc, La dernière chose que j’ai vue était un tableau , un tableau répéta le vieillard au bandeau noir, et où était-il, J’étais allé au musée, c’était un champ de blé avec des corbeaux et des cyprès et un soleil qui donnait l’impression d’être fait de morceaux de soleils, çà m’avait l’air d’avoir été peint par un Hollandais, Je crois que oui, mais il y avait aussi un chien qui s’enfonçait, le pauvre était déjà à demi-enterré, Quant à celui-ci, il ne peut qu’avoir été peint par un espagnol, personne avant lui n’avait peint un chien comme ça, personne après lui ne s’y est plus hasardé, Probablement, et il y avait une charrette chargée de foin et tirée par des chevaux qui traversait une rivière, Avec une maison à gauche, Oui, Alors c’est d’un Anglais, ça se pourrait, mais je n’y crois pas, car il y avait aussi une femme avec un enfant dans les bras, Des femmes avec des enfants dans les bras, la peinture n’en manque pas, C’est vrai, je l’avais remarqué, Ce que je ne comprends pas c’est comment des peintures aussi différentes et des peintres aussi différents pouvaient se trouver sur un seul tableau, et il y avait aussi des hommes qui mangeaient, Il y a eu tant de déjeuners, de goûters et de dîners dans l’histoire de l’art qu’il est impossible à cette seule indication de savoir qui mangeait, Les hommes étaient au nombre de treize, Ah, alors c’est facile, continuez, il y avait aussi une femme nue avec des cheveux blonds dans une coquille qui flottait sur la mer, et beaucoup de fleurs autour d’elle, Italien, bien entendu, Et une bataille, c’est comme pour les repas et les mères avec un enfant dans les bras, ça ne suffit pas pour savoir qui est le peintre, Avec des morts et des blessés, C’est naturel, tôt ou tard, tous les enfants meurent, et les soldats aussi, Et un cheval épouvanté, Avec des yeux qui lui sortaient des orbites, Exactement les chevaux sont ainsi, et quelques autres tableaux y avait-il encore dans votre tableau, Je n’ai pas eu le temps de le découvrir, je suis devenu aveugle au moment où je regardais le cheval, La peur rend aveugle dit la jeune fille aux lunettes teintées, Vous avez raison, nous étions déjà aveugles au moment où nous avons été frappés de cécité, la peur nous a aveuglés, la peur fera que nous continuerons à être aveugles, Qui est l’homme qui parle, demanda le médecin, un aveugle, répondit la voix, un simple aveugle, c’est tout ce qu’il y a ici. (p125- 126)
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  • Par dcakici, le 06 janvier 2012

    Les mots sont ainsi, ils déguisent beaucoup, ils s’additionnent les uns aux autres, on dirait qu’ils ne savent pas où ils vont, et soudain à cause de deux ou trois, ou quatre qui brusquement jaillissent, simples en soi, un pronom personnel, un adverbe, un verbe, un adjectif, l’émotion monte irrésistiblement à la surface de la peau et des yeux, faisant craquer la digue des sentiments, parfois ce sont les nerfs qui n’en peuvent plus, ils ont trop supporté, tout supporté, c’était comme s’ils portaient une armure, on dit, La femme du médecin a des nerfs d’acier, et finalement voilà la femme du médecin en larmes à cause d’un pronom personnel, d’un adverbe, d’un verbe, d’un adjectif, simples catégories grammaticales, simples désignatifs, comme sont également en larmes les deux autres femmes, les autres, pronom indéfini, eux aussi en pleurs, qui étreignent la femme de la proposition complète, trois grâces nues sous la pluie qui tombe.
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  • Par fredho, le 17 juillet 2015

    Cette même jeune fille, comprenne les femmes qui pourra, la plus jolie des femmes qui se trouvent ici, celle qui a le corps le mieux fait, la plus attirante, celle que tous se mirent à désirer quand le bruit de sa beauté se répandit, cette même jeune fille, une nuit, alla se glisser de son propre gré dans le lit du vieillard au bandeau noir qui la reçut comme pluie en été et qui fut ce qu'il put, passablement bien pour son âge, démontrant ainsi une fois de plus que les apparences sont trompeuses et que ce n'est pas à l'aspect du visage ni à la prestesse du corps que l'on reconnaît la force du cœur.
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  • Par bilodoh, le 26 mars 2015

    Ce qui ne change pas non plus c’est que le malheur des uns fait le bonheur des autres, comme le savent fort bien depuis le commencement du monde les héritiers et les héritiers des héritiers…

    (p. 358)

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  • Par Bruno_Cm, le 14 janvier 2013

    Vous êtes écrivain, vous avez l'obligation, [...] de connaître les mots, par conséquent vous savez que les adjectifs ne servent à rien, si une personne tue une personne, par exemple, il vaut mieux le dire simplement et et tabler sur le fait que l'horreur de l'acte, à elle toute seule, sera si choquante qu'elle nous dispensera de dire que ce fut horrible, Vous voulez dire que nous disposons de trop de mots, Je veux dire que ne disposons pas assez de sentiments, Ou alors nous disposons d'eux, mais nous avons cessé d'utiliser les mots qui les expriment, Et par conséquent nous les perdons.
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