> José Saramago (Traducteur)

ISBN : 2020484935
Éditeur : Seuil (2001)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Dans l'administration kafkaïenne de l'état civil, les vivants comme les morts sont des fiches archivées. Employés sans visages, tâches absurdes et répétitives, hiérarchie toute puissante qui brime l'individu, tout participe d'un u... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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  • Par Von-t, le 05 septembre 2011

    Von-t
    Souvenir d'un livre lu il y a quelques mois. Des restes d' images, des impressions. Souvenir d'un livre dénommé Tous les noms, écrit par l'écrivain portugais José Saramago.
    Reste alors en mémoire l'odeur de vieux papier que respire Monsieur José, employé du conservatoire national d'Etat civil, archive où sont conservés Tous les noms des vivants et des morts. Un mot , un adjectif s'impose alors à la lecture de ces pages: « kafkaïen » . Il parait inévitable ce mot dès qu‘il est question de décrire l‘administration dans toute son absurde organisation, si inhumaine et froide . Quoi qu'il en soit Saramago donne une puissance particulière à ce lieu qui acquiert une dimension inquiétante.Souvenirs des errances de Monsieur José dans le labyrinthe des couloirs du conservatoire, lieu qui parait se démultiplier sans fin. Et Monsieur José doit, pour ne pas se perdre dans les couloirs labyrinthique du conservatoire, s'attacher à un fil d'Ariane.

    Vieux garçon solitaire, soumis au rythme monotone de son travail, Monsieur José pourrait mourir sans que rien n'advienne dans sa vie terne. Mais alors que notre employé modèle triait des fiches quelconques , celui-ci tombe sur la photo d'une inconnue. Monsieur José pris de fascination folle,décide de faire le pari fou de la retrouver, de sortir cette femme de l'anonymat. Son existence en est bouleversé, et l'employé paisible va prendre les risques les plus fous pour retrouver celle qu'il aime follement. Or, sa quête s'annonce plus complexe qu'il ne l'avait prévu et les obstacles se multiplient, tenant l'inconnue éloignée dans la brume des possibles.Il faut dire que Monsieur José ne se facilite pas la tâche et le chemin tortueux de l'amoureux mime les méandres d'une demande administrative. Mais par une façon bien chevaleresque d'envisager sa situation, Monsieur José en vient à préférer emprunter des voies détournées, tenant l'objet de son désir à distance.


    Cependant, la quête de Monsieur José aboutit au cimetière . Cimetière où il croise l'étonnant personnage du pasteur, élément d'anarchie libératrice et créatrice dans le monde ordonné et étouffant de l'administration.Bref passage de pastorale noire dans un cimetière envahit par une végétation libre , sauvage. Fauteur de trouble, le pasteur intervertit les noms des tombes. Et ironiquement la seule lueur de vie et d'espoir se trouvent peut être dans le cimetière; Peut être car le lieu est régit selon les mêmes principes que le Conservatoire. …
    Enfin c'est le style complexe de Saramago qui reste en mémoire. Les détours labyrinthiques d'une l'écriture prompte à la digression et à l'ironie.

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Citations et extraits

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  • Par DIEGO, le 07 juillet 2011

    José glissa peu à peu vers une immense paix intérieure, troublée seulement parfois par des petites incursions irresponsables de feux follets, capables de mettre n'importe qui au bord d'une crise de nerfs, quelle que soit sa force d'âme ou sa connaissance des rudiments de la chimie organique. Finalement, notre timoré monsieur José fait preuve ici d'un courage que les nombreuses vicissitudes et angoisses par lesquelles nous l'avons vu passer avant ne permettaient pas d'attendre de sa part, ce qui prouve une fois de plus que c'est dans les situations les plus difficiles que l'esprit donne la mesure authentique de sa grandeur. Vers l'aube, engourdi par les frayeurs, réconforté par la douce chaleur de l'arbre qui l'enveloppait, monsieur José s'endormit tranquillement tandis qu'autour de lui le monde resurgissait lentement des ombres hostiles de la nuit et de la clarté ambiguë d'un clair de lune qui prenait congé. Quand monsieur José ouvrit les yeux, il faisait déjà grand jour. Il était gelé, l’amicale étreinte végétale ne devait être qu'un autre rêve trompeur, sauf si l'arbre, jugeant accompli le devoir d'hospitalité auquel tous les oliviers sont obligés de par leur nature même, l'avait relâché avant l'heure et abandonné sans recours à la froidure de la fine brume qui flottait très bas au-dessus du cimetière.
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  • Par brigetoun, le 08 mai 2010

    Vous allez retourner à vos collections de personnages célèbres... Non je ne crois pas... Quand on réfléchit bien, leur vie est toujours pareille, elle ne change pas, ces gens apparaissent, parlent, se montrent, sourient aux photographes, sont constamment en train d'arriver ou de partir..... Par moi. Vous, moi et tous, nous nous montrons aussi, nous parlons aussi, nous sortons aussi de chez nous et nous y rentrons, parfois même nous sourions, la seule différence c'est que personne ne fait attention à nous...
    peu importe au Conservatoire si pendant tout ce temps là nous avons été heureux ou malheureux. Le bonheur et le malheur sont comme les gens célèbres, ils vont, ils viennent, l'ennui avec le Conservatoire général c'est qu'il ne veut pas savoir qui nous sommes, pour lui nous ne sommes qu'un papier
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  • Par julifly, le 13 octobre 2011

    Ainsi comme la mort définitive est l'ultime fruit d'une volonté d'oubli, de même la volonté de mémoire pourra perpétuer notre vie.
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