José Saramago, monté au ciel en 2010, a-t-il pu gagner son paradis avec un tel livre sous le bras?
Oui, affirmeraient les Chrétiens:Dieu pardonne tout.
Non,contesteraient certains, si Dieu avec un petit d(é) (dieu ainsi que le nomme l'auteur) en guise de cervelle est un revanchard, il lui a, à coup sûr, fermé les portes, vu le côté subversif de son récit et corrosif de ses propos.
Pour un Portugais,un non croyant au pays de Fatima, il a fait fort!
Caïn,
Caïn,en fait puisque toutes les majuscules sautent allègrement,revisite la bible dans
Caïn,avec humour noir et parler familier.
Adam dont la pomme, difficile à avaler, remonte et descend dans le gosier s'enfuit de l'éden avec une Eve, "aux gros nichons", tentatrice en chef dont le futur fils Abel est sans doute le fils du chérubin Azaël.
Ils sont une "expérience" et vont en faire les frais car à trop manger d'herbe...on attrappe la diarrhée!!!
Tout le roman est du même acabit (
Caïn spécialiste es érections et éjaculations,perdu entre passé et futur,Lilith qui se pavane dans la luxure).
Est-ce du au fait,que les conversations avec les anges se passant près de "l'aire de malaxage de l'argile", lorsque les ailes sont trop courtes "ça vole bas"?
Quelques bonnes trouvailles, toutefois portent à sourire (l'arche de Noé qui file à "une vitesse bien supérieure à celle du zeppelin hindenburg" ou les problèmes mécaniques des ailes d'anges en mauvaise synchronisation...) mais c'est la plupart du temps du grand guignol choquant.
Mais fallait-il attendre d'autre d'un auteur qui a déjà fait scandale avec L'Evangile selon
Jésus Christ dans lequel Jésus perdait son pucelage avec Marie Madeleine?
Après,je pense,le droit de libre expression existe et si
José Saramago, par ailleurs prix Nobel de littérature,écrivain majeur au Portugal, a voulu s'insurger contre un Dieu fou et mauvais ("qui ordonne à un père de tuer et de brûler son propre fils sur un bûcher", qui provoque les guerres et envoie ses fidèles à la tuerie); défendre un
Caïn vindicatif,insolent qui discutaille sans cesse avec le Seigneur, et lui jette à la face "les enfants de Sodome"et dénoncer un "esprit humain qui crée et recrée ce en quoi il croit obscurément" c'est son choix, un choix suivi par Seuil puisqu'il a été publié par une grosse maison d'édition.
A lire pour en tirer le bon grain et en rejeter l'ivraie!