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> Geneviève Leibrich (Traducteur)

ISBN : 2020863995
Éditeur : Editions du Seuil (2008)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 93 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans un pays sans nom, un événement extraordinaire plonge la population dans l'euphorie: plus personne ne meurt. Mais le temps, lui, poursuit son œuvre, et l'immortalité, ce rêve de l'homme depuis que le monde est monde, se révèle n'être qu'une éternelle et douloureuse ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lauredanse, le 04 décembre 2012

    lauredanse
    Un gros coup de coeur !
    Ce roman est divisée en deux parties : La première dédiée aux circonstances et aux conséquences de l'arrêt brutal de l'activité de la mort sur toute une population dans un pays, et juste un seul pays ; ceci ne concernant que les humains et non les animaux et végétaux, laissant tous ces habitants à un avenir d'immortalité. La deuxième est consacrée à la remise en service de la mort, puis à un évènement singulier mettant en lumière un personnage en particulier.
    En premier lieu, s'arrête de s'abattre sur la population la mort, au premier jour de l'année. Ce qui s'avère être au fil du récit une catastrophe, les pompes funèbres obligées de se reconvertir avec les animaux domestiques, les maisons de retraite et hôpitaux surchargés, les compagnies d'assurance mettant en place un « gentlemen's agreement » afin de sauver leur légitimité, l'Eglise voyant s'effondrer tous les fondements de son existence « si la mort disparaît, il n'y aurait plus de résurrection possible et que sans résurrection l'église perdrait tout son sens », les familles désabusées et s'en remettant à une pratique humiliante et honteuse. La « Maphia » (écrit comme cela dans le texte) vient « sauver » la population avec une organisation sous le manteau, permettant de soulager les familles (en échange d'un pécule non négligeable, inutile de le mentionner) en menant les moribonds en dehors du pays (idée de départ d'une famille d'agriculteurs et suivi par d'autres, organisée ensuite par la Maphia). Mais il s'avère que les 3 pays limitrophes commencèrent à voir d'un mauvaise oeil la venue de tous ces gens provoquant des enterrements clandestins et un peu n'importe où, qui plus est. La Maphia trouva donc une solution, lui permettant d'augmenter de surcroît ses tarifs. Solution qui fût également bénéfique pour les pompes funèbres. Les républicains en profitèrent pour prôner leur cause dans ce pays monarchique, mettant en exergue l'injustice et la contre logique de ce système face à l'immortalité.
    En second lieu, la mort reprend finalement du service face aux incohérences de cette suspension momentanée, mais avec un petit changement, reconnaissant que « le procédé habituel (est) injuste et cruel consistant à retirer la vie aux gens en toute mauvaise foi, sans préavis(…) ». En effet, les futurs morts recevront une lettre 8 jours avant la date fatidique, afin de leur laisser le temps de faire toutes les démarches nécessaires au bon ordre de leurs affaires. Mais en attendant, tous les moribonds s'éteignirent simultanément au 1er janvier minuit, pour un retour à la normale, un réajustement. Tous les habitants furent heureux de cette modification, cependant, l'annonce d'une mort future sous huitaine angoissa la population et une psychose se mit en place. « La semaine d'attente édictée par la mort avait pris la proportion d'une véritable calamité collective ». C'est alors qu'un fait inattendu pour la mort apparut, qui la plongea dans l'expectative et l'obligea à réfléchir à la bonne mise en oeuvre d'une solution contrecarrant ce phénomène. Un violoncelliste a fait son apparition dans l'histoire… La mort arrivera t'elle donc à un mode opératoire efficace et à son application ?
    Le style de José Saramago est très particulier. Il fait de longues phrases qui ont l'air de ne jamais s'arrêter, avec des virgules à profusion. Cela surprend au départ, mais une fois bien lancé on s'habitue très bien au style voulu de l'auteur : « la syntaxe chaotique, l'absence de point final, l'élimination obsessive des paragraphes, l'emploi erratique des virgules et, péché sans rémission, l'abolition intentionnelle et diabolique de la lettre majuscule ». Les dialogues sont complètement intégrés au récit, ce qui signifie qu'il n'utilise pas les tirets ou guillemets, juste des majuscules pour la première lettre du mot prononcé par chacun des interlocuteurs. On s'y fait très vite. Il est le maître de l'ironie, de la dérision. Avec un thème comme celui là c'est juste excellent ! Et son humour, enrichi d'un vocabulaire exceptionnel, est intelligent et émoustillant. On se retrouve dans des situations volontairement loufoques, une façon, à mon avis, de minimiser l'irrévocabilité de la mort. L'utilisation qu'il fait de digressions rend très vivant le roman, on a pour ainsi dire le sentiment de discuter avec le narrateur et c'est d'un caustique plaisant. « L'humanisation » qu'il fait de la mort la rend presque sympathique et on en oublierait presque qui elle est en réalité, la faisant passer, par exemple, pour une employée comme une autre avec ses soucis techniques, sauf que elle, elle a des pouvoirs ! Il fait parler la mort et même sa faux, ce qui est franchement très amusant et nous fait penser qu'on parle d'un sujet léger, alors qu'il n'en est rien.
    C'est un réel coup de coeur, je n'avais jamais lu ce type de roman avec une écriture superbe, une idée plus qu'originale et une rhétorique formidable. Je vous le conseille fortement !
    Premières phrases du livre : « le lendemain, personne ne mourut. Ce fait, totalement contraire aux règles de la vie, causa dans les esprits un trouble considérable, à tous égards justifié, il suffira de rappeler que dans les quarante volumes de l'histoire universelle il n'est fait mention nulle part d'un pareil phénomène, pas même d'un cas unique à titre d'échantillon, qu'un jour entier se passe, avec chacune des généreuses vingt-quatre heures, diurnes et nocturnes, matutinales et vespérales, sans que ne se produise un décès dû à une maladie, à une chute mortelle, à un suicide mené à bonne fin, rien de rien, ce qui s'appelle rien. Pas même un de ces accidents d'automobiles si fréquents les jours de fête, lorsqu'une irresponsabilité joyeuse et un excès ‘alcool se défient mutuellement sur les routes pour décider qui réussira à arriver à la mort le premier. le passage à une année nouvelle n'avait pas laissé dans son sillage l'habituelle traînée calamiteuse de trépas, comme si la vieille atropos à la denture dénudée avait décidé de rengainer ses ciseaux pendant une journée. »
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    • Livres 3.00/5
    Par Mahpee, le 13 janvier 2015

    Mahpee
    C'est le thème très étrange de ce roman qui a attiré mon attention : la mort qui, à l'aube d'une nouvelle année, décide de ne plus œuvrer jusqu'aux limites des frontières d'un pays imaginaire, plongeant dans l'euphorie une population devenue immortelle. C'est en commençant la lecture de cet ouvrage que j'ai fait mes premiers pas dans le monde imaginaire de José Saramago, grand écrivain portugais, prix Nobel de littérature en 1998.
    L'histoire est délirante à souhait. Traitée avec beaucoup d'humour, on retrouve, une fois les premiers temps emplis d'allégresse passés, une population confrontée à une multitude de problèmes. La vie éternelle certes mais pas l'éternelle jeunesse, et rapidement chacun doit gérer une situation nouvelle, que faire des nombreux mourants qui ne meurent plus, de malades en phase terminale interminable. Il est facile d'imaginer le chaos qui va s'en suivre.
    Si j'ai aimé le déroulement de l'histoire, j'ai cependant été dérouté par le style de cet immense écrivain. Je ne connais de lui que ce roman et c'est un peu court pour se faire un avis mais "Les intermittences de la mort" est écrit à la façon d'un long article de presse, l'auteur prenant par moments le lecteur à témoin dans une suite de témoignages un peu longs. Un style qui ma rendu, à de nombreuses reprises, la lecture de ce livre un brin ennuyeuse. Dommage...
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    • Livres 4.00/5
    Par mariecesttout, le 30 mars 2014

    mariecesttout
    "La mort, cependant, qui, à cause des devoirs de sa charge,avait entendu tant d'autres musiques, notamment la marche funèbre de ce même Chopin ou l'adagio assai de la troisième symphonie de Beethoven, eut pour la première fois de sa très longue vie la perception de ce qui pourrait devenir une parfaite concordance entre ce qui est dit et la façon dont c'est dit. Peu lui importait que ce fût le portrait musical du violoncelliste, probablement avait-il fabriqué dans sa tête les ressemblances alléguées , réelles et imaginaires, ce qui impressionnait la mort c'était le sentiment d'avoir entendu dans ces cinquante-huit secondes de musique une transposition rythmique et mélodique de toute vie humaine, ordinaire ou extraordinaire, à cause de sa tragique brièveté, de son intensité désespérée, et aussi à cause de cet accord final qui était comme un point de suspension laissé dans l'air, dans le vague, quelque part, comme si, irrémédiablement, quelque chose restait encore à dire."
    Et voici donc l'histoire de la mort , dans ce conte fantastique , qui , dans un premier temps, décide de faire grève! Et ce qui s'en suit, et on peut faire confiance à Saramago pour explorer dans le détail les inconvénients de cet évènement. Et les moyens employés pour contrer ces inconvénients. Et les propres inconvénients liés à ces moyens employés... Mais.. je ne vais pas vous raconter l'histoire, en fait, on a toujours l'impression d'entendre quelqu'un vous raconter une histoire à voix haute, et on attend la suite!
    Sachez toutefois que la mort va tomber amoureuse d'un violoncelliste. Et de son chien. Et qu'on ne sait pas si la faux, à qui elle a confié la tâche d'envoyer les enveloppes violettes pendant son absence , va vraiment s'en charger. Ca reste un mystère , car, quand même, le lendemain , personne ne mourut.
    Roman paru en 2005, Saramago avait 83 ans. Pas mon préféré de l'auteur mais quand même!
    En exergue:
    "Pense, par exemple, davantage à la mort- et il serait étrange en vérité que tu n'aies pas accès ,ce faisant ,à de nouvelles représentations, à de nouveaux domaines du langage." L. Wittgenstein
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    • Livres 2.00/5
    Par mariech, le 31 juillet 2012

    mariech
    Chaque être humain a rêvé au moins une fois d'être immortel mais sans jamais trop réfléchir aux conséquences que cela pourrait avoir car quand on pense à l'immortalité , on pense à la sienne uniquement . José Saramago y a réfléchi pour nous , c'est le thème de ce roman que j'ai eu beaucoup de mal à lire , bon j'avoue , je ne l'ai pas terminé .
    Pourtant , je trouve que c'est un thème original mais le style de l'auteur ne m'a pas plu .
    Dans un pays imaginaire , la mort a arrêté son travail , au début tout semble pour le mieux mais au bout de quelques temps , les inconvénients apparaissent , les vieilllards n'en finissent pas d'agoniser , les veillées funèbres s'éternisent et les familles n'en peuvent plus , plus de mort , plus d'héritage , plus de travail pour les pompes funèbres .
    Les grands blessés ne meurent plus , les hôpitaux sont surchargés , enfin c'est toute la vie quotidienne qui est chamboulée .
    Sous cet angle , on se rend compte que la mort a son utilité , que les cycles de vie et de mort doivent se succéder pour le bon ordre du monde .
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    • Livres 4.00/5
    Par herveGAUTIER, le 03 mars 2014

    herveGAUTIER
    N°476– Novembre 2010.
    Les intermittences de la mortJosé Saramago *[1922-2010]– le Seuil.
    Dès la première ligne le ton est donné « Le lendemain personne ne mourut ».
    C'est que dans ce pays imaginaire, la mort n'existe plus. Certes le temps n'est pas aboli, la jeunesse n'est pas éternelle et les gens vieillissent, les accidents se produisent et la maladie sévit toujours mais la mort n'intervient pas, transformant la vie en une gigantesque agonie. « Depuis le début de l'an neuf, plus précisément depuis zéro heure de ce mois de janvier pas un seul décès n'avait été enregistré dans l'ensemble du pays ».
    L'auteur s'attaque à sa manière au grand tabou de nos société occidentales : la mort. Elle est certes inévitable, fait partie de la condition humaine, mais nous vivons comme si elle n'existait pas et ce vieux rêve de l'homme, l'immortalité, prend ici corps dans une longue et douloureuse vieillesse. La société est complètement désorganisée, les vieux ne meurent plus comme avant, les hôpitaux sont surchargés, les pompes funèbres et les société d'assurances ruinées, l'État désemparé et au bord de la faillite, le société dans son ensemble complètement perturbée (ne parlons pas du financement des retraites !), l'Église dépossédée de son fonds de commerce. En effet, la mort ayant disparu, plus de résurrection, plus de morale, plus de menaces surréalistes avec la sanction de l'enfer ou de promesse du paradis. C'en est fini des fantasmes judéo-chrétiens... Quant à l'idée même de Dieu, il vaut mieux ne pas l'évoquer ! L'homme ne peut plus basculer dans le néant ni s'offrir à lui-même son propre trépas comme une délivrance. On ne peut même plus se servir des accidents pour faire peur aux imprudents... Reste la souffrance aussi implacable que la peur de mourir, comme une punition ! C'est un peu comme si le premier jour de cette nouvelle année introduisait une nouvelle façon de vivre puisque la vie devenait, à partir de ce moment, définitive. Il y a de quoi s'alarmer face à cette Camarde qui ne remplit plus son macabre office alors que les animaux eux, continuent de mourir et qu'à l'extérieur des frontières de ce fabuleux pays on continue normalement de payer son tribut à Thanatos ! Y aurait-il deux poids et deux mesures dans ce grand chambardement ?
    Alors face à cela, les philosophes se mirent à philosopher, les religieux à organiser des prières pour que les choses reviennent un ordre plus classique et les habitants des régions frontalières à transporter leurs mourants de l'autre côté de la frontière, là où le monde ressemblait encore à quelque chose. C'est là qu'entre en jeu la « maphia »(avec « ph » pour la différencier de l'autre) qui va organiser, avec l'aval du pouvoir, un peu mieux ces choses qui ne vont décidément plus. Pourtant, cela n'est pas sans poser quelques problèmes diplomatiques, militaires, enfin des difficultés humaines avec leur lot d'exagérations de volonté de tirer partie d'une situation nouvelle et lucrative...
    Heureusement, après une année de grève, la Grande faucheuse décide de reprendre du service ce qui bouleverse un peu les toutes nouvelles habitudes prises. Pire, elle éprouve le besoin d'avertir chacun de son décès par lettre personnelle de couleur violette (y a-t-i une symbolique dans cette couleur qui n'est pas le noir ?). Las l'une d'elle, adressée à un violoncelliste solitaire, revient, refusée par son destinataire, et ce trois fois de suite !

    Avec un certain humour, il croque cet homme dans son quotidien, fait allusion à cet échec surréaliste de la mort, évoque l'improbable dialogue de la Camarde avec sa faux à qui elle confie ses doutes, ses hésitation face à ce cas de résistance, déplore le retour par trois fois (y a-t-il là une symbolique ?) de ces missives macabres et annonciatrices qui peuvent parfaitement figurer l'ultime combat du malade face à sa fin ?
    Avec son habituel sens de la dérision, il évoque Dieu autant que « l'instant fatal » nécessairement solitaire, va jusqu'à parler directement avec la mort, la tutoyer comme si elle lui était devenue familière, la tourner en dérision avec gourmandise, lui faire abandonner son triste linceul pour lui prêter les traits d'une jolie femme élégamment vêtue [à l'inverse de Proust qui la voyait comme une grosse femme habillée de noir], la réintègre dans ce pays imaginaire allant à la rencontre du fameux violoncelliste qui refuse de mourir, filant à l'envi son interminable fable...
    Saramago s'en donne à cœur joie dans cette cour ou le Père Ubu mène la danse. Dans sont style goguenard habituel, parfois difficile à lire et déroutant dans la construction de ses phrases et son habitude de se jouer des majuscules, l'auteur pratique les digressions pour le moins fantaisistes et philosophiques. Quelle sera l'épilogue de cette fable? Quel rôle joue véritablement l'auteur ? L'écriture est-elle, comme souvent, un exorcisme ? Est-ce pour lui une façon de se moquer de la mort ou de s'y préparer ?[roman paru en 2005 - Disparition de l'auteur en 2010 après une longue maladie ]. L'auteur nourrit-il par ce roman le fantasme inhérent à la condition humaine qu'est l'immortalité ? Veut-il rappeler à son lecteur que, même mort, un écrivain continue d'exister à travers ses livres ? Autant d'interrogations...
    J'ai retrouvé avec plaisir cet auteur qui traite d'une manière originale mais aussi sérieuse les problèmes de l'humanité, promène son lecteur attentif et curieux de l'épilogue dans un univers décalé qui lui fait voir autrement les choses... même si ce n'est pas vrai, mais c'est l'apanage des romanciers que de redessiner le monde avec des mots !

    * Prix Nobel de littérature 1998.
    ©Hervé GAUTIER – Novembre 2010.http://hervegautier.e-monsite.com

    Lien : http://hervegautier.e-monsite.com
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Citations et extraits

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  • Par Mahpee, le 23 janvier 2015

    La mort a un plan. Le changement d'année de naissance ne fut que la phase initiale d'une opération à laquelle seront consacrés, nous pouvons d'ores et déjà l'annoncer, des moyens absolument exceptionnels, jamais encore utilisés dans toute l'histoire des relations humaines avec son ennemie jurée. Comme dans un jeu d'échecs, la mort avança la reine. Quelques coups supplémentaires ouvriront la voie à l'échec et mat et la partie prendra fin. Il sera alors loisible de demander pourquoi la mort ne revient pas au statu quo ante, les gens mouraient simplement parce qu'ils devaient mourir, sans avoir besoin d'attendre que le facteur leur apporte une lettre de couleur violette.
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  • Par sentinelle, le 07 octobre 2008

    Le lendemain, personne ne mourut. Ce fait, totalement contraire aux règles de la vie, causa dans les esprits un trouble considérable, à tous égards justifié, il suffira de rappeler que dans les quarante volumes de l'histoire universelle il n'est fait mention nulle part d'un pareil phénomène, pas même d'un cas unique à titre d'échantillon, qu'un jour entier se passe, avec chacune de ses généreuses vingt-quatre heures, diurnes et nocturnes, matutinales et vespérales, sans que ne se produise un décès dû à une maladie, à une chute mortelle, à un suicide mené à bonne fin, rien de rien, ce qui s'appelle rien. Pas même un de ces accidents d'automobile si fréquents les jours de fête, lorsqu'une irresponsabilité joyeuse et un excès d'alcool se défient mutuellement sur les routes pour décider qui réussira à arriver à la mort le premier.
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  • Par yoshi73, le 03 septembre 2011

    Dans les autres pays, les gens continuent à mourir et il ne semble pas que leurs habitants soient plus malheureux pour autant. Au début, naturellement, il y a eut de la jalousie, des conspirations, quelques cas d'espionnage scientifique pour tenter de découvrir comment nous avions fait, mais au vu des problèmes qui nous sont tombés dessus depuis lors, nous pensons que le sentiment de la majeure partie de la population de ces contrées pourrait se traduire par les mots suivants, Nous l'avons échappé belle
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  • Par Tarquin, le 05 juillet 2014

    Comme on le sait, à cinquante ans on ne peut plus trop se fier à ses yeux, on commence à les cligner, à les fermer à demi comme si on voulait imiter les héros du far ouest ou les navigateurs d'antan, sur un cheval ou à la proue d'une caravelle, la main en guise de visière pour scruter l'horizon lointain.

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  • Par lauredanse, le 04 décembre 2012

    Déjà le solo est fini, l’orchestre, telle une puissante mer, s’est avancé lentement et a doucement submergé le chant du violoncelle, il l’a englouti et amplifié comme s’il voulait le conduire en un lieu où la musique se sublimerait dans le silence, dans l’ombre d’une vibration qui parcourrait la peau comme la dernière et inaudible résonance d’une timbale effleurée par un papillon.

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