> José Saramago (Traducteur)

ISBN : 2020863995
Éditeur : Seuil (2008)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
Dans un pays sans nom, un événement extraordinaire plonge la population dans l'euphorie: plus personne ne meurt. Mais le temps, lui, poursuit son œuvre, et l'immortalité, ce rêve de l'homme depuis que le monde est monde, se révèle n'être qu'une éternelle et douloureuse ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 31 mars 2009

    Bunee
    Gros gros coup de cœur pour ce délectable ouvrage que je ne peux que TRÈS vivement (huhu) vous recommander.
    A votre avis, quel est l'un des plus grands reves de l'humanité? L'immortalité, n'est ce pas?
    Et selon vous, qu'arriverait-il si, du jour au lendemain, à l'occasion d'un changement d'année, la mort se mettait à arrêter de tuer?
    Il s'agit de la première partie de l'ouvrage.
    C'est exactement dans ce cas que se trouve un petit pays inconnu. La population, d'abord incrédule, se laisse aller à une euphorie collective à la limite de l'hystérie: "on ne meurt plus, c'est miraculeux! Notre pays est élu!".
    Seulement, la situation vire à la catastrophe pour la société.
    D'une part, si les gens ne meurent plus, ça ne veut pas dire qu'ils rajeunissent ou arrêtent de vieillir. Ainsi les gateux restent gateux, les mourants ... mourants, et les hospices se préparent à être submergés de générations entières de vieillards impotents! La pyramide des ages s'inversent, le ministère de la santé, les lobbies des assureurs et des pompes funèbres s'affole, de même que l'église qui se voit saper le coup du jugement dernier et est obligée de réinventer une doctrine, passant de la mort promise à la mort éventuelle, et les philosophes ... philosophent.
    En outre, les familles sont encombrées par les vieux qui n'en finissent pas de mourir et commencent à les emmener de l'autre coté de la frontière, là où l'on meurt toujours. Un véritable trafic de candidats-cadavres se met en place, régi d'une main de fer par la Maphia (et non mafia), et l'afflux de cadavres au-delà des frontières vire à l'incident diplomatique...
    Mais un jour la mort revient de vacances, et à ce moment nous entrons dans la seconde partie du livre.
    Déjà, il a fallu purger la période pendant laquelle personne ne mourrait. Et hop, 60 000 morts d'un coup.
    Ensuite, la mort a décidé de changer de méthode.
    Désormais elle respecte un préavis d'une semaine avant de tuer quelqu'un. Ce préavis commence à la reception d'une lettre de couleur violette, annonçant le décès prochain. Enormément d'effets secondaires apparaissent: les gens tentent de se suicider avant, ou se noient dans les orgies et l'ivresse ...
    Ce nouveau système fonctionne globalement, jusqu'à ce que l'une des lettres refuse obstinément de parvenir à son destinataire et revienne systématiquement à son expéditeur. Ce qui vexe la mort comme un pou.
    Alors bien sûr, tout se mérite. Il faut savoir faire abstraction d'une présentation incroyablement dense et compacte, de paragraphe et de chapitre plutôt longs, qui vous donnent l'impression de lire ... en apnée.
    Mais au delà de ça! C'est ironique, bien écrit, très drôle, original, le récit magistralement efficace de telle sorte qu' au fil de la lecture le lecteur crée d'innombrables images et représentations absolument inédites:
    Vous êtes vous déjà figuré la mort cloîtrée dans sa cave, discutant avec sa faux, et véritable archiviste feuilletant ses petites fiches? Ou encore assise sur un canapé avec un chien sur les genoux? Ou en bisbille avec les services Postaux qui refusent obstinément de livrer une partie de sa correspondance? Discutant avec un musicien dans un taxi?
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par folivier, le 01 juillet 2011

    folivier
    Et si la mort décidait d'arrêter son métier ? Ou bien si elle décidait de prévenir par courrier, 8 jours à l'avance, notre prochaine mort ? Et si la mort tombait amoureuse ? Et si il existait plusieurs morts, en fait une pour chacun d'entre nous qui attend le moment, ou une mort spécifique aux humains différente d'une mort pour les autres animaux ou les autres organismes vivants ? Et comment réagiraient les hommes face à de telles situations ? Voilà les différents axes de réflexion vers lesquels Saramago avec son génie d'écriture nous entraîne en nous contant une fable sur la mort. Comme à son habitude, Saramago observe, analyse, décortique les hommes comme des animaux de laboratoire mis dans des situations qui perturbent totalement notre sens de la vie, notre relation aux autres.
    La mort arrête de cueillir les hommes. La situation devient très vite ingérable face à l'accumulation des humains en attente de mourir mais dans l'impossibilité de basculer... les mourants agonisent sans jamais mourir. Très rapidement se développe un trafic lucratif de la mort entre les mains de la mafia, pour traverser la frontière et permettre aux mourants de (enfin !) mourir. En fait Saramago nous dévoile que sans la mort la vie n'aurait pas de sens : "parce que si les êtres humains ne mourraient pas, tout deviendrait permis" (p45 Ed Folio)
    que les religions se nourrissent et se justifient par la mort : " Les religions, toutes autant qu'elles sont et quel que soit l'angle sous lequel on les regarde, ont la mort pour unique justification de leur existence... pour que les gens passent leur vie pris dans l'étau de la peur et que pour, l'heure venue, ils accueillent la mort comme une libération" (p44 Ed Folio)
    Puis la mort décide de reprendre son activité mais en avertissant les personnes par courrier 8 jours à l'avance de leur prochaine mort. Là encore, les conséquences sont catastrophiques. La mort pensait qu'en donnant du temps, elle permettait à chacun de se préparer, et c'est tout le contraire, de savoir que l'on va mourir crée un stress qui tétanise et panique. Jusqu'au jour où la mort découvre qu'une lettre lui est systématiquement retournée !
    José Saramago avec son humour au second degré, avec ses multiples interpellations du lecteur pour bien souligner qu'il s'agit d'une fable, d'un conte, d'une expérience, délivre une nouvelle fois un livre dense qui nous oblige à nous questionner et réfléchir sur cette boutade "La vie est une longue maladie mortelle"
    3 étoiles uniquement car malgré toutes les qualités de ce livre, j'ai été beaucoup moins conquis que par d'autres oeuvres de Saramago comme L'aveuglement, La Caverne ou Tous les noms.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par yoshi73, le 03 septembre 2011

    yoshi73
    Au passage de la nouvelle année, une chose étrange et inattendue se produit : plus personne ne meurt. Cette absence de mort ne concerne que le pays, jamais nommé, dans lequel se déroule cette histoire. Dans les pays voisins, la mort continue à officier. Cette absence de mort est vécue dans la liesse générale. Toutefois, cette joie que crée l'idée d'une vie éternelle devient vite un vrai casse tête pour tout le monde. Car si on ne meurt plus, on continue bien à vieillir et à tomber malade. du coup, les hôpitaux se trouvent vite surchargés ainsi que les maisons de retraite. A l'inverse, certaines professions se plaignent de ne plus avoir de travail comme les sociétés de pompes funèbres. le gouvernement est sur les dents, car il doit trouver des solutions. Il va ainsi passer un accord avec la mafia pour organiser des "voyages" dans les pays voisins où la mort continue de faire son travail. Et puis, au bout de quelques mois et, du jour au lendemain, la mort décide de reprendre du service. Ainsi, elle fait annoncer, par le biais des médias, que les gens vont recommencer à mourir. Toutefois, elle introduit une nouveauté : les personnes qui doivent mourir recevront une lettre (de couleur violette) une semaine avant la date fatidique. Ainsi, chacun aura le loisir de régler ses affaires courantes avant de passer de vie à trépas. Les lettres sont envoyées par la mort elle-même quotidiennement. Mais un jour, une lettre lui revient. La mort tente de l'envoyer à plusieurs reprises mais celle-ci finit toujours par lui revenir, si bien que l'homme a qui elle est destinée ne meurt pas à la date qui avait été fixée. La mort se trouve devant un véritable casse-tête...
    Ce livre est constitué de deux parties. La première s'arrête largement sur la manière dont est vécue la situation inédite de l'absence de mort dans le pays et sur les problèmes que cela occasionne très vite. La seconde partie est l'histoire plus particulière de cet homme, violoncelliste de profession, à qui la mort n'arrive pas à envoyer sa lettre.
    Le style de l'auteur est très particulier. José Saramago s'amuse avec son lecteur en lui parlant directement. Il fait aussi beaucoup de digressions. Côté écriture, les phrases sont très longues et il est parfois difficile de suivre l'auteur. J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire et j'ai failli abandonner la lecture de ce roman plusieurs fois. J'ai trouvé la deuxième partie plus abordable et plus agréable à lire. J'ai apprécié l'humour cynique de José Saramago et cette lecture m'a beaucoup fait sourire.
    Au final, une impression de lecture en demi teinte.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par summerday, le 20 avril 2011

    summerday
    José Saramago, auteur portugais, prix Nobel de littérature, se jouait des conventions d'écriture autant que des préceptes de métaphysique les plus communs. Dans Les intermittences de la mort, un beau matin, plus personne ne meurt. Cela se déroule dans un royaume imaginaire mais cependant familier. On ne sait pas pourquoi, si ce n'est que la mort a décidé de ne plus œuvrer à l'intérieur des frontières de ce pays. Les gens ne meurent plus, alors que faire de tous les malades qui s'entassent dans les hôpitaux? Que deviendront les services de pompes funèbres et les assurances vies? Sans mort il faut repenser la vie. Sans mort plus d'au-delà, plus de religion, que fera l'Église? Les autorités sont prises au dépourvu, la population exulte, des commissions se mettent en place, on philosophe, on cherche des solutions.
    José Saramago s'interroge sur notre rapport à la mort, dans un récit qui prend des allures de fable. Il n'y a pas vraiment de personnages, seulement des protagonistes qui apparaissent pour l'anecdote ou ne sont qu'un visage du gouvernement. Si la première partie du récit envisage des questions purement pratiques liées à ce grand bouleversement, et notamment la refonte d'une société, l'auteur embrasse ensuite son récit de façon de plus en plus fantastique pour prendre son lecteur au dépourvu et l'étourdir de romanesque allégorique! Il dépasse les bornes et le plaisir qu'il prend à le faire déborde et vous vole un sourire à quasiment chaque page tournée. Lorsqu'on n'a jamais rien lu de cet auteur auparavant on peut être un peu déstabilisé par son débit et sa ponctuation presque abolie, mais on s'habitue rapidement à ce système.
    Ce livre est délicieux car il fait preuve d'un ton faussement naïf et absurde malgré son thème morbide. L'auteur débute avec un mystère soulevant de sacrés problèmes bureaucratiques puis progresse avec malice vers la farce. Comme quoi, on peut parler de choses graves et faire rire son lecteur tout en lui suggérant des idées pas si anodines sur notre culture et nos croyances!
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 07 octobre 2008

    sentinelle
    Il s'agit de mon premier roman de l'auteur José Saramago, au thème très original et intriguant dans la mesure où le sujet tourne autour de la pause que s'octroie « la mort » avec toutes les conséquences que cela engendrera au niveau de l'organisation étatique. Vous avez bien lu, la mort, personnage à part entière, a décidé de ne plus travailler et donc de ne plus donner la mort, du moins dans un cadre bien précis puisque ce phénomène ne dépasse par les frontières d'un pays dont nous ne connaîtrons jamais le nom.
    Cet événement extraordinaire, qui plonge dans un premier temps la population dans un état euphorique, se révèle au fur et à mesure plus que problématique : l'immortalité n'empêche ni la maladie ni la vieillesse et engendre une multitude de malades en phases terminales au plus grand désarroi des familles mais également des hôpitaux, qui ne savent plus comment faire face au nombre toujours croissant de ses anciens. Les pompes funèbres et les compagnies d'assurance sont obligées de se diversifier pour ne pas tomber en faillite et l'Eglise est menacée de disparition car comment croire en la résurrection finale si la mort ne fait plus son office ? L'Etat se désagrège également, incapable de faire face à cette multitude d'anciens qui ne meurent plus : comment leur octroyer une pension à vie lorsque le nombre de la population active sera nettement déficitaire en comparaison à toutes ces personnes dont la mort ne veut plus ? Obligé de faire appel à la « maphia » (référence à la mafia italienne) pour s'en sortir jusqu'au jour où la mort décide de reprendre du service… d'une manière disons… assez surprenante ! Cette deuxième partie du roman suivra la grande faucheuse dans son travail somme toute assez routinier jusqu'au jour où elle sera confrontée à un imprévu...
    Je me suis rapidement habituée à l'écriture et à la ponctuation particulière de José Saramago, qui nous livre une sorte de farce menée avec intelligence et causticité. le tout livré avec une certaine distance, prétexte à philosopher sur un ton pince-sans-rire sur les éventuelles conséquences de l'immortalité, tant espérée mais tellement contraignante en fin de compte…

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-22868621.html
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 07 octobre 2008

    Le lendemain, personne ne mourut. Ce fait, totalement contraire aux règles de la vie, causa dans les esprits un trouble considérable, à tous égards justifié, il suffira de rappeler que dans les quarante volumes de l'histoire universelle il n'est fait mention nulle part d'un pareil phénomène, pas même d'un cas unique à titre d'échantillon, qu'un jour entier se passe, avec chacune de ses généreuses vingt-quatre heures, diurnes et nocturnes, matutinales et vespérales, sans que ne se produise un décès dû à une maladie, à une chute mortelle, à un suicide mené à bonne fin, rien de rien, ce qui s'appelle rien. Pas même un de ces accidents d'automobile si fréquents les jours de fête, lorsqu'une irresponsabilité joyeuse et un excès d'alcool se défient mutuellement sur les routes pour décider qui réussira à arriver à la mort le premier.
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  • Par yoshi73, le 03 septembre 2011

    Dans les autres pays, les gens continuent à mourir et il ne semble pas que leurs habitants soient plus malheureux pour autant. Au début, naturellement, il y a eut de la jalousie, des conspirations, quelques cas d'espionnage scientifique pour tenter de découvrir comment nous avions fait, mais au vu des problèmes qui nous sont tombés dessus depuis lors, nous pensons que le sentiment de la majeure partie de la population de ces contrées pourrait se traduire par les mots suivants, Nous l'avons échappé belle
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