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Antoni Wodzinski (Traducteur)Bronislaw Kozakiewicz (Traducteur)
ISBN : 2859402411
Éditeur : Phébus (15/05/1992)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Un aventurier de génie, le cosaque Bogdan Chmielniçki, parti de rien ou presque, parvient à lever au fin fond des steppes de l'Ukraine une armée d'un demi-million d'hommes qu'il lance contre la Pologne -en rêvant secrètement d'aller beaucoup plus loin.
Nous sommes en 1648, et il s'en faudra d'un cheveu que l'Europe orientale en son entier ne tombe sous la botte des cosaques Zaporogues et de leurs alliés de l'heure, les Tatars de Crimée, issus de la lointaine ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
17 avril 2017
Je mets ma main droite à couper et ma gauche à brûler que G. R. R. Martin, et avant lui J. R. R. Tolkien, ont lu Sienkiewicz et se sont inspirés de son oeuvre avant d'écrire "Le trône de fer" et "Le Seigneur des anneaux". Sinon, comme m'expliquer le fait d'avoir constamment vu ces deux épopées en filigrane derrière les lignes de "Par le fer et par le feu" ?
Ce roman réédité par Libretto - une maison qui déçoit rarement ses fidèles lecteurs -, est un concentré d'héroïsme et de souffle épique. Sous la plume brillante du maître polonais, L Histoire prend vie avec à la fois une précision et un panache romanesque extraordinaires. Enfoncé mon bien-aimé Dumas et ses libertés fantasmagoriques ; Henryk Sienkiewicz n'est pas un auteur qui modèle L Histoire à sa fantaisie pour sublimer ses personnages, malgré toute l'affection qu'il leur porte, on sent d'abord chez lui un souci d'exégèse et de témoignage. Ce n'est pas L Histoire qui sert son action mais l'inverse.
Ainsi, en ce milieu du XVIIème siècle, dans les plaines fertiles de la future Ukraine, aucune des cruautés de la guerre civile qui oppose Polonais et Cosaques n'est épargnée au lecteur. Les 720 pages du roman retentissent toutes du fracas des armes entrechoquées, de la ruée des hordes tatares déchaînées et des cris des suppliciés empalés. Roman militaire et véritablement guerrier que viennent seules alléger les personnalités remarquables des quatre compagnons d'armes. D'Artagnan, Athos, Porthos, Aramis, ô héros chers à mon coeur, vous voilà désormais apparentés dans mon coeur à Kretuski, Wolodowski, Zagloba et Podbipieta.
Passées les cent premières pages où les personnages et le contexte se mettent en place - étape rendue ardue par les noms polonais souvent imprononçables ou aux consonances trop similaires, ainsi que par la complexité de l'histoire polonaise plutôt méconnue -, on se laisse complètement emporté par l'action et le rythme très soutenu à travers les steppes, les forêts et les marais, soit à la poursuite de l'ennemi rebelle cosaque, soit à la recherche de la belle Hélène dont la beauté émeut tous les coeurs. Pas une minute de répit, pas une minute de repos.
Tout aussi belliqueux et flamboyant que "Quo vadis ?", "De par le fer et par le feu" est définitivement le must have absolu du lecteur de romans historiques et de l'amateur de capes et d'épées.

Challenge PAVES 2016 - 2017
Challenge Petit Bac 2017
Challenge XIXème siècle 2017
Challenge ATOUT PRIX 2017
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Moan
09 août 2014
Challenge Nobel littérature 2013.2014
Et voilà , je viens de finir mon pavé de l'été; Et quel pavé!
Il est époustouflant de la première à la 720ème page! Il faut dire qu'il est écrit par le polonais Henryk Sienkiewicz qui a reçu le prix Nobel de littérature en 1905.
Ce roman historique nous transporte à une allure folle en 1648 et 1649 à travers la Pologne.
le cosaque Bogdan Khmelnitski se révolte contre la noblesse et les magnats polonais et entraîne avec lui tous les cosaques dont les privilèges octroyés par le roi, "pour le sang versé dans tant de guerres", ont été repris par les seigneurs. Il se retrouvera à la tête de milliers de Zaporogues (cosaques du delta du Dniepr) et combattra à plusieurs reprises les polonais. "A travers les chênaies, les plaines, les rivières s'écoulaient des flots humains sans cesse accrus , des vagues qui affluaient de toute l'Ukraine: paysans, mécontents, fuyards, pillards".
Face à l'énergie des cosaques Khmelnitski et Bohun, dans l'armée du duc Yarema Wisniowiecki, les officiers Kretuski, Wolodowski, Zagloba, Podbipieta sont toujours prêts à se battre et donner leur vie pour la république ou une fiancée.
Un roman rempli de personnages attachants, d'amitié, d'amour, d'aventures et de descriptions magistrales. A lire!
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Oliv
28 juin 2014
Friand de tout ce qui touche à l'histoire de l'Europe de l'Est, cela faisait longtemps que je voulais découvrir ce roman d'Henryk Sienkiewicz... C'est désormais chose faite grâce à l'opération Masse Critique, que Babelio et l'éditeur en soient remerciés !
Récemment paru aux éditions Libretto, "Par le fer et par le feu" n'est pas une véritable nouveauté, loin de là, mais une réédition légèrement remise au goût du jour d'un grand classique de la littérature polonaise. le dernier tirage datait de 1992 et était épuisé depuis des années.
Difficile de résumer en quelques lignes une épopée de plus de 700 pages, où foisonnent des personnages et des faits historiques méconnus sous nos latitudes... Pour faire simple, l'action du roman se déroule au milieu du 17ème siècle et a pour cadre la révolte des Cosaques menés par Bogdan Khmelnitsky ; ces événements dramatiques vont mettre à mal l'unité entre la Pologne et l'Ukraine qui, avec la Lithuanie, formaient alors un seul état. Quand on songe aux soubresauts politiques survenus ces derniers temps dans ces confins de l'Europe, ce récit d'une Ukraine à l'identité mal définie, tiraillée entre les influences occidentales et orientales, penchant alternativement vers Varsovie et Moscou, a des résonances très actuelles...
Mais il faut surtout garder à l'esprit le contexte dans lequel le roman a été écrit, à la fin du 19ème siècle, lorsque la Pologne avait cessé d'exister en tant que nation indépendante : Henryk Sienkiewicz n'a jamais caché ses visées patriotiques, ni sa nostalgie d'une Pologne puissante, capable d'imposer sa volonté dans toute l'Europe de l'Est ; une puissance symbolisée par les fameux "hussards ailés", corps d'armée auquel appartient le personnage principal du roman. En toute logique, l'auteur présente les événements avec un regard polonais. Sans toutefois tomber dans un manichéisme excessif, il ne faudra pas s'étonner si les héros parés de vertus chevaleresques se trouvent majoritairement dans le camp des fidèles au roi, et les fourbes, les traîtres et les pillards dans celui des Cosaques... Ainsi le rebelle Bogdan Khmelnitsky, figure exécrée de "grand méchant" dans le roman, est-il aujourd'hui un héros national en Ukraine au point d'apparaître en effigie sur les billets de banque, après avoir prêté son nom à une prestigieuse distinction militaire soviétique...
Les luttes entre cosaques Zaporogues et Polonais rappellent certaines scènes du "Tarass Boulba" de Nicolas Gogol. Mais il y a surtout dans cette fresque historique, à la saveur délicieusement surannée des films de cape et d'épée en Technicolor, quelque chose des grands romans d'Alexandre Dumas, avec ses belles dames amoureuses, ses serviteurs fidèles, ses duels d'honneur et ses accès de bravoure... On pourra d'ailleurs effectuer un rapprochement entre d'un côté les quatre compagnons Jean, Michel, Zagloba et Longinus, et de l'autre D'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis.
Au bout du compte, on a là une illustration de ce qu'est un bon roman d'aventures populaire, au sens le plus noble du terme — celui-ci ayant été écrit à une époque où la volonté de toucher un large lectorat n'excluait pas une irréprochable qualité littéraire. Originellement publié sous forme de roman-feuilleton, "Par le fer et par le feu" bénéficie de l'efficacité du format : les péripéties s'enchaînent à la vitesse d'un cheval au galop, le souffle épique retombe rarement, si bien que les 700 pages de ce gros volume s'engloutissent sans peine et, comme pour tout bon feuilleton, c'est avec une certaine tristesse que l'on quitte des personnages auxquels l'on s'était attaché.
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Taraxacum
09 juillet 2014
Vive Babelio pour Masse Critique, et vive Libretto d'avoir réédité ce roman que j'ai dévoré avec bonheur après que Masse Critique l'ait déposé dans ma boite aux lettres.
Henryk Sienkiewicz, je le connaissais uniquement en tant qu'auteur de Quo Vadis: à vrai dire j'étais persuadée, allez savoir pourquoi, qu'il n'avait écrit que ça, et bien 1/j'avais tragiquement tord 2/je ratais quelque chose.
Par le fer et le feu est un beau pavé de 700 pages qui traite du soulèvement de Khmelnytsky, un événement historique tout à fait réel. Pas de panique ceci dit si vous n'en aviez jamais entendu parler (comme moi, décidément à la traîne sur le sujet de la Pologne, ses écrivains et de son histoire) , l'histoire se dévoile peu à peu et que ce soit les personnes réelles ou les individus inventés, le lecteur lambda ne se retrouve pas perdu par tout ce beau monde. Et puis mes félicitations à l'éditeur qui a eu la bonne idée d'inclure des cartes précisant le découpage de l'époque et les lieux de l'action, sans cela j'aurais été un peu perdue dans ces régions où le découpage des frontières est différent de celui d'aujourd'hui.
On comprend très vite les raisons du succès de ce roman : ode à la Pologne écrite à l'époque où celle-ci était privée de son indépendance, empli à la fois d'un souffle épique et d'une certaine poésie, cela a quelque chose d'entraînant, un roman feuilleton au sens noble du terme: palpitant, bien écrit, attachant, avec des pointes d'humour, le genre qui vous fera trépigner et rêver... le personnage principal a d'ailleurs tout du jeune premier à l'oeil vif récurrent dans ce genre d'oeuvre ! La langue est riche, agréable, jamais lassante et le mélange de figures historiques, comme le cosaque Bogdan Chmielniçki, ou inventées, est bien équilibré, ce qui n'est pas toujours facile dans un roman historique.
Non, la seule chose que j'aurai à redire c'est cela: pourquoi diable un éditeur n'a-t-il pas encore pris en main la publication du Déluge et de Messire Wolodyjowski, romans suivants dans la trilogie que cet auteur a consacré à la Pologne?
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Liver
14 octobre 2014
Roman fleuve, riche en descriptions de batailles et d'ambiances guerrières, il offre une belle leçon d'histoire avec la touche romanesque que l'on rencontre aussi par exemple chez Jules Verne ( il est difficile de ne pas penser à Michel Strogoff, roman antérieur à celui-ci). Manque cependant un petit supplément d'âme, même si les personnages sont attachants, du héros tourmenté mais droit dans ses valeurs aux personnages truculents et autres hommes d'honneur. Cependant la lecture est agréable et on suit ces aventures innombrables avec plaisir.
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen2121 avril 2017
La pays portait partout les traces du passage de Krywonos. A l'entrée d'une bourgade, les gens du palatin reconnurent, pendu aux branches d'un chêne, le cadavre d'un ami de leur maître, père de six enfants dont les têtes enfilées formaient, maintenant, un collier au cou de la victime. Au village, de chaque côté de la route, se dressaient deux rangées de "chandelles cosaques" : c'étaient des hommes, des femmes, attachés bras dressés à des pieux qu'engainait de la paille goudronnée ; on allumait par le haut, c'est-à-dire par les mains. La pluie avait éteint les flammes, de sorte que les bras seuls étaient consumés. Une odeur putride s'exhalait de ces cadavres. Des corbeaux et des corneilles, à l'approche des troupes, s'envolaient d'un poteau pour aller s'abattre sur d'autres ; quelques loups disparurent dans les hautes herbes.
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Gwen21Gwen2119 avril 2017
- Krywonos s'est emparé de Polonna. Il a passé plus de dix mille habitants au fil de l'épée... des femmes, des enfants.
Autour de lui, les colonels se pressaient. Le palatin de Kiew était accouru, lui aussi. Au centre de la pièce, le duc demeurait immobile.
- Pourtant, dit-il, c'étaient des Ukrainiens qui avaient cherché refuge dans la ville !
- Il n'a pas laissé âme qui vive, murmura Wierchul.
- Vous entendez, monseigneur, fit le duc en se tournant vers le palatin. Allez donc négocier avec un ennemi qui n'épargne même pas ses frères.
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Gwen21Gwen2116 avril 2017
- [...] On m'avait dit, mon cher Wolodowski, que, comme certaines femmes qui ne peuvent retenir leur langue, vous aviez toutes les peines du monde à garder votre sabre au fourreau.
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Gwen21Gwen2113 avril 2017
A la sortie de la ville, un spectacle sanglant : quatre têtes cosaques sommaient les pieux des palissades et, du blanc de leurs prunelles dilatées et fixes, regardaient défiler les troupes. A quelques pas, au haut d'une verte éminence tressaillait encore l'ataman Main-Sèche empalé jusqu'au menton. La pointe avait traversé la mâchoire inférieure et la langue... De longues heures de martyre allaient s'écouler pour l'ataman : jusqu'au soir, sans doute, il se tordrait ainsi, avant que vînt la Libératrice.
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Gwen21Gwen2112 avril 2017
- Rendiane a rapporté des lettres du fort de Koudak ? demanda Hélène.
- Mais oui... des lettres pour la vieille princesse, et pour vous. Bohun les a interceptées... C'est ainsi qu'il a tout découvert... Il a assommé Rendiane, et a couru à Rozloghi se venger sur les princes.
- Oh ! le malheureux page ; son sang a coulé à cause de moi.
- Ne vous tourmentez pas ainsi. Il en réchappera.
- Quand tout cela s'est-il passé ?
- Hier matin. Bohun tue un homme comme on avalerait un verre de vin.
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