> Georges Sédir (Traducteur)

ISBN : 2070364003
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Perdu, couvert de sueur, je sentais à mes pieds la terre noire et nue. Là, entre les branches, il y avait quelque chose qui dépassait, quelque chose d'autre, d'étrange, d'imprécis. Et mon compagnon aussi regardait cela. - Un moineau. - Ouais. C'était un moineau. Un moin... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par papillote88, le 23 février 2012

    papillote88
    Savoureux ! Une écriture, un récit... prenant ! mais surtout par la façon de l'auteur de mettre en FORME son intrigue, les dialogues etc. :
    Ce livre est une révélation littéraire (même à mon âge - je veux dire après avoir tant lu et lu ! : découvrir un auteur né en 1904..., dont je n'avais JAMAIS entendu parler...). Or, en 1967, "Cosmos" reçut le Prix International de Littérature.
    Mieux vaut tard que jamais pour découvrir ce "Cosmos" de Gombrowitcz ! Un style littéraire, une accroche l'air de rien...
    Il faut ouvrir le livre, tenir bon les premières pages en se demandant si cela vaut la peine, puis on est "aspiré" par les mots, les tournures, les réflexions du narrateur auxquelles on finit par adhérer (pourtant cela confine parfois à l'absurde !! mais on y adhère et on rit et on est fasciné !)
    Avant de lire "Cosmos", roman de 1965, j'ai lu pour me mettre en bouche, il y a quelques jours, ses "Souvenirs de Pologne" qui m'ont donné un aperçu du personnage... Car C'EST UN PERSONNAGE, ce Witold G. ! Au demeurant, il se met personnellement en scène dans ce livre (le narrateur est "Witold") et certainement dans d'autres que je n'ai pas encore lus...
    L'intrigue de Cosmos se dessine en arrière-plan de remarques banales sur les OBJETS, la façon dont les choses "sont" (un verre sur le guéridon, le bouchon d'une bouteille, une lézarde au plafond, un clou planté au bas d'un mur, des fils de laine...).
    La construction littéraire, la "forme" adoptée par l'auteur, alimentent le suspense, et le lecteur suit avec passion les avancées du récit.
    Sur un ton posé et "matérialiste" (les moindres détails sont enregistrés et catalogués), Gombrowicz relate ses réflexions... et plus d'une fois, le comique est au rendez-vous et l'on éclate de rire. Ainsi, à propos de ce moineau trouvé pendu (cf. la 4e de couv' du livre), WG remarque que le moineau est "toujours occupé à la même chose, faisant toujours la même chose, il pendait, il pendait, il pendait toujours." Et alors il écrit qu'il devrait "peut-être le saluer de la main ?" !!
    Et "les bouches"... oui, les "bouches" ! Elle jouent un rôle particulier dans le récit, dès le début - et ces remarques sur les bouches des uns des autres nous interpellent souvent tellement elles sont insolites... mais capitales dans la trame du récit :
    "Et sa bouche, après la bouche du prêtre... comme la pendaison du bout de bois donnant un sens à la pendaison du moineau... comme la pendaison du chat à celle du bout de bois... comme les objets enfoncés menant aux coups frappés... comme j'avais renforcé le berg par mon berg."
    Tous ces questionnements sur des points apparemment anodins qui jalonnent le recit, font de Cosmos un livre unique. A savourer sans modération.

    Lien : http://coquelicoquillages.blogspot.com/2012/02/witold-gombrowitcz-co..
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    • Livres 4.00/5
    Par Perdre-son-temps, le 09 mars 2011

    Perdre-son-temps
    Imaginez un monde, pas tellement différent du nôtre dans lequel chaque objet, chaque petit événement du quotidien soit porteur d'un sens qui vous est directement adressé. Un monde où tout est à déchiffrer : un oiseau mort, une lézarde au plafond… Vous pouvez toujours essayer de tuer le chat ou partir en pique-nique pour enrayer la machine. Rien à faire, c'est à en perdre le sommeil, voilà le monde de "Cosmos".
    Un livre à la croisée de Kafka et de la trilogie des jumeaux d'Agora Kristof. Mais je ne dis pas ça pour vous aider, ce n'est pas mon genre…
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Citations et extraits

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  • Par papillote88, le 23 février 2012

    Dans l'infinité des phénomènes qui se passent autour de moi, j'en isole un. J'aperçois, par exemple, un cendrier sur ma table (le reste s'efface dans l'ombre). Si cette perception se justifie (par exemple, j'ai remarqué le cendrier parce que je veux y jeter la cendre de ma cigarette), tout est parfait.
    Si j'ai aperçu le cendrier par hasard et ne reviens pas là-dessus, tout va bien aussi.
    Mais si, après avoir remarqué ce phénomène sans but précis, vous y revenez, malheur ! Pourquoi y-êtes-vous revenu, s'il est sans signification ? Ah ah ! ainsi il signifiait quelque chose pour vous, puisque vous y êtes revenu ? Voilà comment, par le simple fait que vous vous êtes concentré sans raison une seconde de trop sur ce phénomène, la chose commence à être un peu à part, à devenir chargée de sens...
    (...) Etant donné que nous construisons nos mondes en associant des phénomènes, je ne serais pas surpris qu'au tout début des temps il y ait eu une association gratuite et répétée fixant une direction dans le chaos et instaurant un ordre.
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  • Par papillote88, le 25 février 2012

    J'allais passer entre ceux deux pierres, mais au dernier moment je fis un petit écart pour passer entre une des pierres et le petit coin de terre retourné, c'était un écart minime, rien du tout... Et pourtant ce très léger écart était injustifié et cela, semble-t-il, me déconcerta... alors, machinalement, je m'écarte à nouveau un tout petit peu pour passer entre les deux pierres, comme j'en avais d'abord l'intention, mais j'éprouve une certaine difficulté, oh très faible, venue de ce que, après ces deux écarts successifs, mon désir de passer entre les pierres a pris désormais le caractère d'une décision, peu importante bien entendu, mais d'une décision quand même. Ce que rien ne justifie car la parfaite neutralité de ces choses dans l'herbe n'autorise pas une décision : quelle différence de passer par ici ou par là ?
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  • Par papillote88, le 23 février 2012

    Je me demandai longtemps ce que j'allais faire, dormir ou ne pas dormir. Je n'avais pas envie de dormir et je n'avais pas envie non plus de me lever, donc je me creusais la tête : me lever, dormir, rester couché ? Enfin je sortis une jambe et m'assis sur le lit, et en m'asseyant j'entrevis la tache blanchâtre de la fenêtre, je m'en approchai pieds nus et relevai le store.
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  • Par papillote88, le 25 février 2012

    Ma fille, mon jeune Monsieur, vous la b...berg!... Bergsecrètement, en bergamouraché, et vous voudriez, cher vicomte, vous emberguer sous sa jupe en plein dans son mariage au titre de bergamant numero un! Tril-li-li Tri-li-li!"
    (...) Berg, dis-je."
    (...) "Vous avez bergué ?Ah, vous êtes un malin! Moi aussi je bergue. Nous bemberguerons tranquillement ensemble.
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  • Par papillote88, le 25 février 2012

    Witold retourne voir le moineau pendu :

    Toujours occupé à la même chose, faisant toujours la même chose, il pendait, tout comme Fuchs et moi étions venus, il pendait, il pendait toujours. J'examinai toujours la petite boule désséchée, de moins en moins semblable à un moineau : amusant, il y avait de quoi rire, ou plutôt non, mais d'un autre côté je ne savais pas trop, puisqu'en définitive j'étais là, ce n'était pas seulement pour regarder... Je ne trouvais pas le geste approprié, peut-être le saluer de la main, dire quelque chose?
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