ISBN : 9782714448422
Éditeur : Belfond (2011)


Note moyenne : 3.22/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres

Un jour qu'il est invité à une conférence à Argelès-sur-mer, Jordi Soler est abordé par une vieille femme qui lui remet une photo et une lettre. Sur la photo, trois soldats républicains : Arcadi, le grand-père du narrat... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 22 février 2012

    brigittelascombe
    La fête de l’ours dont le tître se rapporte à la fête de Prats-de-Mollo basée sur une légende d'ours dévorateur et de bergère non dévorée, ne prend sa signification qu'en fin de livre.
    Cruel suspense!!!
    C'est au coeur de cette fête que le narrateur Jordi Soler lui-même(écrivain consterné lors d'une "causerie publique" par les révélations d'une "étrange femme" sur la véracité des faits de son dernier roman) aboutira (après enquête) sur les traces de son grand-oncle, Oriol "soldat républicain" porté disparu (en héros) en 1939, alors qu'il tentait de franchir les Pyrennées avec un groupe de blessés (comme lui) pour fuir "l'armée franquiste qui bombardait du ciel".
    J'ai remonté ma note de trois étoiles me sentant injuste et en voulant (!!) à l'auteur de toucher au tabou du mythe du héros.
    C'est un peu ça le sujet du livre, comme ce petit-neveu admiratif,nous nous construisons nos propres repères,inventons nos légendes, croyons en nos dieux ou à un seul, et je me suis dit que si ce roman m'avait à ce point dérangée c'est qu'il était bon.
    Que savons nous de nos propres frontières? de notre part d'animalité? Lorsque désespoir,souffrance et amputation sont au rendez-vous, la traversée du miroir, n'est-elle pas une lente descente aux enfers? Les diables bannis ne créent-ils pas d'autres diables, incapables de voir la poutre enflammée qui obstrue leurs yeux de bons pensants?
    Un roman autobiographique de Jordi Soler (écrivain mexicain axé sur l'exil et la mémoire familiale) bien écrit, poignant et déroutant, avec ces mots "on sait" qui reviennent en vrille, obsédants comme pour s'accrocher à des pans d'histoire qui s'effritent à chaque pas.
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  • Par raton-liseur, le 13 octobre 2011

    raton-liseur
    Jordi Soler n'a qu'une obsession, la Guerre d'Espagne et ses ramifications jusqu'à aujourd'hui. Ses trois livres traduits en français (celui-ci est le deuxième que je lis) ressassent inlassablement ce sujet. Bien que romans, ils sont écrits à la première personne, et je ne saurais démêler la part de l'histoire familiale de celle de l'imagination.
    Ce livre s'attaque à un sujet peu traité, celui de la part sombre des protagonistes d'un conflit, même s'ils sont du « bon côté », du côté des gentils. Non, il n'est pas question de purges ou de règlements de compte, juste d'un individu qui ne se conforme pas à l'image d'Epinal du bon soldat.
    Sujet tabou, mais tabou que Jordi Soler ne brise pas tout à fait. Quand il est héros, son personnage, Oriol, n'est qu'un piètre héros et quand il est salaud, il n'est pas un salaud de bien grande envergure. Ne me faites pas dire ce que je n'écris pas, mais bon, des vols et un accident, ça ne fait pas vraiment un salaud. Alors certes, le questionnement sur l'intérêt de fouiller le passé, de ressasser les vieilles histoires, de vouloir à tout prix connaître la vérité est intéressant, bien que trop peu effleuré dans ce livre court (un reproche identique à celui du précédent livre de Jordi Soler que j'ai lu, Les exilés de la mémoire), mais l'histoire qui illustre ce propos est en définitive assez peu convaincante.
    Sur ce sujet, je préfère de loin Un métier de seigneur, de Pierre Boulle, qui dresse le portrait d'un vrai salaud du bon côté de la barrière, lors de la Seconde Guerre Mondiale. Ce roman, que j'ai lu quand j'avais 16 ans avait été une claque (comme l'on dit familièrement) et je me souviens encore de nombreux détails aujourd'hui. C'est cette lecture-là que je préfèrerais recommander si ce thème vous intéresse…
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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 05 novembre 2011

    kathel
    Jordi Soler, ou son double de fiction, part sur les traces d'un grand-oncle, disparu dans les hauteurs pyrénéennes en 1939. Oriol, « comme la plupart de ceux qui fuyaient vers la France dans ce camion, était un soldat occasionnel qui avait interrompu sa carrière de pianiste pour aller à la guerre, c'était un homme normal, ni courageux ni lâche, sans grand talent pour l'aventure, moyennement fort et doté d'une résistance à la douleur et au malheur qu'il avait peu à peu découverte au cours de la guerre. » La légende familiale s'est emballée au sujet de ce grand-oncle, l'imaginant pianiste virtuose en Amérique du Sud ou mort héroïquement au passage des Pyrénées, au choix. A l'occasion d'une conférence, une femme remet au narrateur une lettre qui remet en cause ces sagas imaginaires. Il s'aventure jusqu'à un petit village perché de Catalogne française, où Oriol aurait vécu et mène l'enquête auprès d'habitants hauts en couleurs, de découvertes en révélations, jusqu'au jour de la fameuse fête de l'ours de Prats-de-Mollo…
    Je me suis vraiment délectée de ce roman génial de Jordi Soler, qui vit au Mexique depuis que sa famille a fui le franquisme. Il revient dans ses romans, dans les deux précédents et celui-ci du moins, sur l'histoire de sa famille. Cette histoire est ancrée dans la réalité, mais laisse une belle part à l'imagination. Sa langue, faite de longues phrases qui coulent à flots rapides, sans jamais noyer les lecteurs, transfigure cette histoire d'Oriol, de façon particulièrement réussie.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-jordi-soler-la-fete-de-l..
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    • Livres 3.00/5
    Par vdujardin, le 26 avril 2012

    vdujardin
    Une longue traque qui va se terminer à Prats-de-Mallo (qui a un site internet...) un 18 février, jour de La fête de l’ours. Un très beau livre sur la mémoire familiale reconstruite. Facile et rapide à lire, mais si on réfléchit au sujet, beaucoup plus profond que ce qu'on peut imaginer au premier instant. Et en arrière-plan, la guerre civile espagnole, les nombreux exeils vers l'Amérique latine, mais aussi vers la France, si bien expliqués à Toulouse avec un circuit spécifique en ville... La dure vie de la montagne, la trahison, la différence (pas facile d'être un géant...), et la chite d'un homme qui de musicien devient soldat puis salaud...

    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-la-fete-de-l-ours-de-jordi-so..
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 05 novembre 2011

    On sait qu'Oriol, voyant la guerre perdue, avait laissé sa femme à Barcelone et que, cherchant à quitter l'Espagne, il avait erré de-ci de-là avec son frère jusqu'au moment où, sa blessure le faisant de plus en plus souffrir, il avait accepté d'être interné dans ce baraquement où il récupérait avec quatre-vingt-quinze autres soldats républicains, prostrés sur des lits semblables au sien, ou à même le sol, affligés de blessures et d'infirmités diverses, certains amputés d'un membre, manchots, boiteux, borgnes, désastreux bataillon de soldats grièvement blessés et moribonds. On sait que ces soldats n'avaient presque pas de médicaments, que personne n'aurait la moindre commisération pour eux, et on sait aussi qu'il y avait un médecin qui faisait ce qu'il pouvait et qui, dès le premier bombardement, après ces râles de lumière qui grimpaient le long des murs et plongeaient les soldats dans le désespoir, leur avait promis qu'un car viendrait les chercher pour les emmener dans un hôpital en France, où ils seraient à l'abri des représailles et pourraient guérir grâce à une équipe de médecins à la hauteur de leur malheur, un peloton blanc, soigné et souriant qui, vu de cette clinique improvisée et infecte, ressemblait à une hallucination.
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  • Par raton-liseur, le 13 octobre 2011

    En réalité, on peut faire très peu de chose contre l’oubli, ériger un monument, apposer une plaque, écrire un livre, organiser une causerie et à peine plus, ce qui est naturel, justement étant d’oublier, et sur ce point, et à ce moment de l’histoire que je raconte, je me demande : et si tout ce qui se rapporte à cette putain de guerre et à ses séquelles n’était qu’un poids mort ? (p. 37, Chapitre 2).
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  • Par raton-liseur, le 13 octobre 2011

    « Vous n’auriez rien pu faire, même si vous l’aviez voulu », lui dit alors le guérillero, empressé et galant, et la dame lui répondit que cela ne la disculpait pas, que savoir s’il aurait été utile de crier ou de se débattre était sans importance, ce qui importait c’était de protester d’une façon ou d’une autre contre cette injustice et de dire ainsi à son mari : « On t’arrache à ma vie et ça me fait mal », « Je suis avec toi », « Tu verras, je ferai tout pour que ces brutes te libèrent. » (p. 84, Chapitre 5).
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  • Par raton-liseur, le 13 octobre 2011

    Et même si je sais pas très clairement encore s’il vaut mieux le savoir que l’ignorer, dans ce moment de solitude (…), je fus reconnaissant que cela soit arrivé. (p. 183, Chapitre 9).
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  • Par brigittelascombe, le 21 février 2012

    On ne pouvait pas être juif et se distinguer,on ne pouvait pas être juif et vivre comme si on n'était pas juif,on ne pouvait pas être juif,point,et quiconque l'était prenait le risque de voir les soldats rentrer chez lui et l'emmener..
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JORDI SOLER au Festival America .
L'auteur Espagnol Jordi Soler s'est rendue au salon Festival America pour nous présenter son nouveau roman "La dernière heure du dernier jour".








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