ISBN : 2203370068
Éditeur : Casterman (2004)


Note moyenne : 3.53/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Spiegelman, qui vit à New York, a commencé à travailler à ce livre juste après l'attentat du 11 septembre 2001 contre les tours new-yorkaise du World Trade Center. Et il n'est évidemment pas indifférent que son travail paraisse en album, très symboliquement là aussi, tr... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 15 mai 2011

    emmyne
    Cet album, édité par Casterman, regroupe les planches dessinées par Art Spiegelman publiées dans la presse en 2003 -2004 ( le journal allemand Die Zeit, Courrier International et l'anglais The Independant ) ayant pour sujet les attaques sur les tours du World Trade Center à New-York en septembre 2001. Très engagés, parce que très critiques vis-à-vis de la politique guerrière du président G.W. Bush à la suite des attentats, ces dessins furent d'abord refusés par la presse américaine.
    Impressionnante BD.
    L'objet livre en premier lieu : grand format, entièrement cartonné, presque chacune des 38 pages en double page est à lire en hauteur en tournant l'album d'un quart de tour.
    La lecture confirme, c'est du lourd.
    Comme dans l'indispensable Maus, récompensé du Prix Pulitzer, Art Spiegelman se met en scène. On y retrouve la force du propos qui mêle histoire familiale - l'auteur est new-yorkais et sa fille était scolarisée dans un établissement situé aux pieds des tours - émotions et réflexions personnelles à une vision sociale acérée. Les bouleversements et les conséquences des attentats sur les comportements et mentalités de la population américaine sont rendus avec un humour tragique, tout en auto-dérision. Comme dans Maus, l'artiste utilise autant les mots que les images pour exprimer un traumatisme. Ou plutôt des traumatismes parce que la guerre qui s'ensuivit contre l'Irak le remplit d'horreur - " Terrorisé tant par al Qaïda que par son propre gouvernement " -.
    Un pamphlet. Les planches expriment avec virulence son désarroi, son angoisse et sa colère - "J'ai cru perdre la vie le 11 septembre...J'ai perdu la raison peu après, et finalement, j'ai perdu tout ce qui me restait en foi de l'Amérique quand cette cabale s'est déclenchée " -. Les termes, les sarcasmes, dont il use pour qualifier le président Bush, sa politique " coloniale " relayée par les médias - "rédemption, préemption " - et le patriotisme exacerbé de ses compatriotes sont d'une violence au-delà de la caricature.
    " - Mais fallait-il vraiment que ce soit des drapeaux américains cocardiers qui émergent des braises du Ground Zero ? " [ on voit alors le personnages qui plonge à terre façon autruche, se cachant la tête sous le drapeau étoilé ] - Je devrais me sentir en sécurité la-dessous, mais - bon sang ! - j'y vois rien ! "
    - " Je revois encore très nettement les horreurs de Ground Zero le 11 septembre...2002. J'ai vu, de mes yeux vu, le bombardement d'objets kitsch en vente ce jour-là..."
    Art Spielgelman mêle aussi les genres et les formats de la BD, utilisant différentes techniques. Je ne suis pas suffisamment compétente pour en écrire l'exposé. Il y a des montages photographiques, de l'infographie, des effets de tons vintage, des strips, des affiches, des bandes verticales, l'ensemble est d'une extrême densité, percutant. le style des anciens comics sont à l'honneur, pique culturelle en parodie autant qu'en hommage. La reprise de ces références que je ne maîtrise pas, notamment la (re)connaissance des héros, n'a absolument pas gêné ma lecture puisque c'est la forme et l'esprit de la BD qui délivrent le message. Puis, justement, l'album se clôt sur une double-page de texte, évidemment intitulée le supplément illustré, dans laquelle Art Spiegelman revient sur la naissance de la BD de presse au début du siècle, racontant l'historique de ces suppléments et présentant les personnages récurrents que l'on découvre sur les sept planches qui suivent.
    Impressionnée.
    Art Spiegelman a été, de 1992 à 2002, dessinateur et journaliste pour le New Yorker qui publia, quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, cette couverture noire.


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/03/16/20638121.html..
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    • Livres 5.00/5
    Par Yaneck, le 13 juin 2011

    Yaneck

    Art Spiegelman est l'auteur du mondialement célèbre Maus, mais je n'avais rien lu de lui en dehors de cet ouvrage, et je voulais réparer cela. Alors lorsque j'ai pu me procurer cet album, traitant d'un sujet très sensible qui plus est, je n'ai pas hésité un instant. Je vous le disais, A l'Ombre des Tours Mortes est un exorcisme. Spiegelman a vécu ces évènements dans sa chair, craignant de perdre sa fille au lycée international de l'ONU, potentielle cible, mais surtout placée au pied des tours jumelles. Il a gardé en mémoire l'incandescence des poutrelles d'acier des gratte-ciels, au moment où ils ont cédé. Il ne pouvait garder cela pour lui, et a utilisé son art pour réaliser sa propre psychanalyse en somme. On vit avec lui ces évènements, on a peur pour lui et les siens. Mais l'artiste est engagé, il est new-yorkais, et donc il ne se prive pas de dénoncer avec virulence les mensonges et les trahisons du gouvernement américain qui ont suivi. Actes qui ont lui valu une grande frilosité à l'époque de la part des médias américains. Il ne faisait pas bon être en désaccord avec la croisade nationale décrétée par le président.
    Mon seul reproche à cet album, c'est d'être trop court. 22 pages seulement, plus un supplément sur les relations entre bande dessinée et guerres américaines au début du XXe. Cela tient au fait que ces planches furent publiées dans la presse. Spiegelman n'a pu en livrer beaucoup. Merci à Casterman de nous proposer le livre en format tabloïd, ainsi que les planches ont été publiées à l'origine. Mais voilà, je reste sur ma faim. Spiegelman est excellent, j'aime toujours autant son trait, quoi qu'il mette en scène, et j'aurai aimé en avoir plus, en savoir plus sur ces ressentis des évènements. Mais puisque nous sommes sur une œuvre créée en réaction à une souffrance, je n'en demanderai pas trop.
    Excellent, indispensable pour montrer combien les américains sont moins monolithiques que ce que nous le pensons, Art Spiegelman propose encore une oeuvre qui apporte réellement à l'humanité entière.

    Lien : http://www.chroniquesdelinvisible.com/article-a-l-ombre-des-tours-mo..
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 15 janvier 2012

    J'ai vu des pigeons hébétés rester immobiles sur les trottoirs de Lower Manhattan pendant des jours après les explosions du 11-9-2001. Ça va faire deux ans, et la plupart des New-Yorkais semblent être revenus à leur train-train quotidien... mais, sous la surface, nous ne sommes tous encore qu'une bande de pigeons hébétés...
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Vidéo de Art Spiegelman


Angoulême 2012 - Interview Art Spiegelman (2/3)
Interview d'Art Spiegelman par Jean-Luc Hees (2e partie) - Conférence de Presse du 39e Festival international de la bande dessinée d'Angoulême - 6 décembre 2011, Paris.








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