AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Judith Ertel (Traducteur)
ISBN : 2080675346
Éditeur : Flammarion (01/11/1998)

Note moyenne : 4.63/5 (sur 1915 notes)
Résumé :
Art Spiegelman retrace le destin de ses parents, juifs polonais déportés par les nazis, entre 1939 et 1945.
Maus, auquel l'auteur a consacré treize ans de sa vie, est aussi le récit de retrouvailles entre un père et un fils après des années d'incompréhension.
Bande dessinée exceptionnelle par son sujet, Maus l'est aussi par son audience.
Récompensée par le prestigieux Prix Pulitzer en 1992, l'œuvre de Spiegelman a séduit le public au-delà des am... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (203) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
30 décembre 2012
★★★★★
★★★★★
Je tiens à remercier Liligalipette et Alouette qui m'ont donné l'irrésistible envie de me plonger dans Maus, une bande dessinée autour de laquelle je rôdais depuis quelques années mais que je n'avais jamais osé ouvrir par peur de mon extrême sensibilité ou par lâcheté, grâce à elles l'envie a été victorieuse.
Je ne ferai pas une critique aussi brillante que mes chères consoeurs de babelio mais je vais juste essayer de vous faire une ou deux petites confidences.
Maus n'est pas seulement touchant par le sujet qui est abordé, celui des camps de concentration en Pologne pendant la guerre, mais aussi par la transmission qui est relatée ici entre un fils et son père, le fils étant Art Spiegelman, auteur de la bande dessinée et son père Vladeck dont l'album relate la vie!
Un des moments les plus émouvants de l'album pour moi est celui où Vladeck explique qu'il a brûlé les carnets intimes de sa femme Anja et que par conséquent, Archie n'aura jamais le témoignage de sa mère.
La bande dessinée est en noir et blanc, très sobre sans fioritures tout comme le texte qui n'est jamais larmoyant ni haineux, de la grande classe.
Une lecture à recommander à tous , une leçon d'histoire et d'humanisme où chacun peut trouver sa substantifique moelle.
Une nouvelle occasion de se dire que "La vie est belle"! Pas vrai, Roberto?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          860
LiliGalipette
25 avril 2011
★★★★★
★★★★★
Bande dessinée d'Art Spiegelman. Ce volume comprend Mon père saigne l'histoire et C'est là que mes ennuis ont commencé.
Préface de Marek Halter : "Qu'y a-t-il de commun entre une bande dessinée et la Shoah ? "Zahkor" ! souviens-toi en hébreu. Cette injonction apparaît quelques 169 fois dans le texte biblique, comme si les sages réunis à Yavné, vers la fin du premier siècle, pour compiler les textes et les chroniques qui allaient composer le Livre des livres, avaient pressentis le rôle primordial dévolu à la mémoire dans le destin d'un peuple appelé à la dispersion et à l'exil. Art Spiegelman est le fils d'un des survivants des ghettos polonais. Né à Stockholm en 1948, il vit à New York et dessine des B. D. Maus, son livre, est l'histoire d'une souris dont le chat a décidé d'avoir la peau. La souris est le juif, le chat le nazi. le destin de Maus est de fuir, de fuir sans espoir l'obsession du chat qui lui donne la chasse et lui trace le chemin de la chambre à gaz. Mais Maus est également le récit d'une autre traque, celle d'un père par son fils pour lui arracher l'histoire de sa vie de juif entre 1939 et 1945 et en nourrir sa propre mémoire, se conformant ainsi à l'obligation de se souvenir. de transmettre aussi. Et avec quelle énergie ! Car de la rencontre peu naturelle de la B. D. et de la Shoah naît un choc. le choc d'une forme réputée mineure pour un événement majeur. Tout comme Woody Allen a su, avec ses images en noir et blanc, nous désintoxiquer du cinéma pour mieux nous le faire voir, Art Spiegelman parvient à effacer de notre souvenir les récits un peu fatigués de la Shoah pour leur substituer un montage neuf, contemporain et fort. D'où la réussite de Maus, cette oeuvre de la première génération "d'après". Grâce à l'art de Spiegelman, le destin de Maus ne cessera de nous hanter."
Mon père saigne l'histoire (du milieu des années 30 à l'hiver 1944) - Art Spiegelman demande à son père de raconter son histoire, sa rencontre avec sa mère Anja et les années noires de la seconde guerre mondiale. Art a le projet de dessiner cette histoire en collant au plus près :"Je veux raconter ton histoire, comment ça s'est vraiment passé." (p. 25). Vladek Spiegelman retrace alors sa jeunesse en Pologne, son mariage avec Anja, ses fabriques de tissus, sa capture en tant que prisonnier de guerre et toutes les combines qu'il a "organisées" pour faire vivre et sauver sa famille et celle de son épouse. du ghetto à Auschwitz, Vladek tente de survivre.
Art fait de son père un portrait sans concession. Il montre comment le vieil homme a gardé les habitudes de la guerre, entre récupération et économies avaricieuses. "Sur certains points, il est exactement comme les caricatures racistes du vieux juif avare." (p. 133) Vladek est un vieil acariâtre bougon, remarié sans amour avec Mala après le suicide d'Anja. le père d'Art jauge le quotidien à l'aune de son expérience de la guerre et d'Auschwitz. Irrémédiablement marqué, dans sa chair et dans son âme, par la Shoah, Vladek ne peut concevoir la légèreté de la nouvelle génération.
Et c'est là que mes ennuis ont commencé (de Mauschwitz aux Catskill et au-delà) - La seconde partie s'ouvre sur une réflexion d'Art face à son oeuvre. Il se demande sous quels traits animaux il peut représenter les Français. Il remet en question le choix de son expression :"Il y a tant de choses que je n'arriverai jamais à comprendre ou à visualiser. J'veux dire la réalité est bien trop complexe pour une B. D. ... Il faut tellement simplifier ou déformer." (p. 176) Entre le postulat historique et sa représentation artistique et graphique se creuse un fossé qu'Art doute pouvoir combler. Se dessinant homme derrière un masque de souris, il montre son appartenance à un groupe, mais également les distances qu'il prend avec celui-ci.
Dans la seconde partie, Vladek poursuit le récit de son passage à Auschwitz. Il décrit comment, à force de combine et de chance, il a réussi à obtenir des places privilégiées et des avantages. Les images des camps sont connues, mais mises en bande dessinée, elles acquièrent une nouvelle épaisseur et une nouvelle vitalité. Les marches de la mort, la fin de la guerre et le retour au pays sont autant de thèmes déjà vus, mais le traitement que leur impose Art Spiegelman permet de les voir avec un oeil nouveau.
Cette bande dessinée a l'épaisseur et la forme d'un roman. Découpée en chapitres, elle est également mémoires et confessions d'un vieil homme, testament et récit des origines pour le fils. Insérée à mi-parcours, on découvre une autre bande dessinée d'Art Spiegelman, celle où il illustre le suicide de sa mère. Mise en abîme de la mort eet du récit familial, cette production met en scène des êtres humains perdus, solitaires et effrayants. Dans Maus, le recours à l'animal permet de se sauver un peu de l'horreur de la représentation.
Les souris sont les Juifs, les chats sont les Allemands, les cochons sont les Polonais, les chiens sont les Américains, etc. Je m'interroge sur le choix de la souris. Certes, la faiblesse de l'animal face au prédateur félin ne fait aucun doute. Mais j'y vois aussi une reprise des idéaux nazis : les juifs sont une vermine trop nombreuse qu'il faut exterminer. Quand les juifs cherchent à se déguiser, ils portent des masques de cochon pour se fondre la masse "honnête" de la population. Les juifs ne sont pas des citoyens au même titre que les Allemands ou les Polonais. Ils sont autre chose, autrement.
Les [S] des phylactères ressemblent aux S allemands du sigle SS. Ils zèbrent sans cesse les paroles, éclatent la parole en éclair de mots et font écho aux bombardements et aux coups. La peur suinte des pages. le dessin en noir et blanc renforce cette impression de monde manichéen : sans cesse le personnage peut basculer dans le néant. Les mots parfois s'agencent en phrases laconiques dont la logique est évidente :"Beaucoup ont eu des plaies à cause du froid. Dans les plaies du pus, et dans le pus des poux." (p. 55) L'horreur physique et les conséquences dramatiques de la saleté sont ici exprimées en termes factuels, irrémédiablement logiques. La langue de Vladek est caractéristique des émigrés : il inverse certaines parties de phrase et commet des erreurs. Il abuse des pronoms : en cela j'ai vu une nécessité de toujours mettre l'humain au centre, d'insister sur la personne en faisant mention d'elle sous toutes ses formes grammaticales.
La place du fils et, plus généralement, des générations issues des survivants, est fortement interrogée. "Je dois me sentir coupable quelque part d'avoir eu une vie plus facile qu'eux." (p. 176) Ici parle la culpabilité du survivant et ainsi s'exprime le poids intemporel et inaliénable du souvenir. Entre le père et le fils, les relations sont souvent tendues. Art en veut à son père de vivre comme si la guerre allait frapper et Vladek ne sait vivre que dans la crainte et le ressentiment. Art reste un enfant qui se sent incapable d'être à la hauteur des attentes de son père. Quand on apprend la mort de Vladek, la tension retombe. Art reprend le récit, délivré du poids de l'approbation paternelle, et il achève plus aisément la mise en images de l'existence de son père.
Pas facile de parler de cette oeuvre qui a déjà fait couler tant d'encre... Cette bande dessinée ne peut pas être saisie en une seule et première lecture. Il faudra y revenir pour mieux saisir certaines subtilités. Si les textes de Primo Levi et de Robert Anthelme m'ont fortement marquée, l'image d'Art Spiegelman a également fait impression pour longtemps.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
Acerola13
10 mai 2013
★★★★★
★★★★★
Désigné comme une référence essentielle du monde de la bande dessinée, Maus se veut un témoignage de la Seconde Guerre mondiale et des horreurs nazies perpétrées contre les Juifs en Pologne.
Si le thème semble récurrent et rébarbatif, le contenu de l'album est tout autre : Les dessins sont réalisés en noir et blanc, le format des planches est original, plus petit que la moyenne ; la série se scinde en deux parties. Comme de nombreux autres auteurs, Spiegelmann a choisi de représenter les humains sous les traits d'animaux "anthropomorphisés", avec une espèce pour chaque peuple : souris pour les Juifs, grenouilles pour les Français, chats pour les Allemands, cochons pour les Polonais, chiens pour les Américains etc.
L'histoire se déroule en plusieurs temps, et en plusieurs récits enchassés : celui d'un jeune juif américain né peu après la guerre, devenu écrivain et dessinateur, et qui souhaite raconter de la manière la plus exacte possible le témoignage que lui livre son père sur sa vie durant la Guerre. Cependant, la bande dessinée ne se limite pas à une analyse psychologique du père durant les années de guerre, mais s'étend également aux impacts de celles-ci sur ses manies. En effet, le père du narrateur présente une personnalité des plus déplaisantes, transformée par la guerre (il ne peut s'empecher de tout réutiliser, d'économiser le plus possible son argent ; son avarice et sa victimisation sont récurrentes), mais qui présente meme parfois des similarités avec celle de ses bourreaux.
A travers cette pluralité de points de vue, l'histoire nous apparait sous une nouvelle facette ; et étonnamment, la transcription en bande dessinée n'adoucit pas du tout les horreurs de la guerre, et les fait meme ressortir malgré les personnages animalisés.
Un chef d'oeuvre !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          380
Guylaine
09 février 2013
★★★★★
★★★★★
Dans Maus (souris en allemand), Art Spiegelman nous raconte l'histoire de son père Vladek, rescapé d'Auschwitz.
Les juifs sont représentés avec des visages de souris, les allemands en chats, les polonais en cochons, les américains en chiens…
Son récit commence juste avant la guerre, avec la rencontre de ses deux parents, ensuite vient l'invasion allemande, la vie cachée dans des « bunkers » fait au fond d'un grenier, d'un coin de cave ou sous l'endroit où on déverse les ordures. Il raconte la fuite, l'errance, le froid, la faim, l'arrestation et la déportation. A Auschwitz ils seront séparés. Commence alors la déshumanisation, la faim, les humiliations, la torture morale et physique, la peur, la maladie, la perte de toute force…
Spiegelman entremêle son récit de moments plus récents, ceux où il a enregistré le témoignage de son père, homme insupportable qu'on s'interdit pourtant de juger parce qu'il a vécu tout ça… Et c'est intéressant parce qu'ainsi il élargit la réflexion sur la notion de culpabilité… coupable d'en avoir réchappé, alors que tant y sont restés, coupable de n'avoir pas connu ça, coupable, tout bonnement, d'être de cette race : les humains, qui sont capables de faire de si belles choses comme les pires…
http://youtu.be/¤££¤7Commence 8¤££¤
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          400
boudicca
27 novembre 2016
★★★★★
★★★★★
Des témoignages sur l'holocauste, il y en a eu beaucoup. Et heureusement, tant il est essentiel pour nous comme pour les générations futures de préserver la mémoire de ces événements, aussi douloureux qu'ils puissent être. Parmi ceux que j'ai eu l'occasion de découvrir, aucun ne m'aura toutefois autant remué que celui rapporté ici par Art Spiegelman. « Maus », c'est d'abord l'histoire d'un homme pris dans la tourmente nazie et tentant tant bien que mal de survivre et de veiller sur les siens. C'est aussi l'histoire de l'auteur lui-même et de sa relation avec ce père avec lequel il a toujours eu du mal à communiquer et qu'il redécouvre par le biais de son récit. L'entrelacement des deux récits est tout bonnement bouleversant et permet de livrer un témoignage original de l'enfer vécu par le peuple juif tout au long de la Seconde Guerre mondiale. le premier tome couvre la période des années 1930 à l'hiver 1944 et relate la montée progressive du nazisme et, avec lui, la rapide dégradation des conditions de vie des Juifs de Pologne. Ce sont d'abord des pogroms au cours desquels ils sont nombreux à trouver la mort. Puis arrivent les lois et décrets leur interdisant de tenir un commerce et les obligeant à quitter leur logement pour s'installer dans des ghettos où les conditions de vie sont déplorables. Et puis c'est finalement l'épuration, inexorable et impitoyable : les Juifs âgés de plus de 70 ans sont les premiers à être déportés, puis c'est au tour des invalides, des familles nombreuses, des enfants et puis finalement de tous ceux qui restent. Les quelques Juifs ayant réussi à échapper aux rafles en sont réduis à se terrer comme des rats, ou plutôt ici des souris, pris au piège de leur félin tortionnaire.
On reste complètement hébété devant l'accumulation de tant d'horreurs que l'on souhaiterait de tout coeur n'être que le fruit de l'imagination morbide de l'auteur tout en sachant pertinemment qu'il n'en est rien. le témoignage livré ici est accablant et rendu d'autant plus insupportable par un fait rapidement confirmé par le père du narrateur : ils savaient. Dès le début des années 1940, les Juifs savaient ce qu'il se passait à Auschwitz et savaient qu'on les envoyait à la mort. Mais comment lutter face à l'efficacité et implacabilité de la machine de guerre nazie ? Après des années passées à se terrer, à voir disparaître un à un tous les êtres qui leur étaient chers, Vladek et Anja finissent par eux aussi rejoindre la file des déportés. C'est à ces quelques mois passés à Auschwitz par les parents de l'auteur qu'est consacré le deuxième tome, une expérience à laquelle tous deux survivront miraculeusement, échappant non seulement aux chambres à gaz mais aussi aux mauvais traitements, à la maladie et aux marches de la mort. Pour contrebalancer l'horreur du récit, l'auteur intercale tout au long de l'ouvrage de nombreux passages dans lesquels il se met lui-même en scène en train de construire son livre et de renouer avec son père. Un père pour lequel on éprouve évidemment beaucoup de compassion tout en ne pouvant s'empêcher de le trouver insupportable dans ses vieux jours. Les dessins quant à eux pourront au premier abord rebuter (surtout de jeunes lecteurs, ce qui est bien dommage) mais servent parfaitement le propos, la représentation des personnages en animaux n'atténuant en rien le choc ressenti par le lecteur.
Avec « Maus », Art Spiegelman signe une très grande oeuvre proposant une vision novatrice et plus bouleversante encore de l'histoire des Juifs de Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. A lire et à faire lire pour ne pas oublier et surtout ne plus jamais recommencer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290

Les critiques presse (1)
BulledEncre28 août 2015
L’histoire d’un juif polonais pendant la guerre. L’histoire d’un fils qui ne sait pas comment aimer son père. Incontournable. Pour adultes avertis.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos8927 septembre 2016
Je sais que c’est dément, mais d’une certaine manière je voudrais avoir été à Auschwitz avec mes parents ; comme ça je pourrais vraiment savoir ce qu’ils ont vécu !... Je dois me sentir coupable quelque part d’avoir eu une vie plus facile qu’eux.
Je me sens tellement incapable de reconstruire une réalité qui a été pire que mes cauchemars les plus noirs. Et en plus, sous forme de B.D. ! Je me suis embarqué dans un truc qui me dépasse. Peut-être que je devrais tout laisser tomber.
Il y a tant de choses que je n’arriverai jamais à comprendre ou à visualiser. J’veux dire la réalité est bien trop complexe pour une B.D.… Il faut tellement simplifier ou déformer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
LiliGalipetteLiliGalipette25 avril 2011
Préface de Marek Halter : "Qu'y a-t-il de commun entre une bande dessinée et la Shoah ? "Zahkor" ! souviens-toi en hébreu. cette injonction apparaît quelques 169 fois dans le texte biblique, comme si les sages réunis à Yavné, vers la fin du premier siècle, pour compiler les textes et les chroniques qui allaient composer le Livre des livres, avaient pressentis le rôle primordial dévolu à la mémoire dans le destin d'un peuple appelé à la dispersion et à l'exil. Art Spiegelman est le fils d'un des survivants des ghettos polonais. Né à Stockholm en 1948, il vit à New York et dessine des B. D. Maus, son livre, est l'histoire d'une souris dont le chat a décidé d'avoir la peau. La souris est le juif, le chat le nazi. Le destin de Maus est de fuir, de fuir sans espoir l'obsession du chat qui lui donne la chasse et lui trace le chemin de la chambre à gaz. Mais Maus est également le récit d'une autre traque, celle d'un père par son fils pour lui arracher l'histoire de sa vie de juif entre 1939 et 1945 et en nourrir sa propre mémoire, se conformant ainsi à l'obligation de se souvenir. De transmettre aussi. Et avec quelle énergie ! Car de la rencontre peu naturelle de la B. D. et de la Shoah naît un choc. Le choc d'une forme réputée mineure pour un événement majeur. Tout comme Woody Allen a su, avec ses images en noir et blanc, nous désintoxiquer du cinéma pour mieux nous le faire voir, Art Spiegelman parvient à effacer de notre souvenir les récits un peu fatigués de la Shoah pour leur substituer un montage neuf, contemporain et fort. D'où la réussite de Maus, cette oeuvre de la première génération "d'après". Grâce à l'art de Spiegelman, le destin de Maus ne cessera de nous hanter."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Dionysos89Dionysos8915 janvier 2016
Ce printemps-là, en un seul jour, les Allemands ont déporté plus de 1.000 personnes de Srodula à Auschwitz. Surtout des enfants, ils ont pris ; certains avaient que 2 ou 3 ans.
Quelques-uns criaient et criaient. Ils pouvaient pas s’arrêter. Alors les Allemands les ont pris par les jambes et les ont balancés contre le mur… Et plus jamais, ils ont crié.

Commenter  J’apprécie          302
Lorraine47Lorraine4729 décembre 2012
-Tous nos amis sont passés par les camps. Personne n'est comme lui!
-...C'est quelque chose qui me tracasse pour le livre que je fais sur lui...
Sur certains points il est exactement comme les caricatures racistes du vieux juif avare.
-Ah! Ça tu peux le dire! ...
Commenter  J’apprécie          390
letilleulletilleul04 août 2010
Et là, dans le camp de concentration Auschwitz, on est arrivés. Et on savait que de là, on sortirait plus jamais...
On savait ce qui se passait - qu'ils allaient nous gazer et nous jeter dans les fours - c'était en 1944...Tout on savait. Et on était là.
Commenter  J’apprécie          340
autres livres classés : shoahVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Maus

De quelle nationalité est Vladek Spiegelman ?

Polonais
Français
Allemand

10 questions
52 lecteurs ont répondu
Thème : Maus : Intégrale de Art SpiegelmanCréer un quiz sur ce livre
. .