> Jean Gaudon (Autre)

ISBN : 2070324419
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 4.56/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
« Nocturne en plein jour »

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux
Dans l’univers obscur qui forme notre corps,
Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent
Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 01 juillet 2010

    vincentf
    Une poésie étonnamment simple, loin de la suspension du sens que cherchent la plupart de ses contemporains, voilà sans doute ce qui fait la particularité de Supervielle. Il y a dans ses vers, souvent classiques, une limpidité qui ramène à des époques anciennes, la genèse du monde ou l'enfance, peut-être. Il y a aussi, et c'est ce qui touche profondément à la lecture de sa poésie, cette volonté de décrire l'expérience humaine dans ce qu'elle a de plus fondamental et de plus mystérieux, sans pour autant que le mystère ne vienne troubler la lucidité du poète qui pense à son monde intérieur, à ses nerfs, à ses organes qui répondent un par un aux astres du ciel, réveillant ainsi la veille théorie du microcosme et du macrocosme et jouant cette partition harmonique que l'on croyait perdue depuis belle lurette. Cette expérience de l'infini du dedans de l'homme s'élargit même à celle, plus mystérieuse et plus simple encore, du dedans de Dieu, qui se voit créer le monde et qui s'étonne de se sentir devenir arbre ou homme, comme si la création n'était que duplication infinie faisant de chaque parcelle de l'univers entier à chaque fois un fragment complet (étrange expression…) de Dieu. le poète est Dieu, puisqu'il parle pour lui et puisque comme lui, il sent en lui un monde qui lui échappe alors qu'il constitue sa plus sûre identité. Rien de religieux dans tout ça, juste le sentiment vrai d'être tout. Dieu, c'est le poète au carré, l'infini multiplié par l'infini.
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    • Livres 5.00/5
    Par valdemosa38, le 14 décembre 2011

    valdemosa38
    mon poème préféré: Dans l'oubli de mon corps ...un petit bijou ....
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Citations et extraits

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  • Par rosy, le 05 mars 2012

    Ton sol intérieur est là avec ses golfes et ses terres sans merci,
    Et tu es celui qui monte dans une barque et part tout seul dans le silence de lui-même,
    Tu regardes passer tes propres falaises où tu ne vois pas âme qui vive
    Mais parfois des silhouettes noires prises de grande panique
    Comme les souvenirs éperdus d'une tête qu'on vient de trancher.
    Mais tu n'es pas un assassin et tu te nommes malheureux.
    Tu n'as jamais eu d'autre nom,
    Et c'est toute ta compagnie.
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  • Par valdemosa38, le 14 décembre 2011

    Dans l'oubli de mon corps

    Dans l'oubli de mon corps
    Et de tout ce qu'il touche
    Je me souviens de vous.
    Dans l'effort d'un palmier
    Près des mers étrangères
    Malgré tant de distances
    Voici ce que je découvre
    Tout ce qui faisait vous,
    Et puis je vous oublie
    Le plus fort que je peux
    Je vous montre comment
    Faire en moi pour mourir.
    Et je ferme les yeux
    Pour vous voir revenir
    Du plus loin de moi-même
    Où vous avez failli
    Solitaire, périr.

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  • Par Lali, le 03 février 2011

    C’est vous quand vous êtes partie,
    L’air peu à peu qui se referme
    Mais toujours prêt à se rouvrir
    Dans sa tremblante cicatrice
    Et c’est mon âme à contre-jour
    Si profondément étourdie
    De ce brusque manque d’amour
    Qu’elle n’en trouve plus sa forme
    Entre la douleur et l’oubli.
    Et c’est mon cœur mal protégé
    Par un peu de chair et tant d’ombre
    Qui se fait au goût de la tombe
    Dans ce rien de jour étouffé
    Tombant des autres, goutte à goutte,
    Miel secret de ce qui n’est plus
    Qu’un peu de rêve révolu.
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  • Par Lali, le 03 février 2011

    La goutte de pluie

    Je cherche une goutte de pluie
    Qui vient de tomber dans la mer.
    Dans sa rapide verticale
    Elle luisait plus que les autres
    Car seule entre les autres gouttes
    Elle eut la force de comprendre
    Que, très douce dans l’eau salée,
    Elle allait se perdre à jamais.
    Alors je cherche dans la mer
    Et sur les vagues, alertées,
    Je cherche pour faire plaisir
    À ce fragile souvenir
    Dont je suis seul dépositaire.
    Mais j’ai beau faire, il est des choses
    Où Dieu même ne peut plus rien
    Malgré sa bonne volonté
    Et l’assistance sans paroles
    Du ciel, des vagues et de l’air.
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  • Par Lali, le 03 février 2011

    Nocturne en plein jour

    Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux
    Dans l’univers obscur qui forme notre corps,
    Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent
    Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,
    5 Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes
    Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

    C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.
    Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants
    Ont du mal à voler près du cœur qui les mène
    10 Et ne peuvent s’en éloigner qu’en périssant
    Car c’est en nous que sont les plus cruelles plaines
    Où l’on périt de soif près de fausses fontaines.

    Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,
    Les uns parlant parfois à l’oreille des autres.
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Claude Roy et Jorge Semprun : anthologie de la poésie française au vingtième siècle
Filmé au musée d'Anthropologie de Montivedeo, Olivier BARROT présente les deux tomes de "L'Anthologie de la poésie française du XXème siècle" préfacés par Claude ROY et Jorge SEMPRUN. Il lit un poème de Jules SUPERVIELLE, né en Uruguay, "Dans la poésie de mon corps".








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