ISBN : 2213630135
Éditeur : Fayard (2010)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Au départ, un fait réel. Un sénateur haïtien, par ailleurs médecin, est abattu à Port-au-Pince d'une balle dans la tête. Il s'appelle Yvon Toussaint. Un journaliste retraité, nommé lui aussi Yvon Toussaint, décide de reconstituer la vie et la mort de cet homonyme sorti ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par GribouilleChat, le 24 janvier 2011

    GribouilleChat
    Ce roman nous raconte la quête en Haïti de son homonyme par l'ancien rédacteur en chef du Soir et père de Jean-Philippe Toussaint.
    Toussaint découvre un jour par hasard qu'un autre Yvon, docteur en médecine, don Juan patenté et sénateur, a été abattu d'une balle dans la tête des années plus tôt. Lui qui s'étiole dans une inactivité morose décide de comprendre cet homme et d'écrire un roman sur lui. Un roman, car il est convaincu de la supériorité de la fiction pour trouver l'essence des choses que la réalité n'éclaircit pas. Il le répète à l'envi.
    Le voilà parti donc pour Haïti, via Miami. Il découvre le pays, son histoire, ses hommes, le vaudou, la corruption... et s'y englue peu à peu.
    Étrange prise de pouvoir du vivant par le mort, étonnante prise en tenailles par les mâchoires ouvertes de l'île...
    Le texte est prenant, comme le pays est ensorcelant et ensorcelé ; et, en même temps, il vous alourdit, comme il anesthésie, croirait-on, le narrateur. le meurtre ne sera pas élucidé mais Toussaint s'imbibera du pays qui se dérobe et le nargue, et de l'homme au-delà de ses attentes.
    L'analyse politique qui perce sous le roman est brillante et éminemment journalistique. le reportage est saisissant. Dommage que, quand il s'agit de faire parler les personnages, le style de Toussaint présente quelques maladresses. Mais ce n'est pas l'essentiel.
    Roman prémonitoire sans aucun doute.

    Lien : http://artetlitterature.blogspot.com/search/label/Toussaint
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    • Livres 5.00/5
    Par yo, le 31 octobre 2011

    yo
    Yvon Toussaint, journaliste belge, découvre en 2008 l'existence d'un sénateur haïtien qui porte le même nom que lui. Ou plutôt portait, car ce dernier a été assassiné devant chez lui en mars 1999. Intrigué par cet homonyme au destin tragique, Yvon Toussaint décide de s'embarquer pour Haïti pour enquêter sur la mort de cet homme. Mais la recherche de la vérité s'accompagne d'une découverte de ce pays et d'une introspection, rendue encore plus délicate du fait de la proximité liée à ces nom et prénom qu'ils ont en commun.
    Yvon Toussaint décide, dans ce roman, de rendre compte de son périple. Mais loin d'écrire un journal de bord de son voyage, il décide d'y insérer des éléments de fiction, qu'il ne distingue pas du reste. Il prévient le lecteur du roman de ce choix dès les premières pages, et il est effectivement impossible de démêler le faux du vrai. D'une simple enquête policière, qui débute par la visite des proches (la première femme, la mère, les enfants légitimes ou non), Yvon Toussaint fait peu à peu de son ouvrage une plongée intime dans ce pays qu'est Haïti.

    Lien : http://livres-et-cin.over-blog.com/article-l-assassinat-d-yvon-touss..
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 26 avril 2010

    [A propos des bidonvilles]
    La caractéristique de beaucoup de ceux de Port-au-Prince est qu’ils sont verticaux, collés à la colline, étançonnés par des pièces de bois, des béquilles de fer, du ciment de récupération, toutes sortes de glus et de crampons destinés à empêcher qu’ils dégringolent dans le golfe. Ces bricolages ne suffisent pas toujours.
    Quand il pleut trop fort, le terrain bouge, s’ébranle, croule en avalanches qui se disent ici lavalas. Alors Port-au-Prince s’affaisse comme un château de boue et dégringole sans plus obstacles vers la mer. […] Des fissures éventrent les routes et des éboulements jettent bas des amas de loques et de matières en décomposition.
    Les survivants sortent de terre, de ces excavations, tranchées, crevasses et failles dans lesquelles ils grouillent habituellement. Ils crient, courent en tous sens avec des serpillières et des raclettes, lèvent les bras au ciel. Certains pleurent. D’autres insultent le Ciel à défaut de pouvoir s’en prendre à des responsables toujours évanescents.
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  • Par sentinelle, le 26 avril 2010

    Il en est, en Haïti, qui pensent qu’un jour il n’y aura pas de rémission, de remise de peine. Qu’une averse diluvienne, agrémentée d’un séisme pire encore que celui de 1770, viendra à bout de cette ville et l’étouffera sous un pan de montagne, ample linceul d’argile liquéfié et de végétation arrachée. Cela, disent ses amoureux déçus, pour prix de ses turpitudes et de ses récidives dans le crime.
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  • Par sentinelle, le 26 avril 2010

    Vers cinq heures du matin, à Port-au-Prince, les coqs succèdent aux chiens. Tu le sais parce que cela fait quatre jours qu’à l’aube, lorsque le ciel est encore couleur d’ardoise avec des échancrures jaunes, tu contemples la ville qui s’éveille du balcon de ta chambre, à l’hôtel Montana.
    Avant cinq heures, les chiens règnent en maîtres. Leurs abois pathétiques ne s’interrompent jamais, comme si ces animaux étaient requis pour tenir la ville en éveil. Comme si, au plus profond de la nuit, ce conglomérat urbain dont presque aucune lumière ne troue l’obscurité et qui, tapie dans ses ténèbres, émet peu de bruits devait rester sur le qui-vive, prêt à toute éventualité : incendie, secousse sismique, massacre, avalanche de boue, coup d’Etat…, bref tout ce à quoi, depuis sa fondation, il a dû s’habituer. Mais, vers cinq heures, le premier cri rauque d’un cop déchire irrévocablement la nuit. Il réveille tous les autres coqs, qui se mettent à chanter à tue-tête avec arrogance, hissés sur leurs ergots, la crête durcie, cependant que le jaune vire à l’orange.
    C’est le point du jour et les chiens se taisent, résignés, supplantés par ces clairons à deux pattes.
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  • Par sentinelle, le 26 avril 2010

    Un sociologue haïtien t’avait prévenu de manière imagée : « Au fil des siècles, cette île a si souvent servi de fosse commune que son sol en est resté spongieux. Marchez-y prudemment, sous peine de faire jaillir du sang sous vos semelles ! »
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Yvon Toussaint : « Les Haïtiens vivent dans un univers de catastrophes depuis toujours »
Yvon Toussaint, interviewé par le magazine Books sur son dernier roman "L'Assassinat d'Yvon Toussaint", nous parle d'Haïti.








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