ISBN : 2070722988
Éditeur : Gallimard (1991)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Les fruits du Congo, c'est une affiche. Elle représente une magnifique négresse qui porte des citrons d'or. Les collégiens d'une ville d'Auvergne rêvent devant cette affiche qui symbolise pour eux l'aventure et l'extrême poésie de l'existence.

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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 14 décembre 2007

    Woland
    "Les fruits du Congo", c'est avant tout une musique, l'essence de la poésie qui se fait ruisseau cristallin pour raconter l'histoire tragique et douce de Frédéric et de Dora qui "fut Reine des Iles et du Labyrinthe." Si vous avez oublié votre adolescence, si vous ne vous sentez aucun atome crochu avec le fantastique et le bizarre qui courent dans les rues étroites de certains films, muets et parlants (songez au "Liliom" de Fritz Lang par exemple), si vous considérez les poèmes comme des élucubrations d'esprits dérangés, si la tendresse et le rêve ne sont pour vous que des mots,
    Alors, ne lisez pas "Les fruits du Congo." Vous n'y comprendriez rien et en plus, vous vous demanderiez si l'auteur ne se moque pas de vous.
    L'intrigue en est fragile et presque ténue : Frédéric, dit Fred, un lycéen trop long et trop maigre, coiffé par son oncle et tuteur, le Dr Lamourette, d'un melon incongru en lieu et place du traditionnel béret de l'époque (nous sommes en 1951) étudie les maths et la philosophie au collège de M. Vantre. Ses loisirs passent par les assemblées des "Plaisirs de Corée", réunions périodiques de potaches qui se gavent de mots et de rêves et qui s'imaginent avoir apprivoisé les mauvais tours du Destin en l'incarnant dans un personnage fictif, dénommé M. Panado.
    Fred tombe amoureux d'une toute jeune fille qui se fait appeler Dora et dont il met les deux tiers du livre à apprendre le vrai nom et les origines. La sexualité compte ici pour rien : tout n'est que regards, soupirs, émotions à fleur de peau et de sensibilité. Et tout finira en drame parce que, à cet âge, tout est drame et que M. Panado - cela, on l'apprend avec l'âge - ne lâche jamais prise.
    Un style incroyablement musical pour un roman atypique, bourré de ciels rêveurs et d'étoiles filantes, que vous aimerez ou rejetterez en bloc mais qui ne vous laissera pas indifférent. ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 23 mars 2010

    LiliGalipette
    Roman d'Alexandre Vialatte. Lettre V de mon Challenge ABC 2010.
    Quatrième de couverture: Les fruits du Congo, c'est une affiche. Elle représente une magnifique négresse qui porte des citrons d'or. Les collégiens d'une ville d'Auvergne rêvent devant cette affiche qui symbolise pour eux l'aventure et l'extrême poésie de l'existence. Qu'est-ce que l'adolescence? Telle est la question à laquelle Alexandre Vialatte répond avec ce grand roman. En fait, il n'y répond pas: il nous montre l'adolescence, avec ses extravagances, ses aspirations sublimes, ses amours mélancoliques. Il nous montre aussi toute une ville de province avec ses kermesses, son assassin, son docteur, son lycée, son square.
    Je me refuse d'ordinaire à livrer la quatrième de couverture d'un roman. Je me targue de toujours donner un résumé de mon cru. Pour prétendre faire de même avec le texte de Vialatte, il aurait fallu que je dépasse les cent premières pages. J'ai échoué page 84, à bout de souffle et de patience pour cette langue poussive et empoussiérée, lourde de tournures désuètes et de personnages perclus de romantisme échevelé et de mélancolie languissante.
    Le groupe d'adolescents auquel le narrateur appartenait est avide de légendes de collégiens, de mystères et de pulsions aventureuses entravées. Une lecture plus poussée aurait peut-être infirmé mon impression de lire un jumeau des Disparus de Saint-Agil ou du Grand Meaulnes.
    Premier - et j'espère - dernier abandon de mon Challenge ABC 2010. Voilà un roman qui, je pense, a mal enduré le passage du temps et qu'il faut lire jeune pour en apprécier l'exaltante atmosphère de mystère.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/03/23/17291325.html
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 16 mai 2012

    Dora, je revois ta robe verte au bal du Labyrinthe, et ta ceinture
    d' argent qui accrochait des lumières.
    Mais tu ne reviendras jamais.

    Jamais je n' accepterai ta mort. Jamais je n' accepterai cette mort inhabitable.

    Je ne veux pas que tu sois morte ainsi, que ton fantome traine
    dans ce grenier, ou sous les orties d' un tombeau.
    Je t' ai choisi une mort habitable, je te l' ai choisie comme pour moi.
    C' est dans un vieux village, un vieux village de montagne, couleur
    de bure et de fumée, sur un horizon de meme couleur.
    Il n' accueille que des morts paisibles.
    Les enfants de la mort violente n' ont pas le droit d' entrer ici, mais
    je te passerai en contrebande pendant la nuit sur la barque de Pied-volage.....

    Nous ferons venir Fred ici. Nous nous referons une existence au petit hotel du Labyrinthe, qui a une enseigne d' or ternie, au dessus d' une salle basse aux poutres apparentes.
    Il y fait sombre, autour d' une petite lampe jaune.
    Nous y vivrons comme au moulin à vent.
    Ton marin reviendra, nous ne serons pas jaloux, il sortira de son sac vert des choses brillantes.
    Et nous vivrons au fil de l' heure une vie de fantomes sans professsion.
    Tu nous chanteras les chansons tristes qui faisaient plaisir à ton marin, et Fred nous dira les histoires qu' on racontait à la Sardine
    bleue.
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  • Par LiliGalipette, le 16 mai 2012

    « Le merveilleux commence à notre voisin, l'exotisme et à notre porte. […] Je sais bien aujourd'hui que les pommes du voisin ne sont pas meilleures que celles du verger familial, et cependant toute notre vie est réglée sur cette illusion. Nous ne croyons qu'aux fruits de la négresse. »
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Témoignage de Maurice Nadeau (éditeur) sur Alexandre Vialatte.








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