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> Charles Du Bos (Traducteur)
> Frédéric Vitoux (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070758451
Éditeur : Gallimard (2000)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 137 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Orpheline ruinée, Lily Bart cherche à faire un riche mariage, bien qu'elle aime un avocat, Lawrence Selden. Trop honnête pour se vendre, mais d'allure trop libre pour garder sa réputation intacte, elle se voit fermer les portes de la haute société. Avec un art digne de ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 04 juillet 2013

    juliette2a
    Depuis le temps que je voulais lire ce roman, c'est enfin chose faite ! Je me suis encore une fois régalée avec Chez les heureux du monde, de l'auteure américaine Edith Wharton, que je connaissais déjà grâce à son livre Les Lettres.
    Dans cette oeuvre qui ressemble à celles de Jane Austen, nous suivons le destin de Miss Lily Bart, jeune femme de vingt-neuf ans, dont la beauté exceptionnelle lui permet de côtoyer les plus riches familles, à commencer par les Trenor ou encore M. Rosedale, mais qui, petit à petit, va se retrouver seule dans un monde égoïste de ce début du XXème siècle...
    Malgré un début difficile, sans doute à cause de l'écriture de l'édition, je me suis très vite identifiée à Lily, j'ai ressenti toutes ses émotions, ses premiers malheurs, et enfin, sa déchéance finale, comme si j'évoluais dans cette société répugnante. Heureusement, certains personnages sont restés sympathiques du début à la fin, d'ailleurs, dès les premières pages de ce roman, le lecteur a la chance de rencontrer M. Lawrence Selden, l'un des seuls qui restera fidèle à Lily, jusqu'à la dernière page, à la fois émouvante et magnifique !
    Que dire de plus ? Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, l'intrigue était passionnante, avec un enchaînement rapide d'évènements tous aussi intéressants les uns que les autres ; bref, comme vous l'aurez constaté, j'ai adoré Chez les heureux du monde, que je conseillerais bien évidemment à tous...
    A lire !!
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    • Livres 5.00/5
    Par Aaliz, le 02 mars 2014

    Aaliz
    Lily Bart a grandi au sein d'une famille aisée de la haute-société new-yorkaise. A la ruine puis à la mort de ses parents, seule sa tante accepte de la recueillir. Comme le veut l'usage au sein de cette société, son unique moyen pour maintenir sa position est de trouver un bon parti et de faire un mariage qui lui assurera définitivement sa position sociale.
    Mais Lily est tiraillée, tiraillée entre sa raison, l'absolue nécessité de faire un bon mariage et son cœur qui, inconsciemment la mène à refuser de bons partis à plusieurs reprises.
    La situation de Lily devient critique au fur et à mesure que sa fortune décline surtout qu'elle est sous l'emprise du vice du jeu. Des dettes importantes l'amènent à solliciter son entourage. Sa conduite et ses décisions finissent par se retourner contre elle et Lily doit alors lutter contre ce milieu qui était pourtant celui auquel elle était prédestinée.
    Je ne connaissais pas Edith Wharton et le peu de critiques que j'avais lues concernant ses romans ne m'avaient pas particulièrement encouragée à la découvrir. Quelle erreur ! C'est à l'occasion de mon club de lecture que j'ai pu la réparer.
    J'ai été plus qu'agréablement surprise par ma lecture et je peux même dire que c'est un grand coup de cœur ! J'ai vraiment adoré ce roman de bout en bout même si je reconnais que les premières pages ne sont pas faciles. le style d'Edith Wharton est magnifique mais peut paraître un peu ampoulé ( ce que j'explique par le fait qu'elle admirait beaucoup Proust et c'est vrai qu'on y reconnaît quelques similitudes, l'extrême longueur des phrases en moins). le nombre de personnages peut aussi décourager. Il n'est pas facile au début de s'y retrouver, de savoir qui est qui. Mais au fil de la lecture, on prend ses repères et cela devient alors un véritable bonheur.
    Qu'est-ce que le bonheur justement ? Lily ne semble pas le concevoir sans l'associer à la richesse, d'où son obstination à faire un bon mariage. Ses discussions avec Lawrence Selden ne parviennent pas à la faire changer de conduite.
    « - Mon idée du succès, dit-il, c'est la liberté personnelle.
    - La liberté ? … être libre de soucis ?
    - Libre de tout… de l'argent et de la pauvreté, de l'aisance et de l'inquiétude, de tous les accidents matériels. Maintenir en soi une sorte de république de l'esprit, voilà ce que j'entends par le succès. »
    De par son éducation, Lily est restreinte à un certain code de conduite. Durant toute son enfance, sa mère n'a cessé de lui répéter qu'elle obtiendrait tout uniquement grâce à sa beauté. Mais sans argent, Lily doit sauver les apparences et maintenir l'illusion sur son train de vie. L'illusion ne tient pas très longtemps et elle devient rapidement la persona non grata. Même Lawrence, victime des racontars et des apparences, lui tourne le dos. Seuls quelques amis soutiendront Lily mais pas toujours de façon heureuse pour elle.
    « Ce n'est pas un bel endroit, non, et la seule manière d'y prendre pied et de s'y tenir, c'est de le combattre avec ses armes, à lui…et, avant tout, ma chère, pas seule ! »
    Il faut être un loup pour survivre au milieu des loups. Et bien que Lily donne l'impression d'en être un, on se rend bientôt compte que son âme est plus pure qu'elle n'y paraît.
    Ce roman m'a beaucoup rappelé, dans un premier temps, La foire aux vanités de Thackeray. J'ai assez tôt fait le rapprochement entre Lily et Becky par leur côté calculateur et manipulateur. Mais contrairement à Becky, Lily ne s'enfonce pas dans ce trait de personnalité. Elle m'a complètement bouleversée et touchée au point que j'en ai versé des larmes. La scène des tableaux vivants rappelle aussi fortement celle des charades de La foire aux vanités.
    Critique de la haute-société new-yorkaise du début du XXème siècle, Chez les heureux du monde offre aussi un panorama de la société new-yorkaise dans son ensemble, des anciennes familles de l'aristocratie aux nouveaux riches à l'instar de Rosedale et des Gormer mais aussi du milieu des travailleurs.
    A travers Lily, c'est toute la mesquinerie et les fausses convenances de l'aristocratie qu'Edith Wharton pointe du doigt. Une aristocratie qu'elle a elle-même fui en partant s'installer en France.
    Je ne peux que conseiller ce sublime roman magistralement écrit et d'une beauté triste à pleurer.
    « Les marques mêmes de son chagrin lui seyaient comme les gouttes de pluie vont à la rose battue. »
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    • Livres 5.00/5
    Par Marple, le 03 juillet 2012

    Marple
    Attention coup de cœur!
    Je me suis régalée avec ce roman ciselé et fin, qui m'a fait tour à tour sourire, pleurer ou penser...
    Avant toute chose, j'ai été enchantée par le style. Peut-être ai-je lu trop de livres 'modernes' récemment; toujours est-il que j'ai plongé avec délices dans ces paragraphes fluides et bien construits, dans ce vocabulaire recherché et précis, toujours juste. Au travers de ses mots et de ses phrases, on devine Edith Wharton, brillante, sensible et très observatrice... Un vrai plaisir de lecture, suffisamment rare pour être souligné, d'autant que je suis habituellement bien plus attentive au fond qu'à la forme !
    Bien des (belles) choses à dire au sujet du contenu, également. Miss Lilly Bart fait figure à mes yeux de pure figure de tragédie. Tiraillée entre son éducation futile et superficielle et ses idéaux de liberté, d'amour et de grandeur, elle compromet toutes ses chances de bonheur d'un côté comme de l'autre. Ainsi, c'est elle-même qui se sabote à chaque fois qu'un beau pari est prêt à l'épouser. Elle-même qui refuse de se contenter d'une une vie plus simple, independante et belle. Elle oscille en permanence entre ces deux pôles, ne parvenant pas à fixer son choix de manière durable.
    Dès lors, sa dégringolade semble inéluctable. Malgré ses amis, malgré sa beauté, malgré son intelligence.
    Et quelle dégringolade grandiose ! Sa chute nous fait voyager de New York à Monte-Carlo en passant par Newport. Elle nous emmène dans les salons de la haute société, chez les nouveaux riches et même à la rencontre des classes laborieuses. Elle nous dresse un panorama sans concessions de toute société humaine, entre sombres trahisons et petits travers quotidiens, sans oublier ces trésors d'amitié ou de solidarité qui subsistent parfois malgré tout.
    Quel gâchis monumental que la vie de Lilly Bart, si intelligente, si belle, si honnête ! Et quel talent il a fallu à Edith Wharton pour transformer cela en un trésor de livre, à mi-chemin entre le roman d'apprentissage inversé et la peinture sociale cynique du New York de cette époque !
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    • Livres 5.00/5
    Par Passionlectures, le 15 juillet 2012

    Passionlectures
    De week-ends à la campagne aux réceptions en ville, Miss Lily Bart papillonne dans la haute-société new-yorkaise avec grâce et aisance. A 28 ans, sans ses parents, elle sait qu'elle doit désormais songer très sérieusement à se marier pour assurer son avenir. Donc trouver un mari fortuné. Ce ne sont pas les occasions qui ont manqué jusque là, mais elles ont toujours tourné court. Inconsciemment, Lily se dérobe au dernier moment, ne pouvant se résoudre à se lier définitivement à un homme qu'elle ne respecterait pas. Lorsque s'ouvre le roman, Lily croit encore pouvoir choisir. Avec une certaine désinvolture, elle se laisse aller à une conversation presque intime avec Lawrence Selden, un avocat qui a pour elle plus que de l'admiration. Mais pour elle, impossible d'aller plus loin qu'une conversation, il ne peut lui apporter ce luxe dont elle a besoin. Peu après, elle refuse la main d'un riche homme d'affaires, pensant pouvoir trouver mieux. Cependant, au fil des pages, sa situation devient de plus en plus délicate. Contrainte de devoir rester auprès d'amies plus fortunées qui la protègent, elle devient proche de leurs maris… Sur le sommet depuis lequel elle contemple ce monde, Lily ne voit pas la tempête prêt à s'abattre sur elle. de déceptions en scandales, Lily voit progressivement son avenir se fissurer. Même son amitié avec Selden lui échappe.
    De nombreux personnages se croisent dans le cercle dans lequel évolue Lily : chez les Trenor, Judy est l'amie intime de Lily jusqu'à ce que Gus ne semble remarquer les charmes de celle-ci, chez les Dorset, c'est George qui se rapproche d'elle car sa femme Bertha entretient une liaison avec un jeune homme. Mr Rosedale, riche homme d'affaires évoquant un peu la figure d'Augustus Melmotte (bien que 30 ans plus tard !), fait preuve de sensibilité mais ne cache pas son ambition. Il y a aussi Carrie Fischer, un personnage que j'ai beaucoup aimé, qui a trouvé une manière originale de rester dans la haute-société sans moyens : elle introduit dans les cercles les plus huppés les couples de nouveaux riches. On voit bien qu'on est à un tournant pour ce milieu : l'argent désormais peut beaucoup et si on méprise ouvertement ces nouveaux riches, ils sont progressivement intégrés car leur fortune est indispensable à beaucoup. de plus, l'argent semble remplacer les liens d'amitié et d'honneur qui liaient tous ces gens entre eux. Tout au long du roman, Lily est profondément déçue dans ses amitiés, seule Grace Stepney, jeune femme vivant seule dans un petit appartement, loin du luxe des fréquentations de Lily, lui restera fidèle dans ses malheurs.
    A travers ce poignant destin de femme, Edith Wharton montre une finesse psychologique extraordinaire. La majorité du roman est vu par Les Yeux de Lily, on suit avec bonheur et anxiété ses actions, ses décisions, ses déceptions. Les quelques scènes décrites du point de vue de Lawrence Selden ou de Grace Stepney ne font en fait que renforcer l'image kaléidoscopique qui nous est offerte. Consciente de ses charmes, Lily est une jeune femme sûre d'elle, ambitieuse sans vanité, intelligente sans pédanterie. Il suffit parfois d'une petite faiblesse à un point précis de notre vie pour que celle-ci prenne une toute autre direction. C'est ce qui arrive maintes fois à Lily, notamment au début du roman lorsqu'elle décide de ne pas aller à l'office chez les Trenor. A cause de cet “acte manqué”, elle se rend compte qu'elle peut renoncer définitivement à son mariage avec Mr Gryce. A trop croire que la raison seule guide ses actes, Lily oublie qu'à tout moment, son cœur – ou son naturel, car elle est souvent dans l'obligation de se travestir pour mieux séduire – peut reprendre le dessus. A chaque nouvelle chute, Lily est persuadée qu'elle se relèvera sans trop de dégâts. C'est seulement lorsque le manque d'argent se fait cruellement sentir que Lily prend conscience de sa légèreté. Malheureusement, devant tous les fils du destin qui s'offraient à elle, elle n'aura pas su tirer le seul qui lui aurait permis d'être heureuse. La fin tragique du roman m'a laissée bouleversée par l'injustice que représente une vie manquée.

    Lien : http://passionlectures.wordpress.com/2012/07/15/chez-les-heureux-du-..
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 13 septembre 2010

    LiliGalipette
    Roman d'Edith Wharton. Lettre W de mon Challenge ABC 2010.
    Miss Lily Bart est une délicieuse jeune femme. À 29 ans, elle n'est pas encore mariée et la riche société new-yorkaise dans laquelle elle évolue compte les chances qui lui restent de trouver un époux. Sous des dehors d'innocence et de grâce, Lily Bart est d'une intelligence éclairée, d'une ambition rare et elle possède une haute opinion d'elle-même. "Ses actes les plus simples semblaient le résultat d'intentions qui allaient loin." (p. 25) De bals en séjours prestigieux, elle tente de prendre dans ses filets des hommes riches capables de payer son fastueux train de vie et son goût immodéré pour le luxe et le confort. La laideur et la médiocrité l'horrifient plus que tout. Elle ne conçoit son existence et son bonheur futur que dans un environnement riche et débarassé des soucis pécunaires. Dépensière impénitente, joueuse malchanceuse, elle fait face à des difficultés grandissantes pour tenir son budget. Un arrangement financier ambigu avec l'époux d'une de ses amies précipite la fin de son règle majestueux dans une société qui ne tolère les femmes célibataires que si elles gardent suffisamment de crédit pour faire un mariage convenable.
    Brillante illustration des versets de l'Ecclésiaste sur la vanité, le récit présente une société où comptent avant tout l'apparat, l'apparence et la gloire que procure l'argent. L'élite new-yorkaise du début du XIX° siècle est composée de vieilles familles et de nouveaux riches, au nombre desquels les Juifs qui sont montrés du doigt et vaguement méprisés. le personnage de Simon Rosedale, désobligeant homme d'affaires, concentre tous les préjugés de cette époque sur les hommes de cette religion. Mr Rosedale est retors, avare, avide de réussite et de reconnaissance. Pour entrer dans le monde policé des grands bourgeois new-yorkais, il lui faut une porte d'entrée majestueuse: une épouse de ce monde qu'il convoite. le récit d'Edith Wharton illustre également une certaine théorie de l'évolution. Pour survivre dans la société mondaine, il faut savoir s'adapter à ces changements, renoncer au passé et faire les bonnes alliances. Si Mr Rosedale sait jouer ses cartes, la faiblesse de Lily Bart est de refuser de se compromettre et de suivre une ligne de conduite sans issue.
    Lily Bart maîtrise "l'art d'accumuler" (p. 50) mais elle dépense tout aussi vite, et pas uniquement l'argent. Elle use à toute vitesse les bénéfices de relations prometteuses, elle repousse les alliances qui la sauveraient. Exagérément prodigue quand elle vise un bénéfice personnel, elle ne reçoit rien, alors que la vraie charité lui ouvre finalement, mais trop tard, Les Yeux sur ce que la solidarité signifie. Obligée de revoir ses ambitions à la baisse tout au long du récit, elle finit acculée dans la misère et la médiocrité qui lui causaient tant de terreur.
    Avec son physique pour seule vraie richesse, Miss Lily Bart a "plaisir à se représenter sa beauté comme un pouvoir au service du bien" (p. 64), de son bien. Toujours au meilleur ton de la plus grande élégance, Lily n'est pas avare de sa beauté. Elle l'offre aux regards, en toute pudeur et dans le respect de la beinséance, mais en mesurant parfaitement les effets de ses charmes. Mais trop conscience de la valeur de sa grâce, elle perd ses chances de mariage en refusant de l'offrir à des êtres qui ne correspondent pas à ses ambitions sociales. Sa grâce décline et les temps de son triomphe sont derrière elle. Vivant de souvenirs et de nostalgie, cherchant vainement à raviver des atmosphères perdues, Lily Bart perd le sens des réalités, sans cesse tourmentée par ses finances et ses ambitions.
    Dans cette comédie mondaine, Mr Selden est un spectateur en retrait. S'il étudie les manoeuvres et les habiles manipulations de Lily, il ne peut empêcher son coeur de battre pour elle. Trop indécis pour s'imposer à elle, il ne sait pas combattre la réserve qu'elle lui oppose et elle-même ne peut pas s'accomoder de cet homme qu'elle aime mais qui ne correspond pas à ses idéaux sociaux.
    Plongée dans un monde cruel où les amitiés ne sont que de façade, où de plus puissants se servent d'elle pour dissimuler leurs infamies, où il est très facile de la rendre coupable du moindre faux pas en lui prêtant de mauvaises relations fondées sur des témoignages douteux, Lily ne peut compter que sur peu d'amis. Mais la réelle sollicitude de ces âmes charitables ne fait qu'exarcerber le sentiment d'échec que Lily Bart cultive devant le spectacle de sa vie déclinante.
    J'ai dévoré ce roman en quelques heures. Je me suis prise d'affection pour Lily qui, bien que superficielle et arriviste, garde une fraîcheur innocente de victime. Elle ne peut pas se conduire autrement: elle a été élevée ainsi et le monde qu'elle côtoie ne fonctionne pas autrement. Un grand moment de lecture, plein de finesse et d'ironie cinglante. Les heureux du monde sont-ils ceux qui ont tout ou ceux qui parviennent à se libérer de cette contrainte de possession et d'apparence?


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/09/13/19028319.html
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Citations et extraits

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  • Par dbreit, le 16 novembre 2012

    Vous pourriez aussi bien dire que le seul moyen de ne pas penser à l'air, c'est d'en avoir assez à respirer. C'est vrai, en un sens; mais vos poumons pensent à l'air, si vous, vous n'y pensez pas. Il en va de même avec les gens riches : il se peut qu'ils ne pensent pas qu'à l'argent, mais ils ne cessent pas un instant de le respirer : transportez-les dans un autre élément, et voyez comme ils se débattent et comme ils halètent!
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  • Par Carosand, le 17 septembre 2013

    - Le succès.. qu'est-ce que le succès ? Je voudrais bien connaître votre définition.
    - Le succès?... (Elle hésita.) Mais c'est tirer de la vie tout ce qu'on peut en tirer, j'imagine... C'est une qualité relative, après tout... N'est-ce pas aussi votre idée du succès .
    - Mon idée du succès, dit-il, c'est la liberté personnelle.
    - La liberté ?... être libre de soucis ?
    - Libre de tout... de l'argent et de la pauvreté, de l'aisance et de l'inquiétude, de tous les accidents matériels. Maintenir en soi une sorte de république de l'esprit, voilà ce que j'entends par le succès.
    Elle se pencha en avant, avec un éclair d'intelligence :
    - Je sais... je sais... c'est étrange, mais c'est tout juste ce que j'ai senti aujourd'hui.
    Les yeux de Selden rencontrèrent avec une douceur cachée ceux de Lily :
    - Ce sentiment est-il si rare chez vous ? dit-il.
    Elle rougit un peu sous ce regard :
    - Vous me méprisez terriblement, n'est-ce pas ? Mais peut-être est-ce que je n'ai jamais eu le choix. Il n'y avait personne, veux-je dire, pour me parler de la république de l'esprit.
    - Il n'y a jamais personne... C'est un pays dont il faut découvrir le chemin soi-même.
    - Mais je ne l'aurais jamais découvert si vous ne me l'aviez montré.
    - Ah ! il y a des poteaux indicateurs... mais encore faut-il savoir les lire.
    - Eh bien, je sais ! je sais maintenant ! s'écria-telle avec ardeur. Chaque fois que je vous vois, il me semble que j'épelle une des lettres de l'écriteau... et hier, hier soir, à dîner, j'ai brusquement vu un peu plus avant dans votre république.
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  • Par juliette2a, le 04 juillet 2013

    Selden et Lily demeuraient immobiles, acceptant l’irréalité de la scène comme unie à leur propre sensation de rêve. Ils n’eussent pas été surpris qu’une brise d’été vint leur caresser le visage, ou de voir les lumières apparues à travers les branches se doubler à la voûte d’un ciel étoilé. L’étrange solitude autour d’eux n’était pas plus étrange que la douceur de s’y trouver ensemble.

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  • Par juliette2a, le 04 juillet 2013

    Neuf heures était une heure matinale pour faire une visite, mais Selden n’en était plus à se préoccuper de ces rites conventionnels. Il ne savait qu’une chose, c’est qu’il lui fallait voir Lily Bart tout de suite : il avait trouvé le mot qu’il voulait lui dire, et ce mot ne pouvait attendre un moment de plus. Il était étrange qu’il ne lui fût pas venu aux lèvres plus tôt, que lui, Selden, eût laissé partir Lily, la veille au soir, sans être capable de le prononcer. Mais qu’importait, maintenant qu’un jour nouveau avait lui ? Ce n’était pas un mot de crépuscule, c’était un mot du matin.
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  • Par Carosand, le 17 septembre 2013

    Elle ne désirait pas le revoir : non qu'elle redoutât son influence, mais sa présence avait toujours pour résultat de déprécier ses aspirations, de déplacer l'axe de son univers. De plus, il était le rappel vivant de la plus grande faute de sa carrière, et le fait qu'il en était la cause n'adoucissait pas les sentiments de Lily à son égard. Elle pouvait encore imaginer un mode idéal d'existence, où par-dessus tout le reste qui s'y trouvait accumulé, l'intimité avec Selden serait le dernier mot du luxe ; mais, dans ce monde tel qu'il était, un semblable privilège coûterait probablement plus qu'il ne valait...
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