> Charles Du Bos (Traducteur)
> Frédéric Vitoux (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070758451
Éditeur : Gallimard (2000)


Note moyenne : 4.26/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
Orpheline ruinée, Lily Bart cherche à faire un riche mariage, bien qu'elle aime un avocat, Lawrence Selden.
Trop honnête pour se vendre, mais d'allure trop libre pour garder sa réputation intacte, elle se voit fermer les portes de la haute société. Avec un art di... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 13 septembre 2010

    LiliGalipette
    Roman d'Edith Wharton. Lettre W de mon Challenge ABC 2010.
    Miss Lily Bart est une délicieuse jeune femme. À 29 ans, elle n'est pas encore mariée et la riche société new-yorkaise dans laquelle elle évolue compte les chances qui lui restent de trouver un époux. Sous des dehors d'innocence et de grâce, Lily Bart est d'une intelligence éclairée, d'une ambition rare et elle possède une haute opinion d'elle-même. "Ses actes les plus simples semblaient le résultat d'intentions qui allaient loin." (p. 25) De bals en séjours prestigieux, elle tente de prendre dans ses filets des hommes riches capables de payer son fastueux train de vie et son goût immodéré pour le luxe et le confort. La laideur et la médiocrité l'horrifient plus que tout. Elle ne conçoit son existence et son bonheur futur que dans un environnement riche et débarassé des soucis pécunaires. Dépensière impénitente, joueuse malchanceuse, elle fait face à des difficultés grandissantes pour tenir son budget. Un arrangement financier ambigu avec l'époux d'une de ses amies précipite la fin de son règle majestueux dans une société qui ne tolère les femmes célibataires que si elles gardent suffisamment de crédit pour faire un mariage convenable.
    Brillante illustration des versets de l'Ecclésiaste sur la vanité, le récit présente une société où comptent avant tout l'apparat, l'apparence et la gloire que procure l'argent. L'élite new-yorkaise du début du XIX° siècle est composée de vieilles familles et de nouveaux riches, au nombre desquels les Juifs qui sont montrés du doigt et vaguement méprisés. le personnage de Simon Rosedale, désobligeant homme d'affaires, concentre tous les préjugés de cette époque sur les hommes de cette religion. Mr Rosedale est retors, avare, avide de réussite et de reconnaissance. Pour entrer dans le monde policé des grands bourgeois new-yorkais, il lui faut une porte d'entrée majestueuse: une épouse de ce monde qu'il convoite. le récit d'Edith Wharton illustre également une certaine théorie de l'évolution. Pour survivre dans la société mondaine, il faut savoir s'adapter à ces changements, renoncer au passé et faire les bonnes alliances. Si Mr Rosedale sait jouer ses cartes, la faiblesse de Lily Bart est de refuser de se compromettre et de suivre une ligne de conduite sans issue.
    Lily Bart maîtrise "l'art d'accumuler" (p. 50) mais elle dépense tout aussi vite, et pas uniquement l'argent. Elle use à toute vitesse les bénéfices de relations prometteuses, elle repousse les alliances qui la sauveraient. Exagérément prodigue quand elle vise un bénéfice personnel, elle ne reçoit rien, alors que la vraie charité lui ouvre finalement, mais trop tard, Les Yeux sur ce que la solidarité signifie. Obligée de revoir ses ambitions à la baisse tout au long du récit, elle finit acculée dans la misère et la médiocrité qui lui causaient tant de terreur.
    Avec son physique pour seule vraie richesse, Miss Lily Bart a "plaisir à se représenter sa beauté comme un pouvoir au service du bien" (p. 64), de son bien. Toujours au meilleur ton de la plus grande élégance, Lily n'est pas avare de sa beauté. Elle l'offre aux regards, en toute pudeur et dans le respect de la beinséance, mais en mesurant parfaitement les effets de ses charmes. Mais trop conscience de la valeur de sa grâce, elle perd ses chances de mariage en refusant de l'offrir à des êtres qui ne correspondent pas à ses ambitions sociales. Sa grâce décline et les temps de son triomphe sont derrière elle. Vivant de souvenirs et de nostalgie, cherchant vainement à raviver des atmosphères perdues, Lily Bart perd le sens des réalités, sans cesse tourmentée par ses finances et ses ambitions.
    Dans cette comédie mondaine, Mr Selden est un spectateur en retrait. S'il étudie les manoeuvres et les habiles manipulations de Lily, il ne peut empêcher son coeur de battre pour elle. Trop indécis pour s'imposer à elle, il ne sait pas combattre la réserve qu'elle lui oppose et elle-même ne peut pas s'accomoder de cet homme qu'elle aime mais qui ne correspond pas à ses idéaux sociaux.
    Plongée dans un monde cruel où les amitiés ne sont que de façade, où de plus puissants se servent d'elle pour dissimuler leurs infamies, où il est très facile de la rendre coupable du moindre faux pas en lui prêtant de mauvaises relations fondées sur des témoignages douteux, Lily ne peut compter que sur peu d'amis. Mais la réelle sollicitude de ces âmes charitables ne fait qu'exarcerber le sentiment d'échec que Lily Bart cultive devant le spectacle de sa vie déclinante.
    J'ai dévoré ce roman en quelques heures. Je me suis prise d'affection pour Lily qui, bien que superficielle et arriviste, garde une fraîcheur innocente de victime. Elle ne peut pas se conduire autrement: elle a été élevée ainsi et le monde qu'elle côtoie ne fonctionne pas autrement. Un grand moment de lecture, plein de finesse et d'ironie cinglante. Les heureux du monde sont-ils ceux qui ont tout ou ceux qui parviennent à se libérer de cette contrainte de possession et d'apparence?


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/09/13/19028319.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Ladybug, le 13 août 2011

    Ladybug
    Lily veut garder une certaine morale mais sa peur de la "médiocrité" fait qu'elle est en proie à des forces adverses. Pour continuer de fréquenter ses amis, elle est forcée de faire des compromis, elle en fait certains et en refuse d'autres. Sa chute est progressive, très bien orchestrée par le talent d'Edith Wharton, faire un riche mariage, elle est constamment sur le point d'y parvenir, elle a toujours une occasion de s'en sortir.
    On voit comment ce monde fonctionne, ils sont dans un calcul permanent, le moindre mouvement a un but intéressé. C'est une société sans pitié, maintenant Lily s'en rend compte, il est intéressant et cruel de voir comment le malheur jette une lumière crue sur notre environnement et notre situation personnelle...
    Ce que j'aime chez Edith Wharton, c'est que dans la psychologie des personnages, rien n'est jamais tout blanc ou tout noir, Lily m'a fait de la peine mais elle m'a également énormément agacée. Je peux lui pardonner sa superficialité - elle ne s'intéresse à rien à part le luxe, l'apparat - mais j'ai été très gênée par son mépris des classes inférieures et son mépris pour son amie Gerty Fish, j'ai souvent trouvé qu'elle manquait de coeur. Mais le coup bas dont Lily est victime à un moment de son histoire, m'a vraiment révoltée ! Je ne dévoile pas de quel personnage il va venir... à vous de le découvrir.
    Edith Wharton décortique tout avec une minutie impressionnante, ses phrases sont amples et denses (chapeau au traducteur !), un roman bouleversant !
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par isathomasgutt, le 27 novembre 2011

    isathomasgutt
    "Ca, c'est Lily toute entière, vous savez: elle travaille comme un nègre à préparer le terrain et faire les semailles; puis, le jour où elle doit récolter la moisson, elle se lève trop tard ou court à un pique-nique": voilà résumée l'essence même de cette magnifique oeuvre romanesque, magistralement écrite, insufflée en permanence par un rythme soutenu. Les amateurs de Jane Austen ne pourront qu'apprécier l'histoire de Lily Bart, jeune trentenaire errant dans la haute société new yorkaise du début du XXème siècle, et dont l'ambition semble en apparence se réduire à faire un bon mariage destiné à lui apporter l'aisance financière dont elle se dit qu'elle en a été injustement privée suite à la faillite de son père et au décès de ses parents. Servie par une beauté époustouflante, subjugante, Lily brille en société, mais est pourtant loin d'être la petite écervelée que l'on pourrait croire: animée de moult tourments intérieurs, elle est tiraillée entre ses besoins (en premier lieu financiers) de continuer à évoluer dans cette société -pourtant tyrannique, hypocrite et cruelle- qu'elle a toujours connue, et son avidité d'indépendance et de libre pensée. C'est ce second penchant qui va la rapprocher de Lawrence Selden, avocat, qui, toutefois, ne se révèle pas assez bien nanti pour remplir toutes les clauses du cahier des charges du mariage parfait recherché. Dans cette quête, Lily Bart va aller de désillusions en désillusions, de trahisons en déceptions, découvrant le miroir aux alouettes qu'est le milieu social qu'elle entend fréquenter de manière vitale et auquel elle ne parvient pas à renoncer, même lorsque ses moyens ne le lui permettent plus. C'est alors que la chute, inexorable, commence...
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    • Livres 4.00/5
    Par AliceFee, le 26 septembre 2011

    AliceFee
    •Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Chez les heureux du monde?
    "Lorsque l'on aime Jane Austen comme moi et que l'on cherche à faire d'aussi belles rencontres chez d'autres auteurs, on tombe souvent sur Elizabeth Gaskell, il est vrai, mais on finit presque toujours par également découvrir Edith Wharton, même si elle appartient au siècle suivant."
    •Dites-nous en un peu plus sur son histoire...
    "Miss Lily Bart, orpheline, vit chez sa tante et évolue parmi la bonne société mais n'a pas un sou à elle. Les perspectives qui s'ouvrent à elle sont peu nombreuses: à 29 ans, et malgré sa grande beauté, il va falloir qu'elle trouve rapidemment un mari riche avant qu'il ne soit trop tard. Mais en dépit de son amour de l'argent et des belles choses, s'y résoudra-t-elle enfin?"
    •Mais que s'est-il exactement passé entre vous?
    "La plume d'Edith Wharton est un enchantement. Et je me suis autant régalée en français qu'en anglais, le lisant dans sa version du livre de poche le soir, et en ebook anglais sur mon kindle la journée! Certains aspects m'ont rappelé Autant Emporte le Vent et la belle Scarlett même si le jeune premier n'arrive pas à la cheville de Reth Butler, et les retournements de situations m'ont tenue en haleine jusqu'à la fin! J'avoue tout (ATTENTION, SPOILER), j'ai même versé quelques larmes sur le sort de cette pauvre Lily, au moment où la jeune femme pauvre qu'elle a aidé auparavant la trouve amorphe sur un banc, j'ai trouvé la situation insoutenable. Lily est une merveilleuse héroïne à laquelle je repenserai, j'en suis sûre, comme à une amie que je n'ai pas pu aider!"
    •Et comment cela s'est-il fini?
    "Je ne nierais pas que c'est un livre magnifique mais tellement triste... Je ne veux que des Happy Ends moi, je ne suis pas en état de supporter des fins aussi tragiques, moi qui m'accroche chaque jour à l'idée que dans la vie on finit toujours par avoir ce que l'on mérite! Ce soir, c'est un peu plus dur d'y croire!"

    Lien : http://booksaremywonderland.hautetfort.com/archive/2011/08/08/chez-l..
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    • Livres 4.00/5
    Par Jules, le 27 juin 2010

    Jules
    En lisant la chronologie d'Edith Wharton, j'ai constaté que c'est une femme qui a beaucoup voyagé accompagnée d'amis et non d'amies. Je ne suis pas spécialiste de l'époque, mais elle me semble être une femme "libérée" et avangardiste sur son temps et je pense avoir retracé quelques traits communs avec ses héroïnes.
    Ses personnages féminins fument, jouent au bridge, ont des amants, affichent ouvertement leur désir de faire une beau mariage avec l'élite et dépensent des sommes affreuses pour se vêtir et voyager... Edith Wharton a un talent fou pour dépeindre tout ce que comporte la haute société new-yorkaise! Elle a un sens de l'humour grinçant et une écriture intelligente. Certaines de ses phrases (que j'aurais dû noter!) sont d'une beauté rare pour exprimer des choses simples. C'est un grand coup de coeur et coup de chance pour moi, ma bibliothèque tient presque tous ses livres en stock contrairement aux librairies que j'ai visité dernièrement. J'espère qu'ils me permettront de retrouver autant de plaisir qu'avec Lily Bart qui a 29 ans quand tout commence à mal tourner pour elle. À cette époque, c'est très âgé pour ne pas être mariée en tant que "jeune fille" (qui préfère profiter de la haute société new-yorkaise même si sa situation financière n'est pas aussi reluisante que celle de ses acolytes!). Orpheline, elle a fait beaucoup d'erreurs pour en arriver là où on la retrouve à la fin (je ne dévoile rien!), mais je dois vous dire que ce n'est pas parce qu'elle est sotte... elle est tout simplement victime de ces sociétés d'apparence et d'hypocrisie! Wharton, c'est du Brontë ou de l'Austen avec un peu plus d'action... Bring it on!

    Lien : http://booki-net.blogspot.com/2010/06/chez-les-heureux-du-monde-edit..
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Citations et extraits

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  • Par Scoutie, le 21 mai 2012

    Les Waterhall allaient toujours à l'église. Ils appartenaient à ce vaste groupe d'automates humains qui traversent la vie sans négliger d'accomplir aucun des gestes exécutés par les marionnettes environnantes. Les marionnettes de Bellomont n'allaient pas à l'église, c'est vrai; mais d'autres, d'une importance égale, y allaient - et les relations de Mr et Mrs Waterhall étaient si étendues que Dieu figurait sur leur liste de visites.
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  • Par Lilly, le 11 décembre 2010

    Combien, vu de la cage, le monde extérieur semblait séduisant à Lily, tandis qu'elle entendait la porte claquer sur elle ! ... En réalité, elle le savait bien, la porte ne claquait jamais ; elle demeurait toujours ouverte ; mais la plupart des prisonniers étaient comme des mouches dans une carafe : une fois entrés, il ne pouvaient plus reconquérir leur liberté. L'originalité de Selden était de n'avoir jamais oublié le chemin de la sortie.
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  • Par Lilly, le 11 décembre 2010

    Pourquoi appelons-nous toutes nos idées généreuses des illusions, et toutes nos idées médiocres des vérités ?
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  • Par zorazur, le 12 janvier 2012

    Ils étaient les seigneurs du seul monde dont elle eut souci, et lis étaient prêts à lui ouvrir leurs rangs et à la laisser gouverner avec eux.
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"Chez les heureux du monde" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.








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