> Jean Pavans (Traducteur)

ISBN : 2290311464
Éditeur : J'ai Lu


Note moyenne : 3.64/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Avec l'intelligence et l'humour féroce dont elle est coutumière, Edith Wharton brocarde dans ce roman, publié en 1927, l'inaction et l'insouciance aveugle de l'aristocratie new-yorkaise des Années folles. En moraliste sévère, elle étud... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(3)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par MissG, le 07 janvier 2012

    MissG
    Edith Wharton propose au lecteur dans ce livre une plongée dans le New-York des années folles, dans une opulente famille : les Manford.
    Évoluant au milieu d'un monde où s'affrontent le puritanisme et le cynisme, Pauline Manford, épouse, mère et maîtresse de maison exemplaire, passe ses journées entre rituels domestiques, réceptions mondaines, tactiques conjugales, séances de méditation et associations caritatives.
    Plus elle s'étourdit et se perd dans ses activités, plus elle a l'impression de servir à quelque chose et de contribuer à la grandeur des Etats-Unis; et plus elle s'oblige à penser positivement moins elle voit la réalité en face.
    Ainsi, elle ne se rend pas compte, ou plutôt refuse de voir, que son ancien mari a replongé dans l'alcoolisme, que sa fille est rongée par un mal-être et des blessures intimes, que sa belle-fille est complètement inconséquente et immature.
    Car le plus important, pour Pauline Manford, c'est de maintenir les apparences et de ne surtout pas apparaître en photo dans la presse à scandale.
    Le fond de ce livre, ce n'est sans doute pas l'histoire qui n'a rien d'originale et est conventionnelle, mais les personnages et le style d'écriture de l'auteur.
    J'ai beaucoup aimé les portraits de femmes dressées par Edith Wharton, car les hommes sont mis au second plan, ils apparaissent comme faibles et dominés par les femmes, c'est un point de vue original et peu conventionnel.
    Mon personnage préféré est sans nul doute Nona, c'est la plus humaine et la plus réaliste de tous ("Elle ne voulait pourtant pas vraiment faire comme eux"), et je pense d'ailleurs que l'auteur s'est identifiée à ce personnage.
    C'est elle qui sans cesse intervient entre les personnages, elle joue le rôle que sa mère ne fait pas, elle a sans doute peur du lendemain et se cache derrière un certain cynisme parfois, et pour cela, se noie dans un tourbillon de jazz et de danse pour essayer d'oublier.
    Elle n'est pas comprise par les autres, le seul qui la comprend ("Ils ne veulent pas de vous") et partage ses opinions, c'est Stan Heuston, l'homme qu'elle aime mais déjà marié. Elle ira toutefois jusqu'à refuser de lui écrire pour le faire revenir après sa fuite avec une femme, parce qu'elle ne veut pas agir pour les bienfaits de l'épouse délaissée.
    Je trouve que l'auteur a fait preuve d'une réelle finesse sur la psychologie humaine, ce passage en étant sans doute la meilleure illustration.
    Et puis, le lecteur finit par découvrir que tout le monde se méprend sur Nona. Sa mère la prend pour une cynique et ne lui souhaite que de se marier, tout le monde est persuadé qu'elle s'entend parfaitement bien avec sa belle-soeur, Lita, mais en réalité il n'en est rien. Elle déteste ces gens qui ne font finalement que venir voir "encore et toujours le même spectacle" tout ça parce qu'"Il n'y a rien qu'ils détestent autant que la nouveauté ... ils en sont tellement gavés, de nouveauté !", comme le lui fait remarquer Stan Heuston.
    Elle qui essaie de faire le bien autour d'elle, de souder les gens entre eux, finira pourtant l'histoire abandonnée de tous, qui ne songent qu'à partir en voyage et s'amuser.
    Bien souvent comme dans la vraie vie, c'est la plus méritante qui souffre le plus, et si j'ai été triste du sort de Nona j'ai aimé la clairvoyance de l'auteur sur ce sujet.
    L'autre personnage fort est Pauline Manford, la mère de Nona. Elle est la parfaite illustration de la femme insouciante, qui perd son temps dans des futilités et fait des choses pour pouvoir s'en vanter derrière (des oeuvres caritatives par exemple).
    Et avec cela, elle a l'impression de remplir le vide de son existence, tout en éprouvant régulièrement le besoin "d'un nouveau stimulant moral" (guérisseurs et autres charlatans).
    Si elle peut paraître ainsi irritante, l'auteur arrive à la rendre à peu près agréable au lecteur.
    Le personnage franchement irritant et que l'auteur n'épargne nullement, c'est Lita.
    Elle est totalement insouciante, fait le mal autour d'elle par son inconséquence et ses propos, elle dit des méchancetés sans même s'en rendre compte et sans jamais s'excuser.
    Alors elle s'ennuie, elle veut faire du cinéma, elle veut divorcer, elle veut danser toute la nuit, elle séduit son beau-père, en somme, elle va rendre tout le monde malheureux.
    Et lorsque Pauline essaye de lui parler, de lui faire comprendre qu'en divorçant c'est à son mari Jim qu'elle va faire du mal, qu'elle y réfléchisse à deux fois avant de faire quoi que ce soit, elle lui répond en toute simplicité : "Ne faudrait-il pas plutôt tenir compte du fait qu'il ne m'intéresse plus ?"
    S'agit-il d'un caricature ?
    Pour moi absolument pas, elle canalise tout ce que l'auteur a cherché à dénoncer en écrivant ce livre.
    Outre l'intelligence des propos et la finesse psychologique des personnages, j'ai également apprécié ce livre pour le style d'écriture de l'auteur.
    C'était ma première lecture d'Edith Wharton et j'ai assez aimé son style.
    Elle est parfois cynique, parfois drôle, mais elle arrive à captiver le lecteur par son style et à dérouler une histoire sans même qu'il se rende compte que la fin est déjà proche.
    Et même si plusieurs dizaines d'années séparent cette histoire de notre époque, il y a toujours un fond de vérité et les propos développés par l'auteur sont toujours d'actualité.
    Finalement, c'est ce qui fait le charme de ce livre et surtout, le rend intemporel.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.com/2012/01/les-new-yorkaises-dedith-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par liratouva2, le 09 août 2010

    liratouva2
    Ce n'est pas l'histoire elle-même qui me séduit mais, comme toujours avec cette romancière, c'est sa façon de cerner ses personnages au plus près de leur apparence car tout se joue dans les rencontres feutrées de cette société mondaine d'une ville qui bouge très vite. le temps manque pour s'analyser vraiment. le style suit les pensées souvent frivoles ou papillonnantes des uns et des autres, le drame s'enfle en sourdine mais on ne veut surtout pas s'en préoccuper outre mesure. On remet sans cesse les vrais soucis au lendemain mais les bonnes manières ne suffisent pas à arrêter ou à discipliner les sentiments qui n'en explosent que plus violemment par la suite.
    J'ai beaucoup aimé.

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2010/08/les-new-yorkaises-par-edith-w..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Aela, le 30 janvier 2011

    Aela
    "Sex and the city" version début du 20ème siècle..beaucoup plus soft donc... Une belle analyse de la haute société new-yorkaise.. Une belle promenade en compagnie de jolies dames bien conscientes de leurs intérêts..
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (12)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par MissG, le 07 janvier 2012

    - Ma petite, je crois que vous ne savez pas ce que vous dites. Votre mari a la malchance d'être passionnément amoureux de vous. Le divorce dont vous parlez si légèrement l'anéantirait. Jim ne vous intéresse peut-être plus maintenant, mais il y a eu une époque où il vous a intéressée. Ne faudrait-il pas en tenir compte ?
    Lita parut réfléchir. Puis elle déclara : "Ne faudrait-il pas plutôt tenir compte du fait qu'il ne m'intéresse plus ?"
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par MissG, le 07 janvier 2012

    Elle s'était sacrifiée, elle avait sacrifié Heuston, à l'idéal stupide d'une femme entêtée qui parvenait, pour impressioner les gens, à masquer son égoïsme derrière des formules de philanthropie et de piété. Parce qu'Aggie passait son temps à l'église , et qu'elle régentait des comités d'asile pour vieillardes et de maisons de repos pour tuberculeuses, elle avait un permis de cruauté à damner les frivoles. Détruire deux vies pour préserver son propre idéal de pureté !
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par liratouva2, le 09 août 2010

    Elle se sentait rassurée du simple fait d'avoir écrit à son fils: elle avait toujours la secrète conviction qu'une chose était vraie si on la disait - à plus forte raison si on l'écrivait.
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par liratouva2, le 09 août 2010

    Oui, ils avaient tous besoin d'aide, même s'ils ne le savaient pas, et le Destin semblait l'avoir placée, elle, Nona, au point d'intersection de toutes ces vies, comme un poste de secours près du virage le plus dangereux d'une course automobile, ou comme un système d'aiguillage dans une grande gare de triage.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par liratouva2, le 09 août 2010

    (Lita) Elle entra calmement, presque timidement, de ce pas léger qui tenait du glissement et du flottement; et aussitôt, malgré les vingt personnes assemblées, elle eut le parquet luisant et tous les miroirs pour elle seule. Toujours elle avait le cjic pour qu'on s'écarte à son entrée, si discrète soit-elle...
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (19)

Videos de Edith Wharton

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Edith Wharton

"Chez les heureux du monde" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les New-Yorkaises par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (52)

> voir plus

Quiz