> Claude Payen (Traducteur)

ISBN : 2877309169
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2007)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Pour Yan Lianke, la liberté élargie dont bénéficient les écrivains en Chine doit être mise à l’épreuve des tabous et des vérités cachées : il l’a déjà montré avec l’iconoclaste Servir le peuple (éditions Philippe Picquier, 2006), censuré dès sa parution en Chine; il réi... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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  • Par christianebrody, le 27 octobre 2011

    christianebrody
    Dans la plaine du Henan, il y a un petit village, celui des Ding, un village comme tant d'autres, peuplé par des gens simples, peu instruits, vivant du stricte nécessaire, de leurs récoltes, pas franchement miséreux, juste des gens qui vaquent à leurs occupations au gré des saisons, des évènements, des fêtes.
    Un jour, le gouvernement lance une vaste campagne de récolte de sang afin de fabriquer le plasma et plaquettes nécessaires dont le pays a besoin. Des représentants sont envoyés dans toutes les campagnes pour inciter les gens à participer à cet élan patriotique. Rien est laissé au hasard : l'accès à des denrées de première qualité, les infinies possibilités d'enrichissement personnel et communautaire, les passe-droits, tout est mis en place pour que nul ne puisse résister à la tentation d'améliorer son existence. S'enrichir en vendant son sang, tel est le moto des autorités gouvernementales.
    Avant cet arrêté, le village des Ding ne comptait que deux rues principales, une vingtaine de famille, des bicoques plus ou branlantes, une nature luxuriante. Après, il ressemblait plus à un village exemplaire, un idéal de ce que la prospérité offre.
    Un petit garçon de douze ans nous raconte du fond de sa tombe les splendeurs et misères de son village. Il nous parle de son grand-père, gardien de l'unique école et des valeurs humaines, une figure que tous respectent; de son père qui voit dans cette collecte de sang une manière rapide et facile d'engranger une petite fortune, de diversifier son activité en vendant des cercueils quand le sang se raréfie, de négocier des contrats de mariage dans l'au-delà pour ceux morts trop tôt. Et puis, il y a les villageois qui, malgré l'horreur de la situation, restent fidèles à ceux qu'ils sont : petits, mesquins, viles, juste des êtres humains dépassés par l'ampleur de la catastrophe mais qui espèrent encore un retour des bénéfices.
    Yan Lianke rapporte un fait divers aux proportions incroyables: l'histoire d'un crime né, organisé, exécuté à l'intérieur d'un énorme projet politique. L'auteur ne cherche pas à rationaliser l'horreur qui s'est abattue sur ces populations illettrées, coupées du monde, serviles, âpres au gain. L'infinie banalité du mal, sa stupidité, sa cruauté, sa ténacité, offert dans un emballage séduisant se vit au quotidien.Cet épisode en rappelle un autre, notre propre histoire de sang contaminé dont on se souvient encore de la conclusion qu'ont donné les responsables de l'époque : » Responsables mais pas coupables ». Car il s'agit d'un des plus gros scandales sanitaires du gouvernement chinois qui a tout fait pour ne pas l'ébruiter. Ce livre a valu à Yan Lianke d'être interdit de paroles et son livre n'a jamais été publié dans son pays.
    Je ne sais pas si le choix d'avoir pris un enfant pour raconter sous la forme d'une comptine une telle tragédie rend le récit plus poignant, pour ma part, c'est juste un fait divers bien écrit mais qui n'éveille ni l'empathie avec les personnages ni la juste colère que l'on devrait sans doute ressentir. Ça m'a rappelé deux chansons de Peter Gabriel :
    - BIKO,
    …/…
    It was business as usual
    …/…
    When I try to sleep at night
    I can only dream in red
    The outside world is black and white
    With only one colour dead
    …/…
    -RED RAIN,
    Red rain is coming down
    Red rain
    Red rain is pouring down
    Pouring down all over me
    I am standing up at the water's edge in my dream
    I cannot make a single sound as you scream
    It can't be that cold, the ground is still warm to touch
    We touch
    This place is so quiet, sensing that storm
    (refrain)
    Well I've seen them buried in a sheltered place in this town
    They tell you that this rain can sting, and look down
    There is no blood around see no sign of pain
    No pain
    Seeing no red at all, see no rain
    ( refrain)
    Red rain
    Putting the pressure on much harder now
    To return again and again
    Just let the red rain splash you
    Let the rain fall on your skin
    I come to you defences down
    With the trust of a child
    ( refrain)
    And I can't watch anymore
    No more denial
    It's so hard to lay down in all this
    …/…
    I see it
    …/…
    I'm bathing in
    …/…
    I'm begging you
    …/…
    Red rain coming down
    Over me in the red red sea
    …/…
    J'ai fini ce livre l'autre semaine. J'écris ce post sur mon balcon, les écouteurs sur les oreilles, mon iPod balançant ( le volume à fond) les albums des YOSHIDA BROTHERS et I.CHING, le paquet de cigarettes à portée. Il fallait au moins cela pour admettre comme un fait établi que lorsque tout est possible, tout est permis, qu'il n'existe aucun garde-fou, le monde devient horrible.

    Lien : http://www.immobiletrips.com/dramatique/le-reve-du-village-des-ding-..
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    • Livres 5.00/5
    Par edwige31, le 30 avril 2012

    edwige31
    Ce roman est un torrent qui vous emporte et qui ne peut laisser indifférent.. Magnifiquement écrit, il décrit implacablement la destruction d'un village et de ses habitants au nom de l'argent en Chine. le sida se développe par l'absence de compréhension des mesures de protection,pour un réseau de prélèvement de sang. le narrateur, villageois et père, voit son monde s'écrouler, totalement impuissant face au désastre inéluctable auquel son propre fils participe.
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    • Livres 5.00/5
    Par shulien, le 31 mars 2010

    shulien
    Ce livre très poignant touche d'un sujet qu'on connait très mal: le Sida en Chine.
    Ce livre est un euphémisme car il est racontait via un petit enfant, mais déjà on ressent la dureté et la tragédie de cet évènement !
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    • Livres 3.00/5
    Par Alienor, le 20 mai 2009

    Alienor
    Ce roman - comme le précédent de l'auteur d'ailleurs - est interdit en Chine. Ce simple fait vaut que l'on s'y intéresse et que l'on lise largement cet homme privé de parole dans son pays pour oser relater des faits dont il a été le témoin.
    Le village des Ding est une petite bourgade dont tous les habitants ou presque ont vendu leur sang durant des années. Ce commerce certes fructueux leur a surtout apporté le malheur, car ces hommes et ces femmes sont tombés malades les uns après les autres. Une épidémie d'abord appelée « fièvre » en raison de ce premier symptôme. Jusqu'à l'identification du virus du Sida. (...)


    Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par cvd64, le 01 juillet 2010

    cvd64
    une histoire en tre honneur et fierté des uns et laisser faire et corruption chez les autres
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Critiques presse (3)


  • Lecturejeune , le 01 juin 2007
    Lecture jeune, n°122 - Dans le village des Ding, comme dans les autres villages de la plaine du Henan, en Chine centrale, les habitants s'enrichissent en vendant leur sang collecté par l'Etat. Certains à un rythme effréné. Les malades se multiplient, le village se dépeuple, la mort devient si banale que les habitants ne pensent plus qu'à leur cercueil. Le remords ronge le vieux Ding dont le fils s'est enrichi en collectant le sang et dont le petit-fils, qui est le narrateur de cette histoire, meurt empoisonné à l'âge de douze ans. Ce récit atroce prend ainsi la dimension d'une tragédie grecque intemporelle. Cela ne l'empêche pas d'être rempli d'humanité grâce à la bonté, la sagesse et la compréhension du grand-père pour ces êtres ignorants et résignés, qui ne comprennent que tardivement la nature de cette épidémie. Tout au long de cette lecture, on souffre avec l'auteur qui exprime en postface son désespoir et son « amour de la vie ». Les thèmes du sida et de la Chine encourageront les adolescents à lire ce roman déroutant. Gilberte Mantoux
  • Lecturejeune , le 01 juin 2007
    Lecture jeune, n°122 - Outre le sujet très fort de l’ouvrage, le style de son auteur nous interpelle. D’une grande poésie, avec un registre lexical très riche lorsqu’il écrit sur la mort, la désolation des paysages, les couleurs (le rouge en particulier), le jeune narrateur nous parle du ciel et apporte au récit une note tendre et plus légère. Quel livre choc et quel pari d’écrire sur ce scandale qui fit les gros titres de la presse il n’y a pas si longtemps mais que nos consciences ont évacué depuis. Ce livre est bien évidemment interdit en Chine, même si l’auteur a pondéré ses propos. La thématique et la manière de l’écrire le rendent accessible à des adolescents. D’autres titres récents peuvent les éclairer sur les réalités contemporaines de la Chine, tels que Chinoises ou Funérailles célestes, deux romans de Xinran chez le même éditeur (2005). Michelle Charbonnier
  • Lecturejeune , le 01 juin 2007
    Lecture jeune, n°122 - Yan Lianke brosse ici un tableau réaliste et bouleversant des ravages du sang contaminé dans sa province du Henan, et de la dualité d’une Chine déchirée entre aspiration matérialiste et poids des traditions. Il donne la parole à un enfant, victime innocente de la cupidité des hommes. L’enfant témoigne depuis l’au-delà des vilenies commises notamment par son père, le « patron du sang », dont l’avidité va crescendo au fil du roman. L’exacerbation des mauvais côtés de l’homme en situation d’épidémie fait penser à L’aveuglement, du Prix Nobel José Saramago (Seuil, 1997). Au milieu de ces hommes, chez qui les mauvais penchants prennent le dessus, se dresse la figure du grand-père, âme noble et droite, qui lutte entre son amour paternel et l’intérêt général. Ce personnage extraordinaire, la voix du narrateur, les rêves qui ponctuent le récit et la très belle écriture atténuent la noirceur de ce drame et laissent le lecteur ému mais serein. Florence Renouard






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