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Critiques de Albert Uderzo (2721)
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Astérix, tome 36 : Le Papyrus de César
  23 octobre 2015
Astérix, tome 36 : Le Papyrus de César de Albert Uderzo
J'étais restée très dubitative et moyennement convaincue par le précédent album des nouveaux auteurs d'Astérix, Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. Allez savoir pourquoi, dès lors que j'entends des " super, génial, sensationnel, impayable, à mourir de rire " et autres superlatifs totalement vides de sens de nos jours, par un réflexe quasi pavlovien, je suis sur mes gardes et je ferme mes écoutilles.



D'ailleurs j'avais pris plusieurs années avant de lire pour de bon Astérix Chez Les Pictes. J'ai déjà exprimé mon manque d'enthousiasme à propos de cet album, n'y revenons plus. En revanche, vous allez m'entendre professer ici quelque chose de rare et que je n'ai jamais fait jusqu'à ce jour.



Pour la première fois, je considère que cet album égale voire est un peu meilleur que des Goscinny de second choix (du genre : Le Cadeau De César, Les Lauriers de César ou Astérix Le Gaulois). Je le redis car c'est un scoop : cet album est selon moi meilleur que les Goscinny moyens ou les plus faibles de la série. (Quand je parle des "plus faibles de la série ", je parle évidemment des vrais albums de l'ère Goscinny et Uderzo, je ne compte même pas ceux pondus par Albert Uderzo tout seul et qui ne valent pas tripette.) Bien plus que les Pictes, voici enfin l'album qu'on attendait, susceptible de plaire autant aux deux publics cibles (mais pour des raisons différentes, bien entendu : les enfants ne vont sans doute rien piper aux calembours par contre ils vont sûrement bien rigoler en entendant Panoramix se faire traiter de galopin turbulent par le vieux druide).



L'idée de départ est délicieuse et s'appuie sur l'activité qu'on connaît d'écrivain et de témoin historique à laquelle se livra César en écrivant son fameux Bellum Gallicum (ou De Bello Gallico). René Goscinny adorait partir d'un fait historique avéré et le parodier à sa façon, notamment en utilisant les anachronismes. Ici, on renoue donc avec cette pratique qui nous a procuré tant de satisfactions tout au long de la série, notamment dans Astérix Légionnaire.



On sait toutes les falsifications historiques auxquelles donna cours César dans le but de briller à Rome et de justifier son activité militaire hors mandat républicain. On sait aussi que Les Commentaires Sur La Guerre Des Gaules ne sont pas l'œuvre que du seul César et qu'il y fut manifestement bien aidé par Aulus Hirtius, l'un des premiers " nègres " de l'histoire littéraire.



Et là, le départ de l'aventure me semble réellement excellent. Jean-Yves Ferri détourne la situation historique et la fait coller admirablement aux travers de notre époque et à l'ère du numérique, caractérisée par son flux d'informations continu et pléthorique.



César écrit donc loyalement ce qui s'est passé lors de la conquête de la Gaule et se sent moralement obligé de rédiger un chapitre sur les échecs qu'il a connu avec les irréductibles gaulois. Néanmoins, son conseiller en communication, Promoplus (visiblement inspiré par Jacques Séguéla), lui suggère d'évincer ce chapitre qui pourrait nuire à sa réputation à Rome ainsi qu'à la fabrique de sa légende.



Tous les rouleaux du chapitre incriminé sont donc détruits…

— Tous ?

— Oui tous.

— Vraiment tous ?

— … euh, tous sauf un…

Et c'est une information qui n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd mais dans celle d'un Gaulois expatrié à Rome : Doublepolémix (apparemment inspiré par Julian Assange). (Je vous avoue que ne connaissant pas particulièrement le faciès ni de Séguéla, ni d'Assange, la ressemblance ne m'a pas frappée, mais cela doit venir de moi et, de toute façon, cela me place exactement dans les mêmes conditions que les enfants qui, eux non plus, ne connaissent probablement pas ces deux lascars.)



Je ne vous en dis pas davantage de peur de gâcher le scoop mais enfin, trente-huit ans presque jour pour jour après la disparition de Goscinny, un album lui arrive enfin à la cheville, et même un peu plus haut. Ce n'est pas trop tôt.



Ajoutons à cela que contrairement à tout ce qui c'était vu depuis la mort de René Goscinny, pour la première fois, on peut déceler un vrai message intéressant à l'adresse de la jeunesse. D'une part, la falsification de l'histoire, toujours écrite par les vainqueurs et ce quel que soit le conflit et quelle que soit l'époque. C'est toujours bon de rappeler aux enfants que tout ce qui est inscrit dans leurs livres d'histoire n'est peut-être qu'un morceau (voire un petit morceau) de la vérité historique.



Ensuite, l'autre message tout à fait d'actualité concerne la précieuse et salutaire mise en garde à propos de tout ce qui est écrit ; quoi que ce soit et d'où que cela vienne (et plus encore quand on nous assure que c'est la vérité). On n'a jamais reçu autant d'informations en même temps ; on croule littéralement sous l'information, donc notre vigilance diminue, si bien que pour attirer l'attention, l'on use et l'on abuse de procédés de communication qui n'ont rien d'innocents. La " com " comme on dit, et toutes les ombres qui l'accompagnent… D'ailleurs, " com " c'est aussi le début d'un autre mot très en vogue au XXIème siècle après J-C (Jules César) : le commerce… souvenez-vous-en, les enfants, sachez lire entre les lignes et même si cet album est la quintessence du commercial, ce message ne vous fera pas de mal…



Outre le fait qu'après un excellent début, l'aventure s'essouffle un tout petit peu par la suite, j'aurais seulement deux petits griefs à remonter aux auteurs. Tout d'abord, cette sale manie, à plusieurs endroits qu'a Jean-Yves Ferri d'expliquer ses calembours (de bonne qualité, par ailleurs, ce qui n'était pas toujours le cas dans Les Pictes) et ensuite, un bémol concernant Didier Conrad qui possède vraiment bien tous les personnages…

— Tous ?

— Oui, tous.

— Vraiment tous ?

— … euh, tous sauf un en fait.

— Lequel ?

— … j'ose pas trop vous le dire, chef.

— LEQUEL PAR JUPITER !!!

— … bah, je sais pas trop comment vous le dire, mais c'est un personnage qu'on voit de temps en temps, c'est…

— QUI ?? ACCOUCHE OU TU FINIRAS DANS L'ARÈNE !!!

— … Astérix, chef. Par moment, je ne sais pas…, il ne lui fait pas trop une bonne attitude… Pour tous les autres il se débrouille très bien… mais… Astérix…, je ne sais pas, il ne le sent pas toujours très bien…

— Bon j'en réfèrerai à César par pigeon spécial.

— … euh, dites lui bien, chef, que ce n'est que mon avis, hein, c'est-à-dire pas grand-chose, hein.

— On verra, on verra.
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Astérix, tome 17 : Le Domaine des dieux
  03 juin 2014
Astérix, tome 17 : Le Domaine des dieux de Albert Uderzo
Le Domaine Des Dieux est l’une des quelques aventures « à domicile » d’Astérix. Ici, pas de grand dépaysement ou de voyage dans l’espace, mais plutôt un grand voyage dans le temps, en accéléré, vers le futur et son urbanisation sauvage et à outrance, qui défigure la nature et modifie à jamais l’esprit des habitants de l’endroit.



Des boutiques à touristes à la faune privée de son biotope, les auteurs balaient tous azimuts et avec brio. C’est même un Goscinny très en forme qui signe probablement dans cet album l’un de ses tout meilleurs calembours avec le fameux « il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ».



Le synopsis, quel est-il ? César, agacé par cette résistance farouche à sa coercition du village des irréductibles Gaulois, décide d’en venir à bout par la ruse, en en faisant de très minoritaires résidents d’un gigantesque ensemble urbain. Les villageois indigènes seraient alors réduits à l’état de curiosité archaïque, exactement comme les indiens des réserves dans Lucky Luke, détail qui prouve que c’est une idée très fermement ancrée en Goscinny (à raison selon moi) que cette dénaturation du caractère authentique d’un groupe ethnique par son contact trop étroit avec la société dominante.



Le problème, évidemment, c’est qu’il va falloir le construire ce vaste domaine urbain, et avec des teigneux de la première espèce comme le sont les Gaulois de ce village, l’opération risque d’être délicate. César délègue sur place le vaillant architecte Anglaigus, qui contrairement à la majorité des Romains dépeints dans Astérix, s’avérera méticuleux, obstiné et absolument pas poltron, bien que son moral ait de fortes raisons de connaître des chutes.



Eh oui ! car outre le fait d’être épaulé par des légionnaires romains notoirement couards, paresseux et incompétents, quant à eux, il faut aussi qu’il compose avec les soulèvements des esclaves et les glands enrobés de potion magique qui font repousser un chêne mature aussi vite qu’Anglaigus les abat, sans compter les morsures d’Idéfix dirigées vers son fessier, lui le grand défenseur de la cause végétale.



On lit aussi, en filigrane, des messages plus subtils et qui doivent susciter notre réflexion, notamment, celle que toute industrie ou activité quelconque employant de nombreux salariés (en l’occurrence ici, pas toujours salariés), aussi nuisible soit-elle pour l’environnement ou la santé de ses employés n’est pas si facile à juger.



Car aussi néfaste soit-elle, cette entreprise fait vivre des gens qui n’ont que ça pour vivre. S’en prendre à cette entreprise peu scrupuleuse, c’est avant tout s’en prendre aux derniers maillons, les pauvres bougres qui n’y sont pour rien. Cela ne vous rappelle rien ? Des pêcheurs espagnols aux orpailleurs de Guyane en passant par les roses ou les truites produites en Afrique pour alimenter Rungis ?



Goscinny place dans la bouche de l’esclave numide Duplicatha cette superbe phrase : « Vous nous empêchez de devenir des hommes libres, en nous empêchant d’achever le travail. » À méditer à l'aune d'un certain « Arbeit macht frei », thème qu'avait également repris Paul Grimault dans son magnifique film d'animation Le Roi Et L'Oiseau…



Et comme si cela ne suffisait pas, il en rajoute une couche sur le syndicalisme et le droit du salarié dont chacun pourra trouver sa propre morale car René Goscinny pointe le doigt (et décide de s’en amuser) sur tous les excès, de part et d’autre, tant du côté salariat que du côté patronat, qui font que jamais tant que l’humain sera humain, ces deux engeances ne pourront s’entendre pour leur bien mutuel.



En bref, encore un très bon cru, pas forcément très accessible pour les jeunes enfants, mais délectable après, du moins c’est mon avis, c’est-à-dire, pas grand-chose.



N.B. 1 : vous avez sous les yeux le seul Astérix de l'ère Goscinny où Obélix ne figure pas en couverture.



N.B. 2 : comparez, si le cœur vous en dit, la façon dont est représenté Vercingétorix aux pieds de César, lorsque, comme ici, c'est César qui parle, ou bien dans "Le Bouclier Arverne", la même vignette, mais quand ce n'est plus César qui parle. Bravo à Uderzo pour cette subtilité.
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Astérix, tome 38 : La fille de Vercingétorix
  26 octobre 2019
Astérix, tome 38 : La fille de Vercingétorix de Albert Uderzo
Et voici, enfin, le 38ème tome des aventures de nos deux gaulois préférés ! Pardon, trois, j'oubliais le petit Idéfix ! Cette fois, nos héros vont être mis un peu en recul pour laisser place aux jeunes : la fille de Vercingétorix déboule dans le village et tous les adolescents ont le coeur en émoi ! Pourtant, on ne peut pas dire qu'elle soit facile l'héritière ! Mais à cette âge-là, la rébellion est bien connue. Bon, mais que fait donc Adrénaline chez nos irréductibles gaulois ? Elle est traquée par les romains qui veulent non seulement la récupérer mais avec elle, un trophée : le torque. Deux anciens lieutenants de Vercingétorix décident donc de la laisser aux mains des habitants du village, sachant que ces derniers arrivent toujours à venir à bout de l'armée de César. Bon, le seul petit "hic", c'est que la gamine fugue...



J'ai trouvé quelques longueurs au départ, des répétitions, mais au final, je me suis laissée embarquer par l'histoire. Les jeux de mots sont bien présents sans friser l'overdose, une personnalité se trouve encore dans cet album... bref, la recette a toujours du succès.


Lien : https://promenadesculturelle..
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Astérix, tome 8 : Astérix chez les Bretons
  12 décembre 2012
Astérix, tome 8 : Astérix chez les Bretons de Albert Uderzo
{accent britannique} Je dis, quel morceau de chance, car Astérix chez les Bretons probablement est le plus tordant album de Astérix, n’est-il pas ? Vous savez, Goscinnax a réussi à trouver les magiques chemins de parole, qui nous font éclater le Rire Dehors Fort (LOL comme on dit en Bretagne).



Toutes les choses, réellement, toutes les choses qu'un corps peut attendre d'un album du petit gaulois guerrier. Celui-ci part, avec son gras garçon-copain Obélix et son germain cousin Jolitorax, charrier de la magique potion en ordre de aider les Bretons à chasser les romaines patrouilles. Mais par manque de fortune, le tonneau contenant la magique potion tombe disparu et les gaulois amis n'ont plus qu'à le regarder après dans tout Londinium autour.



Aucun corps ne sait s'ils pourront trouver le tonneau encore ni si les bretons guerriers pourront pousser au loin les romaines armées de César...



Non doute que c'est l’un de mes préférés albums de bandes comiques, idéal avec un nuage de lait dans l'eau chaude et une petite pièce de pudding au bœuf et à la menthe, vraiment, je dis !



Mais, du parcours, tout ceci n’est que mon avis petit, qui est, un restreint morceau de chose.

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Astérix, tome 20 : Astérix en Corse
  24 avril 2021
Astérix, tome 20 : Astérix en Corse de Albert Uderzo
Les albums Astérix que je préfère sont les ceux dans lesquels nos sympathiques héros sortent de Gaule, traversent la mer et viennent rendre visite à leurs voisins proches ou éloignés car ils savent mettre en évidence les travers des populations ainsi que leur façon de parler. Et pour moi, le plus drôle, c’est Astérix En Corse que je viens de relire pour la cent-millième fois ! D’ailleurs il sent bon le vieux papier, et il est bien usé.



Ce tome démarre de façon très comique : on fête l’anniversaire de la bataille de Gergovie, et à cette occasion, nos irréductibles héros vont attaquer les garnisons romaines qui les entourent... Ils ne sont pas si fous ces Romains, ils s’organisent pour quitter leur camp... Il n’y a que Babaorum qui répond présent car le centurion doit assurer la garde d’un prisonnier Corse exilé, Ocatarinetabellatchitchix.

Un excellent album hilarant, par les noms employés faisant référence à des éléments de culture Corse comme Figatellix, ou à des hommes qui sont des références pour l’île de beauté comme Tino Rossi.



Et puis ça sent la Corse, le fromage, les châtaignes, on y retrouve la fierté des Corses et la défense de leur honneur, leur bravoure de combattants, le maquis, leur réputation de dormeurs et de « pas très prompts à l’ouvrage », ce qui est valable pour leurs chiens, virtuoses du cran d’arrêt et peu enclin a sourire même s’ils sont contents. On y retrouve une de plus belles régions de France et son maquis.



Des textes dont on déguste chaque mot, surtout lorsqu’ils sortent de la bouche des habitant du pays.

Si vous ne l’avez pas lu, je vous envie, car vous avez la chance de le découvrir ! Ne laissez pas passer cette chance !



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Astérix, tome 3 : Astérix et les Goths
  11 avril 2014
Astérix, tome 3 : Astérix et les Goths de Albert Uderzo
Il est souvent intéressant de lire une série dans l’ordre chronologique d’apparition des différents épisodes, même si les épisodes en question n’ont pas de lien direct entre eux. Intéressant non tant du point de vue de l’histoire que de ce que cela nous procure d’indices sur l'ontogenèse des personnages et, par là, sur l’évolution des auteurs.



Obélix prend une vraie épaisseur (au propre comme au figuré) dans cet album, le troisième de la série, et c’est d’ailleurs lui qu’Uderzo a mis à l’honneur sur la couverture. Son caractère s’affirme : bonne pâte, relative indolence tant physique que spirituelle, appétit surdimensionné, bagarreur invétéré, boudeur face à Panoramix qui lui interdit de prendre de la potion magique.



Ceci nous conduit évidemment à l’autre grand personnage important de l’aventure : le druide Panoramix. Goscinny affine son portrait ; une grande sagesse, une grande culture, il est notamment polyglotte, mais aussi, sur le versant négatif, une certaine fausse modestie et un petit côté hargneux et revanchard.



C’est également le premier voyage à l’étranger des deux inséparables Gaulois. Le scénariste y prend le prétexte d’un enlèvement de druide se rendant à la réunion annuelle en forêt des Carnutes. (Cette réunion des druides en cet endroit qu’on situe dans la moitié nord de la région Centre est très probable historiquement et ce n’est pas une invention de Goscinny, mais elle ne se déroulait vraisemblablement pas selon les modalités imaginées par lui.)



Lors de cette sorte de concours Lépine du druidisme, les guerriers goths sont venus chercher celui qui selon eux est à même de leur procurer un avantage. Leur dévolu se porte évidemment sur Panoramix dès lors qu’ils mesurent l’immense bénéfice que pourrait leur procurer la potion magique qu’il concocte.



Astérix et Obélix vont alors se lancer dans une course-poursuite aux ravisseurs jusque de l’autre côté des « limes » de l’Empire romain, dans la sauvage Germanie, ou plutôt Gothie, devrait-on dire.



C’est l’occasion pour les auteurs de jouer à plein sur les anachronismes, notamment en affublant les guerriers Goths de casques à pointe tels que ceux que leurs lointains descendant arboreront en 1870. De même pour l’écriture en "gothique " ou les symboles tels que l’aigle noir qu’on rencontre encore de nos jours au Reichtag de Berlin.



Panoramix va distribuer de la potion magique à gogo à d’obscurs larrons, tous plus assoiffés de pouvoir et de suprématie les uns que les autres, si bien que cela va tourner à la baston générale entre Goths…



En somme, pas encore la formule magique des auteurs qu’on trouvera à partir de l’épisode Astérix et Cléopâtre, mais déjà un très bon album, plus comique et décalé que les deux précédents qui donne, aujourd’hui comme hier, beaucoup de plaisir à la lecture. Mais ce n’est là bien évidemment qu’un avis barbare qui ne signifie pas grand-chose au-delà des frontières romaines…
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Astérix, tome 37 : Astérix et la Transitalique
  22 octobre 2017
Astérix, tome 37 : Astérix et la Transitalique de Albert Uderzo
Ah ! L'Italie et ses fameuses routes rectilignes et sûres qui mènent toutes à Rome ! Sûres ? Pas si sûr, justement ! De nombreux nids-de-poule provoquent moult accidents. Au sénat, l'on s'insurge contre le sénateur Lactus Bifidus qui, à défaut d'entretenir les voies romaines, utilise les fonds publics pour financer ses orgies. Pour tenter de calmer le jeu et se sortir d'une position pour le moins gênante, ce dernier propose une grande course de chars, à travers la péninsule, ouverte à tous les peuples connus. Y compris aux Gaulois ! César, ayant eu vent de cette nouvelle, exige évidemment que cette course soit gagnée par un Romain sous peine d'envoyer Lactus Bifidus vers des contrées plus lointaines. À Darioritum, Astérix et Obélix se promènent dans les allées de la FIAC en compagnie d'Agecanonix. Une sybille, lisant dans les lignes de la main, annonce à Obélix qu'il sera porté et proclamé sur un grand char ailé. Il n'en faut pas moins au porteur de menhirs pour en acquérir un. Et c'est là que l'on annonce en grandes pompes une course de chars transitalique...





Jean-Yves Ferri et Didier Conrad se remettent en selle et arpentent, tels deux auriges, les routes d'Italie, partant de Modicia pour rejoindre Neapolis. En effet, une grande course de chars va avoir lieu et tous les peuples du monde sont les bienvenus. Vénètes, Étrusques, Ombriens, Osques, Goths, Belges, Normands et même Gaulois... Tous y sont les bienvenus. Nos chers Gaulois, d'ailleurs, qui ne vont pas se gêner pour aller taquiner les Romains chez eux. Une course semée d'embûches, de coups foireux, de sabotages et de nids-de-poule. Un scénario somme toute sans grande originalité qui se lit aisément. Quelques clins d'oeil et jeux de mots, peu de surprises et peu rebondissements malheureusement. Dommage pour cette course qui se voulait inédite et chaotique. Graphiquement, le trait de Didier Conrad, fidèle à celui d'Uderzo, est tout en finesse et les décors fourmillent de détails.
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Astérix, tome 11 : Le Bouclier arverne
  17 juin 2014
Astérix, tome 11 : Le Bouclier arverne de Albert Uderzo
Les histoires de René Goscinny, que cela soit pour Astérix ou Lucky Luke, sont généralement découpées en trois moments distincts. Une phase introductive, sorte de mini-histoire qui va induire ou provoquer la seconde phase, la principale, celle que l’on pourrait qualifier de développement. Vient ensuite une dernière phase, par exemple pour les Astérix, il s’agit souvent du retour au village après des aventures à l’extérieur, laquelle phase vient conclure et fait souvent écho à la première.



Ici, dans Le Bouclier Arverne, la construction est plus élaborée encore car l’aventure s’ouvre sur des événements lointains, à savoir la reddition de Vercingétorix matérialisée par l’abandon de ses armes à son vainqueur Jules César et le devenir de ces armes, lesquels événements trouveront leur éclaircissement et leur importance au cours du développement.



L’introduction véritable ne commence qu’ensuite, avec l’effroyable crise de foie d’Abraracourcix due à des excès alimentaires en tout genre. Celle-ci se soldera par un diagnostique assassin et sans appel de Panoramix : il faut qu’Abraracourcix aille faire une cure d’amaigrissement dans une ville d’eaux thermales. Ce sera Aquae Calidae, c’est à dire Vichy, prétexte à un nouveau périple, cette fois en pays arverne, pour le chef du village et ses deux fidèles anges gardiens Astérix et Obélix.



Le problème c’est qu’évidemment, dès lors qu’Astérix et Obélix posent le pied quelque part, les Romains décollent allègrement les leurs à vitesse grand V au prix de l’abandon de leurs sandales. Inutile de vous préciser que lorsque le grand vainqueur d’Alésia voit débarquer son envoyé spécial dans la province Tullius Fanfrelus avec un œil au beurre noir et quelques autres contusions, Jules César lui-même en prend ombrage et décide sur-le-champ d’exhiber sa force et sa domination.



Il veut mater les derniers élans de patriotisme gaulois en se faisant porter en triomphe sur le propre bouclier de Vercingétorix. Mais où peut-il bien être ce fameux bouclier ? Pas moyen de remettre la main dessus. Il n’a pourtant pas pu se volatiliser, alors il faut chercher et c’est ce que vont faire les Romains d’un côté et les deux irréductibles gaulois du leur. Qui gagnera cette chasse au bouclier haletante ? C’est ce que je m'interdis de dire.



Nombreux sont ceux, et j’en fais partie, qui considèrent qu’il n’y a pas d’Astérix ni de Lucky Luke en dehors de René Goscinny. L’époque pendant laquelle le fameux scénariste a collaboré à ces aventures est généralement appelée « âge d’or ». Mais, au sein de cet âge d’or, on peut tout de même distinguer différentes périodes et, selon moi, la « période d’or » de René Goscinny se situe dans la deuxième moitié de la décennie des années 1960 où, de 1965 à 1969, je trouve que quasiment tout est exceptionnel.



L’album sortit originellement en 1968 et ne déroge pas à la règle. Album de très haut vol, très subtil, avec un gros paquet d’humour et une cohorte de répliques à double niveau d’entente.



D’un côté, Goscinny brosse très fort notre fibre patriotique et notre chauvinisme bon marché tout en n’oubliant pas au passage ce qu’il s’est passé vingt-cinq ans plus tôt. Ce n’est évidemment pas un hasard si la ville thermale choisie est Vichy et l’archétype du collabo délateur est incarné par le gros homme d’affaire Lucius Coquelus, qui a fait fortune dans le commerce de roues à Clermont-Ferrand. Avec ce clin d’œil même pas masqué à Michelin, je pense que Goscinny ne souhaitait pas épingler cette firme en particulier mais plutôt des constructeurs comme Renault ou Berliet, plus directement impliqués dans l’effort de collaboration.



Bien évidemment, Goscinny s’amuse à fond des gros clichés sur l’accent chuintant auvergnat et sur la « tradition » de commerce de vin & charbon, notamment dans la capitale au sortir de la seconde guerre mondiale. Bref, du bien bel ouvrage, un album solide, drôle et extrêmement bien construit, avec un Uderzo fidèle à sa grande dextérité jamais démentie. Si par bonheur vous ne connaissez pas encore cet album, vous pouvez y aller, ch’est du tout bon, du moins ch’est mon avis, ch’est-à-dire, pas grand-choge.
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Astérix, tome 20 : Astérix en Corse
  24 avril 2014
Astérix, tome 20 : Astérix en Corse de Albert Uderzo
Astérix En Corse est considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs Astérix de l'âge d'or, avis auquel je souscrivais il y a peu encore. Concert dithyrambique pour célébrer un album il est vrai bourré d'humour.



Cependant, je vais tenir un discours légèrement différent aujourd'hui. Jusqu'il y a peu, j'étais une fan inconditionnelle de cet album que je trouve tordant de bout en bout. Mais j'ai eu le malheur de le passer au banc d'essai.



Ce que j'appelle le banc d'essai, c'est ma fille, une enfant qui aime bien lire et rigoler, et qui est plutôt délurée pour son âge. Et bien croyez-moi si vous voulez, elle n'a presque pas ri une seule fois.



Lorsque je lui demande ce qu'elle a bien aimé, elle me répond essentiellement deux passages que je trouve assez quelconques, celui où Obélix dit qu'il aime le maquis parce que c'est plein de cochons et de Romains et celui où les prisonniers corses demandent au légionnaire d'arrêter de dire des gros mots parce qu'il leur a demandé de travailler.



En fait, je crois que les 9/10èmes de l'humour contenu dans l'album n'est absolument pas accessible aux enfants, ni même aux jeunes ados, pour ne pas dire 99 %. Par exemple lorsqu'Astérix se trompe et appelle Ocatarinetabellatchixtchix du nom d'Omarinella, lorsqu'on parle d'urnes déjà pleines, lorsqu'à la planche 36 tous les Corses sortent des glaives à cran d'arrêt, et même une lance à cran d'arrêt, lorsque le bateau explose par un fromage corse, etc., etc., etc.



Même les superbes caricatures d'Uderzo sont sans résonance dans le monde des enfants. Par exemple qui reconnait le dessinateur Tabary sous les traits du pirate au casque à bougies à la planche 40 ? De même encore pour les calembours contenus dans les noms de famille, notamment celui du préteur romain Suelburnus où il faut entendre " faire suer le burnous ", expression il est vrai très usitée chez la jeunesse.



Tout cet humour est un humour d'adulte pour des adultes. Donc, oui, en tant qu'adulte j'adore cet Astérix, mais en tant qu'enfant, il n'a probablement pas autant d'intérêt, or, Astérix est, ce me semble, avant tout une publication destinée à la jeunesse.



Voilà pourquoi, malgré l'extraordinaire et savoureux humour contenu dans la totalité de l'album, je ne vous conseille pas cet album pour vos enfants, à moins qu'ils aient passé quinze ans et qu'ils connaissent les grognards de Napoléon, le soleil d'Austerlitz, la main dans le gilet et bon nombre des événements de la Corse moderne. Pour les adultes, en revanche, il n'y a pas à se priver, c'est une " explosion " de rires assurée.



Note pour les adultes : 5/5

Note pour les enfants : 3/5



Mais bien entendu, tout ceci n'est qu'un avis, qui vient corser un peu plus la possibilité de faire la sieste tranquillement, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Astérix, tome 37 : Astérix et la Transitalique
  24 mars 2020
Astérix, tome 37 : Astérix et la Transitalique de Albert Uderzo
"Car voici notre champion venu de Rome... L'Aurige masqué ! le grand CORONAVIRUS et son fidèle Bacillus..."





CORONAVIRUS venait déjà d'Italie... Une course qui bouscule "Ben-Hur”. Pericoloso sporgeshi hors du char!

"Au cirque, les chars ont tendance à tourner en rond."





Sorti en 2017, à 5 millions d'exemplaires, cet album démarre sur les chapeaux de roues, un "Fast and Furious" à la sauce César, avec une salade romaine...





Obélix s'étonne: "Je suis un peu dépaysé, il y a peu de Romains" en Italie. C'est lui le pilote!

- "Tu me co-aurigeras", Astérix.

Il y a des nids de poule, même si toutes les voies romaines mènent à Rome. Et, un tricheur qui verse de l'huile (d'olive vierge) sur la route. Pour un pilote, c'est terminé la Dolce Vitæ car "Capri, c'est fini!"





On goûte la Course, ainsi que le Jambon de Parme ( "Du jambon en tranches et pourquoi pas du fromage en poudre, tant qu'on y est?") et du Chianti.

A Naples, Obélix trouve que leurs galettes seraient meilleures, avec de la sauce tomate ( on l'appelerait Pinsae Margarita...)





Vous verrez La Joconde, Begnini et Berlusconi...Et, peut être aussi, Alain Prost ?
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Astérix, tome 38 : La fille de Vercingétorix
  30 décembre 2019
Astérix, tome 38 : La fille de Vercingétorix de Albert Uderzo
Ainsi donc, après le fils d’Astérix, nous faisons connaissance de la fille de Vercingétorix… Pardon Vercingétorix. Quoique mitigée, je dois avouer que j’ai passé un bon moment de lecture.



Je me sens mitigée par que j’ai trouvé le scénario plutôt plat : une fugue d’adolescente, des navires, de la bagarre, des romains timorés, nos incontournables pirates, rien de très original. Question « adolescent » je n’ai pu m’empêcher de comparer cet album avec Astérix et les Normands, beaucoup plus fin.



Certaines blagues sont excellentes et m’ont fait rire, d’autres, sous forme d’anachronismes sont parachutées sous prétexte que l’anachronisme fait rire, mais ces anachronismes, par deux fois sont plaqués sans aucune subtilité et ne font pas rire.



Les noms de certains Gaulois ne respectent pas la forme habituelle : transformation des mots « ique » en « ix » comme blinix, selfix… les auteurs seraient-ils à cours d’idées pour les noms ?



Malgré cela, on retrouve bien l’esprit des vieux albums : reprise de l’accent arverne qui fait sourire, des idées d’ados qui surprendront leurs parents par leur créativité, et qui feront bien rire le lecteur, un conflit des générations bien restitué, de bonnes répliques dont Obélix sait nous régaler, une abondance de jeux de mots.



Si on me demande ce que j’ai préféré, je dirais que c’est le clin d’œil à John Lennon, qui m’a bien surprise.

Un album à ajouter sans hésiter à sa collection.
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Astérix, tome 15 : La Zizanie
  18 février 2014
Astérix, tome 15 : La Zizanie de Albert Uderzo
La Zizanie marque un tournant dans la production de René Goscinny. C'est la fin de la période insouciante. On avait déjà un peu senti le coup venir avec Astérix Et Le Chaudron, mais là, c'est officiel.



Il aborde des sujets beaucoup plus " graves ", beaucoup plus adultes, l'argent dans Astérix Et Le Chaudron, les relations humaines dans cet album. Il en va de même dans la série Lucky Luke, où l'auteur se montre toujours plus désespéré, toujours plus désabusé sur le genre humain. L'origine de cet état de fait est probablement à rechercher dans les difficultés professionnelles et les déceptions répétées qu'essuie le scénariste sous son autre casquette de directeur de journal et d'homme d'affaires.



On n'est plus au temps où il suffisait de faire une bonne partie de déconnade avec Albert Uderzo pour pondre un bon album. Il y a désormais des tas de responsabilités, diriger des équipes, résoudre des difficultés sans fin, à la rédaction ou ailleurs.



Entre autre, les jeunes auteurs que vous prenez sous votre aile au sein du journal Pilote et qui vous taillent des costards par derrière (Claire Bretécher, notamment, était connue pour ça bien qu'elle était loin d'être la seule. Il y avait toute la " nouvelle garde ", même si ça fait sourire de dire ça maintenant, à l'époque c'étaient de jeunes loups que Goscinny avait lancés et qui se rebellèrent, le taxant de " dictateur " dans son journal.)



Bref, la joie des relations de travail qui procure ici un sujet tout trouvé. Dans l'histoire qui nous occupe, ce sera le fétide Tullius Détritus, dont Goscinny nous dresse cette description, je cite : " C'est un être immonde, mais très efficace. L'horrible visage vert de la discorde apparaît sur son passage ; ça tient du prodige... "



Dans les bulles, les auteurs utilisent cette image, en colorant de vert plus ou moins foncé les répliques où les graines de la discorde sont les plus épanouies. L'idée de César est donc, cette fois, pour casser la malédiction des irréductibles Gaulois d'Armorique, de semer la zizanie dans leurs rangs.



Et Détritus n'a pas grand mal à le faire, car chacun y met du sien pour attiser les braises au vent mauvais de la discorde et du fiel bon marché. Astérix lui-même est mis en porte-à-faux, comme dans Astérix Et Le Chaudron. Il faudra toute la finesse de Panoramix et bien évidemment les gros bras d'Obélix pour venir à bout de cette discorde, et encore...



Je pense que nous sommes nombreux à avoir éprouvé ou à éprouver encore au quotidien les sévices de tels fouteurs de merde. Des gens dont le seul plaisir ou le seul but dans la vie semble être de créer une mauvaise ambiance (je crois même en avoir vu un ou deux sur Babelio, mais, chuuuut ! n'attisons pas le feu qui dort.).



Dans le monde de l'entreprise, certains appellent ça " diviser pour régner ", moi j'appelle ça tellement n'avoir rien d'autre dans sa vie et tellement être aigri soi-même qu'on cherche à reporter son mal-être sur les autres en essayant d'en tirer une jouissance malsaine.



J'en terminerai en signalant une superbe caricature de Lino Ventura en Aérobus, là encore, un acteur dont le cœur de cible n'était pas spécialement les enfants, tout comme le sujet de l'album.



Donc, plus que jamais, un numéro à double lecture, qui nous fait rire, certes, mais un peu jaune (ou même vert !). Cependant je ne voudrais pas semer la zizanie en vous imposant cet avis si vous ne le partagez pas, car ce n'est pas grand-chose dans le fond.
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Astérix, tome 38 : La fille de Vercingétorix
  30 octobre 2019
Astérix, tome 38 : La fille de Vercingétorix de Albert Uderzo
C'est toujours avec plaisir et impatience que je me plonge dans un nouvel «Astérix», bien que la qualité ne soit pas toujours au rendez-vous. Ici les dessins son fidèle à la «patte» d'Uderzo.



Le scénario est également fidèle au genre: drôle et bourré de jeux de mots avec des références à des célèbres chanteurs...



J'aime Astérix, lorsqu'il part loin du village, là ce n'est pas le cas mais ça n'altère en rien l'agréable moment que j'ai passé et c'est bien là l'essentiel non?





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Astérix, tome 37 : Astérix et la Transitalique
  23 octobre 2017
Astérix, tome 37 : Astérix et la Transitalique de Albert Uderzo
Depuis la passation des crayons d'Uderzo au duo Ferri/Conrad, les aventures d'Asterix et Obelix reprennent des couleurs voir une nouvelle fraicheur notamment en matière de scenarii.



Depuis 3 ans, je retrouve donc le plaisir de mon enfance à découvrir de nouvelles histoires bourrées d'anachronismes, des noms de personnages frisant le ridicule mais tellement bien trouvés, de l'humour potache et toujours cette belle amitié entre nos deux gaulois.



Dans cette histoire, nos irréductibles gaulois vont participer à une course de chars facon grand prix de F1 mais à travers toute l'Italie. Ce sera l'occasion pour le lecteur de découvrir d'autres coins que Rome, souvent la seule grande ville italienne qui apparait dans les précédents tomes de la série.



L'enjeu de la course pour les romains est de prouver au monde que les routes italiennes sont en excellent état voir les meilleures de l'empire. Pour César, il n'y a pas d'autre place sur le podium que la première. Et comme souvent, tricheries, coups bas et autres ruses seront de la partie afin que le champion romain puisse triompher.



Lecture très divertissante et qui redonne le sourire par une après-midi pluvieuse à la maison. Vivement le tome suivant !





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Astérix, tome 2 : La Serpe d'or
  29 janvier 2014
Astérix, tome 2 : La Serpe d'or de Albert Uderzo
La Serpe D'Or est la deuxième réalisation du duo Goscinny-Uderzo, histoire parue d'abord en épisodes dans le périodique Pilote en 1960 et 1961, puis compilée sous forme d'album en 1962. À cette époque, le tirage des albums d'Astérix est encore confidentiel (6000 exemplaires d'après mes sources). À telle enseigne que de nos jours, cet album a la réputation d'être le plus cher dans son édition originale, atteignant plusieurs milliers d'euros en très bon état et dépassant allègrement les 5000 euros en état neuf !

Ça laisse rêveur quand on sait que ceux-ci étaient vendus pour quelques francs par des libraires pas spécialement fiers de délivrer cette marchandise...

En ce qui concerne le dessin, on voit bien qu'Albert Uderzo n'a pas encore trouvé la pleine maturité qu'il affichera vers le milieu des années 1960.

Astérix et Obélix ont encore des traits assez grossiers mais déjà nettement plus aboutis que dans le premier album Astérix le Gaulois. Obélix accède d'ailleurs au véritable statut de contrepoint d'Astérix, qu'il conservera.

Question scénario aussi, René Goscinny est encore en phase de rodage. Ses dialogues ne sont pas encore cousus de jeux de mots et de significations équivoques... quoique... quoique...

C'est en réfléchissant à l'un de ces jeux de mots distillés dans l'album que j'imagine pouvoir en dénicher l'origine et une possible signification.

Je vous propose d'examiner ce jeu de mots :

Panoramix dit : " Les bonnes serpes sont rares ! Les meilleures, les seules que j'accepte sont celles que fabrique le célèbre Amérix, dans la lointaine Lutèce... "

Et Astérix de renchérir aussitôt en disant : " Ça c'est vrai. Les serpes qui viennent d'Amérix sont les meilleures, c'est bien connu... "

La seule façon, selon moi, d'entendre ces répliques a priori anodines, est de remplacer " serpes " par " herbes ".

Cela devient : " Les bonnes herbes sont rares " / " Les herbes qui viennent d'Amérique sont les meilleures, c'est bien connu. "

On imagine alors aisément à quel genre d'herbes Goscinny fait référence. Il parle également de la lointaine Lutèce et, un peu plus loin dans l'album, Astérix arrive chez un cafetier fraîchement débarqué de Massalia (Marseille) et qui fait venir des choses par char à boeufs (comme du poisson frais, par exemple !).

Nous avons donc affaire à un trafic de serpes à Paris, aux ramifications glauques et souterraines, mouillant des politiques romains. Lentix est le portrait craché du bandit corse...

Bref, vous avez compris, nous sommes au tout début des années 1960, l'âge d'or de la French Connection, avec des personnages comme Antoine Guérini (qui ressemble beaucoup à Lentix). N'oublions pas non plus que Goscinny collabore depuis déjà plusieurs années à cette époque à la série Lucky Luke et à ses fameuses bandes de gangsters qu'il affectionne. Tiens, tiens, Lucky Luke, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Lucky Luciano, bien sûr, réputé comme l'un des plus grands gangsters mafieux italo-américains et lié avec la French Connection.

Cet album m'apparaît donc comme une mise au jour d'un trafic de serpes et de son démantèlement par Astérix et Obélix, exactement comme on pouvait le souhaiter à l'époque du trafic international de drogue dont Paris et Marseille étaient les deux principales plaques tournantes (d'ailleurs l'image de la plaque tournante est également figurée dans l'album).

Je ne le trouve donc pas particulièrement drôle cet album, ni très abouti, mais intéressant tout de même, notamment pour comprendre la genèse de celui qui est devenu une icône nationale, l'irréductible Astérix.

Mais bien sûr, ceci n'est que mon avis taillé à coups de serpe, même pas en or, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Astérix, tome 8 : Astérix chez les Bretons
  27 mai 2018
Astérix, tome 8 : Astérix chez les Bretons de Albert Uderzo
Jolitorax, le cousin breton d’Astérix, est envoyé en mission par le chef de son village afin de récupérer de la potion magique. En effet, ils sont ennuyés par les romains. Panoramix lui prépare donc le précieux breuvage dans un tonneau. Mais le breton est frêle et il serait dommage d’utiliser ladite potion pour transporter le tonneau. Qu’à cela ne tienne, son cousin aidé de son copain Obélix feront le voyage avec lui. Cependant, les romains, ayant eu vent de l’affaire, confisquent tous les tonneaux des auberges, dont celui de la potion, caché chez un ami aubergiste, Relax. Il va falloir tout mettre en œuvre pour le retrouver.



J’ai adoré cette BD lorsque je l’ai lue étant gamine, je l’ai tout autant appréciée en la relisant aujourd’hui. Tout y est : le flegme britannique, la météo, le décor, les paysages… On s’y croirait !



Je ne sais pas pour vous mais moi, lorsque je lis un épisode du petit Gaulois, je retombe en enfance, le sourire jusqu’aux oreilles !
Lien : https://promenadesculturelle..
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Astérix, tome 36 : Le Papyrus de César
  05 novembre 2015
Astérix, tome 36 : Le Papyrus de César de Albert Uderzo
César vise le Goncourt avec "Commentaires sur la guerre des gaules".

Promoplus, en conseiller fourbe mais néanmoins avisé, voit d'un très mauvais œil le chapitre XXIV faisant état de revers subis face aux irréductibles gaulois d'Armorique. Ni une ni deux, il sera supprimé d'autorité. Travestir un chouïa la vérité au profit d'une côte de popularité ascendante n'a jamais effrayé tout dictateur ambitieux qui se respecte.

Doublepolémix, encarté à colporteur sans frontières, - pourvu qu'il ne tombe jamais aussi bas que le maire de Béziers - parvient à s'approprier la copie de ce chapitre infamant, trouver refuge au sein de l'accueillant petit village gaulois, semant ainsi la zizanie dans les plus hautes sphères du pouvoir romain.



Ils sont de retour par Toutatis !

Assange sous les traits de Doublepolémix, ça colle.

Séguéla en Promoplus, j'avoue avoir eu plus de mal à l'identifier sans son teint habituellement hâlé - cramé - et sa rolex.

Nonobstant ces quelques ajustements rapides, j'ai dévoré ce nouvel opus à la vitesse d'un pigeon au galop.

Le traitement de l'information en des temps que les moins de 20 ans - hummm, tu dévisses légèrement mon Charles - ne peuvent pas connaître, voilà de quoi il retourne ici, à quelques libertés près.



Le ton est alerte, les gags nombreux et majoritairement risibles - mention spéciale à l'ours - et les traits en parfaite adéquation avec le coup de crayon d'Uderzo.

N'était un léger coup de mou à mi-mandat, ce Papyrus de César renoue pleinement avec l'esprit de Goscinny, prouvant ainsi qu'un héritage, aussi pesant que l'est celui d'Astérix, parvient finalement à asseoir des héritiers dignes de ce nom, avec pas mal de temps et autant d'humilité...



Pour ma part, ce sera 4 sangliers et 2 membres antérieurs d'ours sur l'échelle gourmande d'Obélix.
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Astérix, tome 10 : Astérix légionnaire
  22 mars 2014
Astérix, tome 10 : Astérix légionnaire de Albert Uderzo
L'autre jour j'ai fait découvrir à ma fille cet épisode d'Astérix. J'ai été surprise du nombre de jeux de mots ou de traits d'humour qu'il a fallu que je lui explique. Mais j'ai aussi et surtout été surprise de redécouvrir à quel point cet album est drôle et savoureux. Je me suis même surprise à comprendre un gag sur une vignette que je connais depuis ma plus tendre enfance et que je n'ai décrypté qu'hier.



Dixième album de la série, passées les petites hésitations et les menues faiblesses des premières aventures, on est depuis Astérix Et Cléopâtre dans le TOP niveau d'Astérix, l'âge d'or de la seconde moitié des années 1960, où chaque album est une perle et celui-ci ne déroge pas à la règle.



C'est même probablement un de ceux qui a le plus de fondements véritablement historiques où l'on devine en filigrane la guerre civile opposant les partisans de César à ceux de Pompée et qui se déroule sur les terres d'Afrique du nord.



On y découvre pour la première fois un Obélix amoureux, Idéfix y devient définitivement écolo et René Goscinny s'en donne à cœur joie sur les différences culturelles propres à la légion, qu'il associe magistralement à l'actuelle légion étrangère dans l'un de ses anachronismes bien sentis dont il avait le secret.



Il s'agit donc pour Astérix et Obélix d'aller libérer Tragicomix (caricaturé en Jean Marais), le fiancé de la belle Falbala. Ce dernier a été enrôlé de force pour soutenir les armées de César malmenées par celles de Scipion, au service de Pompée.



Nos deux compères doivent donc, eux aussi, s'enrôler pour retrouver la piste de Tragicomix, qui semble toujours leur glisser entre les doigts. Tout le passage de l'instruction militaire est un must difficilement égalable qui reste l'un de mes favoris de toute la série.



C'est aussi dans cet album et à cette occasion que Goscinny signe une autre des scènes les plus mémorables de tout Astérix, le fameux parcours du combattant face à la machine administrative, la " maison qui rend fou ", où l'on vous balade de bureau en bureau, pour finalement vous entendre dire que vous aviez dès le départ frappé à la bonne porte, mais que le non zèle d'un fonctionnaire, trop incompétent ou simplement trop paresseux, vous a fait perdre de précieuses heures et fait monter au passage votre seuil d'exaspération. Ça sent le vécu...



Je n'ai pour l'instant parlé que de Goscinny, mais il n'est pas vain de rappeler qu'Albert Uderzo est lui aussi impeccable, proposant des dessins comme on les rêve, drôles, justes et parlants.



Donc, du très, très grand Astérix, qu'il convient peut-être de relire avant de s'enthousiasmer et de crier au miracle de quelque nouvelle parution qui serait censée l'égaler. Mais ce n'est là que mon avis éminemment passéiste, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Astérix, tome 25 : Le Grand Fossé
  24 avril 2013
Astérix, tome 25 : Le Grand Fossé de Albert Uderzo
Définitivement, Astérix est mort d'une crise cardiaque le 5 novembre 1977. Uderzo sans Goscinny, c'est comme une marionnette sans marionnettiste. Il n'y a pas qu'Astérix d'ailleurs. Lucky Luke aussi est mort ce jour-là, Iznogoud pareillement. Encore faut-il remercier Sempé d'avoir eu le bon goût de ne pas chercher à faire survivre son Petit Nicolas au décès du géant, du génialissime René Goscinny.

Vous aurez donc dans cet album post-mortem et dans les suivants des ersatz de Gaulois irréductibles en carton-pâte, sans verve ni âme. L'humour est à chercher attentivement et il était tellement subtil et tellement volatil qu'il s'est envolé et que personne ne l'a jamais retrouvé.

Vous pouvez donc sans peur laisser tomber tous les Astérix parus à partir de ce sinistre tome 25. Il était dit qu'il n'y en aurait que 24, comme les heures dans une journée. Ce n'est pas un si mauvais nombre, finalement...

Ce n'est bien sûr que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Astérix, tome 6 : Astérix et Cléopâtre
  08 novembre 2013
Astérix, tome 6 : Astérix et Cléopâtre de Albert Uderzo
QUI PEUT REMPLACER GOSCINNY ?

J'en vois, par les temps qui courent, qui s'enthousiasment, qui plébiscitent, qui crient au retour d'Astérix et tutti quanti.

Certes, certes, je réponds certes..., mais..., franchement..., de vous à moi..., Uderzo avait tellement touché le fond que tout ce qui viendrait après ne pouvait être, comparativement, que sensationnel et confiner au génial tant les derniers albums étaient bousissimes.

Mes chers amis, avez-vous la mémoire si courte ? Astérix c'est ça, nom de dieu (euh... par Toutatis, je voulais dire) ! Comparez-donc les nouveaux avec ceux de la grande période d'or et vous verrez que le compte n'y est absolument pas.

Ici, on a un album fin, parodique et tordant de bout en bout. Les références sont multiples et toutes bien senties, de Napoléon au Canal de Suez en passant par le cinéma hollywoodien et son fameux couple Burton / Taylor.

Références à l'art moderne et sa fameuse querelle des tenants de la tradition face à la modernité, etc., etc., etc., je pourrais en noircir une pleine page. Bref, un sans faute absolu sur le scénario et le florilège de jeux de mots et tout, et tout. C'est jouissif à tout âge. Donnez-le à un petit vieux, il va se marrer, donnez-le à un gamin, il va se marrer, donnez-le à un ado, à un quinqua, à un trentenaire, ça marche à tous les coups, c'est du marbre.

Non, voyons, revenez à la source ! Astérix c'est ça ! Qu'on arrête de nous faire croire que tous les ersatz sont une renaissance. Personne n'a la carrure pour se mesurer, même moindrement, au génial René Goscinny.

Astérix Et Cléopâtre est, chronologiquement, le sixième album d'Astérix, mais le tout premier à être absolument génial de bout en bout. D'ailleurs le public ne s'y est pas trompé, c'est à partir de cet album que les ventes explosèrent réellement.

À ce propos, même pour du Goscinny c'est du top. 1965 est une bonne passe pour lui, tout est bon dans ce qu'il a fait cette année-là, les Lucky Luke de la même période sont supers également.

Côté dessin, Uderzo touche à une certaine forme de maturité dans son trait et les couleurs sont fantastiques, rien à voir avec les albums précédents. Une vraie réussite totale.

L'histoire en deux mots : César, jugeant le peuple égyptien décadent, lance un défi à Cléopâtre, à savoir construire un palais dans un très bref délais.

L'architecte retenu est l'infortuné Numérobis, un fervent moderniste, qui a quelques petits problèmes avec les proportions, si vous voyez ce que je veux dire.

Rien ne serait simple, au demeurant si un autre architecte égyptien, le cruel et richissime Amonbofis qui rêve de gloire personnelle et de pouvoir ridiculiser, voire éliminer définitivement son éternel rival dans la profession.

Numérobis perçoit vite qu'il aura besoin d'un petit coup de pouce pour mener à bien cette réalisation. Voilà pourquoi il n'hésite pas à faire ce long et périlleux voyage jusqu'à la frisquette Armorique pour venir quérir le service des mages...

Une référence absolue concernant Astérix, l'un des trois, au pire des cinq meilleurs albums de tous les temps, quels que soient vos goûts et vos affinités, un album à toujours garder comme étalon quand on dit qu'un nouvel album est bon ou pas.

Mais ce n'est bien sûr que mon avis, qui ne casse pas des briques, et encore moins des pyramides, c'est-à-dire, pas grand-chose.



P. S. : les éditeurs ont trouvé le moyen d'annuler même l'humour contenu dès la couverture qui était originellement recouverte d'inscriptions faisant référence à l'affiche du film Cléopâtre avec Elisabeth Taylor. Aplatir les couleurs d'origine avec une pauvre composition à l'ordinateur ne leur suffisait pas, il a fallu aussi qu'ils suppriment l'humour pour coller à l'air du temps. Bandes d'abrutis d'éditeurs à la gomme ! La définition d'un classique c'est de ne plus jamais coller à l'air du temps, c'est d'être précisément hors du temps. Et Astérix Et Cléopâtre est précisément un classique. Quelle honte cette nouvelle couverture.
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