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Note moyenne 3.26 /5 (sur 214 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Courbevoie , le 07/08/1922
Mort(e) à : Paris , le 10/11/2016
Biographie :

André Ruellan est un écrivain de science-fiction et scénariste français.

Se destinant à la profession d’instituteur, il voit sa vocation contrainte et brisée par la guerre puis par la clandestinité, où il entre en 1943 par refus du STO.

Deux ans enseignant à la Libération, il opte ensuite, en 1948, pour des études de médecine qui, achevées en 1955, l’amèneront à exercer dix ans, de 1960 à 1970, comme généraliste dans le quartier des Halles.

Puis, il se met à publier au Fleuve noir (surtout dans le genre fantastique), sous le pseudonyme de Kurt Steiner, entre 1955 et 1960, dans les collections "Angoisse" et "Anticipation", 29 volumes aux titres imparables. Ornés des couvertures de Gourdon et Brantonne se succéderont notamment "Fenêtre sur l’obscur", (1956), "Le Seuil du vide" (1956 ; porté à l’écran par Jean-François Davy en 1971), "Les Dents froides" (1957), "Les Pourvoyeurs" (1957), "Syncope blanche" (1958), "Le Masque des regrets" (1960).

En 1963, il publie pour la première fois sous son vrai nom un essai, "Manuel du savoir-mourir", illustré par des dessins de Topor, qui reçoit la même année le Prix de l’Humour Noir. Puis plus régulièrement à partir de 1973 pour signer des œuvres de science-fiction plus ambitieuses comme "Tunnel" (1973) ou "Mémo" (1984).

Sa pratique littéraire se ralentit fortement dans la décennie suivante, car il a des activités journalistiques (de nouveau sous pseudonyme) pour "Hara-Kiri", mais surtout cinématographiques.

Il est le scénariste de quelques films à succès: "Le Distrait" (1969) et "Les Malheurs d’Alfred" (1972) de Pierre Richard et surtout celui de Jean-Pierre Mocky: "L‘Ibis Rouge" (1975), "La Bête de miséricorde" (2001), "Calomnies" (2014).

Il a écrit sous de multiples pseudonymes dont Kurt Steiner, Kurt Dupont, André Louvigny, Fletcher Miles, Luc Vigan (avec Alain Dorémieux et Gérard Klein), Kurt Wargnar.
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Video et interviews (6) Voir plusAjouter une vidéo

Marie Mathématique : 1er épisode
Premier épisode d'une animation en six volets réalisée d'après une bande dessinée de Jean Claude FOREST sur des poèmes d'André RUELLAN et une musique de Serge GAINSBOURG.Serge GAINSBOURG est également l'interprète des textes.
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWO   18 novembre 2016
Le disque rayé de André Ruellan
André Ruellan, alias Kurt Steiner, alias Kurt Dupont, alias même Kurt Wargar, est l'un des très rares auteurs français à avoir parcouru à peu près tous les chemins de l'imaginaire, voire de tous [Couverture du volume]les médias, par la traverse.

Né en 1922, à Courbevoie, indice prémonitoire d'un chemin tortueux, breton d'origine et donc nimbé de mystère, il apparaît furtivement sur la scène de la Science-Fiction dès 1953 avec un roman de Science-Fiction signé Kurt Wargar, Alerte aux monstres, qu'il préférerait qu'on oublie. Sa fracassante entrée dans le théâtre de l'étrange survient en 1956 lorsqu'il commence à publier une rafale de romans fantastiques dans la collection "Angoisse" du Fleuve Noir. Il en devient l'un des principaux pourvoyeurs avec des titres aussi ronflants que le Bruit du silence, Fenêtres sur l'obscur, le Seuil du vide et les Pourvoyeurs justement, que Jean Cocteau qualifiera de « sombre fête ».

Cinq titres en 1956, six en 1957, huit en 1958 dont, cette année-là, un nouveau roman de Science-Fiction, Menace d'outre-terre, qui marque son passage à la collection "Anticipation", toujours du Fleuve noir, sans qu'il abandonne la précédente. Il y publie notamment les Océans du ciel et les Enfants de l'histoire (1). Ce diable d'homme défonce sous lui des machines à écrire dont les marteaux rougis à blanc n'ont plus besoin de ruban encré pour graver en lettres de cendre des textes flamboyants toujours empreints d'un lyrisme sinistre.

Mais il ne s'arrête pas là. Côté littérature, outre une importante œuvre poétique demeurée inédite pour la plus grande part, il publie dans le registre de l'humour noir, sous son véritable nom pour autant qu'on sache, un Manuel du savoir mourir illustré par Roland Topor, son imprescriptible complice prématurément disparu le mois dernier, traité qui lui vaudra l'adoubement d'André Breton.

Nouvelliste, essayiste, journaliste, il sème le désordre et la zizanie sous le pseudonyme de Kurt Dupont jusque dans les pages jusque-là fraîches et sereines de Hara-Kiri.

Happé par le cinéma et profitant honteusement d'une culture acquise sur les bancs de l'école où il lui arriva d'enseigner, il pille sans vergogne les Caractères de La Bruyère en proposant une version modernisée du Distrait, qu'incarnera un Pierre Richard infortuné. Jean-Pierre Mocky reconnaît aussitôt en lui un suppôt de la dérision et se l'attache pour une dizaine de films.

Entre temps, sur les traces de Frankenstein, de van Helmont, de van Helsing, de Fu-Manchu, et autres joyeux carabins, il a exercé la médecine avec, hélas, plus de talent que d'enthousiasme car il abandonnera trop tôt ce sacerdoce. Il fallait voir ses pratiques l'attendant dans l'escalier de son cabinet proche du Châtelet, jonchées sur les marches graisseuses, dans un mélange patient d'espoir et de vénération.

Sans nul doute, cette expérience vécue du scalpel et des souffrances de la chair lui a laissé le goût du Grand Guignol qu'il satisfait en s'égarant dans l'édition où il dirige un temps, toujours au Fleuve Noir, la collection "Gore". Elle s'en trouve ennoblie de quelques textes insupportables et surtout d'exquises illustrations de Roland Topor, qui en font pour quelques volumes un objet de collection.

Mais sans doute soucieux de rédemption culturelle, il a aussi publié chez Laffont, dans la collection "Ailleurs et demain", Tunnel (2), et chez Denoël, dans la collection "Présence du Futur", Mémo, qui obtint le Grand Prix de l'Imaginaire. Pire encore, dès 1960, sous couvert de Science-Fiction et sans que personne ne s'en aperçoive aussitôt, il touche à l'heroic fantasy avec Aux armes d'Ortog, sacrifiant par là à la honteuse hérésie qui voudrait que les deux genres soient cousins. Cet homme ne respecte rien. Tout récemment, il a profané le roman policier qu'il avait jusque-là relativement épargné, en publiant dans la collection "Sueurs froides" (3) On a tiré sur le cercueil.

On a évoqué ses forfaits dans le cinéma en négligeant de rappeler que le Seuil du vide fut porté à l'écran en 1970 par Jean-François Davy. Que dira-t-on de ses interventions à la télévision où il a collaboré à l'émission de mode et d'avant-garde Dim Dam Dom, en compagnie d'un des créateurs de la bande dessinée moderne, Jean-Claude Forest, poursuivi comme on sait par la censure néo-gaullienne pour Barbarella, pour lequel il a écrit le poème accompagnant les aventures de Marie-Mathématique, poème chanté par Serge Gainsbourg ; sinon que c'est tout dire (4) ?

Je dois ajouter qu'on le voit très régulièrement, inchangé, tel qu'en lui-même l'éternité le conserve, depuis près de quarante ans, au fameux “Déjeuner du Lundi” qui se tient dans les parages de la place Saint-Sulpice, lippant une grappa en la compagnie amicale de Philippe Curval, de Jacques Sternberg, du signataire de ces lignes et d'autres retours de galère, parfumés au fagot.

J'ai parlé de lui comme d'un diable d'homme, formule un peu faible, on en conviendra, après ce que je viens d'énumérer dans le désordre qui sied, et qui laisse dans l'ombre, par oubli ou pieuse négligence, d'autres exploits. Peut-être l'expression d'homme du diable lui conviendrait-elle mieux, bien qu'il professe le plus strict agnosticisme et, rationaliste dans l'âme, abhorre tout soupçon de croyance. C'est qu'il a bu le lait noir à la mamelle d'Ambrose Bierce et qu'il estime avec ce saint homme que la vie est une série de mauvaises surprises invariablement conclue par un accident fatal. Presque tous ses romans, même ceux réputés de Science-Fiction, penchent du côté du Fantastique, de l'œuvre sournoise de forces maléfiques et incompréhensibles, ombrées par la mort.

Et lorsque, comme dans le Disque rayé, on semble devoir échapper éternellement à celle-ci, rassurez-vous, la conclusion n'est pas plus heureuse.

Préface de Gérard Klein pour l'édition parue au Livre de Poche
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Lekarr   19 mai 2020
Brebis galeuses de André Ruellan
Au pays des aveugles, on attrape les borgnes à tâtons et on leur crève l'œil.
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Nierika   03 janvier 2015
Tunnel de André Ruellan
Le désespoir n'est pas triste. C'est l'absence d'espoir. Est-ce que c'est gai, l'espoir ? C'est seulement con.
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Walktapus   14 septembre 2012
Le disque rayé de André Ruellan
- Je vous demande pardon, monsieur, dit une voix, derrière lui.

Il se retourna, comme piqué par une vipère. Il serrait déjà la crosse de son arme dans sa poche. Mais que craignait-il puisque la date de sa mort était dépassée, et qu'il mourait maintenant de temps en temps, sans que cela tirât à conséquence ?
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André Ruellan
OutOfTime   20 octobre 2019
André Ruellan
La mort est un rendez-vous avec soi : il faut être exact au moins une fois.
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evertoncapt   14 septembre 2014
Les océans du ciel de André Ruellan
Page 45, première phrase

- En tout cas, n’éclaire pas l’intérieur de ce trou, dit-il. Elles arriveraient en courant. Et elles doivent courir vite !

-De quoi peuvent-elles vivre ? Fit Ogier, comme pour lui-même.

-Ferrand le regarda.

- Je suppose qu’il y en a plusieurs races et qu’elles se dévorent entre elles. .. Charmante population !



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Tatooa   03 mars 2013
Les pourvoyeurs de André Ruellan
Parfois, lourde et d'une noire profondeur, l'inconscience s'emparait soudain de moi au milieu d'une veillée solitaire; et lorsque je m'évadais de cet abîme, c'était pour retrouver la même sensation d'épingles sur la peau, de nerfs tendus comme des cordes de harpes. Et cet amer sentiment de nullité où battent les tambours du suicide.

Durant des heures, je restais soudé à mon fauteuil, comme une figure de cire, et il fallait que Kayyam, mon persan bleu, vînt déchirer autour de moi le silence d'Octobre, pour que la conscience de l'extérieur me revînt. Je m'arrachais alors à cette Sologne intérieure où il pleuvait des oiseaux morts, à ce grand vent du souvenir qui m'emportait à reculons vers un passé définitif.
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genou   25 juin 2016
Les dents froides de André Ruellan
C'était un néant traversé d'énormes hurlements, une ténèbre aveugle et compacte où les écroulements immenses de la mer jetaient leur perpétuel fracas...
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Tatooa   01 avril 2019
Les Enfants de l'Histoire de André Ruellan
- Vous connaissez le Sénat et sa politiqué butée. Il va être prêt à tout pour que l'ordre soit maintenu c'est à dire qu'il va aggraver le désordre, au lieu de satisfaire une revendication anodine.

(Lewis à Binker)
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CelineTH7854   09 juin 2019
Ortog et les ténèbres de André Ruellan
Les femmes de l'hyperespace portaient des ombres à leur image.
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R.I.P !, André Ruellan.

André Ruellan a écrit le scénario de ce film de Pierre Richard sorti en 1970. Avec Pierre Richard, Maria Pacôme, Bernard Blier et Paul Préboist. Glycia Malaquet convainc son amant, Alexandre Guiton, directeur d'une agence de publicité, d'engager son fils Pierre, garçon charmant et imaginatif mais affligé d'une distraction de tous les instants. Ce dernier se signale très vite en proposant des idées plus saugrenues les unes que les autres et en semant la panique autour de lui. La confrontation de Pierre avec M. Klerdenne, autre personnage affublé d'une incroyable distraction, conduit à deux scènes comiques dignes d'anthologie

L'étourdi
L'évanescent
Le distrait
Le rêveur
L'écervelé

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