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Note moyenne 3.86 /5 (sur 11 notes)

Nationalité : Pays-Bas
Né(e) à : Rotterdam , le 15/11/1670
Mort(e) à : Hackney , le 21/01/1733
Biographie :

Arière petit-fils de Michel de Mandeville, huguenot normand émigré aux Pays-Bas vers 1595, Bernard Mandeville, ou de Mandeville, né le 15 novembre 1670 à Rotterdam et mort le 21 janvier 1733 à Hackney, est un écrivain néerlandais.

Après avoir étudié la philosophie et la médecine à l'Université de Leyde, Bernard Mandeville devient docteur en médecine en 1691, et s'installe en 1693 en Angleterre pour le reste de sa vie.

Il est connu principalement pour son poème La Fable des abeilles, publié une première fois en 1705 sous le titre The Grumbling Hive, or Knaves Turn'd Honest et republié et commenté en 1714/1723 sous le titre Fable of the Bees: or, Private Vices, Publick Benefits.

Il soutient l'idée que le vice, qui conduit à la recherche de richesses et de puissance, produit involontairement de la vertu parce qu'en libérant les appétits, il apporte une opulence supposée ruisseler du haut en bas de la société. Aussi, Mandeville estime que la guerre, le vol, la prostitution, l'alcool et les drogues, la cupidité, etc., contribuent finalement « à l'avantage de la société civile »

Sa philosophie influença Adam Smith.


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Source : Wikipedia
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Bernard Mandeville
deuxquatredeux   03 juillet 2016
Bernard Mandeville
We have a “violent Fondness for change, and greater Eagerness after Novelties”.
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Danieljean   22 mars 2018
La Fable des abeilles de Bernard Mandeville
C'est ainsi que, chaque partie étant pleine de vice,

Le tout était cependant un paradis.

Cajolées dans la paix, et craintes dans la guerre,

Objets de l'estime des étrangers,

Prodigues de leur richesse et de leur vie,

Leur force était égale à toutes les autres ruches.

Voilà quels étaient les bonheurs de cet État ;

Leurs crimes conspiraient à leur grandeur,

Et la vertu, à qui la politique

Avait enseigné mille ruses habiles,

Nouait, grâce à leur heureuse influence,

Amitié avec le vice. Et toujours depuis lors

Les plus grandes canailles de toute la multitude

Ont contribue au bien commun.

Voici quel était l'art de l'État, qui savait conserver

Un tout dont chaque partie se plaignait.

C'est ce qui, comme l'harmonie en musique,

Faisait dans l'ensemble s'accorder les dissonances.

Des parties diamétralement opposées

Se prêtent assistance mutuelle, comme par dépit,

Et la tempérance et la sobriété

Servent la gourmandise et l'ivrognerie.

La source de tous les maux, la cupidité,

Ce vice méchant, funeste, réprouvé,

Était asservi à la prodigalité,

Ce noble péché, tandis que le luxe

Donnait du travail à un million de pauvres gens,

Et l'odieux orgueil à un million d'autres.

L'envie elle-même, et la vanité,

Étaient serviteurs de l'application industrieuse ;

Leur folie favorite, l'inconstance

Dans les mets, les meubles et le vêtement,

Ce vice bizarre et ridicule, devenait

Le moteur même du commerce.
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Danieljean   22 mars 2018
La Fable des abeilles de Bernard Mandeville
Morale



Cessez donc de vous plaindre : seuls les fous veulent

Rendre honnête une grande ruche.

Jouir des commodités du monde,

Être illustres à la guerre, mais vivre dans le confort

Sans de grands vices, c'est une vaine

Utopie, installée dans la cervelle.

Il faut qu'existent la malhonnêteté, le luxe et l'orgueil,

Si nous voulons en retirer le fruit.

La faim est une affreuse incommodité, assurément,

Mais y a-t-il sans elle digestion ou bonne santé?

Est-ce que le vin ne nous est pas donné

Par la vilaine vigne, sèche et tordue?

Quand on la laissait pousser sans s'occuper d'elle,

Elle étouffait les autres plantes et s'emportait en bois ;

Mais elle nous a prodigué son noble fruit,

Dès que ses sarments ont été attachés et taillés.

Ainsi on constate que le vice est bénéfique,

Quand il est émondé et restreint par la justice ;

Oui, si un peuple veut être grand,

Le vice est aussi nécessaire à l'État,

Que la faim l'est pour le faire manger.

La vertu seule ne peut faire vivre les nations

Dans la magnificence ; ceux qui veulent revoir

Un âge d'or, doivent être aussi disposés

À se nourrir de glands, qu'à vivre honnêtes.
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lilianelafond   04 décembre 2019
La Fable des abeilles de Bernard Mandeville
Quittez donc vos plaintes, mortels insensés ! En vain vous cherchez à associer la grandeur d’une Nation avec la probité. Il n’y a que des fous qui puissent se flatter de jouir des agréments et des convenances de la terre, d’être renommés dans la guerre, de vivre bien à son aise et d’être en même temps vertueux. Abandonnez ces vaines chimères. Il faut que la fraude, le luxe et la vanité subsistent, si nous voulons en retirer les doux fruits. La faim est sans doute une incommodité affreuse. Mais comment sans elle pourrait se faire la digestion d’où dépend notre nutrition et notre accroissement. Ne devons-nous pas le vin, cette excellente liqueur, à une plante dont le bois est maigre, laid et tortueux ? Tandis que ses rejetons négligés sont laissés sur la plante, ils s’étouffent les uns les autres et deviennent des sarments inutiles. Mais si ces branches sont étayées et taillées, bientôt devenus fécondes, elles nous font part du plus excellent des fruits.
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lilianelafond   04 décembre 2019
La Fable des abeilles de Bernard Mandeville
La justice même, si renommée pour sa bonne foi quoiqu’aveugle, n’en était pas moins sensible au brillant éclat de l’or. Corrompue par des présents, elle avait souvent fait pencher la balance qu’elle tenait dans sa main gauche. Impartiale en apparence, lorsqu’il s’agissait d’infliger des peines corporelles, de punir des meurtres et d’autres grands crimes, elle avait même souvent condamné au supplice des gens qui avaient continué leurs friponneries après avoir été punis du pilori. Cependant on croyait communément que l’épée qu’elle portait ne frappait que les abeilles qui étaient pauvres et sans ressources ; et que même cette déesse faisait attacher à l’arbre maudit des gens qui, pressés par la fatale nécessité, avaient commis des crimes qui ne méritaient pas un pareil traitement. Par cette injuste sévérité, on cherchait à mettre en sûreté le grand et le riche.
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lilianelafond   04 décembre 2019
La Fable des abeilles de Bernard Mandeville
Comme s’ils n’eussent pu, sans l’instruction d’un procès, distinguer le légitime d’avec l’illégitime, ils avaient des jurisconsultes occupés à entretenir des animosités, et à susciter de mauvaises chicanes. C’était le fin de leur art. Les lois leur fournissaient des moyens pour ruiner leurs parties et pour profiter adroitement des biens engagés. Uniquement attentifs à tirer de précieux honoraires, ils ne négligeaient rien pour empêcher qu’on ne terminât par voie d’accommodement les difficultés. Pour défendre une mauvaise cause, ils épluchaient les lois avec la même exactitude et dans le même but que les voleurs examinent les maisons et les boutiques. C’était uniquement pour découvrir l’endroit faible dont ils pourraient se prévaloir.
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lilianelafond   04 décembre 2019
La Fable des abeilles de Bernard Mandeville
Toujours inconstant, ce peuple changeait de lois comme de modes. Les règlements qui avaient été sagement établis étaient annulés et on leur en substituait bientôt de tout opposés. Cependant en altérant ainsi leurs anciennes lois et en les corrigeant, ils prévenaient des fautes qu’aucune prudence n’aurait pu prévoir. C’est ainsi que le vice produisant la ruse, et que la ruse se joignant à l’industrie, on vit peu à peu la ruche abonder de toutes les commodités de la vie. Les plaisirs réels, les douceurs de la vie, l’aise et le repos étaient devenus des biens si communs que les pauvres mêmes vivaient plus agréablement alors que les riches ne le faisaient auparavant. On ne pouvait rien ajouter au bonheur de cette société.
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lilianelafond   04 décembre 2019
La Fable des abeilles de Bernard Mandeville
Tels étaient les chevaliers d’industrie, les parasites, les courtiers d’amour, les joueurs, les filous, les faux-monnayeurs, les empiriques, les devins et, en général tous ceux qui haïssant la lumière tournaient par de sourdes pratiques à leur avantage, le travail de leurs voisins ? qui incapables eux-mêmes de tromper étaient moins défiants. On appelait ces gens-là des fripons : mais ceux dont l’industrie était plus respectée, quoique dans le fond peu différents des premiers, recevaient un nom plus honorable. Les artisans de chaque profession, tous ceux qui exerçaient quelque emploi, ou quelque charge, avaient quelque espèce de friponnerie qui leur était propre. C’était les subtilités de l’art, et les tours de bâton.
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lilianelafond   04 décembre 2019
La Fable des abeilles de Bernard Mandeville
Les médecins préféraient la réputation à la science, et les richesses au rétablissement de leurs malades. La plupart, au lieu de s’appliquer à l’étude des règles de l’art, s’étudiaient à prendre une démarche composée. Des regards graves, un air pensif, étaient tout ce qu’ils possédaient pour se donner la réputation de gens doctes. Tranquilles sur la santé des patients, ils travaillaient seulement à acquérir les louanges des accoucheuses, des prêtres, et de tous ceux qui vivaient du produit des naissances ou des funérailles. Attentifs à ménager la faveur du sexe babillard, ils écoutaient avec complaisance les vieilles recettes de la tante de Madame.
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lilianelafond   04 décembre 2019
La Fable des abeilles de Bernard Mandeville
Le prix des fonds et des bâtiments tomba. Les palais enchantés dont les murs semblables à ceux de Thèbes avaient été élevés par la musique, étaient déserts. Les grands qui auraient mieux aimé perdre la vie que de voir effacer les titres fastueux gravés sur leurs superbes portiques, se moquaient aujourd’hui de ces vaines inscriptions. L’architecture, cet art merveilleux, fut entièrement abandonné. Les artisans ne trouvaient plus personne qui voulut les employer. Les peintres ne se rendaient plus célèbres par leur pinceau. Le sculpteur, le graveur, le ciseleur et le statuaire n’étaient plus nommés dans la Ruche.
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