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Note moyenne 3.57 /5 (sur 207 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Liège , le 03/03/1955
Biographie :

Écrivaine de langue française née à Liège le 3 mars 1955, Caroline Lamarche a passé sa petite enfance en Espagne et son enfance en région parisienne. Ses ancêtres sont fabricants de fer et producteur de tabac. Licenciée en philologie romane, elle a enseigné à Liège et au Nigeria (après avoir épousée un aventureux qui l'a amené en Afrique) et vit actuellement à la périphérie de Bruxelles. Remarquée dès ses premiers textes (Prix Radio France Internationale et Prix de la Fureur de Lire pour ses premières nouvelles), elle a obtenu le Prix Rossel pour son roman, Le jour du chien (Minuit, 1996).

Elle est l'auteur de six romans parus chez Spengler, Minuit et Gallimard, de poèmes (Entre-deux / Twee vrouwen van twee kanten, avec Hilde Keteleer, éd. Fram), de nouvelles (J'ai cent ans, Le Serpent à Plumes), de pièces radiophoniques pour France-Culture et en Belgique (Prix SACD au Festival Phonurgia Nova, Arles 2003 pour L'autre langue), et de textes pour la scène (Théâtre du Festin, Montluçon, Paris).

Derniers titres parus : Carnets d'une soumise de province (Folio Gallimard, 2004), Voies Libres, avec le photographe Christian Carez (éditions du MET), le roman Karl et Lola (Gallimard, 2007) et le récit illustré La Barbière (Les Impressions Nouvelles, 2007) et un livre pour la jeunesse "Le Phoque" (éd. du Rouergue, 2008). En 2020, elle est récompensée par le prix quinquennal de litterature par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour l’ensemble de son œuvre.
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Source : http://www.carolinelamarche.net
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Bibliographie de Caroline Lamarche   (26)Voir plus

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Caroline Lamarche parle de son récit "L'Asturienne", paru en septembre 2021 aux Impressions Nouvelles.
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Citations et extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
aleatoire   19 avril 2019
Nous sommes à la lisière de Caroline Lamarche
On a dit de Bruxelles qu'elle était sans génie, une ville de compromis qui cultive le chaos. On l'a dite impossible à cerner et qu'elle n'était personne, là où Paris, Berlin ou Londres sont autant de grands corps. Autrefois belle, Bruxelles s'est jetée du haut d'une de ses tours moyennes, désespérée de n'être pas Manhattan, et cela a suffi à nous la rendre tordue, habitée par le souvenir de ce suicide raté, avec le désir furieux de le rééditer. Bancals, à son image, nous survivons, et chose extraordinaire entre toutes, nous parvenons à créer, et encore : à aimer. Bruxelles, impossible à aimer, rend tout amour possible. Une sorte de compassion nous vient par la ville même, par sa mémoire qui flotte, dévastée, au-dessus de nos têtes. Elle est l'emblème d'un pays qui finira en charpie, elle est nous, notre corps en morceaux, poreux aux cris du monde, tous y sont en exil, tous veulent y rester.
Commenter  J’apprécie          2010
aleatoire   07 avril 2019
Nous sommes à la lisière de Caroline Lamarche
N'avez-vous pas l'impression que notre regard ne sera plus jamais innocent ? ai-je dit.

Du haut de sa nuque virile, le garde m'a dévisagée -ses yeux bruns dorés, ses cils longs et fournis, recourbés, presque féminins.

- Si vous voulez dire par là que la nature est toujours aussi belle mais que nous la savons malade, oui, en effet, nous ne sommes plus innocents.

Il m'a souri. Un sourire un peu triste. J'ai compris qu'il y pensait sans cesse, que malgré son activité incessante au service de la nature, la conscience du déclin planétaire ne le quittait jamais.(...)

Je m'assieds sur une chaise, me laisse tomber plutôt car tout d'un coup je pense avec accablement à notre planète en souffrance - oui, c'est le mot, ils souffrent tous, l'étang, les arbres, les insectes et les bêtes, comment en sommes-nous arrivés là ? Mes paupières brûlent de révolte, un chagrin dur qui a perdu depuis longtemps le tendre chemin des larmes..(...) Comprendre notre innocence perdue, la fin de l'époque enchantée où nous croyions la nature éternelle.(...)



Je me dis que cette région est celle où j'aimerais m'installer pour toujours. "Pour toujours" s'applique à un paysage bien plus sûrement qu'à l'amour. A un étang mystérieux frôlé par des martinets. A deux chats blancs furtifs. Aux libellules soudées. Au merle Merlin., peut-être.(...)

Dehors un chant se lève. Quelques trilles d'entrée en scène, puis un air virtuose et pur, qui fait reculer la nuit.
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Cannetille   04 juillet 2021
L'Asturienne de Caroline Lamarche
Remontant dans le temps, il me fournit un mémoire universitaire intitulé « La droite belge et l’aide à Franco » où il apparaissait qu’en Belgique, pendant la guerre d’Espagne, la bourgeoisie s’était activée au sein d’associations charitables intitulées « Amitiés Belgo-Espagnoles » ou « Union hispano-belge » ou encore « Aide à la population espagnole » qui récoltaient des couvertures, des vêtements, des médicaments et des fonds à l’usage exclusif des troupes nationalistes. Venant de libéraux catholiques, sous un gouvernement qui refusait de prendre position et dans une Europe terrifiée par le péril rouge, tout cela était « normal », me dit Maurice. Même la France du Front Populaire, par son Pacte de non-intervention, s’était abstenue d’un soutien à la République espagnole. Quant à l’Angleterre, elle avait été la première à reconnaître, avant même sa victoire définitive, le gouvernement de Franco.
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rulhe   30 avril 2019
Carnets d'une soumise de province de Caroline Lamarche
Salomé est a la fois ma propriété, mon oeuvre et ma fierté. je l'ai façonnée patiemment tel. pygmalion voyant naitre sous ses mains Galatée.
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lafilledepassage   07 juin 2022
Nous sommes à la lisière de Caroline Lamarche
Pour mon père, un animal blessé ou un arbre d’âge honorable doivent être éliminés, les gens aussi s’ils sont vieux ou déprimés. Il trouve logique et pour tout dire idéal que les suicidaires se suicident, par exemple, qu’ils débarrassent le plancher, et il a toujours dit trouver ridicule qu’on dépense tant d’argent de nos impôts pour les handicapés. Curieux qu’il n’applique pas ce raisonnement à lui-même, maintenant qu’il est en chaise roulante avec une infirmière à domicile chaque matin pour le laver, le tout remboursé par la sécurité sociale.
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lafilledepassage   14 mai 2022
Nous sommes à la lisière de Caroline Lamarche
Devant mon air interrogateur, il ajoute que depuis qu’il travaille dans les alarmes un sifflement continu a pris la place de son ouïe, ce qu’on appelle un acouphène. Il s’exprime d’un ton neutre, comme pour repousser lui aussi le mot « souffrance ». Cela m’intrigue. On ne lance pas une information aussi bouleversante d’un ton aussi mesuré. On dirait que cet homme évite de remuer l’émotion en question. Pourtant son existence, en une seule phrase, s’est dessinée. Quelqu’un dont la musique est toute la vie mais qui, ne pouvant vivre uniquement de son art, a pris un poste de nuit dans une société de gardiennage dans l’espoir de pouvoir encore, pendant la journée, pratiquer son instrument ou faire partie d’un petit orchestre, à défaut d’être soliste. Son gagne-pain consiste à voler au secours des gens dont les alarmes se déclenchent intempestivement. Résultat : l’ouïe ruinée. Plus jamais il n’écoutera d’une oreille limpide une musique délicate. Il y aura toujours ce sifflement aigu, ce filtre obsédant entre la vie et soi.
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lafilledepassage   09 février 2022
Nous sommes à la lisière de Caroline Lamarche
La femme occidentale peut avoir un époux puis un amant, voire les deux ensemble, mais certainement pas deux belles-mères.
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lafilledepassage   23 mai 2022
Nous sommes à la lisière de Caroline Lamarche
Il y a les deux moineaux qui ont la tremblote après le passage des pulvérisateurs d’herbicide sélectif dans les champs : pas sélectif pour les oiseaux, dégâts neurologiques irréversibles. Ce qui ne les empêche pas de se nourrir, enfin à peu près, mais c’est pas une vie, la tremblote perpétuelle, on dirait des rescapés de l’ypérite, ou de la guerre chimique en Syrie.
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adtraviata   21 avril 2018
Le jour du chien de Caroline Lamarche
Ils ont dû être contents d’avoir une lettre de camionneur, au Journal des Familles. Ce n’est pas souvent que ça doit leur arriver. J’ai écrit: «L’autre jour, sur l’autoroute, un chien abandonné courait le long du terre-plein central. C’est très dangereux, ça peut créer un accident mortel.» J’ai pensé, après l’avoir écrit, que «créer» n’était peut-être pas le bon mot, puis je l’ai laissé parce que je n’en trouvais pas de meilleur, et que créer, c’est mon boulot, bien que j’aie ajouté: «Mon boulot, c’est camionneur». J’ai dit ensuite qu’il y avait un réel problème de chiens abandonnés, que ce n’était pas la première fois que je voyais une chose pareille, et que je voulais témoigner, non seulement pour que le public se rende compte, mais pour mes enfants, qu’ils sachent qu’un camionneur voit beaucoup plus de choses de la vie qu’un type dans un bureau, et qu’il a donc des choses à dire, même s’il n’a pas fait d’études. Par exemple, ai-je écrit, quand je pars le matin dans mon camion, comme je n’ai rien d’autre à faire qu’observer, je remarque les anomalies, et j’en parle. J’en parle quand je peux, quand je rencontre des gens qui ont envie d’écouter, ce qui n’est pas très fréquent parce que, dans les aires de repos où on s’arrête, on ne se dit pas grand-chose, à cause de la fatigue. Et puis moi, par nature, je ne parle pas beaucoup. Et mes enfants, je ne les vois guère. Heureusement que leur mère s’en occupe, c’est un ange. Mais moi, quand ils iront à l’université et que je serai à la retraite, il faudra que j’aie des choses à leur dire, sinon ils me regarderont de haut, comme tous les enfants regardent leurs parents, je ne prétends pas que notre famille soit une exception même si eux ils vont faire les études que moi je n’ai pas pu faire, à cause de mes parents, justement.
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lafilledepassage   04 février 2022
Nous sommes à la lisière de Caroline Lamarche
Je me dis que cette région est celle où j’aimerais m’installer pour toujours. « Pour toujours » s’applique à un paysage bien plus sûrement qu’à l’amour. À un étang mystérieux frôlé par des martinets. À deux chats blancs furtifs. Aux libellules soudées.
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Plus haut que la mer

Lors d’une sortie, avant de se marier, qu’est-ce que Luisa avait demandé à son futur époux?

De regarder l’horizon
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Thème : Plus haut que la mer de Francesca MelandriCréer un quiz sur cet auteur