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Note moyenne 4.23 /5 (sur 215 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Kaunas, Lituanie , le 12/01/1906
Mort(e) à : Paris , le 25/12/1995
Biographie :

Emmanuel Levinas est un philosophe d'origine lituanienne naturalisé français en 1930.

Son père est libraire et la famille parle russe. Un professeur particulier lui enseigne l'hébreu, à partir de la lecture de la Bible hébraïque.

La guerre de 1914 pousse la famille à fuir à Kharkov (Ukraine) jusqu'en 1920. Il vit donc la révolution russe de 1917. C'est à Kharkov qu'il entre au lycée, malgré le numerus clausus permettant à seulement cinq enfants juifs d'y être admis. Il y lit Pouchkine, Lermontov, Tolstoï et Dostoïevski, mais aussi Shakespeare.

En 1923, Levinas se rend en France à Strasbourg pour suivre des études de philosophie (1923-1927). Il rencontre Maurice Blanchot avec lequel il entretient une profonde amitié.

De 1928 à 1929, à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), il est l'élève d'Edmund Husserl, puis de Martin Heidegger, et fait l'apprentissage de la phénoménologie. En 1929, il participe comme auditeur au deuxième cours universitaire de Davos (il y assiste à la dispute de Davos entre Heidegger et Ernst Cassirer). Après avoir soutenu sa thèse de doctorat "Théorie de l'intuition dans la phénoménologie de Husserl" (1930), il s'établit à Paris. Il suit les cours de Léon Brunschvicg, ainsi que parfois ceux de Kojève sur Hegel. Le samedi soir, il assiste aux rencontres philosophiques organisées par Gabriel Marcel.

Marié à Raïssa Lévi en 1932, il œuvre à l'Alliance israélite universelle (A.I.U.) de 1933 à 1939.

Levinas est mobilisé en 1939. Il est fait prisonnier à Rennes, puis transporté en Allemagne, près de Hanovre. Il est captif dans un Arbeitskommando ou un Oflag pendant cinq ans. Il y a rédigé l'essentiel de son livre "De l'existence à l'existant".

En 1945-1946, il est Secrétaire de l'Alliance Israélite Universelle. Après la guerre, il participe régulièrement à des conférences au Collège Philosophique de Jean Wahl. À cette époque, il commence à étudier le Talmud sous la direction de M. Chouchani.

En 1961, il publie sa thèse "Totalité et Infini", et de 1964 à 1975, il entreprend une carrière universitaire. Celle-ci le conduit de l'Université de Poitiers, par Paris-Nanterre (1967), à la Sorbonne (1973) où il enseigne jusqu'en 1976, année de sa retraite.

Dans les années 1970 et 1980, à l'invitation de la communauté juive de Fribourg, il assure quelques cours à l'université de Fribourg. En 1989, il reçoit le Prix Balzan pour la philosophie.
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Source : Wikipédia
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«Philosopher, c'est s'exposer a une experience qui n'aurait rien de stable, d'assure, de stabilisant ou de rassurant.» Raphael Zagury-Orly, philosophe co-fondateur des Rencontres Philosophiques de Monaco et professeur. Le 14 octobre 2020, lors de l'Atelier « La Reprise » qui s'est tenu au Theatre des Varietes a Monaco, les membres fondateurs des Rencontres Philosophiques de Monaco ont chacun presente leurs desirs de philosopher. #RaphaelZaguryOrly nous parle de comment Emmanuel Levinas l'a inspire a penser, ecrire, parler et desirer la philosophie. A travers son discours porte sur la memoire et l'heritage historique de la souffrance, il souligne l'importance d'en «preserver le temoignage» et comment la philosophie a fait grandir en lui une inquietude plutot qu'un emerveillement.

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Citations et extraits (165) Voir plus Ajouter une citation
jeanparapluie   25 septembre 2013
Le temps et l'autre de Emmanuel Levinas
La caresse est un mode d'être du sujet, où le

sujet dans le contact d'un autre va au delà de ce

contact. Le contact en tant que sensation fait partie

du monde de la lumière. Mais ce qui est caressé

n'est pas touche a proprement parler. Ce n'est pas

le velouté ou la tiédeur de cette main donnée dans

le contact que cherche la caresse. Cette recherche

de la caresse en constitue l'essence par le fait que

la caresse ne sait pas ce qu'elle cherche. Ce « ne

pas savoir ››, ce désordonné fondamental en est

l'essentiel. Elle est comme un jeu avec quelque

chose qui se dérobe, et un jeu absolument sans

projet ni plan, non pas avec ce qui peut devenir

nôtre et nous, mais avec quelque chose d'autre,

toujours autre, toujours inaccessible, toujours à

venir. La caresse est l'attente de cet avenir pur,

sans contenu. Elle est faite de cet accroissement

de faim, de promesses toujours plus riches, ouvrant

des perspectives nouvelles sur l'insaisissable. Elle

s'alimente de faims innombrables. Cette intentiona-

lité de la volupté, intentionalité unique de l'avenir

lui-même, et non pas attente d'un fait futur, a

toujours été méconnue par l'analyse philosophique.

Freud lui-même ne dit pas de la libido beaucoup

plus que sa recherche du plaisir, prenant le plaisir

comme simple contenu, à partir duquel on commence

l'analyse, mais qu'on n'analyse pas lui-même. Freud

ne cherche pas la signification de ce plaisir dans

l'économie générale de l'être. Notre thèse qui con-

siste à affirmer la volupté comme l'événement

même de l'avenir, l'avenir pur de tout contenu, le

mystère même de l'avenir, cherche à rendre compte

de sa place exceptionnelle.

Peut-on caractériser ce rapport avec l'autre par

l'Eros comme un échec ? Encore une fois, oui, si

l'on adopte la terminologie des descriptions cou-

rantes, si on veut caractériser l'érotique par le

« saisir ››, le « posséder ››, ou le « connaître ››. Il

n'y a rien de tout cela ou échec de tout cela, dans

l'eros. Si on pouvait posséder, saisir et connaître

l'autre, il ne serait pas l'autre. Posséder, connaître,

saisir sont des synonymes du pouvoir.

D'ailleurs, le rapport avec l'autre est généralement

recherché comme une fusion. J'ai voulu précisément

contester que la relation avec l'autre soit fusion. La

relation avec autrui, c'est l'absence de l'autre; non

pas absence pure et simple, non pas absence de pur

néant, mais absence dans un horizon d'avenir,
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Emmanuel Levinas
blanchenoir   14 novembre 2015
Emmanuel Levinas
Nous étions soixante-dix dans un commando forestier pour prisonniers de guerre israélites, en

Allemagne nazie. Le camp portait – coïncidence singulière – le numéro 1492, millésime de

l’expulsion des juifs d’Espagne sous Ferdinand V le Catholique. L’uniforme français nous protégeait

encore contre la violence hitlérienne. Mais les autres hommes, dits libres, qui nous croisaient ou qui

nous donnaient du travail ou des ordres ou même un sourire – et les enfants et les femmes qui

passaient et qui, parfois levaient les yeux sur nous – nous dépouillaient de notre peau humaine. Nous

n’étions qu’une quasi-humanité, une bande de singe. Force et misère de persécutés, un pauvre

murmure intérieur nous rappelait notre essence raisonnable. Mais nous n’étions plus au monde. Notre

va-et-vient, nos peines et nos rires, nos maladies et nos distractions, le travail de nos mains et

l’angoisse de nos yeux, les lettres qu’on nous remettait de France et celles qu’on acceptait pour nos

familles -, tout cela se passait entre parenthèses. Être enfermés dans leur espèce ; malgré tout leur

vocabulaire, êtres sans langage. Le racisme n’est pas un concept biologique ; l’antisémitisme est

l’archétype de l’internement. L’oppression sociale, elle-même, ne fait qu’imiter ce modèle. Elle

cloître dans une classe, prive d’expression et condamne aux « signifiants sans signifiés » et, dès lors,

aux violences et aux combats. Comment délivrer un message de son humanité qui, de derrière les

barreaux des guillemets, s’étende autrement que comme parler simiesque ?

Et voici que, vers le milieu d’une longue captivité – pour quelques courtes semaines et avant que les

sentinelles ne l’eussent chassé – un chien errant entre dans notre vie. Il vint un jour se joindre à la

tourbe, alors que, sous bonne garde, elle rentrait du travail. Il vivotait dans quelque coin sauvage, aux

alentours du camp. Mais nous l’appelions Bobby, d’un nom exotique, comme il convient à un chien

chéri. Il apparaissait aux rassemblements matinaux et nous attendait au retour, sautillant et aboyant

gaiement. Pour lui – c’était incontestable – nous fûmes des hommes.

Le chien qui reconnut Ulysse sous le déguisement à son retour de l’Odyssée, était-il le parent du

nôtre ? Mais non ! mais non ! Là-bas, ce fut l’Ithaque et la patrie. Ici, ce fut nulle part. Dernier kantien

de l’Allemagne nazie, n’ayant pas le cerveau qu’il faut pour universaliser les maximes de ses pulsions,

il descendait des chiens d’Egypte. Et son aboiement d’ami – foi d’animal – naquit dans le silence de

ses aïeux des bords du Nil.
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Emmanuel Levinas
Pavlik   25 janvier 2016
Emmanuel Levinas
Dès que le visage de l'autre apparaît, il m'oblige.
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colimasson   04 janvier 2016
Totalité et infini : essai sur l'extériorité de Emmanuel Levinas
Le moi, ce n’est pas un être qui reste toujours le même, mais l’être dont l’exister consiste à s’identifier, à retrouver son identité à travers tout ce qui lui arrive. Il est l’identité par excellence, l’œuvre originelle de l’identification.
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Emmanuel Levinas
blanchenoir   10 novembre 2015
Emmanuel Levinas
Nous accédons au monde à travers les mots et nous les voulons nobles.
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FredMartineau   02 juin 2019
Ethique et Infini de Emmanuel Levinas
Le social avec ses institutions, ses formes universelles, ses lois, provient-il de ce qu'on a limité les conséquences de la guerre entre les hommes, ou de ce qu'on a limité l'infini qui s'ouvre dans la relation éthique de l'homme à l'homme ?
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Cath36   18 juillet 2012
Le Visage de l'autre de Emmanuel Levinas
Eros est la relation avec l'altérité, le mystère, c'est-à-dire avec l'avenir, avec ce qui, dans un monde où tout est là, n'est jamais là.
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Emmanuel Levinas
sabine59   12 juillet 2016
Emmanuel Levinas
Dans chaque mot se trouve un oiseau aux ailes repliées, qui attend le souffle du lecteur.
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blanchenoir   14 novembre 2015
Le temps et l'autre de Emmanuel Levinas
Le pathétique de l’amour consiste dans une dualité insurmontable des êtres. C’est une relation avec

ce qui se dérobe à jamais. La relation ne neutralise pas ipso facto l’altérité, mais la conserve. Le pathétique de la volupté est dans le fait même d’être deux.
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Piling   01 juillet 2010
Dieu, la mort et le temps de Emmanuel Levinas
Le temps n'est pas la limitation de l'être mais sa relation avec l'infini. La mort n'est pas anéantissement mais question nécessaire pour que cette relation avec l'infini ou temps se produise.
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