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Note moyenne 3.79 /5 (sur 514 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) le : 15/06/1964
Biographie :

Eva Kavian est une écrivaine belge francophone.

Elle est nouvelliste, romancière, et animatrice d’ateliers d'écriture depuis 1985.

Après quelques années de travail en hôpital psychiatrique comme ergothérapeute, Eva Kavian suit une formation psychanalytique lacanienne et une formation à l'animation d'ateliers d'écriture avec Elisabeth Bing.

Elles fondent ensuite l'association Aganippé en 2004, où elle anime des ateliers d'écriture, des formations pour animateurs, et organise des rencontres littéraires.

Co-fondatrice du réseau Kalame, elle travaille activement à la professionnalisation du travail d'animateur d'ateliers d'écriture.

Elle a reçu en 2004 le prix Horlait-Dapsens, décerné par l'Académie des Lettres pour son travail dans le secteur des ateliers d'écriture.

Primée à deux reprises lors du concours de nouvelles La Fureur de Lire, elle obtient le Prix Marcel Thiry 2006, pour son roman, "Le Rôle de Bart" (2005).
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Morgane 14 ans a lu Tu es si belle d'Eva Kavian, paru chez Oskar éditeur. Elle en parle dans ce nouveau SpeedBook. ------------------------------------------ Abonnez-vous à notre chaîne Youtube : https://tinyurl.com/ya2scuvg


Citations et extraits (153) Voir plus Ajouter une citation
Moan   24 septembre 2012
Premier chagrin de Eva Kavian
- Apprends à pardonner, Sophie, ta vie sera plus douce. Aimer quelqu'un , c'est aussi accepter d'avoir besoin de lui.
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latina   03 juin 2013
L'art de conjuguer les hommes mariés de Eva Kavian
Tu es le cadeau de ma vie, une perle rare, mon âme sœur. Tu es celle que je cherche depuis toujours, tu es la fée de mes rêves d'enfant. Tu es mon amour, ma chérie, mon trésor. Je ne veux plus vivre sans toi.

(...) Ce week-end, impossible de t'appeler, trop de boulot, je ne te fais pas le détail.
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latina   21 août 2014
Ne plus vivre avec lui de Eva Kavian
Que tu me manques à ce point et que tu sois mort, voilà le fameux problème. Mon traumatisme absolu. Mon impasse hurlante.
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Eva Kavian
SamDLit   27 avril 2021
Eva Kavian
-71-

27/04/20

Laure Eildunssour commence à la trouver saumâtre. Toute seule dans une pièce de douze mètres carrés pendant des semaines, ce n’était pas le plan. Elle s’est remise au tricot mais avec sa vue, l’arthrose et ce foutu tremblement, ses carrés au point mousse ne ressemblent pas à grand-chose. Elle en a pourtant au moins deux cents. Et elle est incapable d’enfiler une aiguille pour les assembler. Elle a son e-book, sa tablette, son portable, mais Laure n’est pas venue de son plein gré dans ce home pour communiquer avec des écrans. Quand Jampère est décédé, deux ans après son AVC, elle avait envie et besoin de parler, d’avoir un interlocuteur qui lui fasse des réponses de plus de trois onomatopées. Elle avait envie de ne plus cuisiner, de se faire servir. Elle a fait ses comptes et en louant son appartement, avec sa petite pension, elle pouvait s’offrir de finir dans ce home familial en pleine campagne. Elle allait se faire des amies, elle jouerait au bridge, participerait à des activités, au thé dansant du dimanche. Avant de mettre un pied dans sa chambre, son programme était complet. Le lendemain, on interdisait les visites, et une semaine plus tard, chacun devait rester dans sa chambre. Chaque jour vers onze heures, un corbillard vient chercher un autre cercueil. Elle ne les a pas comptés mais si ça se trouve, elle est la dernière survivante. Les aides-soignantes lui disent que non. Elles déposent le plateau puis s’en vont, le temps de deux ou trois phrases pour que Laure continue à penser qu’elle est un être humain, mais à part cela, Laure est seule. Elle avait arrêté le tricot pour Jampère, qui ne supportait pas le bruit. Il ne pipait plus un mot complet et pouvait s’agacer pour des bêtises, on n’imagine pas. Elle a repris son nom de jeune fille dès l’inscription. Madame Monlatin, ça lui tordait le cœur. Pauvre Jampère. Diminué comme ça. Après cinquante années de mariage, ça lui a donné l’impression de demander le divorce, de se faire appeler Laure Eildunssour. Mais faut avancer, regarder devant. Laure se sent vivante. Elle a des envies, des rêves. Et ils ne ressemblent en rien à la situation actuelle. Un petit espoir, ce matin, néanmoins. Dès qu’on aura les résultats des tests, les infectés iront dans un étage, les autres dans un autre. Avec un peu de chance, les non covid pourront sortir de leur chambre, papoter dans le couloir. Avec la santé de Jampère, elle a vécu très isolée. Vivre avec une personne handicapée, c’est pas terrible pour les relations sociales. Laure veut se rattraper. Un petit blues, cet après-midi, parce que les résultats n’arriveront pas avant demain. Un coup de cafard ce soir, parce que son locataire n’a plus les moyens de payer le loyer, et qu’elle ne pourra plus régler le montant mensuel dû au home. Ce serait un peu fort de café qu’elle ait fait un séjour de cinq semaines sans voir personne et doive retourner dans l’endroit où elle a passé deux ans à mettre Jampère sur une panne après avoir essuyé son menton. Il y a des images qui traumatisent. Des souvenirs qu’il faut fuir. Des lieux marqués. Peut-être qu’une chambre au deuxième étage couterait moins cher ? Elle avait choisi le rez-de-chaussée pour cette impression d’être dans une maison, avec vue sur le jardin. Elle n’en a même pas profité. Jampère, qui n’aurait jamais accepté de venir en home, serait en pétard, s’il savait dans quelles conditions elle vit. Le premier croissant de lune scintille. En ouvrant la fenêtre, Laure sent le printemps entrer dans ses poumons, ça lui fait un de ces effets. Alors elle grimpe sur la chaise, puis sur la table, enjambe d’appui de fenêtre, et hop, se glisse entre deux hortensias. Libre. Elle entend Jampère l’applaudir. Vas-y ma chérie, je veux revoir ton sourire, je veux entendre ton rire. Depuis qu’il est mort, elle entend tout ce qu’il ne savait plus lui dire. C’est portée par la voix de son homme que Laure marche dans la nuit du parc, les pantoufles déjà niquées, et sur qui elle tombe ? Le club de bridge ! Et elles sont toutes contentes parce que sans Tabulle (Tabulle Bouyon est morte il y a deux jours), elles ne voyaient pas comment poursuivre. Rendez-vous à la tombée de la nuit, retour quand ça commence à cailler, mais elles tiennent en général jusqu’à minuit. Près de l’étang, il y a les joueurs de pétanque et derrière la lingerie, deux fois par semaine, le thé dansant, avec le petit haut-parleur de Jéla Coulante qui passe son temps à adapter ses play lists aux goûts des survivants. Non, franchement, personne n’est venu ici pour vivre seul dans une chambre. Faut pas pousser bobonne. Laure tachycarde. Inspire pour retrouver son calme. Ferme les yeux pour ne pas pleurer tant l’émotion est forte. Elle va diminuer le loyer de moitié pour que son locataire puisse tenir et elle aussi. Elle veut rester ici. Ici, où des hommes et des femmes comme elle vivent encore pour du vrai. Et avant d’ouvrir les yeux, elle voit le sourire de Jampère. Le beau sourire apaisé de l’homme qu’elle a tant aimé.



[ Eva Kavian, découverte 'coup de coeur' 2020 republie chaque jour un petit morceau de 'son journal' du confinement - humour, plume et finesse ]



https://www.facebook.com/eva.kavian/posts/1907514842736872
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latina   10 juillet 2012
La dernière licorne de Eva Kavian
Milo l'a aimée dans la musique et dans la danse, il ne l'a jamais prise pour une handicapée. Ta mère a peut-être enfermé Anna dans sa propre souffrance. Anna est bien dans sa peau, elle est heureuse, je crois que Milo est amoureux de la capacité d'Anna à être heureuse, à construire son bonheur avec ce qu'elle a. C'est une qualité très rare, tu sais.
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Ancolie   24 octobre 2012
Premier chagrin de Eva Kavian
C’était une autre époque, Sophie. On sortait d’une prison d’idées, on sortait de la toute-puissance des hommes, nous, les femmes, nous devenions des êtres humains. La règle devenait l’absence de règle ; beaucoup d’entre nous, et j’en étais, ont vécu ces années comme on se jetterait sur un buffet de gâteaux après trois jours sans manger. Ni les femmes ni les hommes ni les familles sont sorties indemnes de cette révolution, c’est peut-être ta génération qui construira un meilleur équilibre, entre le besoin d’être libre et celui de construire à deux. Mais j’ai eu une belle vie, ça oui. Pas parce que j’ai aimé beaucoup d’hommes, mais parce que je ne me suis pas enfermée dans des désirs et des règles qui ne me correspondaient pas. Après ces années sans lois et cette loi que devenait la liberté à tout prix, j’ai cherché qui j’étais, moi. Ce parcours, tu devras le faire aussi, Sophie, ce n’est pas une question d’époques, c’est notre chemin d’humain.
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latina   28 juin 2012
Trois siècles d'amour de Eva Kavian
Les enfants ne sont pas là pour le bonheur de leur mère. Ils ont leur vie à vivre. Même si les femmes croient souvent que sans eux elles ne seraient pas des femmes. Elles croient qu'il leur faut des enfants, pour être heureuses. De toute évidence, ça ne suffit pas.
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claireo   15 mai 2013
Premier chagrin de Eva Kavian
Qui, parmi ceux que nous aimons, penserait à débarquer parce qu'il neige, et que c'est beau, la neige qu'on attend plus ?
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Ancolie   23 octobre 2012
Premier chagrin de Eva Kavian
-Je n'ai jamais aimé à moitié. Il n'y a pas de petit et de grand amour, selon moi. Il y a l'amour ou pas l'amour. Il y a les histoires courtes ou celles qui durent, mais ce sont toutes des histoires d'amour.
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latina   17 mai 2013
La conséquence de mes actes de Eva Kavian
J'avais envie de me blottir dans les bras de papa, de redevenir tout petit. Je me sentais tellement bien que je comprenais à quel point notre dispute m'avait brisé, touché en profondeur. Mais à quinze ans et demi, on ne va pas dans les bras de son père. Alors je lui ai donné un coup de coude dans les côtes. Il me l'a rendu. J'ai recommencé, et on s'est retrouvés à se battre comme des gamins, c'étaient des coups de colère, des coups d'amour, c'était les non-dits qui volaient dans les épaules, les silences qui brisaient les cuisses, c'était notre lien puissant qui étranglait, notre affection qui s'enfonçait dans l'estomac, c'était nous deux, Papa et moi, deux hommes et deux gosses, sur la poussière de nos peines, sur le chemin de notre amour et nous roulions, nous roulions, heureux.
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