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Note moyenne 3.87 /5 (sur 282 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Colombelles (Calvados) , le 1/07/1923
Mort(e) à : Paris , le 22/05/2001
Biographie :

Ses parents étaient bretons. Il habite Cherbourg, puis Dreux où il enseigne les sciences et l'anglais tout en préparant une licence de droit (1946). Il fait un stage d’un an dans une maison d'import-export à Marseille qui l'envoie en Indochine en juin 1947. Neuf mois après son arrivée dans la péninsule indochinoise, il se fait chauffeur de camion et parcourt le Laos, le Cambodge, la Chine du Sud et la Thaïlande. Il exerce alors plusieurs métiers, planteur de tabac, ramasseur de benjoin ou de cornemolle de cerf, marchand de bière, et apprend à parler laotien et chinois. En septembre 1949, il rentre à Saïgon où il travaille au consulat des États-Unis puis à Radio-France-Asie jusqu'en 1951, année de son retour en France. De ces cinq années aventureuses et exotiques, Jean Hougron ramène quelques milliers de pages de notes qui lui fourniront la matière du cycle romanesque de La Nuit indochinoise dont il publie le premier volume (Tu récolteras la tempête) en 1950. Cette vaste fresque de l’Indochine française le révèle au public et se voit couronnée en 1953 par le Grand Prix du roman de l'Académie française. En 1957, Mort en Fraude est adapté au cinéma par le réalisateur Marcel Camus dont c’est le premier film.
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Littérature
(Le débat commence entre le public et les chroniqueurs à propos d'un article écrit par Matthieu GALEY sur Jean-Paul SARTRE, après son refus du prix Nobel, et dans lequel, Matthieu GALEY explique "qu'il est devenu malgré lui, un auteur lu par les bourgeois"). Sont abordés, les livres : - " Histoire de Georges Guersant", de Jean HOUGRON - " L' État sauvage", de Georges...

Citations et extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
andreas50   23 août 2018
La chambre de Jean Hougron
Elle était modeste, désintéressée en somme, elle se contentait de jouir du monde, elle ne voulait pas le posséder, et il y avait dans l'idée de propriété quelque chose qui l'avait toujours fait rire. « Nous ne sommes que des locataires, disait-elle, nous n'emporterons rien. »
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mayang   11 octobre 2011
Les Asiates de Jean Hougron
Il fait nuit quand elle entend le Père rentrer. Elle écoute son pas qui va et vient dans la grande salle du rez-de-chaussée. Elle l'a écouté trop souvent pour ne pas savoir que le père est contrarié. Elle en est satisfaite. Elle boit un dernier verre d'élixir et va cacher la bouteille sur une étagère derrière une boîte de biscuits. Elle sort ensuite son porte-monnaie et compte son argent. Il lui reste quarante-deux piastres. Elle hoche la tête, puis se dit que février n'a que vingt-huit jours. Malgré tout, quarante-deux piastres, c'est peu pour finir la semaine. Quand Henri n'est pas en prison, il l'aide à la fin du mois. La Mère essaie de se rappeler, quand son fils doit être libéré. Elle ne se souvient pas si il a été arrêté en octobre ou en novembre. Elle cherche un instant, pense: "c'est en octobre", mais n'en est pas certaine. Il faudra qu'elle demande à Nam, la boyesse.
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LoongAlain91   17 février 2013
Tu récolteras la tempête de Jean Hougron
Le Junker de la ligne Saigon - Louang Phrabang passait juste au-dessus et nous étions seize à le regarder, serrés coude à coude, les oreilles bourdonnantes, assourdis par le vacarme des trois moteurs ronflant à plein régime. Juste un village comme les autres, semblable à tous ceux que nous avions survolés depuis l'aube, colorié comme un jeu de construction avec le rouge ocré de ses deux routes en croix, les quatre angles d'un blanc crayeux des bâtiments européens pointés vers la place rectangulaire et un peu partout, au hasard des jardins, le vert jaunissant des arbres et des pelouses. Rouge, blanc, vert. L'arc détendu du Mékong, immense et dérisoire des hectares de sable rongés d'herbe malsaine emprisonnés dans des mailles d'eau paresseuse. Étreignant de nos mains fiévreuses le rebord de nos strapontins nous regardions, la rétine blessée par un soleil vertical, les muscles endoloris par quatre heures de vibrations. Le Junker obliqua vers le Siam, rabotant durement l'air inégal. Le village fila au long du fuselage, disparut d'un coup avalé par une secousse plus violente.
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Woland   12 septembre 2017
La Terre du barbare de Jean Hougron
[...] ... - (...) Quand nous sommes arrivés dans ce pays, la population était exploitée depuis des siècles par le mandarin, le chef de canton et toute une pouillerie administrative. Nous sommes venus, et au moins peut-on dire qu'une certaine paix régna. Plus de razzias, plus de pirates incendiant les paillottes, volant le bétail et emmenant les femmes ; plus de petits despotes levant l'impôt à leur gré ... Ton père a transformé ce pays, il a révélé sa richesse et cela reste à son crédit. Il a ouvert des routes, créé deux hôpitaux, assaini les marais, doté toutes les écoles techniques de la région et certains collèges vivent encore de ses dons ..."



J'avais haussé les épaules, car je savais bien ce que recouvraient les bienfaits de mon père. Jellanet leva la main.



- " ... On l'a trop souvent dit et redit, et cela peut te paraître naïf, bien sûr, mais je crois que les gestes concrets demeurent, et, à mes yeux, ils valent mieux que ces bonnes intentions dont l'Enfer, dit-on, est pavé ... Et puis, ce système colonial que l'on condamne aujourd'hui, il faudrait peut-être, pour être équitable, le replacer dans son cadre véritable, qui n'est pas celui de ces dernières années. Pendant plusieurs siècles, il a répondu à une nécessité car il a permis d'absorber l'énorme vitalité d'une Europe dans le plein de son éclat qui se lançait à la découverte du monde. Et cette nécessité, née d'un déséquilibre, d'un excès de force, cet appétit en vaut bien d'autres. Il est là, comme la puissance du fauve ou les cyclones de février ; et les morales qui viennent après coup, alors que les conditions ont changé, ont beau jeu ..."



Jellanet posa son verre sur la table.



- "... Aujourd'hui, la mode veut que l'on ne considère plus que les défauts du système depuis quelques années, mais on oublie ce que ce système a apporté, non seulement aux colons mais aux indigènes. Il faut attendre que les esprits se soient calmés et dans un siècle, peut-être moins, il n'est pas impossible qu'on fasse des héros d'hommes comme ton père. Et, après tout, je me demande si par la violence de leur nature, l'ampleur de leurs conceptions, leur égoïsme qui, par sa démesure même, finissait par rejoindre le souci du bien commun, ils n'auront pas mérité d'être distingués des autres hommes. Ils auront été grands à leur manière, ils auront eu un destin d'exception, avec les servitudes de cette sorte de destins, et cela n'est pas si commun ..."



Jellanet poursuivit et un peu de colère passa dans sa voix :



- "Les journaux de France arrivent ici avec quelques semaines de retard, mais les soirées sont longues et j'ai le temps de les lire. J'ai passé presque toute ma vie dans ce pays et j'espère bien y mourir. Je sais comment je l'ai trouvé ; je sais ce que des gens comme ton père, en croyant servir leurs seuls intérêts, en ont fait. Je sais aussi que le système ne vaut plus rien et qu'il est bon qu'il disparaisse car il a fait son temps, mais je juge méprisable la politique du coup de pied de l'âne et je vois chez ceux qui s'acharnent contre ce qui doit disparaître inévitablement un signe de médiocrité."



Jellanet planta son regard dans le mien. Il ajouta avec calme :



- "Je sais quelles sont tes opinions, combien elles diffèrent des miennes et c'est pourquoi je t'ai dit ce que je pensais. Nous avons fait notre temps, nous avons fait aussi de notre mieux, en dépit des erreurs que nous avons commises et nous n'acceptons pas que ceux qui n'ont rien fait nous jugent et voient en nous la plus mauvaise part d'une nation. Une époque est jugée par celle qui la suit, et, sachant cela, je préfère encore ma place à la vôtre ..." ... [...]
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rkhettaoui   17 novembre 2014
Mort en fraude de Jean Hougron
Les hommes et les femmes avaient des visages fiévreux de malades. On les devinait lâches, prêts à toutes les concessions. Ils étaient mornes, avec cependant une étrange férocité d’êtres faibles dans leurs yeux agiles. Des bêtes trop souvent battues qui auraient sans cesse ravalé leur désir de mordre et d’égorger.
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finitysend   05 janvier 2016
Le Naguen de Jean Hougron
Pourquoi ne pas avoir demandé une de ces bonnes petites musiques terriennes qui chatouillent les jointures et donnent envie de grimper aux murs ?
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andreas50   07 avril 2018
Je reviendrai à Kandara de Jean Hougron
Comme la veille au poste de police, je me suis dit à plusieurs reprises : « Tu es en prison...» Cette constatation me paraissait toujours irréelle et, comme la veille aussi, j'y puisais une satisfaction sournoise. Hier soir je n'avais pas simplement tiré sur Cormière. J'avais aussi mis un terme à six années d'attente, d'ennui morne et de résignation. Quelque chose devrait suivre qui serait neuf et ce moment-là, sans me l'avouer, je n'avais cessé de l'espérer depuis Kandara.
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finitysend   08 mai 2012
Le Naguen de Jean Hougron
Les contreforts himalayens qui protégeaient le golfe des souffles glacés du nord avaient été si profondément bouleversés par les bombes et les charges nucleaires que le socle montagneux s'était soulevé ,dressant aujourd'hui avec ses enchainements de pics ,hauts parfois de quinze mille metres ....



Le seul auteur de science-fiction qui reçu un prix de l'académie francaise .
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rkhettaoui   17 novembre 2014
Mort en fraude de Jean Hougron
Il avait obéi. Parce qu’il ne pouvait plus agir autrement. Non qu’il fût héroïque ou même simplement hardi. C’était quelque chose de différent, qui n’avait rien à voir avec une morale ou quoi que ce fût de ce genre. Il ne lui venait jamais à l’esprit que cette vérité qu’il avait conquise jour après jour dans le marais n’était peut-être valable que pour lui seul. Pas plus d’ailleurs qu’il ne prétendait l’étendre au reste des hommes.
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oran   05 mars 2018
Je reviendrai à Kandara de Jean Hougron
Tout le monde n'a pas le courage de se mettre un tuyau à gaz entre les dents pour faire tomber le rideau. Mais l'occasion, on peut toujours la saisir au passage. Il suffit de ne pas de défendre, et de laisser les autres se débrouiller. Il arrive toujours un moment où vivre et mourir s'équilibrent assez justement, mais le plus souvent, par lâcheté, on rate ce moment-là
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