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Note moyenne 4.25 /5 (sur 228 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Libourne , 1944
Mort(e) à : Libourne , 1993
Biographie :

Né en 1944 à Libourne où il revint mourir en 1993, Jean-Pierre Martinet a peu publié. D’abord assistant-réalisateur à l’ORTF, il renonce au cinéma pour se consacrer à la littérature.

Dès 1975, son premier roman, La Somnolence, lui avait attiré la reconnaissance de certains critiques qui ont salué sa virtuosité; mais Martinet est loin de faire l’unanimité tant ses récits sont d’un pessimisme sans bornes. C’est d’ailleurs cette noirceur que l’on reprochera encore à son second livre, considéré comme son chef-d’œuvre, Jérôme (1978).
En 1986 paraissent deux romans, L’ombre des forêts et Ceux qui n’en mènent pas large, puis Martinet cesse d’écrire. Comme le héros de Jérôme, il revient vivre, à plus de 40 ans, chez sa mère, à Libourne, et sombre définitivement dans l’alcool qui, depuis longtemps déjà, l’accompagne. Il meurt, hémiplégique, en 1993. Il a seulement 49 ans.

À noter en même temps la réédition de Jérôme chez Finitude et de L’Ombre des forêts à la « Petite Vermillon» de La Table Ronde.
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Source : http://www.ledilettante.com
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« […] Je ne valais », écrit t'Serstevens (1886-1974) dans Regards vers la jeunesse, « que par des illusions que je n'ai plus, des enthousiasmes qui agonisent, une ardeur mystique qui me portait au-dessus de moi-même. Je préfère mes erreurs et mes sottes impulsions d'autrefois à mon intelligence prudente, à l'esprit critique dont je suis accablé. » […] […] t'Serstevens n'a cessé d'être poursuivi par son double, comme dans les cauchemars. […] La course-poursuite, malgré tout son entêtement, il l'aura perdue : l'horrible vieillard l'aura rejoint, il l'aura serré contre lui, il lui aura souri avec l'air doucereux et indulgent de ceux qui n'aiment plus la vie. […] […] On peut trouver contradictoire, en vérité, l'attitude d'un homme qui a su trouver les accents les plus vibrants pour célébrer la jeunesse, cette jeunesse qui se confond un peu […] avec l'esprit d'aventure, et sa férocité à l'égard de toutes les utopies, qui sont un peu la jeunesse des idées, leur adolescence. Cette contradiction, t'Serstevens en a eu conscience, et il l'a vécue dans le déchirement, du moins dans les premières années de sa vie d'écrivain. […] La tour d'ivoire où prétendent s'enfermer certains littérateurs pour échapper à la médiocrité de leurs contemporains, il n'y voit qu'une prison dérisoire : il lui faut l'air du large, la rumeur des ports, le sourire des femmes, l'odeur des acacias. Oui, ce qu'exprime en profondeur la première partie de l'oeuvre de t'Serstevens, c'est l'horreur de ne croire en rien. Cela n'a rien à voir avec le scepticisme, c'est, précisément, tout le contraire : la douleur de se sentir ballotté dans un monde où l'on ne comprend rien, où l'on n'a aucun repère, où toutes les idéologies s'effritent les unes après les autres […] : amertume ricanante, et non pas scepticisme souriant. […] Il aura manqué, en somme, à t'Serstevens, d'avoir su se mettre en valeur, ce qui est une faute impardonnable dans notre petite république des lettres, qui oublie facilement les errants, les navigateurs, les ivrognes, les rêveurs, ou, tout simplement, les modestes. […] » (Jean-Pierre Martinet, « Un Apostolat » d'A. t'Serstevens, Éditions Alfred Eibel, 1975) « Né […] en Belgique d'un père flamand et d'une mère provençale, Albert t'Serstevens, après un voyage en Égypte, s'installe en France en 1910 ; il est successivement employé de librairie, puis secrétaire d'un banquier, avant de publier en 1911 son premier ouvrage Poèmes en prose. […] » (universalis.fr) 0:00 - Absence 1:19 - Au seuil 4:49 - Générique Image d'illustration : https://www.alamy.com/stock-image-albert-tserstevens-belgian-novelist-1910-1915-photo-taponier-creditphoto12coll-164523513.html Bande sonore originale : Lacrymosa Aeterna Industry - Je te vois Je te vois de Lacrymosa Aeterna Industry est référencée sous license Art Libre. Site : https://lacrymosa.tuxfamily.org/?String-Theory,65 #AlbertSerstevens #PoèmesEnProse #PoésieBelge

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Citations et extraits (141) Voir plus Ajouter une citation
colimasson   14 mars 2014
Jérôme de Jean-Pierre Martinet
[…] C’était une chaussure de femme à talon plat. La semelle était légèrement décollée. Une chaussure blanche. Pointure moyenne. J’ai fondu en larmes, brusquement, j’ai lâché la chaussure et je suis parti en courant. Impossible de savoir qui avait porté cette chaussure ? une blonde, une brune, une jeune femme ? En quelle année ? Et combien de temps ? Sous quel ciel ? Avec quels rêves ? Amours déçues ? Amours comblées ? Morte, peut-être ? Ou en train d’agoniser sur un lit d’hôpital ? Folle ? Tuberculeuse ? Ou, au contraire, pleine d’entrain, de joie de vivre ? Des enfants ? Une petite file, peut-être ? Des garçons ? Où donc était l’autre chaussure ? Pourquoi cette séparation cruelle ? Perdue dans un terrain vague ? Jetée dans un vide-ordure ? Attachée à sa sœur ? Je n’arrivais pas à arrêter l’hémorragie. Toute l’horreur, toute la beauté du monde, toute l’horreur de vivre dans ce morceau de cuir blanc. Toute l’horreur. Toute la joie.
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colimasson   14 septembre 2013
Jérôme de Jean-Pierre Martinet
Ma solitude, vous ne pouvez même pas l’imaginer… Elle est sombre et chaude comme le ventre de ma mère…
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GeraldineB   06 septembre 2022
Capharnaüm, n°2 de Jean-Pierre Martinet
Tours est une belle ville, pleine de parcs et de vieilles maisons blanches. On s'y sent en exil, comme partout, mais il y a une certaine nostalgie dans l'air qui n'est pas déplaisante. C'est sans doute dû à un côté un peu vieillot, un peu "ville d'eau".
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colimasson   01 mars 2016
La Somnolence de Jean-Pierre Martinet
Dinah ? Rien. Elle ne veut rien dire. J’ai peut-être frappé un peu fort. Elle ne remue plus. Ces nouvelles générations sont bien peu résistantes. Au moindre coup dur, hop, plus personne.
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colimasson   05 avril 2014
Jérôme de Jean-Pierre Martinet
J’ai caressé doucement les chemisiers de Solange, et j’y ai posé ma tête, un bref instant. C’étaient des chemisiers bon marché, en tissu synthétique, comme on peut en acheter dans les prisunic. Solange n’aimait guère dépenser, et elle n’était pas coquette. Deux jupes, un pantalon, un imperméable. Il n’y avait rien d’autre, à part un peu de linge de corps. Ce dénuement m’a donné envie de pleurer. Il n’y a que deux qui n’aiment plus la vie, ou qui l’ont quittée depuis longtemps, pour avoir une garde-robe aussi vide. Comme si plaire aux autres, les aguicher, les fasciner, ne serait-ce qu’une seconde, ne leur disait plus rien. Comme s’ils rêvaient d’un autre pouvoir, d’un VRAI pouvoir. Comme si cette puissance ne pouvait s’exercer qu’au prix de leur propre disparition.
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colimasson   28 février 2014
Jérôme de Jean-Pierre Martinet
Qu’êtes-vous devenu, Jérôme ? Répondez-moi franchement. J’ai parfois l’impression que vous avez choisi de vous suicider de la manière la plus horrible qui soit : sans mourir vraiment.
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colimasson   21 avril 2014
Jérôme de Jean-Pierre Martinet
Cette fois, la poule ne me picorait plus affectueusement le nez, elle me plantait méchamment son bec dans le cou. Je lui ai frappé non moins méchamment le sommet du crâne du plat de la main, en la priant d’avoir au moins la politesse de me laisser écouter la chanson jusqu’au bout. […] D’ailleurs, je n’avais aucune intention de rendre sa liberté à cette sale petite poule blanche. D’ailleurs elle m’avait fait caca dessus. D’ailleurs elle était ma seule amie. D’ailleurs elle n’avait qu’à m’obéir puisque moi j’étais un homme et elle une poule.
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colimasson   29 janvier 2014
Jérôme de Jean-Pierre Martinet
A cause d’un caoutchouc percé, on donne naissance hu hu. Naissance, c’est-à-dire moisissure, et aussi cet assassin qui grandit dans vos propres entrailles, en donnant des coups de pieds, histoire, déjà, de vous faire mal. Vous dévorant, déjà. Car moi, entre nous, l’amour, c’était pas pour avoir un enfant. Il grandissait en moi, il grandissait, me bouffait, cognait, il s’augmentait de ma propre vie, mais je n’y tenais pas tellement. Ratage intégral : il naît. Trop tard pour le tuer. Vit. Gigote. Tant pis. On ne peut plus. Grandir, eh oui. Sans doute trop forte la pression du foutre sur le caoutchouc. Ou alors, mauvaise qualité. Ça arrive. Alors, à un moment, il faut bien. Voilà. On l’appelle Jérôme Bauche. C’est un genre de malentendu, toute cette histoire, voilà. Il est là. On dit… C’est un genre d’histoire courant. Je me moquais bien des radotages de mamame. Il y avait bien longtemps que je savais à quel misérable miracle je devais la vie (d’après pas mal de gens, et puis d’après des statistiques, et puis d’après mes lectures, la prison contre les murs de laquelle je me cognais la tête tous les jours, c’était ce qu’on appelle, en général, la vie. Oui, c’est comme ça, qu’on l’appelle, à ce qu’il paraît…).
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michfred   16 mars 2015
Jérôme de Jean-Pierre Martinet
Un léger réchauffement s'annonçait: le retour du printemps, peut-être. On irait vers l'été, les brumes se dissiperaient, elle emporteraient avec elles la cité pourrie, visqueuse, les marécages, les cercueils gluants de boue du cimetière Kolokovo, tout cela s'évanouirait dans l'air tiède comme un mauvais rêve, et on irait vers l'été, les jours interminables, la joie interminable, les rires de fillettes sous les marronniers, boucles d'or, petits riens, feuilles, cailloux blancs, rubans, papier crépon, tarlatane, fanfreluches, trésors dérisoires des placards et des tiroirs. Chandails endormis, corsages des mortes. Oreillers brodés avec la forme d'une tête chérie. La joie verte le ciel vert les femmes avec leur corps unique solitaire, on irait vers l'été les collines la mer les odeurs d’œillets sauvages dans les dunes.Soudain, j'ai eu l'impression que Solange, encore une fois, chuchotait à mon oreille. Le pou a dévoré l'univers. Oui il a. Il l'a fait. Il a a a.
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colimasson   26 mars 2014
Jérôme de Jean-Pierre Martinet
Devant les urinoirs, un couple d’hommes, dans la pénombre, faisait l’amour debout, en silence. Ils n’avaient même pas pris la peine de se déshabiller complètement, ils s’étaient contentés de laisser glisser leur pantalon sur leurs cuisses et je fixais stupidement ces fesses blanchâtres qui s’agitaient mécaniquement, sans la moindre frénésie, sans la moindre joie apparente, et qui s’agiteraient encore des heures et des heures, et pourquoi pas, jusqu’à la fin des temps peut-être. […] Je ne m’étais jamais aussi bien rendu compte que ce soir à quel point les gestes de l’amour, sous toutes leurs formes, me faisaient horreur. Ces gesticulations de suppliciés, ces soubresauts de corps tétanisés. Vraiment. Notre misère, notre solitude. La dernière fête des condamnés à mort. Mais qui donc nous viendra en aide ? Ils appellent ça le plaisir. Il y en a qui écrivent des livres entiers là-dessus. Mais qui donc nous viendra en aide ? Qui donc aura pitié de nous ?
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