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L` Iconoclaste [corriger]


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Veiller sur elle

"Veiller sur elle" a été une lecture très appréciée de ma part. Les personnages, avec leurs histoires complexes, m'ont profondément touchée. Le rythme du récit était plutôt lent, mais écouté au format audio, j'ai trouvé ce tempo parfaitement adapté. Cela m'a permis de prendre mon temps, de m'immerger pleinement dans l'univers du livre, et de vraiment me poser. Cependant, si j'avais lu le livre de manière traditionnelle, ce rythme aurait probablement été un obstacle, risquant de me faire somnoler ou de trouver le livre trop long. Le format audio a donc été une opportunité pour moi de savourer pleinement ce roman et ses personnages bien développés.
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La langue des choses cachées

Ce roman aux allures de conte noir est un récit poétique sur la face sombre de l’humanité. L’auteure a voulu réunir ses deux talents en faisant de ce récit un mélange de roman et de poésie.



On suit l’histoire d’un jeune homme dont la mère est mourante. Il devra dorénavant la remplacer en tant que guérisseur et partir dans les villages où il sera appelé.



Dès le commencement, on ne sait pas dans quelle temporalité, nous nous trouvons. On pourrait être aussi bien dans le Moyen Âge que de nos jours. C’est de là que les questions commencent car même les personnages n’ont pas de nom. On se retrouve avec des surnoms tels que “le fils” ou “l’homme aux épaules rouge ”comme dans les contes de fées. J’ai trouvé ce roman étrange mais très beau et très lyrique. La fin est très surprenante et révèle la réponse à toutes les questions qu’on se pose. Un livre assez court qui fait beaucoup réfléchir sur l’humanité et ses dérives.
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Nous n'étions pas des tendres

Hélène, la cinquantaine, est divorcée et a deux enfants. Chaque année, elle retourne avec son père, dans le village de l'Aveyron où elle a grandi. Cet été, tout se défait, la maison du lac a changé, son frère Miguel a voulu le partage des biens du vivant de son père, et pourtant il est peu présent auprès de celui-ci, laissant à sa soeur les allées-venues de Paris (où elle vit et travaille) jusqu'à Montpellier où habite maintenant le père. Miguel est devenu propriétaire de la maison, qu'il a déjà en grande partie vidée et réaménagée avec sa femme Myriam sans se concerter avec sa soeur. Hélène et son père retrouvent une dernière fois le village chargé de l'atmosphère pesante des souvenirs. Sur le marché, le regard d'Hélène croise celui d'un ancien amant, Patrick. Avec pour tous les deux la perspective d'un amour de vacances au goût de liberté à retrouver. Mais le père a encore en souvenir l'accident de voiture de sa fille et garde une rancune tenace à l'encontre de Patrick qui conduisait.



L'autrice sait donner de l'épaisseur aux personnages. Évariste, le père, réfugié espagnol, est arrivé 70 ans plus tôt. Un homme dur mais aimant, qui a du mal a supporté la vieillesse et la dépendance de plus en plus forte. Miguel et sa femme Myriam n'ont pas vraiment le bon rôle. Lui, plutôt révolutionnaire mais rapide pour vendre la maison et effacer les souvenirs familiaux, attaché à se faire élire à la région sur une liste de la France Insoumise sans être capable de communiquer avec sa soeur. Rosie, quatre vingt quinze ans, est également marquante, elle qui reste dans les fantasmes du père la-plus-belle-fille-du-village... Patrick était étudiant en philosophie avec Hélène, il est adepte de Kant, distinguant partout passion triste contre passion joyeuse : « être libre, sans haine ni violence, ni tristesse ». Après des années à bourlinguer et abuser d'alcool et de drogues, il s'est mis au vert dans ce coin de campagne privilégiée, cultivant des herbes dont il prépare des sachets à vendre sur les marchés. Un peu poète, il lui écrit des ChéRie avec ce R majuscule et TiLLeuil avec deux LL majestueux comme un tronc d'arbre...



Le style est là, fluide et riche, offrant un grand plaisir de lecture. Il y a des fulgurances et du rythme. Les chutes de chapitre sont particulièrement soignées, relançant l'attention et poussant le lecteur vers l'avant, sans effort...



« Et pareillement la lecture est muette, au lecteur de la charger de sa colère, de sa honte, de ses drames. Cet été-là, tout était silence, les eaux funèbres du lac, la maison aux fantômes, la chambre du père. »



J'ai beaucoup aimé ce récit en apparence tout simple, mais dans l'épure, débarrassé de tout ce qui ne fait pas images et sens. Les thèmes traités ne sont pas si originaux mais l'autrice m'a entraîné dans son récit : famille, vieillesse, mort, souvenirs, amitiés de jeunesse, désirs toute la vie sauf les limites qu'on se donne… J'ai apprécié le cadre réel de la fiction dans le microcosme du lac de Pareloup en Aveyron. Les lieux sont évocateurs : qui n'a pas des images de baignades de jeunesse dans les eaux d'un lac ou d'une rivière, de maison aux fantômes, de chambre du père….



Sylvie Garcia est autrice et directrice littéraire de l'Iconoclaste. Elle a auparavant écrit Mes clandestines. J'ai lu ce roman dans le cadre de ma participation au jury Orange du livre 2024. C'est un des 20 livres de la première sélection établie lors des échanges et votes du 26 mars. Sera-t-il dans la sélection des 5 finalistes le 13 mai prochain ? Encore un roman de grande qualité qui va rendre les choix difficiles…

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