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EAN : 9780559093470
492 pages
Éditeur : BiblioLife (30/04/2009)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Il semble qu'en un temps comme le nôtre, où tout procède si rapidement, il y ait peu d'opportunité à offrir au public, comme je le fais, la relation d'un voyage en pays presque inconnu, longtemps après que ce voyage a été accompli. Mais si un voyage fait dans un but purement géographique se trouve quelquefois comme frappé de péremption par des travaux géographiques plus récents, il n'en est point de même d'un voyage entrepris, comme celui-ci, dans le but d'étudier l... >Voir plus
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   13 juin 2017
Nous donnâmes le signal du départ à nos chameliers. Avant de quitter la rive du Nil, mon frère et moi, nous bûmes dans le creux de la main une dernière gorgée de son eau bienfaisante, en faisant le vœu de nous désaltérer un jour à ses sources mystérieuses, et nous nous éloignâmes de Kéneh, en Égypte, le 25 décembre 1837, pour nous engager dans le désert.

Un prêtre piémontais, un Anglais et deux domestiques, Domingo et Ali, l’un Basque, l’autre Égyptien formaient, avec mon frère et moi, notre troupe aventureuse ; le plus âgé d’entre nous pouvait avoir vingt-six ans, le plus jeune dix-sept.

L’ambition de gagner le martyre avait engagé le prêtre à se mettre de notre voyage. Pendant notre court séjour au Caire, j’avais désiré, pour utiliser mon temps, prendre un maître de langue arabe, et, afin de me renseigner à ce sujet, j’étais allé un soir avec mon frère au couvent des Pères de Terre-Sainte. Le supérieur nous disait qu’il ne savait à qui nous adresser, lorsqu’on frappa discrètement à la porte du parloir.

— Voici justement, reprit-il en nous désignant celui qui entrait, le Père Giuseppe Sapeto, de la Congrégation des Lazaristes ; il a étudié l’arabe en Syrie, où il vient de séjourner comme missionnaire, et il pourra peut-être nous donner un bon conseil.

Le Père Sapeto était jeune ; sa figure avenante prévenait en sa faveur ; il s’assit à côté de moi, et notre conversation eut bientôt dépassé le but de ma visite. Je lui appris que nous comptions aller dans la Haute-Éthiopie, dont les lois excluaient, sous peine de mort, tout missionnaire catholique ; que plus de deux siècles auparavant ces lois avaient fait de nombreux martyrs parmi les missionnaires jésuites et franciscains [1] ; et comme il regrettait de ne pouvoir marcher sur leurs traces, je lui proposai de partir prochainement avec nous. Mon frère trouva heureuse l’idée de faire notre voyage, croix et bannière en tête ; le Père Sapeto demanda la nuit pour réfléchir, et nous nous séparâmes sans nous douter de combien d’événements notre conversation fortuite serait l’origine.

Le lendemain, il nous avoua que les difficultés matérielles l’arrêtaient ; nous lui offrîmes de le défrayer, de lui procurer les vêtements sacerdotaux qui lui manquaient : il accepta, et il fut convenu qu’il écrirait à ses supérieurs en Europe, afin d’obtenir leur approbation et les moyens de pourvoir ultérieurement à la Mission, si elle devait offrir des chances de succès.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   13 juin 2017
Cependant ma visite au camp du Dedjadj Guoscho avait été pour moi comme une révélation. L’urbanité, l’esprit chrétien et un je ne sais quoi d’antique et de chevaleresque qui régnait à sa cour, m’avaient fait désirer de la mieux connaître ; je m’étais mis à apprendre l’amarigna, et la campagne que je venais de faire avec l’armée gojamite avait achevé de me déterminer à donner une direction nouvelle à mes études et à remettre à un autre temps mon voyage en Innarya. La géographie du Gojam, du Damote et de l’Agaw-Médir était encore inconnue, il est vrai ; il restait aussi à vérifier le renseignement relatif à ce grand cours d’eau de l’Innarya, renseignement qui avait si fort impressionné mon frère ; mais, depuis son départ, le temps s’était écoulé sans que j’eusse pu exécuter notre programme. Je savais que mon frère ne pouvait tarder à revenir, et qu’il reprendrait avec une compétence bien supérieure à la mienne les travaux géographiques que je venais d’interrompre si brusquement durant notre campagne en Liben. En tous cas, la position exceptionnelle que je devais aux bontés du Dedjadj Guoscho me faisait espérer, si je continuais à vivre à sa cour, de pouvoir faciliter et rendre moins périlleuses les explorations que pourrait tenter mon frère chez les Gallas, au cas où ses renseignements ultérieurs le confirmeraient dans la croyance que les eaux qui arrosent leur pays contribuaient à former le Nil Blanc. Le Dedjadj Guoscho était en relations d’amitié avec le roi de l’Innarya, et son influence s’étendait sur les peuples gallas intermédiaires. Ces considérations me déterminèrent à me dévouer sans réserve à la vie nouvelle que je menais en Gojam.
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ArnoTArnoT   06 juin 2014
Parti pour l'Orient en 1836, j'en suis revenu une dernière fois en 1862, après avoir séjourné plus de douze ans dans la Haute-Éthiopie, et après y avoir été mêlé, comme témoin ou comme acteur, aux événements qui ont attiré sur ce pays l'attention de l'Europe. Dès mon retour en France, sous l'influence des impressions reçues à l'étranger, et pour complaire à un ami, j'ai donné à cette relation une forme écrite. Mais pour avoir le droit de parler d'un pays si dissemblable du nôtre, il ne suffit pas d'y avoir séjourné un long temps et de s'être dénationalisé en quelque sorte, afin de voir de plus près les hommes et les choses que l'on se propose de faire connaître; lorsque l'on est rentré dans son milieu natal, il faut encore, pour se soustraire à tout engouement et épurer ses jugements, écarter, pour un temps, les opinions et les idées dont on s'est imbu à l'étranger, et, reprenant les points de vue ses compatriotes, s'habituer de nouveau à leur manière de penser, avant de leur offrir les fruits d'une expérience acquise dans des conditions si différentes de celles qui nous régissent. Ma relation écrite, j'ai donc laissé passer un certain temps.

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